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Le Solitaire Mathon, histoire du XVIIIe siècle, par É. Clavel. (Précédé d'une Lettre de Eug. Lacroix.)

De
43 pages
les principaux libraires (Paris). 1865. Mathon. In-12, 45 p..
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LE *.
SOLITAIRE MAT H 0 N
JU&EQIRE DU XVIIIe SIÈCLE
PAR
ç,, âLAVEL.
EN VENTE:
A Paris, chez les principaux libraires ; à Castres, chez MONTPELLIER
jeune, place Nationale.
CASTRES
Imprimerio de '.-J. ABEILHOE, rue des Pradals, hûlcl Jauzion. -
1865
LE
SOLIÏAIKE MATHON
HISTOIHE 1)1' XVIIIe SIÈCLE.
Pour toute préface de ce livre, nous nous contentons
de faire connaître la lettre qu'écrivit M. Eugène Lacroix,
ce célèbre littérateur qu'ont immortalisé plusieurs ou-
- vrages sortis de sa féconde plume, à M. Abeilhou,
gérant-propriétaire de l'Écho du Tarn qui, le premier,
a publié dans les colonnes de son journal cet écrit qu'il
nous a lui-même inspiré, et qui est un nouveau trait
d'union de l'amitié qui nous unit depuis si longtemps.
Paris, 15 jura 1865.
Monsieur,
Le roman que M. E. Clavel vous envoie, à l'état ma-
nuscrit, pour être publié dans votre journal, est une
histoire, dans le fond, vraie. Le héros est un de ces
hommes qui, après avoir passé une bonne partie de sa
vie en brigandages, se repcnt, un beau jour, de tous les
6
crimes qu'il a commis ou fait commettre par une troupe
de bandits dont il était le chef, et se retire dans la même
solitude qui lui avait servi de repaire comme voleur et
brigand, pour y vivre en anachorète. La mort aussi dra-
matique qu'épouvantable de notre héros fut provoquée
par deux crimes qu'il commit, alors qu'il menait la vie
d'ascétique.
La scène se passe en Quercy,. non loin de la ville de
Martel, dans cette même partie de province que les
historiens reconnaissent pour avoir été le second sanc-
tuaire de la Gaule druidique et qui fut, au xve siècle, si
souvent ravagée par les Anglais et par cet autre heureux
brigand qui porta nom d'Eymerigot, surnommé Tête-
Noire, lequel sut vivre et mourir en véritable souverain,
au milieu de ses compagnons dont les divers exploits
sont arrivés jusqu'à nous, entourés de l'auréole légen-
daire.
En bien des endroits, l'auteur de ce roman fait éprou-
ver de véritables émotions de l'âme et de vrais serre-
ments de cœur qui font rire et pleurer tout à la fois.
De plus, ce qui rend l'ouvrage intéressant, c'est qu'il
est aussi court que bon, ce qui lui assure, dès son
début, un succès aussi prompt que brillant et de nom-
breux lecteurs.
EUG. LACROIX,
Homme de lettres,
membre de plusieurs Sociétés littéraires.
Dans l'une des gorges les plus affreuses du Haut-
Quercy, et qui est appelée par les habitants de la contrée
la Gorge-du-Loup, des bergers en quête d'une brebis y
rencontrèrent un homme à eux inconnu.
C'était en l'an de grâce 1721 que se fit cette rencontre.
Cette gorge, située non loin des rives de la Dordogne,
entre Floirac et Montvalent, était un sujet de terreur pour
les plus intrépides du pays, et nul n'osait s'y aventurer
seul. On savait que toutes les fois que le pays était infesté
par les brigands, la gorge devenait leur repaire, et qu'il
n'y avait que la maréchaussée de Martel qui osât y péné-
trer pour leur donner la chasse, chasse périlleuse qui
coûtait toujours la vie à quelqu'un.
Or, quand nos bergers virent, en entrant au col de la
gorge, cet homme qui leur apparaissait pour la première
fois, ils en furent saisis de frayeur et battirent en re-
traite.
8
De retour, au village, ils répandirent le bruit qu'ils
avaient vu dans la Gorge-du-Loup un homme qui s'y
cachait; c'était évidemment un voleur, aussi que ce-
lui-là !
Des plaintes de tous genres furent portées, au com-
mandant de la maréchaussée de Martel, pour qu'il fît
arrêter cet homme par ses gens d'armes. Ceux-ci, pour
obéir à leur chef, y firent une et même plusieurs excur-
sions et ne trouvèrent trace d'homme dans ce lieu célèbre
qui était devenu, maintes fois, le témoin de leurs exploits
comme de la mort de plusieurs d'entre eux.
