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Les Blooméristes, ou la Réforme des jupons, vaudeville en un acte, par MM. Clairville et Hippolyte Le Roux... [Paris, Vaudeville, 26 janvier 1852.]

De
18 pages
Beck (Paris). 1852. Gr. in-8° , 16 p..
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THÉATRE DU VAUDEVILLE.
LES lllOOMËMxm
ou
LA RÉFORME DES JUPONS
VAUDEVILLE EN UN ACTE
Par MM. CLAIR VILLE et HIPPOLYTE LE ROUX
Représenté, pour la première fois, à Paris, -sur le théâtre du VAUDEVILLE,
le 26 janvier 1852.
PRIX : 60 CENTIMES.
à ftavis
BECK, LIBRAIRE"
RUE DES GRANDS-AUGUSTINS, 20
TRESSE, successeur de J.-N. BARBA, Palais-Royal
1852
LES
p
BLOOMÉRISTES
ou
- M lâiMii wm mmm
) VAUDEVILLE EN UN ACTE
Par MM. CLAIRVILLE et Hippolyte LE ROUX,
Représenté pour la première fois, à Paris, sur le théâtre du VAUDEVILLE,
le 26 Janvier 1852.
il i—
PERSONNAGES. ACTEURS.
PETARADE MM-AMBROISE.
HENRI. LAGRANGE.
DUMORTIER ., FORMOSE.
CÉSARINE.,. .,., MMES IRMA GRANIER.
MA DEMOISELLE PRUDENCE. ASTRUC.
CLORINDE .., ., .,. .,.,.,. ESTELLE PLUCK.
CL,\ RISSE.,..,. .,. .., ., CLORINDE.
HENRIETTE., LEYDER.
ESTELLE..,. .,. ..,. VIRGINIE MERCIER.
PAULINE CAROLINE.
EMMA
MA DE LEINE., ., .,., MARIE.
La scène chez Duniortier, dans un village des environs de Paris.
S'adresser pour la musique exacte de cet ouvrage, à M. TARANNE, 45, rue Montmartre.
Le premier personnage inscrit tient la droite de l'acteur.
Le Théâtre représente un salon. - Fenêtre au premier plan, à droite du spectateur. — Porte au deuxième
plan. — Porte à gauche, deuxième plan.— Trois portes au fond, ouvertes sur jardin.- Une table, côté gauche.
— Causeuse, côté droit. — Chaises. — Panoplie, au fond, entre la porte de gauche et celle du milieu.
SCÈNE PREMIÈRE.
CLORINDE, CLARISSE, HENRIETTE, ESTELLE,
PAULINE, EMMA, MADELEINE.
(Au leuer dit rideau, Clarisse et Henriette sont à
la table et regardent un dessin. — Estelle et
Madeleine sont au fond gauche et tirent l'épée.
— Pauline boxe avec Emma, au fond droit. —
Clorinde est étendue sur la causeuse et lit une
brochure.)
CHŒUR.
Air de Gastibeha.
Retenons
Et suivons
Les conseils de Césarine;
Retenons
Et suivons
Ses excellentes leçons.
CLAUISSE.
Mais, enfin,
Ce dessin.
HENRIETTE.
C'est l'habit qu'on nous destine :
ESTELLE, à Madeleine.
Tiens-toi bien,
Ne crains rien.
HENRIETTE.
Oui, ce costume est fort bien.
CLORINDE.
Ah! vraiment,
C'est charmant,
Ce discours est éloquent,
Très-éloquent !
REPRISE.
Retenons, etc.
2 LES BLOOMÉRJSTES,
CLARISSE. Tu as beau dire, cette culotte n'est
pas gracieuse.
HENRIETTE. Puisque c'est le costume adopté à
Londres.
CLARISSS. Ce n'est pas une raison pouf l'a-
doptep à Paris. Prenons la mode anglaise-, j'y
consens, mais habillons-la à la français».
ESTELLE. Encore une fois, touchée !
MADELEINE. C'est vrai, et j'en peux plus. (Tom-
bant sur le fauteuil du fond gauche) Ouf! faut
que je me repose.
