Cette publication ne fait pas partie de la bibliothèque YouScribe
Elle est disponible uniquement à l'achat (la librairie de YouScribe)
Achetez pour : 0,99 € Lire un extrait

Lecture en ligne + Téléchargement

Format(s) : PDF

sans DRM

Le Sérail de Zadir, ou les Esclaves persanes, suivi de pièces fugitives, par M. Dusausoir,...

De
39 pages
impr. de L.-G. Michaud (Paris). 1814. In-8° , 40 p..
Les Documents issus des collections de la BnF ne peuvent faire l’objet que d’une utilisation privée, toute autre réutilisation des Documents doit faire l’objet d’une licence contractée avec la BnF.
Voir plus Voir moins

LE SÉRAIL DE ZADÏR,
ou
LES ESCLAVES PERSANES,
SUIVI
ÏJE^PIECES FUGlfïfâË^
PAR M. DUSAUSOIR,
MEMBRE DE LATHENEE DES ARTS,
A PARIS,
CHEZ L. G. MICHAUD, IMPRIMEUR DU ROI
HUE DES BONS-ENFANTS, N°. 3/f.
M. DCCC. XIV.
LE SERAIL DE ZADIR,
ou
LES ESCLAVES PERSANES.
LETTRE PREMIÈRE.
ZULME A ZADIR.
SOMMAIRE.
Zadir, parti depuis deux mois pour voyager eu Europe, a
laissé ses femmes au se'fail d'Ispahan, sous la garde de son
premier eunuque noir ; Zulmé, l'une des femmes et sader*
nière e'pouse, ge'mit de ce cruel abandon ; dévorée par son
amour, et livrée au plus noir chagrin, elle tombe dans une
douloureuse mélancolie, et, toujours remplie du souvenir de
son amant, elle lui adresse les plaintes les plus tendres sur
son cruel abandon.
ÉPITRE.
JJÉ JA depuis deux mois, au désespoir livrée,
Je ne vois plus l'amant dont je fus adorée !
Les plaisirs, le "repos, tout s'éloigne de moi !
Ces lieux jadis si'chers n'inspirent que l'effroi !
Rien ne peut y calmer la, peine, que j'endure,
Mon coeur est isolé dé toute la nature !
I.'.
(4)
JÙIÏ vain de l'Orient la naissante clarté
Étale ses rubis sous un ciel argenté,
Les oiseaux vainement, par leur touchant ramage
A l'astre du matin offrent un pur hommage;
Les accords ravissants de leurs joyeux concerts,
Rendus par les échos, se perdent dans les airs :
Je ne les entends plus ! Mon oreille attentive
Demande d'autres soins : dans nion arae craintive
La tristesse succède à la vive gaké ;
Tout n'offre à mes regards qu'un éclat emprunté ;
Les suaves odeurs de la rose brillante
Ne flattent plus les sens de ta plaintive amante ;
Je ne respire plus l'air que tu respirais,
Je n'orne plus mon sein des fleurs que tu m'offrais !
Je ne vous cherche plus, ombres silencieuses,
Dont l'épaisseur voilait nos flammes amoureuses;
Platanes, autrefois témoins de mon bonheur,
Vos rameaux languissants ont perdu leur fraîcheur ;
Fleurs naissantes, ô vous dont j'admirais les charmes,
Chaque jour votre éclat est terni par mes larmes !
L'aurais-je pu prévoir?.... Mon cher Zadir me fuit!
Malheureuse ! en tous lieux son image me suit ;
Le chagrin me consume : un effrayant silence
Ajoute a mes tourments. Dans mon impatience,
Je parcours le sérail et ne t'y trouve pas l
Ma voix t'appelle en vain ! j'étends vers toi les bras,
Séduite par l'erreur d'une douce pensée;
Ton amante bientôt se voit desabusée :
( s )
Tu t'éloignes, ingrat ! tu n'entends plus ma voix !
Sur ton coeur inconstant j'ai perdu tous mes droits !
Réservais-tu ce prix à ma tendresse extrême ?
Pourquoi désespérer une épouse qui t'aime?
À tes yeux, cher Zadir, n'ai-je donc plus d'appas?
Où vas-tu ? que fais-tu ? Réponds : dans quels climats
Espères-tu trouver une ame plus aimante?