Quelques mois après, cependant, ce même homme re-
parut encore une fois à l'entrée de la gorge, mais il y fut
aperçu dans une attitude qui trahissait la piété : il avait
les bras en croix, les yeux levés vers le ciel et ses lèvres
murmuraient la prière. Assurément cette pose n'était pas
faite pour épouvanter; aussi, ceux qui l'aperçurent, s'ap-
prochèrent-ils de lui pour le regarder tout à leur aise. Ils
distinguèrent une figure noircie par le hâle des champs,
une barbe aussi sale que noire, une tête grisonnante, des
yeux creux, de grosses mains et des habits, des habits.
déchirés.
Lui adresser la parole, c'était trop hardi, trop dé-
placé, c'était le déranger de son état extatique : on le
laissa.
On sut bientôt, dans la contrée, par l'organe des der-
nières personnes qui avaient vu ce solitaire, que l'homme
9
qu'on avait fait passer pour un voleur et un brigand,
n'était autre chose qu'un ermite, retiré dans la gorge
pour y vivre en serviteur de Dieu.
(le fait parut assez curieux aux habitants pour qu'ils
missent en doute sa véracité. Ils ne pouvaient croire
qu'un tel repaire pût être habité par un de ces hommes
qui semblent oublier la terre pour ne penser qu'au ciel,
et la curiosité de s'en enquérir leur lit faire des démar-
ches pour s'assurer du fait.
Il fut donné, en effet, à un assez grand nombre de
personnes de voir l'ermite, de l'approcher et de lui
parler.
Interrogé sur ce qu'il était venu faire dans un en-
droit si sauvage, il répondit que le doigt de Dieu l'y
avait conduit et que sa main l'y retiendrait.
Qui êtes-vous? lui dit un autre.
Je suis, répondit-il, un misérable qui ai trop vécu
pour faire le mal et pas assez pour faire le bien.
D'où êtes-vous?
Pour le présent, je suis de la terre; mais pour
l'avenir, je suis du ciel.
Ces paroles, toutes vagues qu'elles étaient, mais dites
avec beaucoup d'onction, impressionnèrent vivement les
interrogateurs et on n'osa pas pousser plus loin une
conversation qui était déplacée pour. les uns et gênante
pour l'autre.
La réputation du solitaire s'agrandit, dépassa les li-
10
mites de la commune et parvint dans toutes celles du
canton, pour s'étendre de là dans toute la province et
jusque dans celle du Limousin.
La renommée ayant fait de l'ermite de la Gorge-du-
Loup une réputation de sainteté de premier mérite,
quelques chartreux du couvent de Martel résolurent
d'aller le voir et de lui parler afin de savoir au juste qui
il était.
Après une journée de chasse (car nos religieux de
cette époque avaient bien dégénéré de l'esprit primitif
qui avait animé leur ordre au commencement de son:
institution et ils préféraient, corrompus par l'abondance
de toutes les choses nécessaires à la vie, faire plutôt
résonner l'air par la détonation d'un coup de feu que la
voûte de leur chapelle par le chant des hymnes du Sei-
gneur) ils arrivèrent, presque au déclin du jour, à l'entrée
de cette fameuse gorge, et se mirent à la recherche de
cet homme qu'on faisait passer pour un être extraordi-
naire..
Ils l'aperçurent bientôt.
Nos chartreux, qui avaient déposé leurs armes en
pénétrant dans ce lieu, allèrent à lui avec un extérieur
de vertu hypocrite et l'accostèrent pour lui dire :
Votre sainteté nous attire en ce lieu regardé jus-
qu'à présent comme un repaire de voleurs et d'assassins.
Dites-nous, s'il vous plaît, quelques paroles d'édification -
avant que de nous en retirer pour revenir chez nous.
11
Que pourrai-je vous dire, mes frères et mes pères;
un enfant peut-il instruire ses maîtres? Un ignorant
peut-il donner quelque leçon au savant? Je suis le
plus misérable des hommes qui soient sur la terre : je
prie pour ceux qui me ressemblent.
Vous avez donc commis quelque grand crime?
Pourquoi êtes-vous venu ici? Comment le monde vous
nomme-t-il?
Mes crimes sont aussi nombreux que les cheveux
de ma tête ; je n'ose les dire, mais Dieu me donne la
grâce d'y penser souvent pour les pleurer, et c'est ce
dernier motif qui m'a conduit dans cette solitude, de-
venue effrayante par les atrocités qui s'y sont commises.
Le monde m'a appelé, dans un temps, Gargousse; mais
j'étais, avant comme aujourd'hui, appelé Mathon.
Gargousse ! firent les chartreux en ouvrant de
grands yeux et pénétrés de frayeur.
