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Le nouveau Louis IX sur le trône

De
40 pages
Impr. de C.-F. Paris (Paris). 1816. France (1814-1824, Louis XVIII). In-8 °. Pièce.
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LE NOUVEAU
LOUIS IX,
SUR
LE TRÔNE.
Se trouve, au Palais -Royal,
Chez
PETIT, libraire ;
DELAUNAY, galeries de bois, n° 243;
PELICIER, galeries de pierre, n° 10 ;
tous les Marchands de Nouveautés ;
Et à Lyon, chez RUSAND , rue Mercière.
LE NOUVEAU
LOUIS IX.
SUR
LE TRÔNE.
Propter hoc loetatiim est cor meum,
et exuliavit lingua mea. Psal. 159.
PARIS,
DE L'IMPRIM. DE C.-F. PATRIS, RUE DE LA COLOMBE,
N° 4, DANS LA CITÉ.
1816.
Le début de cet Hommage annonce l'époque
où il aurait du paraître. Un événement imprévu
en a retardé la publication
LE NOUVEAU LOUIS IX
SUR LE TRÔNE.
LE joyeux anniversaire dont j'ai été hier té-
moin , à mon retour à Paris ! Quelle fête de
famille! Comme la simplicité en rehaussait
la beauté ! Comme chaque ville a dû y prendre
part!
Le ciel, en sa miséricorde, a donc vérita-
blement répondu à nos voeux, à nos prières.
Oui, nous sommes redevenus Français. Plus
de lois inhumaines ou extravagantes! Plus de
voyages contraints ! Plus de déserts pour asile !
Oui, plus d'Usurpateur ni de Régicides !
Ne réveillons toutefois aucun fâcheux sou-
venir.
Lorsqu'à ce huit juillet 1816, la France
entière se livre à des cris d'allégresse, en
revoyant les dignes fils de Saint-Louis, pour
jamais rendusà son amour ; est-ce que serviteur
ancien et fidèle, admirateur enthousiaste de
mes chers et légitimes maîtres , toujours per-
sécuté loin d'eux, je ne m'applaudirai pas
I
(6)
hautement dé me retrouver une seconde fois
dans ce Paris, si fier de, les posséder, civitas
régis magni, psal. 47 ? Est ce que je ne me
précipiterai pas une seconde fois au pied du
trône, pour y bénir l'éternel de la félicité
que promet à la France cette seconde restau-
ration , sans doute plus stable en ses effets
que la première?
O touchante époque d'un anniversaire si
brillant et si solennel, produisez de toutes
parts des hommages de félicitations ! Qu'il en
arrive des autorités premières, soutien de la
monarchie et fondement de sa. prospérité ;
qu'il en arrive de tant de villes soumises à
une heureuse administration , et satisfaites
d'être arrachées à celle du despote: il n'y a
rien là ,qui doive surprendre. Les nombreux
lecteurs de ces,votives adresses, tout en s'u-
nissant d'amour, au monarque qui en est l'ob-
jet, tout en louant le génie qui le célèbre,
formeraient même, par l'unanimité de leur
voix, un autre concert d'éloges et d'acclama-
tions.
Mais, que sans mission et sans tenir à au-
cune de ces espèces d'ambassades, si gracieu-
sement accueillies, et par là si bien récom-
pensées, ils'élève courageusement une voix
oubliée ou méconnue, se députant elle même
et ne prenant conseil que d'elle seule; qu'il
se rencontre inopinémeut à Parisun orateur,
sans autre appui que son zèle et son dévoue-
ment; qui, en dépit de sa faiblesse, ose en-
trer dans une arêne, qui, bien que solitaire
aujourd'hui, n'en serait pas moins de préfé-
rence ouverte au crédit et à l'autorité c'est
peut-être ce qui étonnera, et ce dont j'aurais
moi-même de l'étonnement, si un peu plus
d'examen ne me faisait entrevoir, dans cette
prétendue témérité, moins une raison pour
craindre la censure, qu'un motif de plus pour
donner, dans un sujet encore vierge, un libre
cours à l'épa*nchement de ma joie, à l'expres-
sion de ma pensée.
En feuilletant les annales de notre monar-
chie , je ne trouvé pas en effet, d'époques
qui offrent des rapprochements plus frappants
avec le règne de notre auguste Monarque, que
celle du règne de Louis IX, canonisé pour sa
piété et ses grandes vertus;
Louis IX, au commencement de sa carrière,
eut à soumettre les barons et les princes li-
gués; Louis XVIII, au milieu de la sienne ,
a pareillement des ligueurs à soumettre. Le
premier édit sévère de Louis IX fut contre les
( 8)
hérétiques; le premier édit sévère de Louis
XVIII est contre des infidèles. On avait vu
sous Louis IX, des parjures, des conspirateurs
et des traîtres; plût au ciel qu'il n'en eût pas
été de même sous Louis XVIII ! La provi-
dence en a autrement décidé. Au moins Louis
XVIII a pu répondre, comme autrefois Louis
IX : Je vois que les orages troublent tout, et
finissent par tout épurer.