Barbare !.... et tu trahis les voeux de ton amante !
Ce sérail d'Ispahan, où tu me fus offert,
Quand je ne t'y vois plus n'est qu'un vaste désert.
C'est là qu'à tes bienfaits j'étais accoutumée ;
Chaque jour me prouvait combien j'étais aimée :
Ce souvenir charmant semble adoucir mes maux:
Si j'ose m'y livrer et chercher le repos,
D'un funeste poison les ardeurs dévorantes
Font bouillonner mon sang dans mes veines brûlantes,
Aujourd'hui,loin de toi, tant que dure le jour
Je te cherche, et Zulmé ne trouve que l'amour !
Je me rappelle encor la brillante journée
Où le sort près de toi fixa ma destinée ;
Je te vis, et soudain, en écoutant ta voix,
Je brûlai du désir de mériter ton choix ;
Te plaire, t'adorer, c'était là mes délices,
Je me vois à présent jouet de tes caprices !..,.
Ne te souvient-il plus du serment solennel
Qui devait réassurer un bonheur éternel ?,...
Prestiges de l'amour, illusions fatales h...
Quand ton ordre.imposant écarta mes rivales,
(6)
Tu vins t'offrir à moi comme un Dieu bienfaisant ;
J'étais trop fière alors de t'avoir pour amant !
Je croyais dominer sur la nature entière ;
Jamais d'un feu plus pur, dans sa vaste carrière,
> Le soleil n'éclaira l'immensité des mers ,
Zadir ! En te voyant, j'oubliai l'univers !
Ce temps est loin de moi ! Dans mon désordre extrême,
Tout m'abandonne, hélas ! je m'évite moi-même.
Dans ces murs, aujourd'hui par la crainte habités,
On insulte à mes pleurs, mes voeux sont rejetés.
Je vois ces vils agents du pouvoir despotique,
Destinés à servir le luxe asiatique,
Vendus aux volontés d'un maître, ambitieux,
De mon sexe avili tyrans injurieux;
Monstres que la nature indignée et flétrie
Repousse de son sein avec ignominie;
Esclaves insolents, dont le front irrité
Porte en tous lieux la crainte et la sévérité.
Mais si je pense à toi, mon ame ingénieuse
Se console, et déjà je suis moins malheureuse.
Du plus profond mépris couvrant mes oppresseurs,
Toute entière à l'amour, je brave leurs fureurs;
L'imagination de ta sensible amante
Retrace à ses désirs ton image riante.
Trop cher Zadir, crois-moi s'il me fallait sortir
D'un sérail où par toi je connus le plaisir,
De ces lieux où le sort me retient enfermée;
S'il était vrai qu'enfin, trop long-temps opprimée,
(7)
Je pusse fuir au loin ces hideux surveillants.
Jaloux de leur pouvoir et toujours menaçants ;
Si le Sophi m'offrait tous ses trésors ensemble}
Si parmi les mortels que la Perse rassemble
Je pouvais faire un choix, je né lé ferais pas.
Ne vivre que pour toi, suivre en tous lieux tés pas,
C'est mon voeu le plus cher. Ah ! quand je te le jure,
Tu ne peux en douter sans me faire une injure;
Par toi seul, pour toi seul mon coeur est enflammé,
Mon amant seul enfin est digne d'être aimé !
Ah! ne soupçonne pas que ta cruelle absence
Puisse de mon amour altérer la constance!
Toujours je Grois te voir, et mes Sens enchantés,
Par l'attrait du plaisir sont encore agités;
Reviens, mon bien aimé, mon épbiix et mon maître !
Ces noms chers et sacrés, peux-tu les méconnaître ?
Aux cris de mon amour ton coeur est «il fermé ?....
O regrets superflus ! .;i. Malheureuse Zulmé!
Que me sert la beauté, si je cesse de plaire:
Au seul mortel..... Quel autre eh son voeu téméraire
Porterait jusqu'à moi ses regards indiscrets ?....
Rappelle-toi ce temps où, fier de mes attraits,
Le désir te faisait chercher lé bien suprême
Dont jouit un amant auprès de ce qu'il aime.!
Seraient-ils sans retour ces jours de mon bonheur?
