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Le rat du Châtelet

50 pages
[s.n.]. 1790. Satire politique française -- Ouvrages avant 1800. France -- Histoire. Police -- France (Ancien Régime). 51 p. ; in-8.
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-DU:GHÀTELJET^
!i: 7 9 0.
(V)
LE RAT
DU CH ATELET
LE philosophe Apulée, métamorphosé
en âne, nous apprend qu'il conserva, sous
cette forme,, toutes les inclinations natu-v
pelles à l'homme, et à l'homme philo-
sophe, contractant en même temps tou-
tes celles propres à l'âne. Semblable a
'Apulée, je .me trouvai, la première nuit
de ma résidence au Châtelet, transformé
en rat, parcourant de côté et d'autre, sans
avoir rien perdu de mes dispositions à,'
m'emparer de tout ce que je rencontrais-
Pourvu de-cette intention, je traversai
d'abord les guichets, et je gagnai, à l'aide
,d'une porte que je vis ouvrir, un corridor
au bout duquel se trouve un escalier.
Aa
XM
Je grimpai du mieux qu'il me fut posk
'isible, pendant long-terrips, avant de sa-
voir où j'étais, ni où j'allais; je me crus,-
pour un 'instant, tombé dans le cahos,'
et habiter le"séjour des Ombres je ne sa-
vais plus,pour ainsi dire, si je devais con-
tinuer -de marcher, ou rester. en place;
lorsque j'appefçus dàns le lointain, une
lueur presqû'imperceptible. Je voulus m'a-
cheminer vers l'endroit d'où elle partait,
mais je n'eus pas fait quatre pas, que
je là perdis de vue et retombai dans les
ténèbres.-Cependant ayant réfléchi que!
eettelumière nie s'étoit éclipsée que par
le •'circuit- de cet infernal 'escalier /et que
je. la retrouverais, dès que je serais arrivé
au niveau perpendiculaire je mé hasardai
à marcher encore à tâtons. J'ignore com-
ment' je ne, me- suis pas mille fois fracassé'
par les différens bonds et rebonds que j'ai'
essuyés dans ce pénible voyage. Erifin
je retrouvai le grand jour à la faveur d'un
petit corridor. qui aboutit à une 'espèce-
de chambre. Je me déterminai sans-dé-
libérer ) à. y entrer pour me remettre des
fe.dgu.es de-la course que je venais de
faire..
-La, était tristement relégué un squelette',
vêtu de blanc, qui les coudes 'appuyés'
,sur une table, et la tête penchée sur les
mains semblait enseveli dans de pro*
ondes rêveries.
Après l'avoir attentivement considéré
je reconnus en lui un de ces monstres
.,vomi par les enfers pour le malheur du
genre humain c'était Leurif- de Mault-
bourg ce vampire qu'une multitude de
maisons honnêtes célèbres jadis et mail-
tenant réduites à la mendicité ont si bien
appris à connaître. Cet homme •c'-est-à-
dira, ce composé de chair et d'os auquel
il ne manque qu'une âme pour. ressem-
bler aux autres hommes celui dont le
nom est mille fois gravé en lettres rougés
symbole des forfaits sur lés tablettes-
de 'Th émis ce fameux banqueroutier que
l'on vit autrefois sur un char inso-
le.nt -s'éclipser dans des flots de- pous-
sière, sur les boulevards de la capitale',
et qui,, du haut d'un superbe balcon, dé.
(6)
daignait d'arrêter un regard sur les mal-
heureux, dont les fortunes entassées ser-
vaient d'alimènt à sa' criminelle opulence
et auxquels, s'il eût été en son pouvoir,
il eût ravi jusqu'àl'air qu'ils respiraient'; ce
scélérat, enfin qui, d'un front audacieux
bravant tous les niépris s'offrait par tout
en spectacle aux yeux d'un peuple entier
de victimes de ses brigandages.