ESTELLE, posant son fleuret. Ma foi, je ne de-
mande pas mieux, j'ai le bras sans ÇOIJO ai séance»
(Allant à la table (1). Que disiez-vous donc ,
Mesdemoiselles?
CLARISSE, montrant le dessin. h, PARFAIS de
cette culotte. n'est-ce pas qu'elle est trop
étroite?.
ESTELLE. Il faudra consulter Césarine.
CLARISSE. Mais la comprend-on, cette Césarine,
qui nous donne rendez-vous et qui part pour la
chasse ?..
ESTELLE. Césarine, elle ne fait rien comme tout
le monde. c'est elle qui, depuis son arrivée
dans cette campagne, nous a toutes enrégimen-
tées C'est vrai, nous ne pensions à rien,
nous étions des femmes, comme toutes les
femmes; moi, j'allais tranquillement épouser
Tourniquet, l'huissier de la commune. Clarisse
s'en faisait conter par son petit cousin ; Hen-
riette, par l'adjoint. enfin, nous étions toutes
d'obscures et d'innocentes campagnardes. Cé-
sarine paraît.
CLARISSE, se levant. Et la guerre est déefarée !..
plus de mariage, plus d'époux, plus rien de ce qui
peut rappeler notre antique esclavage. au lieu
d'institutrice, de maîtresse de dessin ou de piano,
Césarine fait venir un chassetH d'AfEiqe.& qttt
nous apprend à tirer l'épée et le pistolet. ennn,
ce costume ancien. ce costume lui-même.
(Elle va le prendre et revient, Henriette se lève
et la suit.)
CLORINDE, qui lisait, s'interrompant. Oh! c'est
beau ! c'est superbe !
TOUTES, l'entourant. Quoi dope ?
CLORINDE. Eh! pardine! le discours de misîriss
Bloomer à l'assemblée des fepmes libres, dans
Breda-Street.
ESTELLE. Misteiss Bloomer a fait un discours?
CLORINDE, se levant et descemUant en scène (2).
Dans lequel elle prouve clair comme le jour, que
le corsage est un préjugé, te robe un contresens
et le jupon une bêtise.
TOUTES. Ah ! vraiment !
CLARISSE. Elle prouve tout ça !
1 1 Henriette, Clarisse, Estelle, etc.
2 Henriette, Pauline, Clarisse, Clorilldl', Estelle,
Emma, Madeleine.
CLORINDE. Et c'est bien facile. car, suivez bien
son raisonnement : — Quel est le pays, dit-elle,
où les femmes portent les robes les plus longues,
les voiles les plus épais, les plus iinpéiiétt^iîles?..
C'est la Tuçquie.., e'ést-à-dire le pgya de la
terre, où les fermes, aftflt 1% plus Qiclave$!:.. Que
portait ta femme à la ClIéaÛOnl du momie ?
HENRIETTE. Elle ne portait rien.
TOUTES. Rien du tout!
CLORINDE. Donc, elle ne portait ni robe, ni
carsage, nj jupon.
MADELEINE. Est-ce que mistriss Bloomer vou-
lait en, revenir à ce costume?
CLORINDE. Non, les mœu:'s sont changées.
mais elle soutient que les hommes, en Europe,
ont- in%,ewé kt robe, comme les Chinois ont in-
venté les petits pieds, pour asservir la femme,
pour te gêwer !
MADBtEwiE. C'est vrai que la robe c'est joliment
gênant.
HENRIETTE. Surtout quand il pleut.
CLARISSE. Et quand il fait de la poussière.
ESTELLE. Et les jours de vent, Mesdemoi-
selles !
TOUTES, faisant le mouvemçut fa ramener leur
robe. Ah !
CLORINDE, les rassemblant. Aussi, de ce petit
village, à trois lieues de la capitale, va sortir la
réforme universelle; et c'est nous qui, les pre-
mières, allons en donner l'exemple !
CLARISSE, montrant le dessin^ désormais, voilà
notre seul costume.
ESTELLE Jurons de n'en plus porter d'autres.
TOUTES, étendant la main. Nous le jurons.
CLORINDE.
Air - Polka.
Oui, cet uniforme
Se portera, j'en répouds;
Vive la réforme.