Ah ! pour les prolonger, dans un songe flatteur
Zadir s'offre à mes yeux : pour prix de ina tendresse
11 reçoit, il me rend caresse pour caresse;
(8)
11 paraît occupé du soin de mes plaisirs;
Je m'éveille, tout fuit: inutiles désirs!
D'une plaintive voix j'invoque l'espérance ;
Elle apaise mes maux, je m'y livre, je pense
Que bientôt mon amant, touché de mon amour,
Pourra combler mes voeux et hâter son retour:
C'est ainsi que Zulmé, séduite par des songes,
Trouve encor le bonheur dans leurs riants mensonges ;
C'est ainsi, que livrée aux douceurs du sommeil,
Elle veut reculer l'instant de son réveil.
A ce calme trompeur succède un long orage ;
Je crains que mon amant, inconstant et volage,
N'oublie auprès d'une autre et mes voeux et mon coeur;
Je maudis le réveil qui détruit mon erreur.
Zadir! unique objet de ma douleur profonde,
Pour un de tes baisers je, céderais le monde.
Mais tune m'entends plus !.. Mes voeux sont impuissants !
Tu ne partages point les douleurs que je sens !
Le soupçon me poursuit, la sombre inquiétude
M'environne, m'accable en cette solitude.
Le luxe oriental en vain pour l'embellir
Etale à mes regards la perle et le saphir;
Des gardes du sérail, à toute heure entourée,
Je demande l'amant dont j'étais adorée •,
L'amant qui dans ce jour cause tous mes revers,
Et que je chérirais, même au fond des déserts ;
Ce Zadir adoré, cette ame de mon ame ;
Ce Zadir dont le nom me transporte et m'enflamme !.,.
(9)
Tout se tait, tout est sourd à mes gémissements ;
Tout jette dans mon coeur de noirs pressentiments :
Ce faste de l'orgueil, qui vient frapper ma vue,
Ajoute à ma douleur, me fatigue et me tue !
Fantômes séduisants, trop pompeux attirail,
Dont le trompeur éclat brille dans ce sérail,
Evanouissez-vous ! Eh ! que me font vos charmes ?
Mes yeux n'en trouvent plus qu'à répandre des larmes!
Plus de bonheur pour moi dans ces funestes lieux,
Que ton absence, ingrat, m'a rendus odieux !
. Toi que j'ai tant aimé, que j'aime plus encore,
Je t'offense !.... Pardonne à Zulmé qui t'implore,
A la tendre Zulmé, si fière de ton choix,
Qui, peut-être ! t'écrit pour la dernière fois.
Reviens, ne tarde plus, dissipe mes alarmes ;
Ton absence, Zadir, fait couler trop de larmes!
Cio)
LETTRE SECONDE.
ALMAIDE A ZADIR.
SOMMAIRE.
Almaïde, l'une des épousés de' Zadir, se plaint h lui de Son
abandon ; elle lui reproche son inconstance , lui rappelle les
serments qu'il lui a faits en l'élevant au rang de ses épousés ; •
elle remet sous ses yeux le moment où il 'lui offrit lé don de
son coeur, et la préféra à ses nombreuses rivales ;. clic le sup-
plie de hâter son retour.
ZjkiDin., c'en est donc fait! ;u fuis loin de ces lieux,
Où l'art et la nature éblouissent les yeux ;
Tu quittes ce séjour, où l'Amour et les Grâces
Pour charmer tes loisirs s'empressent sur tes traces ;
Où cent jeunes beautés, captives sous tes loix,
Se disputent l'honneur de mériter ton choix.
Tu fuis, et loin de toi tes épouses gémissent,
De leurs plaintifs accents ces voûtes retentissent ?
Insensible à nos-cris, insensible à nos pleurs,
L'inflexible Zadir insulte à nos douleurs !
Ne me fis-tu monter au rang de tes épouses
Que pour mieux m'asservir à tes fureurs jalouses ?
( !ï )
Que ne me laissais-tu dans mon obscurité !
Fallait-il abuser de ma crédulité? i ,
Quand il me fut permis de t'offrir mon hommage,
Je te vis, et soudain j'aimai mon esclavage ;
J'espérai que mes.voeUx, mes soins et mon amour, .
Obtiendraient un regard, te fixeraient un jour.