C'est la, que, maintenant, par une vie,*
infâme et misérable, il apprend à s'ac-
quitter envers les hommes et la justice;
les soucis rongeurs le dévorent sans cesse
les remords le poignardent les ombres du
trépas voltigent sur son visage blême et
livide l'opprobre et le désespoir le suivent
de toutes part.s et lui présentent à chaque
pas l'échafaud qui l'attend; le sommeil
fuit sa paupière et l'instant où toute la
nature respire les douceurs du repos .de-
vient pour lui une source nouvelle et: iiin
tarissable de tourmens.
O Terre, engloutis -moi ( l'ai-je en-
tendu dire après avoir jette mille fois'
autour de lui ses yeux hagards et se-le-
?z?
vant.avec précipitation). nature que j'ai-
trahie que j'iai souillée par les forfaits. les
plus honteux. Et vous mortels infor-
tunes, que ma rage eût ponrsuivis au-delà.
du trépas pour assouvir la soif crimi-
nelle 'de ma coupable ambition. n'êtes-
vous pas assez vengés?. (Ici, il se tût un
instant puis il' reprit avec un délire qui
ïfayaitpius de bornes.) Venez, venez ac-,
courez tous les. mains armées de poi-,
ghàrds arrachez de mon corps ce cœur
dont la soif n'eût pu s'éteindre qu'en
Baignant dans votre sang; achevez votre
vengeance déchirez en lambeaux mon mèV
prisable corps.je ai bien mérité.mais,
lion cruels jer; ïe vois. vous craignez de
mettre trop tôt un terme à rries "toùrmens
en mé délivrant de mes remords. (II re-
tomba', dans ses. rêveries, et l finît par sa
rasseoir )'.
Absorbé par les plus tristes réflexions
sur le sort de, ce monstre vraiment mal-
heureux, mais-indigne de pitié j'allais
m'abaisser jusqu'à
nouveau mouvement de.rage,. qui, tout-.
(8)
à -coup', s'empara' denses sens, me fit'en-
fuir de saisissement vet d'horreur.
Au sortir dé chez, lui, et au .fond d"uU
même corridor^ j'app"erçus une porte .au-
dessus de laquelle était écrit cette épitaphe
Je ne pus m'empêcher de,
rire sur, cette inscription qui renferme-
tant de mensonges pour une seule vérité,,
quelquefois, bien tardive et quelquefois
trop' prompte. Plus bas était écrit Palais-
Royal. Jéjugeai que c'était le nom de cettev
chambre, ce qui me donna matière à mille
réflexions agréables"/ Par ce titre je me,
figurai qu'elle renfermait de jeunes nlles;
je me plaisais a cette idée parce que ma:
métamorphose nie'donnait le droit' d'espé-
rer à les voir bientôt età mon aise une
je présumais que ce pouvait..
être~quélqùe lieu de dissipation de pro-,
̃ menade pour les infortunés habitans de
ce séjour r l'instant d'après il me venait à
ridée qûè: c'était peut-être un mélangede!
jeunesv gens' 'de l'un' .et;de l'autre sexe"
Enfin1, telle-idée' que i je m'en formasse', elle
me plut au point que je tÉerchai prompte-'
ment
( 9
B
ment à y pénétrer pour satisfaire ma
curiosité. •
Que vis-je? Ce serait assez m'exprimer
que de dire y avoir trouvé le contraste
parfait de ce que je venais de voir précé-,
demment. C'était une compagnie de plu-
sieurs jeunes :gens mais des plus gais,
des plus aimables. C'était en effet un dimi-
nutif du Palais-royal car il y en avait de
tous les. pays .et qui plus est, je crois ,̃
de .tous. Oui de tous les genres ̃
Je dis ceci sans conséquence
Honni soit qui mal y pense;
C'était des italiens des juifs des franx
ça is, jusqu'à des officiers des capitaines¡
de district ect. ect. Au fait à leur manière*
de s'amuser et de plaisanter je découvris
en eux-de ces -jeunes gens auxquels là'
société adonné-, sans trop savoir pourquoi
le, nom de gens du bon tort-, geüs -comme
il faut; autant .'que ces titres peuvent s'ë-1
tendre. Ceci, par exemple., ne sympathise^
guères avec l'idée que donne d'eux- le lieu
dé leur résidence mais pourquoi -y 'sont-
( io )
ils ?. Peut-être n'en savent-ils rien. Et
quand ils en sortiront, pourquoi y auront-'
ils été?; Peut-être n'en sauront-ils rien
encore.; Cependant cette ignorance n'est?