- Oui, mes frères et mes pères, et le frisson qui s'est
déjà promené sur tous vos membres, je le comprends,
c'est moi, c'est mon nom, ce sont mes crimes qui le
causent.
Vous êtes. ?
Gargousse.
Ce chef de brigands. ?
Qui a épouvanté le pays par toutes sortes de cri-
mes, il y a quelques années.
Pas possible!
12
- Je vous l'assure.
Sûr? vrai?
Très-sûr, très-vrai.
Et nos chartreux ouvraient leurs grands yeux pour
considérer cet homme qui, il y avait à peine dix ans,
était un sujet d'épouvante et de terreur.
Les femmes se servent encore de son nom pour faire
peur à leurs petits enfants, et ceux-ci de faire aussitôt
un signe de croix comme pour éloigner un malheur.
Devant les religieux stupéfaits d'une pareille nou-
velle, le solitaire Mathon était à genoux, les bras
croisés sur sa poitrine et les yeux à terre : il était mor-
fondu. Que se passait-il en cet homme? Qui pourra
jamais le définir? Les chartreux complirent ses larmes
qui tombaient abondamment sur la terre qu'ils foulaient
ensemble, pour le moment, et qui était encore imbibée
du sang que Gargousse avait fait répandre !
C'était un homme horrible que ce Gargousse, ce chef
de la bande noire qui avait désolé pendant six ans la
petite vicomté de Turenne; c'était un scélérat incarné,
un monstre à glacer d'effroi, un hydre qui n'aimait à se
repaître que de sang et de carnage ; son nom est encore
dans toutes les mémoires et fait encore peur. La maré-
chaussée pouvait aller à lui, elle était sûre, si elle
n'était pas vaincue, de compter des morts parmi elle,
et lui, Gargousse, la Grosse-Tête, l'Eymerigot, la Tête-
Noire du XVIIIe siècle, de rester invisible et vainqueur.
13
Par quel coup de tonnerre cc terrible chef de bri-
gands avait-il changé de vie? Qui de loup l'avait-il fait
devenir brebis?
Dites-nous pour notre édification, ajoutèrent les -
chartreux, de quel moyen la Providence s'est servi
pour vous ramener à elle.
J'ai entendu la voix de Dieu, il a parlé à mon
cœur et j'ai obéi. Je ne demande plus, mes frères-et
mes pères, que le secours de "vos prières pour terminer
mon existence dans ce lieu qui me reproche sans cesse
les forfaits et les crimes nombreux que j'y ai commis, et
ne vous souvenez de moi qu'à l'autel du Très-Haut pour
lui demander grâce, pitié, miséricorde pour le brigand
de la Gorge-du-Loup.
Que faisiez-vous des hommes qui tombaient entre
vos mains?
Ils étaient précipités dans le gouffre du ruisseau
de Miers, situé dans la commune de Montvalent, d'où
jamais aucun n'est revenu.
.Où allez-vous à la messe?
Le dimanche et deux fois la semaine je vais à
Rocamadour.
Nous permettrez-vous de venir vous voir avec le
père prieur?
Si ma présence ici peut être pour lui comme pour
vous un sujet de curiosité, je ne puis que considérer
autrement la sienne et la vôtre. Je ne demande que la
14
solitude, et les hommes ne peuvent que me la troubler.
Que sont devenus vos compagnons?
Les uns, vous le savez, ont été pris et pendus; les
autres s'en sont allés, je ne sais où; quelques-uns sont
morts.
- Y a-t-il longtemps que vous êtes revenu ici ?
- Deux ans,
- De quoi vivez-vous?
De ce que la terre produit ici, et cela me suffit.
Vous ne recevriez pas de secours?
Non; je n'en ai pas besoin. Merci.
Et les quittant brusquement, il leur dit pour der-
nières paroles :
Oubliez-moi, mes frères et mes pères, et ne vous
rappelez que de Gargousse à l'autel du bon Dieu.
Les chartreux s'en allèrent et le solitaire de la Gorge-
du-Loup se retira dans cette même caverne qu'il avait
autrefois habitée en brigand.
Pendant tout le temps qu'il vécut dans cette solitude
il ne fut que rarement vu par les personnes de la con-
trée. Il s'était construit une cabane, d'où il répondait
aux personnes qui venaient le consulter, et ses paroles,
comme sa vie austère, lui firent une réputation de sain-
teté que la coterie grandit, grandit.
Deux femmes, dans un état de grossesse avancée,
allèrent à lui pour se recommander à ses prières, et
eurenl la chance de le voir hors de sa chaumière. Le
solitaire, aussitôt qu'il les vit, leur cria de loin:
15
- N'avancez pas, mes sœurs, le démon de la chair
est avec vous.