La réforme des jupons.
TOUTES.
Oui, cet uniforme, etc.
CHARISSE.
l'lu& de mode*, iiuléoeutui !
~ft~TT.~
De jupons provocateurs!
ESTELLE,
Pins de ces robes flottantes!
MADELEINE.
l'lus du ces corsets menteurs!
CLORINDE.
De noti--e nouveau système
Les hommes sont effrayés ;
Un jour, s'il le fallait même,
Nous mettrions des sous-pieds.
REPRISE.
Oui, cet uniforme, etc.
CLARISSE.
Mais, j'y pense, au lieu de cottes.
Mesdames, quand, a Paris,
SCENE III .- 3
Nous porto: ons des culottes,
Que porteront nos maris ?
CLORINDE.
Ils porteront, je suppose.
TOUTES.
Quoi donc ?
CLORINDE.
Mais. que sais-je, hélas!
Us porteront. autre chose;
Ça ne nous regarde pas.
REPRISE
Oui, cet uniforfme, etc.
(Elles remontent toutes.)
',,"" V\\V<VW\VWVW\\VVV>VW%<VVV\WV\W\WV*VVW IWWVVH
SCÈNE II.
LES MÊMES, DUMORTIER, par le fond (1).
DUMORTIER, entrant. Ah ! vous voilà, Mesde-
moiselles !. Eh bien ! est-il arrivé?
TOUTES. Qui donc?
DUMORTIER, redescendant avec elles. Qui?., Et
de qui puis-je parler si ce n'est de mon futur
gendre. du fils de mon vieil ami?
CLORINDE. Non, monsieur Dumortier, depuis
que nous sommes là, nous n'avons vu personne.
CLARISSE. Pas même Césarine, que nous avons
à consulter pour un changement à faire à nos
costumes.
ESTELLE. On nous a dit qu'elle était à la chasse.
DUMORTIER. Mais c'est inconcevable ? partir
pour la chasse au moment de recevoir son futur
mari !. certainement, c'est original, c'est excen-
trique, comme disent les Anglais; mais si mon
gendre arrivait !.
ULORINDE. Eh bien! n'est-ce point un soldat?
It serait enchanté de ce sans-façon tout à fait
guerrier.
DUMORTIER. Ah! ah ! le fait est que ma fille n'est
pas une fille ordinaire. Ça n'a pas été élevè
dans un pensionnat de jeunes demoiselles, avec
un tas de bégueules, brodant, dessinant, can-
cannant. fi donc !
Air de Turenne.
Prenant modèle sur son père,
Qui, Dieu merci, fut un luron,
Elle a le cœur, elle a le caractère,
Et le courage d'un garçon;
Elle en a tout. même le pantalon.
( Elles remontent en riant. - A lui-même. )
Et quelquefois, moi-rmême, moi son père,
Pour un garçon je la prendrais,
Si sa figure et. de certains attraits
Ne venaient prouver le contraire;
Ne me prouvaient tout le contraire.
CÉSARINE, au dehors, Portez à la cuisine, ce
sera pour le dîner.
TOUTES, redescendant. Ah! la voilà.
DUMORTIER. Enfin!
4 Entre Clarisse et Clorinde.
PÉTARADE, au dehors. Il suffit, Mam'5elle, on
y va!.
DUMORTIER. Eh ! la voix de M. Pétarade, votre
maître d'armes!
VVVT»\\ V\ VWX ,," W VV * VV\ VVVV VVV\ VVV\Y\\VV\B\M WV%VVV\ .,,'"
SCÈNE III.
LES MÊMES, CÉSARINE, ensuite PÉTARADE.
(Elle est en tenue de chasse, amazone courte,
chapeau d'homme, carnier et le fusil sur
l'épaule (t).
CÉSARINE.
Air du Chemin de fer.
A moi, chiens et limiers!
Entendez-vous cet air de chasse?
Holà, légers coursiers,
Parcourons plaines et halliers !
Dans les champs et les prés,
Du lièvre, je poursuis la trace.
Mais j'épargne les blés
Avec leurs beaux épis perlés!
Je ris toujours quand un chasseur
Se lasse,
Et que ta fatigue chasse.
