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f'fW- kf P*R£S, fat U$ Conciles, &c*
LINGUET.
*fi fi
traité de la fol, & des mœur*.
A 1
AVERTISSEMENT.
La certitude d'être fout par un parti nom.
breux peut enhardir, elle enhardit en effet tous
les jours des écrivains fans pudeur; comme (ans
fcrupule. Ayant taché de n'écrire jamais que des
choies utiles, et vraies, j'ai eu rarement ce motif
de Sécurité peut-être ici ierai-jç plus. heureux, fan»
déroger à mes principes. Il me Semble que j'ai
droit de compter fur les fufrrages au moins de
tons les Epoux mkontens or s'il y à .un -Corps qui
puitfe prétendre à repréfenter le public j s'il y en
a un qui puifle donner fon opinion pour YOpiniom
publique, le crois que ceft celui-là-
L'envie de capter une bienveillance auffi éten-
due n'eft cependant pas ce qui m'a déterminé à
faire-reparoitre en ce moment les réflexions que
Ton va lire. Je les donne par la ferme perfuafion
où je fuis, qu'elles font falutaires, que la reforme
dont il s'agit eft indifpenfable; il en fera néceffai-
rement queftion aux Etat&Généraux puifqu'elle
fàit partie des inftru£Hons données par un grand
Prince à fes repréfentans; et que lui-même (ànr
doute en provoquera, en facilitera, en appuyera
en perfonne la difcuffion. K
Avec cette double fauve-garde je fuppoîe que
je pourrai me garantir des nqui/ùoirts; et qu'aucun
Minaère public ne viendra, au moins fur cet arti-
cle, m'injurier en me brûlant. Cela n'eft pourtant pas
trop certain mais pour me mettre à l'abri d'une
cenfure moins orageufe, et que je redouterais ce-
4 AVERTI S S E M EUT.
pendant davantage; afin de n'avoir pas à combat-
tre la crainte, les préventions des ames timorées-,
avant d'entamer la matière qu'il me foit permis
de leur obferver, de leur démontrer, qu'on peut
même la débattre, fans fcrupule, et à plus forte
raifon y prononcer affirmativement, fans' fcandale.
Je ne prétens pas -que ïindiffblubihté du mariage
foit une erreur; mais je contiens qu'en lui-même le
divorce, ri tft pas un crime, et qu'il dépend des
Adminiftrations d'en faire. un aûe légal, et légi-
time.
Cette matière a long-tems été regardée comme
problématique. St. Aupiflin, qui a travaillé plus
que personne à y porter la lumière, avoue lui-
même qu'il ne fait pas s'il y a rêujp. Il laiffe une
liberté entière dé penfer ce qu'on voudra, méme
après l'avoir lu. Il ne fe flatte que d'avoir traité
4a queftion fous plulieufs faces nouvelles mais il
n'affirme pas qu'il l'ait résolue de manière à pou-
voir exiger de fes leûeurs le facrifice-de-leur-raifon.-
rScripJÎ, dit,- il au chap. 57 des rétraâations
fcripfi duos liiros de adulurinis conjugiis*, quantum
potui fecundùm Scripturas, CUPIENS SOLVERE DIF-
FICILLIMAM QUJESTIONEM quodfi enodatiffîmi fe-
cerim nefcio imb verb non me ptrvenlffe ad hujus rei
perfec&onem fentio quamvis multos faus ejuj^gperue-
rim QUOD JUDICARE POTERIT QUISQUIS INTEL-
LIGENTER LEGET. Ce Doreur célèbre ne croit
donc avoir propofé qu'un avis; ce n'eft pas une
décifion qu'il préfente.
Il va plus loin encore dans fon traité fur la foi
G- Les moeurs, chap. il y déclare nettement,
comme on l'a vu par l'Epigraphe de ce petit
jtFERTISSEMEJfT, f
A)
ouvrage, que cette difficulté, d'après même les livres
faims ejiji obfcure que Jt 1'on
ou d'un autre on ne peut du moins pécher que VÉ-
NIELLEMENT (l)..