pas, pour tout le/monde et soyez sûr que
quelqu'un y fait bien son-compte. N'imy
porte ce ne sont pas mes affaires." ̃.
Quelques-uns assis près de leurs mafc
tresses cherchaient dans 'la tendresse un"
adoucissement à leur sort. Deux autres
vuidaient .gaillardement un flacon. Un'
autre faisait des vers à sa rebelle. Enfin.
chacun fésait de son mieux 'la chasse à
l'ennui. Pour du chagrin je ne me suis
pas qu'il sympathisât beaucoup
trouve pas. communément)
•̃•̃-
v Celui .entre -^autres sur; lequel j'arrêtai
iPjes.rq§ardjsj de préférence;, fut un jeune
et cela,.
voeu ,,de
laisse^ -croître ^sa: barbe. ;I;1 avoit l'esÊrit
caillant l|svjeeparties vives et délicates
malgré qu'il m'eût
beaucoup car tandis
C "• )
B 2
ne -hôtesse de la maison 'dans; laquelle il
demeurait lorsqu'on juge propos de
le loger chez le roi, se donné des violons
avec les billets ,de.' caisse qu'il
la précaution d'enipoiter de chez lui et
que cette complaisante dame a ,bien: voulu'
se donner la pqiné prendre dans son
tiroir. ce fait à quelqu'un qui
lui garantit qu'il;.ne, perdrait -rien, de ces
billets, de caisse et, qu'-il _en,ferait
faire.
santé, je voulus m'approcher de plus près
pour mieux entendre., mais cet oubli
métamorphose me mit dans le cas d'être
de m'enfuir la
Je- .au juste .quel chemin
-ar'river ,de ce.
trou :'tout ce dont je me souviens Q'est
et cependant je ne
suis guères. écarte de la. ligne..
Je me'trouvai alors
'(. 12 )
de- trois cens hommes les uns criaient;»
et se battaient, les autres buvaient chan-
taient c'était un tintamarre de tous les
diables. Curieux de m'instruire de tout
Je jetrai mes regards de tous côtés pour
tâcher de découvrir les lits ou la paille suer
lesquels ils couchaient je ne serais jamais
venu à bout de m'en douter si je n'en
eus apperçus quelques-uns qui dormaient-
Je reconnus alors deux espèces de
théâtre sur lesquels ils étaient montés
formés.à 'déux'pieds environ de distancé
l'un au dessous de. l'autre est qui s'éten-
par, un contour dans toute la çir-
conférence de' [cet inhumain cachot leur
tenaient lieu de lit: Des piaillasses étendues
sur ces théâtres formaient chacune un
lit et ce/ lit bu paillasse servait pour' six
dé ces malheureux. Il était bien chacun
grand comme pod'r deux; mais ,'c^est égal,
il fallait s'arranger on n'en donnait pas'
davantage: trois hommes cbrich'à'ient d'un
bout et trois de l'autre de manière qué
chacun de ces malheureux avait1 des dëux
côtés de sa [ figuré, et quelquefois", fort
i.3 )
proprement dessus', les pieds de l'un et
l'autre de ses. camarades couches à Top-,
posite. L'humidité l'bdeur le suintement
des pieds, formaient, comme on pense bien
quelque chose de très-agréable à sentir
d'autant plus que presque tous étaient cou-
verts de lèpres, suppurantes de galle.
