//img.uscri.be/pth/a44d9e785faba2572d940c127f62f5f37057d53d
Cette publication ne fait pas partie de la bibliothèque YouScribe
Elle est disponible uniquement à l'achat (la librairie de YouScribe)
Achetez pour : 0,99 € Lire un extrait

Lecture en ligne + Téléchargement

Format(s) : PDF

sans DRM

Le Triomphe des libertés, nouvelle Lacédémonienne... par Auguste Bonjour

De
30 pages
Levavasseur (Paris). 1830. In-8° , 31 p..
Les Documents issus des collections de la BnF ne peuvent faire l’objet que d’une utilisation privée, toute autre réutilisation des Documents doit faire l’objet d’une licence contractée avec la BnF.
Voir plus Voir moins

LE TRIOMPHE
DES LIBERTÉS
DÉDIÉE AUX ÉLÈVES
DE L'ÉCOLE POLYTECHNIQUE,
A PARIS,
CHEZ LEVAVASSEUR, LIBRAIRE, AU PALAIS-ROYAL.
1830.
LE TRIOMPHE
DES LIBERTES.
PRIX : 1 FR. 75 CENT.
Du même Auteur, les LACÉDÉMOICIEÎWES,
chez le même Libraire.
LE TRIOMPHE
DES LIBERTÉS,
DÉDIÉE AUX ÉLÈVES
DE L'ÉCOLE POLYTECHNIQUE,
A PARIS,
CHEZ LEVAVASSEUR, LIBRAIRE, AU PALAIS-ROYAL.
1830.
A MESSIEURS LES ÉLEVÉS
DE
L'ÉCOLE POLYTECHNIQUE.
BRAVES JEUNES GENS,
Ce n'est pas la première fois que votre hé-
roïque dévouement à la cause nationale me met
la lyre en main. Mon admiration pour vous
date d'une autre époque ; votre amour pour la
patrie date-t-il du 28 juillet ?
La mémorable journée du 31 mars vit les
premiers exploits de vos devanciers. Les récits
de leur bravoure, importés du sein de nos
familles, se naturalisaient dans nos Collèges ;
plus de jeux, on parlait de leurs combats ;
l'étude n'avait plus de recueillement, le chevet
plus de sommeil ; toutes les imaginations s'exal-
taient à de nobles peintures. J'eus ma part de
l'agitation ; quel coeur n'aurait pas palpité ?
( 6 )
Enfant, je n'avais que des fleurs et des larmes
à répandre sur la tombe de vos aînés ; je leur
promis des vers ; plus tard je tins ma pro-
messe, tant bien que mal; je leur dédiai les
Lacédémoniennes. La police d'alors, qui s'effa-
rouchait des plus faibles lueurs de patriotisme,
j'en souris encore de pitié, prit la mesure la
plus misérable pour en interdire la publicité.
Elle fit saisir, quoi ? l'ouvrage chez le libraire ?
non, les annonces sur les carreaux et dans la
poche des afficheursx. Rendons-nous justice ,
elle a proportionné ses armes ; elle a jeté un
brin d'herbe sur un ver luisant : lev jour allait
l'éteindre.
Je n'avais commis aucune inconvenance poli-
tique. Il est vrai que je parlais de la bataille de
Rooroi, de Saint-Ghaumont, de Montmartre.
Le nom de ces hauteurs résonnait peut-être
mal aux oreilles d'un homme qui s'est montré
si avare du sang de l'ennemi et si prodigue du
nôtre.
Aujourd'hui, braves jeunes gens, plus de
lyres voilées, plus de gloires proscrites, célé-
\ Çqnsùtutipnnel du 6 a,vril i8?5.
(7)
brons-les toutes. Pouvait-on tenir une conduite
à la fois plus citoyenne et plus militaire ? Cou-
rage, sang-froid, grandeur d'ame, douceur,
humanité, désintéressement ; il semble que
vous ayez voulu montrer au peuple que vous
conduisiez à la victoire l'heureux assemblage
des vertus du héros et du citoyen, comme vous
en cultivez toutes les sciences. Tant de titres
de gloire me rendent fier de parler de vous.
Le 29 juillet, à sept heures du matin, un des
vôtres me pressa la main. Signe de félicitation ?
non, je n'avais rien fait. Il me communiquait
le feu dont il était électrise. Permettez que je
rende au foyer une étincelle que je lui dois;