La conspiration pour enlever Louis IX, la-
quelle , en cas de succès, devenait funeste à la
liberté, même aux jours de ce prince, rap-
pelé celles pour se rendre maître de Paris et
des Tuileries; et qui, en cas de réussite,
devenaient également funestes à la liberté,
même aux jours de Louis XVIII. Sous tes
deux règnes en effet, l'audace et la félonie
ont été portées aussi loin qu'elles pouvaient
aller.
Le comte de Champagne se montra, sons
Louis IX, tantôt rebelle, tantôt soumis ; Louis
XVIII a vu autant de variations parmi certains
Français trop fameux. D'autres ont persisté
dans leur révolte, comme dans la sienne per-
sista le comte de Boulogne. Louis IX fit dé-
clarer le comte de Bretagne déchu de son
comté pour crime de félonie; c'est l'exemple
(9)
qu'a suivi , dans sa justice , notre équitable
monarque: envens de grands personnages, par-
ticulièrement comblés de ses faveurs , et qui
après lui avoir juré fidélité, ont trahi leurs
serments.
On vit, sous Louis IX , d'étranges effets de
l'autorité royale usurpée : abus qui s'éten-
dirent même au-delà de notre France. On a
vu , sous Louis XVIII, des doctrines scanda-
leuses s'élever sur les devoirs des sujets en-
vers les souverains, et des blasphêmes poli-
tiques retentir jusques dans les tribunaux,
changés de faire triompher la vérité et la jus-
tice.
Mais loin de nous tous ces sophismes ab-
surdes et barbares, par lesquels on justifie
les ravagés d'une patrie qu'on devrait défendre;
on se dit fidèle à l'honneur, tout en trahis-
sant son roi; et l'on vante l'innocence de son
coeur, tout en rendant son bras criminel !
Il n'en est pas de la pluralité des bénéfices
et de la pluralité des places, comme il en est
de la pluralité des voiles, d'où dépend pres-
que toute la supériorité de la marine ac-
tuelle. La pluralité des bénéfices fut condamnée
sous Louis IX ; la pluralité des places l'est
en partie sous Louis XVIII. Cette condam-
( 10)
nation offrira, le moyen d'en donner à tous
ceux qui méritent d'en avoir; et quipréci-
sément parce qu'ils méritaient, avaient été re-
jetés ; et qui même le sont, encore peut-être
aujourd'hui, tant les bons deviennent victimes
des pervers !
Le principe de Louis IX étant de faire le
moins de mécontents qu'il pouvait, il n'avait
l'espoir de réussir, qu'en divisant ses bien-
faits. Louis XVIII en suivant la même marche,
en plaçant à propos ses bienfaits, fera des
heureux, sans jamais faire des fonctionnaires
ineptes ou fainéants, vicieux ou prêts à le
devenir. Les bienfaits seront d'autant mieux
placés, qu'on écoutera davantage cette voix,
qui de toutes parts s'écrie plus ou moins haut
dans chaque département: Que 1815 instruise
1816; vous épargnerez alors des crimes aux
coupables, et des larmes aux innocents.
N'était-il pas déjà trop scandaleux, de voir
d'un côté, tous les honneurs, toutes les places,
tout le crédit, toutes les commodités de la
vie se perpétuer chez certaines personnes; et
de voir, de l'autre côté, à la honte quelquefois
des moeurs et des talents, toutes les peines,
toutes les charges, toutes les misères humaines
se perpétuer également dans certaines familles,
héréditairement recommandables ?
(II) ■
La marine presque nulle ,avant Louis IX, se
rétablit sous ce prince. On sait qui avait perdu
la nôtre, et si les bateaux plats étaient propres
à la relever? Louis, XVIII, sans inventions ha-
sardées, sans projets ni calculs chimériques,
économe du sang de ses sujets et toujours leur
père , obtiendra, comme on l'avait autrefois,
une marine respectable ; et fera fleurir nos
colonies, ainsi, que, le commerce qui en ré-
sulte.
Sous Louis IX, on consultait les trois états,
quand il était question de matières où le
peuple avait intérêt. On consulte de même en
pareil cas sous Louis XVIII, la chambre des
députés, la chambre des pairs. Les belles ré-
solutions qui en émanent! Quel talent, quelle
probité, quel courage!
Louis IX s'occupa du clergé. Louis XVIII
s'en occupe de même; et la pragmatique sanc-
tion de Louis IX devient l'heureux présage
de ce qui se passera sous Louis XVIII entre
la cour de Rome et la cour de France sur les
affaires ecclésiastiques. Louis XVIII saura ba-
lancer également les droits de l'autel et du
trône, du troupeau et du pasteur,
Il n'y a point de paix et de tranquillité dans
un grand Etat, sans une bonne, sans une sage
et discrète police. Elle attira les regards de
Louis IX. On lui doit à ce sujet des ordon-
nances où brillent tout le savoir, toutes les
lumières du temps. Nos commotions et nos
échecs politiques donnent pareillement l'é-
veil à Louis XVIII. Une surveillance activé
règne par ses soins. Les grands coupables
sont recherchés et punis ; les autres ne peu-
vent espérer de pardon, qu'autant qu'on re-
marquera dans leur conduite un véritable
amendement. Et de même que Louis IX, notre
heureux Louis XVIII aura aussi son Etienne
Boileau.