11 a brillé trop tôt ce jour où ton adresse
Par de trompeursdiscours sut vaincre ma faiblesse!
11 n'importe, je t'aime, et fière de ton choixi
Fidèle à des serments prononcés tant de fois,
J'ose me plaindre à toi de ta cruelle absence :
Tu pars, et ton orgueil me condamne au silence !....
Serments tant répétés, délicieuse erreur,
Que tu savais m'offrir avec tant âe douceur !
Serments, doux précurseurs d'une volupté pure',
Que prononce l'amour, qu'approuve la nature,
Qu'êtes-vous devenus?.... Quand ta mêles faisais, -
Dieux ! avec quelle ardeur je te les répétais l
Tu ne t'en souviens plus !.... Ton; aveugle caprice
T'éloigne Tes serments n'étaient qu'un artifice ! ■
Viens, vois ton Almaïde en proie a Ift donleur ;
Peut-être alors, ingrat ! tu plaindras* sdtt îflaftéur.
Ce sérail, où l'amour, paré dé tous ses charmes,
Pour vaincre ma fierté sut te prêter des armes,
Me rappelle, Zadir, de trop chers sôuvériir's,
Et sa magnificence irrite mes désirs; ;
Je crois encor t'y voir, et cette douce idée
Sait apaiser l'ennui dont je suis possédée.
(12)
Oui, Zadir, je t'y -Vois, épris de mes appas,
Sans cesse me chercher, suivre partout mes pas ;
Ta séduisante voix auprès dé toi m'appelle,
Tes baisers sont leprix de ma flamme fidèle :
Oui, je te voisy tetpresse, et je lis dans tes yeux
La vive émotion d?un délire amoureux; •
Ici, sur des carreaux, trône de la mollesse,
Zadir s'abandonnait à son ardente ivresse,
De sa tendre Almaïde il recevait la loi :
J'étais tout pour Zadir, il était tout pour moi !
Sous l'ombre des palmiers, dans une paix profonde,
Enivrés de plaisirs , nous étions seuls au monde ;
L'oiseau même,. charmé, cessait ses doux accords,
Et près de sa compagne imitait nos transports ;
Le temps, qui dans; ses jeux se plaît à. tout détruire,
De nos soupirs brûlants prolongeait le délire ;
Les heures s'arrêtaient, témoins de nos amours,
Le soleil immobile en suspendait le cours.
Bosquets où mon amant, sensible a mes caresses,
Prodiguait à mes feux tendresses pour tendresses,
Dans vos sombres réduits, qui m'offraient tant d'appas,
Mes yeux cherchent Zadir ils ne le trouvent pas !
A l'insensible écho ma voix impatiente
Redemande l'objet de ma flamme constante;
Je l'interroge en vain, il ne me répond plus, .
Et mon ame s'exhale en soupirs superflus :
Tout retrace à l'esprit d'une amante abusée
D'un bonheur qui n'est plus l'image et la pensée;
( ,3 )
J'y rencontre partout un fatal souvenir,
Et je n'ose prévoir un plus doux avenir !
Des tourments de l'ennui cherchant à me distraire,
Je voulus fuir ces lieux qui surent trop me plaire ;
Du sérail d'Ispahan je quittai le séjour,
Au sérail de Fatmé je traînai mon amour.
Vaine précaution ! espérance inutile !
Quand l'amour nous poursuit, peut-on être tranquille?
Malgré moi je revins en ces funestes lieux,
Où ton amour m'offrit un sort plus glorieux,
Lorsque tu décidas la fameuse querelle
Qui m'assigna bientôt le rang de la plus belle ;
Ce fut là qu'assemblant cent femmes près de toi,
Je les vis obéir à ta suprême loi.
Dans leurs regards touchants la timide espérance
Augmentait du désir la vive impatience ;
Toutes avec respect attendaient tes arrêts,
Une tendre rougeur colorait leurs attraits ;
Mais seule je fixai ton amoureuse flamme ;
Tu sus interpréter les secrets de mon ame :
Mes rivales en vain t'offrirent mille appas,
Tu rejetas leurs voeux pou» voler dans mes bras !
D'un triomphe si beau je fus enorgueillie:
Pour la première fois, chère ame de ma vie,
A tes transports brûlants j'osai m'abandonner,
Des myrtes de l'amour j'osai te couronner !