c'est un hommage qu'il m'est doux de vous
offrir à tous.
Voire affectueux concitoyen,
AUGUSTE BONJOUR.
LE TRIOMPHE
DES LIBERTÉS,
Sol peuplé de héros, immortelle patrie,
Dont le nom, escorté des plus beaux souvenirs,
Exalte de nos coeurs l'ardente idolâtrie,
France ! ils ont succombé tes lâches décemvirs.
Non, le vainqueur du Nil qui grava sa mémoire
Sur les vastes débris des antiques cités,
Non, tes drapeaux, tissus des mains de la Victoire,
Que l'aigle triomphale en cent lieux a portés,
N'ont jamais rien conquis,aux plus grands jours de gloire
De si grand que tes libertés !
Vous tous qu'a révoltés le frein de l'esclavage,
Sortez tous des tombeaux, conjurés de chaque âge,
( «o)
Pour la première fois courbez vos fronts altiers,
Sous un joug? sous des fers? non, devant nos lauriers.
Montrez donc vos récits, vos fastes héroïques,
De tant d'exploits divers, merveilleuses chroniques,
Nos jeunes monumens les couvrent tout entiers ;
Nous avons une page ! éveillez-vous, un homme,
Sénateurs, le poignard et la flamme à la main,
Fulvius, cette nuit doit vous percer le sein,
Et mettre Rome en feu pour gouverner dans Rome.
Castillans, seul pouvoir d'un prince corrupteur,
Votre or court en ses mains payer le déshonneur.
Dans vos coeurs ombrageux n'est-il rien qui s'irrite?
Il succombe au poison, sa famille est proscrite.
Plus de traités, du sang! par d'affreux attentats
Ton frère, Transtamare, a souillé ses états.
Si brave, quoi ! vaincu!... Tu volais à tes armes.
La paix sous le harnois domine les alarmes.
Apprends qu'un citoyen n'avait jamais compté
Sur la foi des tyrans qu'un glaive à son côté.
Rienzi, Bédemar, impétueux Procide,
( » )
Comme un phare immortel la liberté vous guide.
Mais toujours des complots; vos armes? le poison!
Des stylets! vos combats? l'infâme trahison !
La nuit, ensevelis dans des forêts profondes,
Aux bruits sourds des torrens, au sifflement des airs,
A la lueur des sinistres éclairs,
Vous dressez aux forfaits vos cohortes immondes.
Tout fuit loin de vos pas, le désert seul entend
Le froid signal de mort passer de rang en rang.
Vos triomphes! grand Dieu! que d'horribles images!
Dans la poudre abattus ces monumens hardis
Que des siècles devaient orner de leurs outrages !
Des échafauds dressés, des tables de proscrits ;
Partout des cendres, des ravages,
Partout des sanglots et des cris.
Aux vieux ressentimens le désordre propice
Élève la vengeance au rang de la justice.
L'humble pasteur expire aux marches de l'autel.
Plus de célestes voix, plus d'encens solennel.
L'air impur des tombeaux remplit le sanctuaire.
( 1* )
Ils sont brisés ces noeuds du linceuil funéraire
Que le travail des temps n'avait pas déliés ;
Et ces pâles héros, insultés dans leur cendre,
Après quatre cents ans se lèvent pour apprendre
Qu'on ne les avait pas oubliés. '
Osez donc balancer nos succès et les vôtres,
Lâches conspirateurs, et nous, braves guerriers,
Les vaincus suppliant, vous les foulez aux pieds ;
Sur nos coeurs nous pressons les nôtres.
Vos lauriers sont flétris par de honteux excès,
Sous le pampre des Saturnales.
Des soins religieux, le chêne, le cyprès,
Voilà nos pompes triomphales.
Vous n'entretiendrez plus, graves récits des cours,
Un peuple créateur d'incroyables merveilles,
De l'heure où s'agitant comme un essaim d'abeilles,
Des flatteurs près du Roi s'est groupé le concours ;
De l'heure où d'un bois sombre occupant les détours,