Ce spectacle l'odeur pestiférée du
lieu, jointe à une tiédeur insupportable
concentrée par le défaut d'air me fit fréy
iriir d'horreur. J'osais à peine respirer.
Est-il possible, me disais-je que des
hommes soient traités dé la' sorte Qu'est
donc devenue l'humanité ? a-t-elle accordé
quelques lieux particuliers sur la terre
de privilèges qui exemptent dé son culte
et des hommes, enfin, peuvent-ils traiter
d'autres hommes d'une manière aussi bar-
bare, aussi contraire à la nature ? Quels
cœurs endurcis gouvernent donc en ces
lieux? La mort n'est --elle pas préférable
cent .fois "a- un "seul jôùr d'une pareille
existence?.' .J'allais me livrer des
réflexions sans fin sur ce pitoyable cha-
pitipe; Si je n'eus pas eu la: curiosité de
( lO
prêter l'oreille, à une conversation qu'en,
infortunés en
faveur .desquels je nie sentais si vivement
ému sur-tout quand je considérai avec
quelle douceur, quelle résignation ils supT
portaient la rigueur de leur existence. De
bonne foi je ne pus m -empêcher f,d,e, vei>
ser des larmes; ce sont peut-être les pre-
mières qu'on ait vurépandre à un-:rat./J
J'eus beau faire pouç écouter j'entendis;
tout et
un cqm,posé de mots grecs; 1?. hébreux" et
français; Combien j'ai regretté de ^n'avoir:
pas étudié .toutes les langues j'aurais*
choses. ,;̃ ,i
Mon affaire va aAtrfiis\plpinbe\ i-cle -ha-,
chasse, disait; l'un., ̃,[..•<
de Flan-,
Un troisième disait .à son .camarade
quel -bagou,
t'avaient. six
pro.fqndç.>.et un dauffé sous ton frusque^
pris avec douze
quatre ,b'pgu_es ,&<?«& -six louches' et detug^
CiS)
bêtes a cornés de ce et reconnoblé chez le'
CardeiiiL
..L'autre lui répond donne-moi du mince,
je vas m'àcqùiller. td babillarde. Si tii h'ès
pas reconnoblé là haut poitbu aboulez
une rôuillarde d" eàu-daffe et deux rouil-
lardes de picton est pictiznchons. As' tu de
l'aube,.? Si tu n'a pas dauber, poitou.
Enfin vous dis-je, un sacré baragoui-
nage] que le diable n'y connaîtrait goutte.
En même temps on procéda à une céré-
monie bisarre, que ces malheureux appel-
lent capucinade.
Le jour qu'un nouveau débarqué arrive,
il fait le soir son entrée dans là chambre lé
conseil s'assemble, et lui demande s'il a de
l'argent. Quelquefois prévenu par quel-
qu'un il a confié sa bourse à un autre, et
dit qu'il n'a pas le son alors commence
une cérémonie. L'un des plus anciens est
étendu par terre, tandis que chemise levée,
ét chantant une antienne accoutumée les
défilant chacun leur tour/s'étendent sur
le cadavre du prétendu mort pour le bai-
ser au front le' tour du novice arrive le
( i6 ).
mort l'accroche par les pieds avec les siens
et ses bras autour du cou puis les deux
prévôts armés d'un mouchoir roulé et dou-
blé, qu'ils appellent un foutrau le fusti-
gent jusqu'à cé qu'il déclare -[où est son
argent si réellement on voit qu'il n'en a
pas on le met coucher dessous près de
la griache c'est une espèce de tonneau,,
danslequel ils font leurs ordures et il est
obligé de le vuider tous les matins jusqu'à-
ce qu'un semblable le-remplace.
