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Le Roi de bois, utopie traduite de l'anglais de I do not know whom ; par je ne sais qui

11 pages
chez les marchands de nouveautés (Paris). 1822. France (1814-1824, Louis XVIII). In-8 °. Pièce.
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LE
TRADUITE DE L'ANGLAIS
DE
I DO NOT KNOW WHOM,
PAR
JE NE SAIS QUI.
PARIS,
CHEZ LES MARCHANDS DE NOUVEAUTÉS.
1822.
D
ANS le temps où le roi Théodore, toujours
prétendant au royaume de Corse, errait de pays
eu pays, vivant d'aumônes et dans un état de-
détresse tel qu'il finit par se faire emprisonner
pour dettes à Amsterdam; la Corse e'tait par-
tagée en factions qui voulaient y établir diver-
ses formes de gouvernement. Chacun tremblait
alors pour l'avenir de cette île : et voici ce qu'un
philosophe anglais , également ami de l'ordre et
de la liberté, écrivait pour ramener à la con-
corde les Corses désunis :
« Si j'étais Corse, et que mes compatriotes
s'en rapportassent à moi pour le choix d'une
constitution , je ne m'anêterais à la forme d'au-
cun des gouvernemens actuellement connus dans
le monde.
» Je n'emprunterais mon système ni de la
république de Platon, ni de l' Utopie de Tho-
mas Moms ; toutes les belles théories de ces
philosophes seront toujours trop difficiles à îe-
(6)
duire en pratique ; enfin, je voudrais relever la
gloire et la prospérité de mon pays, en y réta-
blissant le gouvernehWt monarchique. Oui, je
voudrais un roi, et un roi qui aurait une cou-
ronne sur la tête et un sceptre dans la main : on
lui donnerait, comme de raison, le titre de
majesté; mais mon roi ne deviendrait jamais
un tyran. Il serait incapable d'aucun acte de
violence ou d'oppression. Entièrement exempt
d'orgueil, d'ambition ou d'avarice, il ne ferait
honte ni à lui-même, ni à ses sujets, par les fo-
lies de la jeunesse ou par le radotage des vieil-
lards. L'amour , cet écueil de tant de rois , se-
rait pour lui sans danger. Ou n'aurait aucun
reproche à lui faire du côté des moeurs ; enfin ,
ses plus grands ennemis (si par malheur il en
avait, comme tant de rois, sans les avoir mérites)
n'oseraient l'accuser ni de mauvais desseins, ni
de désirs malhonnêtes , ni même d'inégalité
d'humeur. En un mot, je voudrais un roi sem-
blable à celui que Jupiter donna aux grenouil-
les; (lequel, par parenthèse, tenait bien son em-
pire de droit divin, en sorte que des sujets qui
manquèrent de respect à sa personne , furent
justement croqués par son successeur). Cepen-
dant , je ne voudrais pas une poutre informe et
grossière : mon prince serait de coeur de chêne,
(7)
et travaillé de la main des meilleurs, artistes.
» Pour parler intelligent, j'aurais une
image ou. statue grande comme nature, bien
ciselée et bien coloriée ; je lui mettrais un dia-
dème sur la tête, un manteau royal sur les
épaules, et un scéptre dans la main droite. Je
la placerais sous un dais magnifique, et je l'as-
seoirais sur un trône bien doré. Une garde de
cent hallebardiers servirait moins à la sûreté de,
sa personne qu'à la pompe de l'audience, lors-
que le roi recevrait les ambassadeurs. Cette
garde serait la seule armée, sur pied dans la
Corse ; car, comme il ne faudrait de troupes
que pour défendre le pays d'invasion étrangère,
dans ce cas, tout citoyen serait soldat, et les
milices nationales marcheraient, comme cela se
pratique en Suisse. Ces milices seraient bien
armées et exercées régulièrement. Les géné-
raux, les colonels et autres officiers, aussi bien
que tous les .magistrats et employés civils se-
raient à la nomination du sénat ;, mais ils ne
pourraient légalement entrer en exercice, qu'a-
pi es avoir été présentés au roi, qui aurait le
droit de leur refuser son agrément.
» De même, les nouvelles lois n'auraient de
force qu'après avoir reçu la sanction de sa ma-
jesté ; elle serait toujours censée l'avoir donnée