Surprises, elles s'arrêtent, se parlent et prennent la
résolution de continuer leur marche pour aller à lui.
0 femmes! leur dit encore le solitaire, vous me
faites brûler, pourquoi venez-vous donc?
Vous voyez quelle est notre position, et nous ve-
nons vous prier de vous rappeler de nous dans vos
prières.
Allez, ayez confiance en Dieu, et sachez vous rési-
gner s'il vous demande le fruit que vous portez dans
vos flancs.
Quinze jours après ces deux femmes avaient donné le
jour à deux enfants dont l'un mourut le surlendemain
de sa naissance. Cette parole fit passer le solitaire Ma-
thon pour un prophète; plus tard, l'engouement lui en
attribuant 'd'autres de ce genre, la réputation d'une
vertu prophétique s'attacha complétement à sa personne
et l'estime qu'on avait de lui arriva jusqu'à l'admiration
la plus exagérée.
Sa renommée ayant grandi, il n'y avait pas de pélerin
de Rocamadour qui passât dans la contrée sans qu'il
se détournât de son chemin pour aller le voir, s'il était
possible, ou au moins, pour le consulter.
Le pays était-il menacé d'un fléau? Vite à l'ermite de
la Gorge qui priait et le détournait par la puissance de
sa prière.
16
Y avait-il sécheresse ? Les habitants envoyaient des
représentants pour prier le solitaire de demander au
ciel l'eau qu'il fallait à la terre.
Y avait-il trop de pluie? On en faisait autant, et le
beau temps arrivait.
Etait-on malade? On se recommandait à lui plus
encore qu'à la Vierge de Rocamadour qu'il semblait
éclipser par le nombre de miracles et de guérisons de
tous genres qu'il obtenait.
Ainsi faisant, le solitaire Mathonse vit honorer d'une
réputation aussi colossale en sainteté que celle qu'il
avait auparavant en brigandages, et son nom, inconnu
jusqu'alors, finit par être connu de la chaumière et du
château, du serf et du seigneur.
On disait : Le saint homme Mathon, l'ermite de la
Gorge-du-Loup.
2
Sur la rive droite de la Dordogne, au sommet d'une
montagne coupée à pic et en face de Floirac,- est un
château célèbre dans les annales du Quercy. Les ruines
imposantes de ce donjon féodal, assez bien conservées
aujourd'hui, révèlent sa force des temps passés, et pour
y arriver, il fallait poUT.lç moins, aux jours de sa puis-
sance et de sa gloire, le courage et la constance d'une
armée pour l'enlever, ou bien la vitesse de l'Hippogriffe,
ce beau cheval ailé que le bon archevêque Turpin
mettait à la disposition de Rolaud et des paladins du
grand Charles.
On l'appelle le château de Mirandol.
Ce vestige de la féodalité, habité jadis par cet héroïque
Gallard, comte de Mirandol, qui, au retour de la pre-
mière croisade, fonda la première église de Glugespour
y déposer un morceau de la vraie croix qu'il avait rap-
porté ne Jérusalem, est devenu depuis la première révo-
lution française la propriété d'un honorable agriculteur
du uats.
du D~s,~
18
Le dernier des Gallard s'éteignit au dernier siècle,
quarante ans avant 89. Cette famille seigneuriale qui
s^était toujours conservée pure et intacte dans la voie de
l'honneur, et toujours fidèle, à travers huit siècles rem-
plis d'épreuves, aux principes que leur avait légués leur
chef, se vit mourir sans pouvoir conserver un dernier
Tejeton. Celui qui devait clôturer la longue liste des
seigneurs de Mirandol eut trois enfants : deux filles et
un garçon.
Dès leur bas âge, ces enfants montrèrent d'abord la
plus grande intelligence; puis, arrivés à l'âge de six ou
isept ans, ils perdirent la parole.
La jeune fille aînée fut atteinte de ce fléau ainsi que
sa sœur cadette. Quelle en était la cause? Nul ne l'a
jamais bien su. Dans le pays les fils de la glèbe disaient:
c'est un maléfice; d'autres : c'est une punition divine.
Le fils du croisé, moins pieux peut-être que ses aïeux,
n'ajoutait pas foi à tous ces dicton, et se moquait aussi
un peu, pour obtenir la guérison de ses filles, de l'in-
tervention de la Vierge de Rocamadour comme du soli-
taire de la Gorge-du-Loup. Il était philosophe, et sa
philosophie le conduisait à croire qu'il n'y avait point
d'autre remède que ceux donnes par le médecin pour
guérir ses enfants.
Cependant le comte de Mirandol resta dans le plus
profond chagrin pendant quinze années consécutives,
sans voir revenir la parole à ses deux filles affectées de

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