Au sortir de cet immense cachot je
grimpai sur un toît que je parcourus pen-
dant quelque. temps sans trop savoir oà
j'allais. A la fin j'apperçus dans l'éloigne-
ment une lucarne d'où sortait un ravon,
de lumière à la faveur duquel je m'y,
acheminai. L'entrée en était gardée par un
double rang de barreaux de fer je les tra-,
versai et me trouvai dans une espèce de
grenier qui recelait quatre ou cinq infor-
tunés qui ne me parurent pas les moins
intéressans du caneton.
J'entendis ouvrir la porte c'était un
guichetier qui amenait un prisonnier
Neficpt,
.17 )
G
i Nefîcot dit-il allume le miston. Ce- par-
ticulier fût tout-à-coup reconnu dé tous
ses confrères qui l'accueillirent en lui di-
.sant, sur quoi es -tu, fait? Sur une cam-
briolle répondit il. > Y a t il .du, re-
gout? •– Oui j'ai é.té fait en travaillant la
̃bauche la marque crible au charron bride
la lourde de la.longue, les mistringues abou-
lent on me trimbale chez le cardeuil on
,me rapiote mais- poitou j j'avais planqué
mes peignes et. ma camelotte dans la Ion-
gue les mistringues ont tout apporté chez
le cardeuil mais poitou je n'ai rien re-
.connoblé. Le cardeuil m'a demandé si j'a-
vais été en canton j'ai répondu que je ne
savais pas ce que voulait dire carcton que
j'étais innocent. Mais comme la marque
crossait. indignement il m'a fait abouler
ici.. Tu montras demain devant Nicolas de
Satou; il te demandera qu'est--ce que ttx'
allais faire dans cette maison. Tu diras
que tu allais faire tes besoins mais que
tu n'as pas entre dans aucune chambre;
que tu ne connais pas ce.qu'on veut te dire
est que la marque est une coquine. Puisqu'il'
( iM
n'y a pas' de parains poitou. Ne 'vas pas
débiner. Ne reconnobhz • pas les peignes ni
ia Est-ce que j'ai besoin, reprit
l'arrivante que tu me refile le bagou crois*
tu que je suis si loffè que de débiner. v
Pitanehous pitanchous les cantonniers
allons de Teaudaffe. Je serai décarré avant
.huit jours je refilerai deux maltaises la
bas et poitou.
Là j'acquis en peu de temps une idée
juste de la sévèrité du service des hommés
préposés depuis la révolution au maintien
dû ton ordre dans la capitale. Je suis trop
jaloux de leur rendre l'hommage qui leur
'est dû pour passer sous silence quel-
quels fragmens d'une lettre dont j'ai en-
tendu la lecture.
-oÙ, appendra par cette lettre, à quel
prix oh trouve accès dans cette maison est
elleconvaincramême les lecteurs qu'il n'en,
est pas un qui n'ait le droit de prétendre
à faire sa résidence. Au surplus elle s'ex-
prime toute seule et m'épargne les frais
d'un; commentaire.
Le personnage qui lirait cette lettre est
G
On homme pourvu des meilleurs reçomr
mandations dans Paris comme dans la
province connu de probité intacte et à
l'épreuve de toute confiance. Il se plaignait
amèrement des torts .qu'il éprouvait à la
veille de consommer un mariage de for-
tune..
« Madame, (.écrivait-il.) écrasé sous le
poids de là plus rigoureuse^ injustice je
» prends la licence, de vous adresser mes
33 respectueuses -doléances
Quel sort plus cruel en effet Ma-
dame pour un homme que la sévérité de
ses principes semble devoir mettre à l'abri
du soupçon même de toute action con-
tre le-bon ordre de se voir jette confondu
parmi les plus grand scélérats La liberté
que tant d'autres regardent' comme, le pre-
mier des biens je la considère comme
le dernier dans ce moment, môn'honneur
ma réputation compromis tant que |ê res-
pirerai dans ce séjour infecté du'crimes
[Voilà les seules pertes réelles que j'envi-
sage, et les seules qui aient le droit de
m'en affecter, éncore quelles* suites Tu-