Sur son sein palpitant ton amante orgueilleuse
Recevait les baisers de ta bouche amoureuse ;
( H )
Ta main, que dirigeait une bouillante ardeur,
Fit tomber à mes pieds le signal du bonheur !
Quand l'amour t'accordait une douce victoire,
Sur mon front rayonnant de plaisir et de gloire,
La douce volupté semblait s'épanouir,
Et mon coeur enchanté cédait à ton désir!
De l'art industrieux le surprenant'miracle
Ne t'éblouissait plus par un pompeux spectacle;
Je cessai d'étaler ces riches ornements
Qui voilent nos attraits aux regards des amants :
Belle simplicité, fille de la nature,
C'est vous qui nous prêtez une grâce plus pure ;
De vous, de vos attraits naît la félicité :
L'art est un imposteur qui trahit la beauté.
Mais, quel songe enchanteur vient encor me séduire ?
C'est l'éclair du bonheur qu'un instant va détruire.
Trop chère illusion qui flattes mon esprit,
Soutiens ma main qui tremble en traçant cet écrit ;
Rappelle à mon époux ces moments pleins d'ivresse.
Où lui-même il venait répondre à ma tendresse ;
Moments délicieux et trop tôt écoulés,
Pourquoi vous offrez-vous à râes sens désolés ?
Zadir, viens rassurer ton amante alarmée !,...
Ah ! si c'est un malheur de n'être plus aimée,
11 est plus douloureux d'essuyer des refus
D'un coeur qui nous aima, qui ne nous aime plus !
Tu me quittes, Zadir, tu dédaignes l'hommage
D'une amante pour toi fière dé l'esclavage;
(i5)
Tu t'éloignes de moi, tu fuis vers des climats
Où l'on feint un amour que l'on n'éprouve pas !
Se peut-il qu'un Persan dédaigne l'avantage
D'être aimé pour lui seul ? qu'il préfère l'outrage
De partager des voeux à mille autres offerts ?
Et que pouvant régner il se forge des fers !
L'amour, tyran jaloux qui commande en Asie,
Chez les Européens n'est qu'une fantaisie.
Quand ton coeur inconstant me préféra Zulmé,
Je concentrai mes maux dans mon coeur opprimé ;
Je te voyais, du moins ! et ta seule présence
Suspendait mes ennuis et calmait ma souffrance ;
J'espérais ( car l'espoir soutient les malheureux )
Qu'un jour mon cher Zadir resserrerait nos noeuds;
J'espérais que, touché de ma reconnaissance,
Il se reprocherait de trahir la constance.
D'une amante oubliée , ô regrets superflus !
Je gémis, mais, hélas ! Zadir ne m'entend plus!
Ma voix t'appelle, ingrat ! viens jouir de mes larmes !
Peut-être pour ton coeur elles auront des charmes.
Tu cherches le bonheur? il t'attend dans ces lieux :
Près de moi viens apprendre à devenir heureux !
(ï6>
LETTRE TROISIEME.
PALMIS A ZADIR.
SOMMAIRE.
Palmis reproche à Zadir et son inconstance, et l'abus du pou-
voir qu'il eserce sur elle ; elle se plaint de ce que le chef des
eunuques, à qui la garde du sérail est confiée, l'a séparée.
de Zélide, son esclave favorite, et que pour justifier une
conduite si atroce, il ose la calomnier.
1^/CE sont-ils devenus ces jours remplis de charmes j
Où, loin de tout soupçon, sans craintes, sans alarmes, ,
Pour moi, près d'un époux, le flambeau de l'amour
Au rayon du plaisir s'allumait chaque jour ?
Dans les murs du sérail aujourd'hui confinée,
Comme dans un désert, errante, abandonnée,
Un désespoir affreux s'empare de mes sens,
Et la nature en deuil obscurcit mes beaux ans.
Tu dédaignes Palmis, tu pars, tu l'abandonnes !
On la traite en esclave !.... et c'est toi qui l'ordonnes !
Loin des murs d'Ispahan cherchant d'autres plaisirs,
Tu vas porter ailleurs tes volages désirs :

Un pour Un
Permettre à tous d'accéder à la lecture
Pour chaque accès à la bibliothèque, YouScribe donne un accès à une personne dans le besoin