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Le socialisme et l'Internationale / par M. Emmanuel Belliard

De
13 pages
impr. de Destout & Cie (Auch). 1871. 16 p. ; in-8.
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LE SOCIALISME
ET
L'INTERNATIONALE
PAR
M. EMMANUEL BELLIARD.
Décembre 1871.
AUCH,
MPRIMERIE DESTOUT & Cie,
Avenue d'Alsace.
La question de l'Internationale s'impose plus que
jamais à l'opinion publique et à l'attention des
hommes d'Etat de tous les pays ; les agissements
de cette infâme et criminelle association , les mena-
ces que ses sectaires profèrent audacieusement, son
organisation redoutable qui prend chaque jour une
plus grande et plus funeste extension sont l'objet
des préoccupations les plus vives et les plus sérieu-
ses, non seulement dans notre malheureuse France
si éprouvée, mais encore dans toutes les contrées, de
l'Europe , en Belgique , en Angleterre, en Suisse,
partout....
Un projet de loi, ayant pour but d'arrêter les pro-
grès de l'empoisonnement général des classes ou-
vrières et de l'affiliation à cette oeuvre infernale, est
soumis en ce moment à l'Assemblée nationale. Le
rapport de la commission chargée de l'examen de
ce projet est à la veille d'être déposé et bientôt, sans
— 6 —
monde entier; ce que je me propose en ce moment, c'est de
dissiper le nuage mystérieux qui enveloppe cette association, de
chercher les attaches qui la relient aux sectes socialistes que
nous connaissons déjà, de découvrir le but auquel elle prétend
arriver et de dévoiler les moyens dont elle entend se servir.
Par avance, je demande pardon au lecteur des longues et
nombreuses citations que je ferai dans le cours de cette étude,
citations, du reste, qui ne seront pas sans intérêt.
Le 28 septembre 1864, les représentants ouvriers de plusieurs
nations européennes réunis en un meeting, dans Saint Martin's
Hall de Londres, afin de poser les bases d'une grande associa-
tion, nommaient un comité spécial pour rédiger les statuts gé-
néraux. Un mois et demi après, le groupe des ouvriers français
recevait par la poste le pacte fondamental de cette nouvelle so- '
ciété dont voici le premier article : « Une association est cons-
tituée entre les ouvriers de différents pays, aspirant au même
but : le concours mutuel, le progrès et le complet affranchisse-
ment de la classe ouvrière. » La cause et le but de cette asso-
ciation étaient expliqués dans les préliminaires de ce document
en ces termes :
« Considérant que l'émancipation des travailleurs doit être
» l'oeuvre des travailleurs eux-mêmes, que les efforts des tra-
» vailleurs pour concourir à leur émancipation ne doivent pas ten-
» dre à constituer de nouveaux priviléges, mais à établir pour
» tous les mêmes droits et les mêmes devoirs ;
» Que l'assujettissement du travailleur au capital est la source
» de toute servitude politique, morale et matérielle;
» Que, pour cette raison, l'émancipation économique des tra-
» vailleurs est le grand but auquel doit être subordonné tout
» mouvement politique;....
" Que l'émancipation des travailleurs n'est pas un problème
» simplement local ou national; qu'au contraire, ce problème
» intéresse toutes les nations civilisées, sa solution étant néces-
" sairement subordonnée, à leur concours théorique et prati-
» que...., etc.... »
— 7 —
Le résumé de ces préliminaires, le voici : émancipation des
travailleurs ; destruction du capital, source de toute servitude ;
et, pour atteindre ce but, concours mutuel et pratique des ou-
vriers de toutes les nations du monde.
Plus de trente journaux imprimés dans les principales villes
industrielles de l'Europe et des Etats-Unis se chargèrent de faire
des prosélytes, de recruter des partisans; des gens habiles et
sûrs furent envoyés dans les grands centres commerciaux ; les
chefs de l'association internationale eux-mêmes, profitant du si-
lence des lois, adressèrent des circulaires aux différents groupes
d'ouvriers. « Socialistes, communistes, phalanstériens, positi-
vistes et démocrates, écrivaient MM. Tolain, Fribourg et Varlin,
membres du bureau de Paris, vous tous qui croyez posséder le
remède à nos maux, nous ne vous dirons pas : Venez ! c'est votre
conscience qui vous le criera, car nul n'a le droit de se con-
centrer en lui-même, quand il peut sauver ses semblables. » —
Et pour sauver leurs semblables, comme il ne leur suffisait pas
d'avoir des hommes, mais qu'il leur fallait aussi de l'argent pour
éclairer leur conscience, ils ajoutaient : « Nous n'avons plus, en
terminant cette brochure, qu'à répéter que si la cause de l'obscu-
rantisme a le denier de Saint-Pierre, nous devons trouver le de-
nier du progrès qui servira à faire jaillir l'étincelle génératrice
du foyer humanitaire et social. » — Tous ces appels furent si
bien entendus, que l'on compte aujourd'hui, et seulement en
France, plus d'un million d'affiliés à l'Internationale.
Il n'y a plus de doute pour personne, l'Association, internatio-
nale des travailleurs n'est ni une société de coopération, ni une so-
ciété de consommation, ni une société de secours mutuels; l'Inter-
nationale n'est autre chose qu'une secte révolutionnaire, c'est-à-dire
une secte aspirant à transformer la société tout entière en renver-
sant, à son profit, l'état actuel des choses. Et qu'on ne vienne pas
dire que nous nous méprenons sur les intentions de ces grands
réformateurs, que l'Association internationale n'a été fondée que
pour étudier un grand problème social, l'amélioration matérielle
et morale de la classe ouvrière, enfin que les internationaux

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