Cet aveu eft d'autant plus intéreflant que c'eft
d'après l'opinion de ce Saint que le fyftême de
Xindijfolubilitc abfolue a paru s'établir, et qu'il à
depuis été adopté par l'Eglife Latine mais de la
manière même dont il a été reçu il réfulte que
ce n'eft qu'un article de difcipline article qui peut
par conséquent être changé par l'autorité même
à laquelle il doit fon exiftence; article qui peut
recevoir des modifications de la main qui l'a .pote.
Cette quetHon a été un des objets fur tefquels
fEglife affemblée au Concile de Trente t s'étoitpro-
poté de ftatuer. La pluralité des voix fembloit aller
à adopter fans reuriâion l'opinion personnelle de
fur l'indùTolubilité abfolue du mariage
mais 1 Ambaffadeur de Venife ayant représenté que
tous les Grecs Sujets de la République fuivoient
une maxime contraire, et quils auroient peine
à voir leur, pratique ainC prolcrite par un Concile
folemnel les Pères prirent un tempérament
propre atout concilier on ne defapprouva point
la pratique des Grecs on fe contenta de pronon-
cer anathême contre quiconque taxtroit d'erreur celle
de l'Eglife Latine.
(t) la ipfis divinis Scripturis ita obfcurum eti utrum
itte, cui quidem une dubio licet adulteram dimittere, aduK
ter tamen habeatur fi aliam âuxerit, ut, quantum exiftîmo,
venialiter ibi quifque fallatur.
(a) V. Pallav. & Frapaolo.
6
Le droit divin, dans l'efprit du Concile, n'a donc
rien décidé fur le point qu'on examinoit. Chaque
Eglife peut avoir a cet égard fon opinion et fes
usages. Le refpeft qui leur eft dû à chacune ne
permet pas de blâmer ceux qu'elles ont adoptés.
Mais fi elles jugeoient à propos de fe réformer
d'elles-mêmes; fi, par des confidérations pareilles
à celles qui ont déja fait confacrer bien des chan:'
gemens dans la discipline, les Gouvernement
croyoient devoir faire revivre aujourd'hui les ré-
glemens fur le mariage qui ont été en vigueur dans
les premiers fièdes, 3nV a aucun doute qu'ils n'en
aient le droit, et que 1 autorité, laïque qui promul-
sueroit des loix d après ces principes ne le pût
taire en toute fureté de conicience c'eft ce qui
refulte fans réplique du Mémoire ci-après.
Afin d'aller s'il etl poflible, au-devant des ca-
lomnies, des interprétations malignes, des fuppo-
fitions ridicules, je dois peut-être ohferver Lque le
fonds de ce mémoire a déja été donné, imprimé en
177 ït par conféquent il y a ans, et fans au-
tre prétention que de fervir un infortuné, très-
oWcur, mais trèsrintéreffant par les particularités
même de fon malheur. Je ne fais ici qu'appliquer
à un cas général, et très-commun une dilcuflion
occafiorinée par un incident privé, et très-rare.
Il n'y a pas d'extravagances verbales J écrites
imprimées, auxquelles ce malheureux mémoire n'ait
donné lieu dans le tems pour en confacrer la fo-
lemnité il n'y a manqué qu'un réquifztoire.
La plus raifonnable de ces folies étoit-. que le
Duc d'A. et moi, nous voulions marier la Ceffe.
du B au feu Roi. Son mari étoit vivant donc
AVERTISSEMENT. J
A4
il falloit la démarier mon mémoire pour le Char-
pentier de Landau étoit un degré pour l'élever fur
le trône et mes paradoxes en faveur des époux
malheureux une manoeuvre pour donner une
Reine à la France.
Et cela étoit inconteftable car j'avois alors une'
chaumière à Lucienne, village près de Paris et Ma-
dame du B y avoit un Palais; et j'avois daté
ma confultation de Lucienne afin que le cas fut plus
fecret.
