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Le Sergent de la vieille garde et le garde du corps ; par M.....

15 pages
Charles (Paris). 1814. France (1814-1815). In-8 °. Pièce.
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LE SERGENT
DE LA VIEILLE GARDE
ET
LE GARDE DU CORPS.
PAR M...
A PARIS,
Chez CHARLES, rue Daughme,n°. 36.
1814.
LE SERGENT
DE LA VIEILLE GARDE
ET
LE GARDE DU CORPS.
LE GARDE DU CORPS.
CAMARADE, je vous vois parmi nous avec
plaisir,. Donnez-moi la main : oublions qu'il
fut un temps où nous étions divisés d'intérêt.
LE SERGENT.
De tout mon coeur ?....... Moi, je suis sans
rancune, et pourvu qu'on ne trouve pas mau-
vais que je dise du bien de l'Empereur, je serai
le meilleur enfant du monde.
LE GARDE DU CORPS.
Toujours l'Empereur !. Mais,, dire du
bien de Bonaparte , c'est paraître le regretter :
c'est une sorte de rebellion contre le gouverne-
ment actuel.
(2)
LE SERGENT.
Que le gouvernment nous paie, et qu'il
nous laisse parler sans rien craindre : tout en
vantant les belles campagnes de l'Empereur,
nous boirons à la santé de Louis XVIII.
LE GARDE DU CORPS.
A quelle santé avez-vous bu aujourd'hui ,
mon camarade ?
LE SERGENT.
A celle du Roi, ventrebleu!.... c'est un
brave homme ; il veut le bien , mais .... il a
autour de lui des gens rusés, avides, ennemis
du peuple, qui ne pensent qu'à eux , et qui le
trompent... Nous le plaignons , car il lui est
impossible de tout voir par lui-même.... Ah,
qu'il ait en nous de la confiance, ce bon prince,
qu'il nous le prouve, et la vieille-garde, fran-
che, loyale, remplie d'honneur, sera le plus
ferme appui de son trône.
LE GARDE DU CORPS.
Et vous renoncez de bonne foi à Buona-
parte?
LE SERGENT.
C'est lui qui nous a abandonnés , mais je liai
pardonne: il a voulu éviter de mettre en
France la guerre civile ; ce seul bienfait lui
donne des droits à notre reconnaissance....,
(5)
D'ailleurs Bonaparte restera où il est; ilne
voudra pas détruire son propre ouvrage: il
saura résister aux séductions de nos ennemis,
qui voudraient le faire servir à leurs desseins
ambitieux; il ne hasardera pas sa gloire passée,
sonbonheur présent, pour jouer un rôle subal-
terne, et courir de nouveau les chances de la
guerre, encore pour qui et avec qui?....
LE GARDE DU CORPS.
Vous parlez d'or, mon camarade ; écoutez-
moi : Dioclétien , empereur de Rome, ayant
abdiqué l'empire, passait ses jours dans une
belle campagne où il se trouvait heureux ;
Maximien, son collègue , qui avait abdiqué
avec lui, s'en'étant repenti dans la suite , lui
écrivit pour l'engager a reprendre la couronne;
voici la réponse de Dioclétien : « Mon ami,
» venez voir les belles laitues que j'ai plantées
» dans mes jardins de Salone. »
LE SERGENT.
C'est cela même..... Qu'on est heureux d'a-
voir tant d'esprit!... L'Empereur dira à. ceux
qui voudront le leurrer de belles promesses :
Venez voir les superbes monumens que j'élève
dans mon île, les terres que je défriche, les
mines que j'exploite, le commerce que je ra-
vive , le peuple que je civilise y qui m'aime , qui
(6)
me bénit, et renoncez à l'espérance de me
revoir jamais , au milieu de vos bataillons, bou-
leverser le monde pour vos intérêts ; trompez-
vous les uns les autres-, trahissez-vous, égorgez-
vous , quant à moi, je veux jouir des douceurs
de la paix que je vous ai donnée par ma retraite,
je veux aussi vous prouver que j'étais digne de
régir un grand Etat.
LE GARDE DU CORPS.
Est-ce Bacchus qui vous rend si éloquent,
mon,camarade? vous parlez , ma foi, comme
un livre !
LE SERGENT (frappant sur sa poitrine.)
C'est mon coeur qui m'inspire ... J'ai fait la
guerre sous Bonaparte, j'ai reçu nombre de
bIessures, obtenu un peu de gloire et la croix...
Celui qui me l'a donnée comme une marque
de son estime, mon général enfin, ne doit
attendre de moi qu'attachement, respect et re-
connaissance.
LE GARDE DU CORPS.
Fort bien ! — Pendant ces longues années ,
vous avez été témoin de brillantes actions de
la part de Buonaparte ?
LE SERGENT.
Comme vous le dites, jeune homme. Lors-
que j'ai commencé à. servir , mes moustaches