Cette publication est uniquement disponible à l'achat
Achetez pour : 0,99 €

Lecture en ligne + Téléchargement

Format(s) : PDF

sans DRM

LE POST-SCRIPTUM,
OU
LA DERNIÈRE PAGE
DE MON LIVRE.
LE POST-SCRIPTUM,
OU
LA DERNIERE PAGE
DE MON LIVRE:
PAR UN VÉTÉRAN DE MARS ET D'APOLLON.
. . . Liceat nunc dicere verum !
ANONYME.
PARIS. = AVRIL 1814.
LE POST-SCRIPTUM,
ou
LA DERNIERE PAGE DE MON LIVRE.
J E viens de parler d'une grande célébrité usur-
pée : je me trouve en texte et en haleine; et
puisqu'une censure, importune par ses formes
lentes, m'a fait inutilement, depuis douze mois,
attendre un permis d'imprimer y puisque mes
cahiers sont libres dans mes mains, j'y ajouterai
quelques pages qui me sont dictées par les évé-
nemens heureux et inattendus du 31 mars 1814,
cette époque, qui contraste si glorieusement
pour les princes alliés avec lé 31 mai de 1793,
qui mit une grande nation sous la, hache des
bourreaux : puisqu'enfîn l'aurore d'une liberté
sage commence à luire sur ma patrie, je vais ti-
rer de prison quelques vérités que la prudence
ne m'eût point permises sous un aventurier,
dont la tyrannie ne fut pas moins cruelle qu'a-
vilissante,
A qui devons - nous ce second règne de ter-
reur ? à ROUSSEAU. Ses enthousiastes vont
frémir; mais la vérité me soutient et m'enhardit.
6 LE POST-SCRIPTUM
Oui, nous devons à Rousseau la crise dont nous
sortons ; nous lui devons presque tous lEs mal-
heurs qui ont accompagné nos temps révolu-
tionnaires. Un seul mot de la présomption
oraculeuse de Rousseau à soufflé sur nous les
calamités ; et voici cette ligne fatale : J'ai quel-
que pressentiment qu'un jour la petite île de
Corse étonnera le monde.
, Cette prophétie ne pouvait inspirer le cou-
rage au plus lâche des guerriers ; mais elle a fait
naître, dans un simple artilleur, l'ambition la
plus audacieuse : l'audace sans bravoure marche
entre l'orgueil et les crimes ; la bravoure vé-
ritable est généreuse et capable de toutes les
vertus. Le légiste d'Arras et le soldat corse ont
également ignoré le courage ; aussi leur domi-
nation fut marquée par les meurtres, soit qu'on
sacrifiât notre jeunesse en des guerres insen-
sées , soit qu'on traînât les citoyens à l'échafaud
dans nos villes, soit qu'on les égorgeât dans le
silence et l'obscurité des cachots.
Là Corse n'a pas étonné l'Europe, depuis
qu'un cerveau malade nous annonça ce phé-
nomène politique ; mais un Corse sans nom ,
sans mérite réel, sans connaissance du monde
ni de l'histoire, sans génie, sans éloquence, en
un mot, dénué de tout ce qui peut appeler et