Voilà pourtant comme on raifonne, comme on
prouve, comme on juge; et c'eft d'après de fem-
blables fottifes que s établit la réputation des hom.
mes Ce font de pareils préjugés qui font leur def-
tinée! A combien d'honnêtes gens n'a-t-on pas
persuadé que dans ces derniers tems j'ai confeillé
une banqueroute nationale; que j'ai donné ce con-
feil pour faire ma cour à l'Archevêque de Sens
alors premier Minière pour préparer les efprits à
cette opératibn abforbante qui entroit, dit-on
dans fes projets.
Et cependant l'Archevêque de Sens n'étoit plus
en place quand j'aï donné le N° CXVI des An-
naks fa chûte avoit été annoncée dans le CXV
dans ce N° CXVI en 1788 je n'avois fait que répé-
ter ce que j'avois dit, et imprimé avec approbation
en Et ni en ni en 1779 je n'avois
confeillé la banqueroute j'avpis même dit en pro.
pres termes, je ne confeillé rien. En parlant des dif-
férens genres de dettes prétendues nationales, j'ai
même obfervé qu'il y en avoit de facrées
Qu'at-on^ait? On m'a brûlé l'affertion faufile
que favois confeUU la banqueroute a fervi de prétexte
8 AVERTISSEMENT.
au bûcher, et ensuite le bucher a fervi de preuve
l'exaâitude de raflèrtion. Ainfi va le. monde.
Puifque l'occafion s'en préfente, dut on répé-
ter fabfurde, et cruelle imputation d'égoifme, je'
me permettrai encore à ce fujet une observation;
je crois devoir révéler aif public une anecdote affez
remarquable..Non -feulement le N° 116 brûlé des
Annales et LES SUBSÉQUENs, feulement' interdits
d 'avance ont été Sévèrement, irrévocablement
arrêtés, faifis connTqués, volés par les Chefs,
et les Commis, et les fous Commis, des Bureaux,
des Barrières, des Poftes etc. etc. Non •feulement
il m'en a coûté pour eflayer de les faire parvenir,
cent fois plus que ne vaut le droit réel en vertu
duquel on éft fondé à les réclamer mais voiçi
quelque chofe de plus revoltant.
J'avois annoncé une justification, un dévelop-
pement de mes principes fur les engagemens con-
tractés au nom du public le tifJteder^cet ouvrage
devoit être de la date Narionale. Par ménagement
pour les préjugés, pour les allarmes d'une partie
du public, et pour les représentations de beaucoup
d'honnêtes gens; par Tempérance d'ôter un prétexte
à mes ennemis, et le défir de donner une preuve
de. plus de ma condescendance, de mon averfion
pour les difputes, j'ai renoncé à publier cet ou-
vrage je l'ai laiffé avec bien d'autres dans moa
porte-feuille.
Qu'en eft il arrivé? Un Libraire du Quai des
nommé Volant, a eu fimpudence de
réimprimer ligne pour ligne leN9 116. Il,y a mis
en tête le titre DE LA DETTE NATIONALE par
M. lùngutt il ra annoncé, produit, débité, comme-/
AVERTISSBHENT. SI
un ouvrage nouveau, comme un ouvrage publie;
PAR MOI, comme l'ouvrage promis fur les eng*-
gemens publiés. 'Il n'a pas éprouvé l'ombre d'un
obstacle il en a fait DEUX éditions en 8 jours.
Les Magifirats brûleurs, les Commis connTqueurs,
les P.ofiillons Efpions etc. fe font ,rendus les pro-
teûeurs, les fauteurs de fon brigandage: fes pa-
quets ont été expédiés Scrupuleusement par les
mêmes mains qui voloient les, miens.
Ainfi tout à-la-fois 1°. on m'a enlevé le mé-
rite de mes égards pour les inquiétudes, les cris
des Créanciers de l'Etat; j'ai paru les braver,
dans le tems même. où je leur donnois une, mar-
que frappante de délicateffe j'ai paru déchirer
leurs bleffures à finftant où je me fefois un Scrupule
de rifquer de les allarmer de nouveau, même ea
mejuffifiant de leurs reproches mal fondés.