On attribue à Louis IX l'institution des
maîtres des requêtes. Elle s'améliorera sous
Louis XVIII ; elle se composera des plus éclai-
rés et des plus hommes de bien de son royau-
me. Que d'abus à réformer, que de maux à
réparer, quand un regard vraiment attentif s'y
arrêtera!
O l'importante magistrature que celle qui
donne le droit d'assister , même délibérer au
conseil des princes, et d'y rapporter les re-
quêtes des parties! Si l'art d'administrer est diffi-
cile, c'est parce qu'on le compliqué; et il n'est
compliqué que par des hommes qui ont plus
d'astuce dans l'esprit que de droiture dans le
( 15 )
coeur. Voulez-vous plus de gouvernés, hon-
nêtes gens,ayez moins de gouvernants pervers.
Etre juste sans être dur, saris haine comme
sans prévention, être ouvert et accessible,
laborieux et désintéressé; allier la fidélité du
sujet à l'humanité du citoyen ; servir les inté-
rêts du peuple, tout en soutenant ceux du
monarque ; être d'autant plus attaché à ses
devoirs, qu'on est en butte aux orages des
factions ; repousser l'erreur, et faire triompher
là vérité ; toujours être homme ,de bien' et
d'honneur : a ces traits je reconnais le ma-
gistrat vraiment digne de porter au pied du
trôné le voeu de la nation.
Sous Louis IX ; à une époque bien désas-
treuse, dont le malheur fut pleuré avec des
torrents de larmes ; le plus pauvre comme le
plus riche des Français courut à l'envi porter
sa fortune a la Régente, pour avoirl'honneur
de racheter son Roi. Sous Louis XVIII, pour
faire face à des maux moins grands à là vérité,
mais plus accablants peut-être; en ce qu'au lieu
de provenir d'un beau motif, celui d'extirper
de la terre sainte l'hérésie et le paganisme, ils
proviennent de la haine du bien et de la rage
insensée de l'esprit de parti; chaque Français,
rivalisant d'honneur et de zèle, et regardant
( 14 )
les malheurs de l'Etat, comme les siens propres
entre dans un combat, inégal avec les favoris
de la fortune; et tout en souffrant d'y être
vaincu , apporte avec joie sur l'autel de la
patrie dont il se sent aussi débiteur, une of-
frande souvent au-dessus de ses facultés.
Louis IX, qui après avoir long-temps ba-
lancé s'il laisserait sortir de son royaume les
levées d'argent faites sur les bénéfices, y con-
sent enfin, a peut-être été le régulateur de
Louis XVIII, qui en expulsant du royaume,
par le voeu de la nation, les grands Régicides,
leur a permis d'emporter l'argent, prix de
leurs biens ou fruit de leurs épargnes. Louis IX
voulait prévenir les murmures d'un clergé livré
totalement alors aux idées des pontifes romains»
Louis XVIII, à qui d'ailleurs toute idée de
confiscation déplaisait, a voulu se montrer
grand et généreux jusque dans le châtiment.
La sagesse éclairée, de Louis IX le fit plus
d'une fois prendre pour arbitre. La sagesse de
Louis XVIII lui vaudra, lui a déjà valu la
même récompense , tant au congrès, que dans
d'autres délibérations de Rois, de princes , de
ministres. Partout il disperse ses triomphes , il
déploie son ascendant. Partout le génie des
autres fermente par ses réflexions.
Une imposante et belle figure distinguait
Louis IX. Elle rehaussait pour ainsi dire en
lui l'esprit, la fermeté, la douceur , la mo-
destie , la tendresse et la libéralité pour les
pauvres , la piété et toutes les pratiques reli-
gieuses auxquelles il se livrait même au milieu
des plus grands embarras du trône. Il avait
de plus du goût pour les lettres, de la grâce
et de la facilité à s'exprimer, même tout le
savoir de son temps et une singulière péné-
tration à bien, développer toutes les faces d'une
affaire. Qui ne reconnaît encore Louis XVIII
à cet auguste et intéressant portrait?
L'ordre de Saint-Dominique profita des trou-
bles survenus dans l'Université, sous le règne
de Louis IX, pour former deux chaires de
théoIogie. La France entière profitera du bon
esprit qui anime certains membres de l'Uni-
versité actuelle, pour le communiquer à tous,
ou pour demander a Louis XVIII leur change-
ment, si incapables d'être des Rollins , ils ne
peuvent faire en même temps de leurs élèves
des savants et des chrétiens.
Sous Louis IX la Sorbonne fut fondée, et
les Carmes , les Augustins s'établirent en
France. Sous Louis XVIII, l'ami des moeurs
espère voir se l'établir, non tous les corps

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