29. Ce qui eft erçcore plus criminel, en redon-
nant comme un développemenc le remier texte déja
defapprouvé, condamné, on ma expofé à/paroî-
tre complice de cette fupercherie;,â me voirfoup-
çonner d'avoir voulu en impofer au public, et me
dérober par une petite ride typographique à une
iniquité judiciaire; foupçon confirmé par la fécu-
rité du Libraire fripon et par l'inaction de.
tout ce qui n'a d'adivité que quand il eft quel1ion
de me nuire. Combien d honnêtes gens ont cru,
croyent,. croiront, que ce vilain petit manège eft
de moi; qui en conféquence mont décrié,' me
haiffent me
Que faire à tout cela? Rien "que d'inviter les
hommes impartiaux, s'il en eft encore en France,
10 » jtr ERTI SSEM E NT.
à réfléchir, â me plaindre; de répéter ce que j'ai*
tu depuis vingt ans vingt mille occasions de dire
Videte fi eft dolar ficut dolor meus.
Et du refle d'avoir comme la nation confiance
en Y ajf emblée nationale, de prendre mon recours vers
Vaffemèiéc nationale; et en attendant qu'elle puiffe
connoître de mes réclamations privées qui toutes
tiennent aux grands points de sûrefé, de propriété
générales dont elle va s'occuper, de lui foumet-
tre fûcceftivetnent celles de mes opinions philoso-
phiques, et littéraires qui y font relatives.
Je commence par celles-ci, .en adhérant d'avan-
ce, de coeur, et de bouche, à toutes les décifions
de ce Concile Patriotique. J'attends refpechieufé-
ment avec toute la nation la profeflîon de foi
politique, civil* et Françoife, qu'elle va enfin ré-
diger, et qui fans doute fera déformais propre à
fervir de regle aux bons citoyens- comme de
frein pour les. mauvais..
Amen.
A
LÉGITIMITÉ DU DIVORCE.
JLJans un tems où les Tribunaux gémiflenr d'à-
v^ir à prononcer contre tant de crimes fecrets qui
brifent, ou fouillent le joug terrible d'un mariage
indiffoluble ne feroit-il pas nécéffaire d'eflayer à
le rendre plus léger? Lorfque la dépravation de»
moeurs eft parvenue à fon dernier période; lorfqu'on
ne rougit plus, des excès que le vice entraîne, et
que tout femble autorifer, fortifier, multiplier les
pièges tendus à la vertu, le Législateur ne peut-il
',pas. fe permettre de lui ouvrir un afyle? Peut-on
craindre d'employer au moins comme remède ex-
traordinaire, un fpécifique dont tant de Nations
font fans difficulté, et fans rifque, un utage jour-
nalier?
Le Catholicifme en Poigne eft compatible avec
La foi au Concile de quand et la fotuniffion au
Siege de Rome n'ont pas fait perdre aux Grecs qui
fa.font préfervés du fchifme de leurs compatriotes,
cet heureux débris des franchifes de leurs peres
le refte de l'Europe ne peut-il pas reclamèr de
même les adouciffemens apportés à une loi que la
pureté des mœurs anciennes avoit mitigée, et que
'on des mœurs a&uelles rend peut-être
Moïfi eft l'auteur du divorce
De la légitimité
et il ra permis aux Juifs (r), parce que les voyant,
les unt par avaria, J'autres par reffentiment des cha-
grins domèfh'ques à* autres par libertinage maltraiter
leurs femmes, & MÊME CHERCHER .¿ S'EN DÉFAI-
RE, pour fe faeiliter le moyen d'en prendre de nouvel-
les plus jeunes plus belles ou plus riches, il crut ds-
yoir ajfurer la paix des ménages 'en autorifant le di-
vorce, & en J'ajfujettiffant a des formes légales. Ne
Sommes-nous pas précrfément dans le même cas où
fe tronvoient les Juifs de Moîfi?
Le divin Légiflateur, le fils de Dieu fait homme,
expliquant Tes difciples le fens, et les bornes de
la Loi de Moijh, avoit déclaré avant St. Jérôme,
que cette permiflion n'avoit été 'consignée dans le
Deutéronome en faveur des Juifs, que par condes-
cendance pour la durué de leur cœur (2). Si la du-
reté du nôtre rend aujourd'hui cette indulgence
néceffaire, eft-ce un crime de la folliciter ?
La déciffon la plus violente^cui exifte contre
le divorce, celle qui paraît arrêter tous les Ca-
fuiftes de nos jours, c'eft le précepte à jamais
reipeftable du Sauveur du monde. Quiconque ren-
voie fa femme & en époufi une autre commet un
(i)Videns (Moifes) Judsorum alios avaritiâ, alios mo-
kftiâ doineilicâ, alios libidine commotos, fuas uxores in-
jurià & morte aliquando afficere, quo fibi intégrant foret
novas ducere uxores, aut juniores, pulchriores ditiorefve;
et âomeûicx quieti confuleref, heuhatem illis dédit di-
vortii faciendi cum prioribus uxoribus el. tamen condi-
tione ut vir daret uxori ita rejeftee, libellum divortii.
(a) Ob duritiem cordis veflri Moites permet vobis
cBmittere uxores veftra;. ( Matt. cap. ,19*).
du 'divorce. iy
tâuhtrt ( 1) fuivant Saint Marc, chap. 10. Mais
cet oracle facré n'eft-il pas' expliqué, et adouci;
par ce que dit auffi Je/us-Ckrifl en faint Mathieu,
chap. fi Quiconque renvoie fa femme POUR 'TOUT
AUTRE CAS QUE L'ADULTERE m fpouf une,
autre y fornique (i/)} racontent ja prenne, oire. Des
deux côtés c'eft, le même fait, ce (ont les mêmes
idées les mêmes paroles. Il n'y a qu'une feule
différence, c'eft que feint Marc- donne le précepte
durement, fans modification, ait lieu que feint
Mathieu le préfente avec un températif confiant.
Pour. tout, autre cas quc fadulttre, dit-il. L'adultère
eft donc fuivant feint Mathieu un cas de divorce.
Le paflage que Ton vient de voir eft d'autant
plus concluant, que l'EvangéMe a dit là mêmes
chofe en deux endroits. Il répete précifément les
mêmes expreffions en fon chapitre (3). A côté
de la défenfe générale de répudier fa femme, il
place toujours l'exception pour le cas d*adulure.
Un autre oracle qui fait grande impreffion fur
les Théologiens et les Directeurs des confciences,
c'efl ce païïage tant de fois répété Que (homme
ne Jipare point ce que Dieu a joint et cet autre
(i) Quicumque dimiferit uxorem fuatn, nifi ob forrùca-
tionem, & aliam duxerit mœchatur.
(2) Quicumque dimiferit uxorem fuam & aliam du,xe-
rit, adulterium committit tuper illam.
(3) Ego autem dico vobis, quia omnis qui dimiferit uxo-
rem fuam, excepta fornicatioais taufâ facit eam moechari.
(4) Quod erg© Deus conjunxit, homo non feparet.
M4U. cap. Marc. cap. t o.
t4 pe la légitimité
Mais le premier efl le précepte général; et l'oit
voit par
ception an mimas pour adultère le fécond n'efl
point un précepte, c'eft une conféquence naturelle
,du mariage. U eft fur que deux époux deftinés
vivre enfemble, doivent le confidérer comme une
feule perfonne avoir les mêmes intérêts, les mê-
mes defirs, la même exiftence, la même vie.
Si l'on vouloit approfondir cette matière on
verroit que les DoReurs de l'Eglife n'ont pas ap-
pliqué, cet axiome, erunt duo in'earne una, au
mariage feulement, mais à tout commerce entre
un homme, et une femme. Saint Paul aux Co-
rinthiens chap. 6, dit en propres termes: Ne ¡Æ-
vtçvous pas que celui qui s'attache â une courtifanne,
devient un eorps avec elle? Car il ejl écrie, ILS SE-
RONT DEUX DANS UNE CHAIR (i). Si faint Paul
a appliqué l'axiome, una, à la
conjonction illégitime d'un libertin avec une femme
fans mœurs, ife$ évident qu'il n'eft pas relatif
au mariage, et qu'on nen peut tirer aucune in-
duûion contre le divorce puifqu'enfin quoique
la femme publique et foh amant aient été, fui-
vant l'Apôtre des Gentils, deux dans une même chair,
non-feulement ils peuvent fe féparer mais ils y
font obligés, et rie peuvent continuer leur com-
merce fans un fcandale puniflable.
(i) Et erunt duo in carne ûna. (ibid. in duobas).
(i) An ntfciùs guia qui adheret MERtTRici unum cor-
pus efficitur? Erunt tnim, inquit, duo incarne Una; Le grec
eft, «ncôra .plus expreffif.
da
Terndim eft un des
dans quel ouvrage a-t-il développé fes fentimens
à cet
gamie xaité fondé tout entier
Traité où il fondent que les fécondes noces font
défendues; où il une fois goûté
de C arbre une fois
cache les parties que la pudeur nous ordonne découvrir,
uue fois rougi devant Dieu une fois tâché de dérober
fa home, une fois fouffert fait du Paradis, une fais,
contracté des noces doit être notre modèle. Il ajoute,
que pour pouvoir légitimement paffer à de fécondes
noces il faudroit ̃ un autre marié
deux fois (X). Ces principes n'ont point été adop-'
tés par ltgUfe. Ilss rendent peut-être fufpeâe l'o-
pinion de l'Auteur fur les autres détails du ma-
riage, et fes fuites.
Saint Ambraifc a vivement désapprouvé le di-
vorce. Il en fait la cenfure dans ton Commen-
taire Air faim Lucy chap; S. Mais il faut obfer.
ver que dans .ce Commentaire ûir faint Luc, il
ne cite que les paroles de faint Marc. Ils en tient
à la maxune rigoureufe
commet un adultère. SI ce faint éclairé, jufte et com-
pati1fant comme il l'étoit avoit eu a commenter
faint Matthieu il y a quelque apparence qu'il au-
roit été plus indulgent.
(t) Semé! guftavit illede athçre, femel (émet
Deo erubuit, remet ruborem fuum abfcondit, femel de Pa-
radifo fanéHtatis exulavit femel exinde nupfit..Si in illo
fuifti, habes tuam formant. Si exhibe tertium Adam,
&. hnnc.bigamum, Se tune poteri* effe quod inter duos
non potes.
"s-
j6 £c h légitimité
Si les
ce font fufceptibles d'interprétation et d'adoucif-
i'ement; fi la matière peufparoître problématique,
à ne l'examiner que fuivant les lumières de la rai-
féparation d'un homme et d'une femme que leur
union dévoue à un malheur éternel reçoit-il de
force d'une foule d'autres autorités décifives, tran-
chantes, qui fixent le fens des Ecritures, et qui
attendent les anciens ufages de l'Eglife ?
A l'égard des Juifs le divorce étoit non-feule-
ment permis mais même recommandé dans le cas
où il pouvoit avoir lieu. Si un hommes &t le Lé-
fon mariage,
yeux, A CAUSE DE QUELQUE DtWjAVT MON"
TEI/JC il écrira un dBt de répudiation; il le lui rnei-
tra dont la main, & la renverra de fa ttuàfon (i). Ce
n'étoit pas comme on voit, un fimple coraèiï
nnefimple tolérance é'étbit un ordre précis; et
Mprit, l'objet de cette Loi, eft développé par
Se. Jérôme qui dit avait voulu par la
prévenir les crimes furets, 6- ajourer la paix dcnuftiqtu.
Le commandement de fe quitter renifermoit la per-
parlant par ïorgmjSÈËÊjn Prophète, ajoute, 6-
lorfqu étant finie elMJm&poufé un autre homme, &c.
(i): A cet égard âfnW^i donc point de^diffiqilté.
(x) Si cœpêri^uxoîem & habuetit eam, & non inve*-
aerjt gtjitiam antè oculos ejus proptet oliquam fadùaum
fcribet libellum. repudii & dabit in manu illius, & diraittet
eam de domo fua 'Deuttr. cap. »4» "fr 1.
(a) Cumque egreffa alium maritum duxerit. Ibid. t.