Un chasseur.
Je sais, au fond des bois,
Mettre tous les cerfs aux abois.
Et, brave jusqu'au bout,
Ce n'est pas moi qui crains le loup!
Trou: troll ! Ir-ou 1, trou!
(Elle va à droite.)
Liberté,
Et gaîté;
Toujours intrépide,
Le plaisir me guide.
Voila la santé!
Oui, oui, l'on se porte souvent,
En bravant la grêle et le vent,
Mieux qu'avant.
(Revenant au milieu, en ôtant son fusil de l'épaule.)
Apprenez un secret:
Tout à l'heure, Mesdemoiselles,
J'ai vu dans la forêt
Monsieur Pétarade en arrêt.
Ce valeureux guerrier
Me fit une peur des plus beltes.
Je ne sais quel gibier
Attendait là ce braconnier.
Eq me voyant, sur mes pas il s'élance ;
Mais jo savais qu'il ne m'atteindrait pas.
Pour le mettre aux abois,
Je cours, je le laisse a distance,
Et bientôt j'aperçois
Que je suis seule dans le bois.
Ah! ah! ah! ah!
1 Dumortier, Henriette, Pauline, Clarisse, Clo-
rinde (un peu au-dessus), Césarine, Estelle, Emma,
Madeleine (au-dessus).
4 LES BLOOMÉRIST ES,
Puis enfin,
D'un ravin
Je franchis l'espace ;
Quand un lièvre passe
Au bout du chemin
Bon, bon, je me mets en arrêt
J'ajuste, je tire, et c'est fait!
(Elle tire par la croisée.)
Oui, c'est fait!
DUMORTIER) riant. Ah ! sapristi, tu m'as fait
peur.
CLORINDE. Oui, tu chasses, tu t'amuses et voilà
trois heures que nous t'a: tendons.
CÉSARINE. Présente! de quoi s'agit-il?
CLARISSE. De ce costume pour lequel on propose
un changement.
CÉSARINE. Voyons ça. (Elle va se mettre à la
table, où toutes la suivent.)
PÉTARADE, un cigare à la bouche, entrant par
le fond. Salut et. cordialité! Mademoiselle, le
lièvre est à la cuisine (1).
CÉSARINE, toujours à la table. Très-bien ! mon
futur peut arriver maintenant, nous avons du gi-
bier à lui offrir.
DUMORTIER. Comment! c'était pour son futur.
voilà une attention.
PÉTARADE. Pour çà, le lièvre, c'est une atten-
tion délicate.
DUMORTIER. Et dire qu'il est des jmbéciles, des
crétins, qui prétendent que les talents que j'ai
donnés à ma fille ne peuvent faire le bonheur de
son mari !..
PÉTARADE. Les idiots!
CÉSARINE. Mais en effet, je crois que cela vau-
dra mieux ainsi j'adopte ce changement. (A
Madeleine, qui vient ù sa gauche et sort avec le
dessin.) Vous entendez, Madeleine, la jupe très-
atnple et des manchettes en dentelles.
MADELEINE. Oui, Mademoiselle
DUMORTIER. Mais M. Henri tarde bien.
CÉSARINE, venant à Dumortier. Mon futur! t'at-
tendez-vous si tôt?
DUMORTIER. Comment, si tôt?.. Mais mademoi-
selle Prudence nous marquait jeudi matin.
CÉSARINE. En vérité!
CLORINDE. Ah ! je suis curieuse de le voir, moi,
ce futur que personne ne connaît.
CÉSARINE. Et que je ne connais pas moi-même.
PÉTARADE. Vous ne le connaissez pas?
CÉSARINE. C'est-à-dire que je l'ai connu à l'âge
de six ans. (Elle s'assied.)
TOUS. De six ans (Pétarade s'assied au milieu,
à cheval sur sa chaise, Dumortier sur la cau-
seuse.)
CÉSARINE. Son père m'apprenait à faire des
armes.
4 Césarine, Pétarade, Dumortier.
DUMORTIER. C'était l'officier de dragons que,
suivant la mode anglaise,j'avais donné pour insti-
tuteur à ma fille.
CÉSARINE. A force de tirer l'épée et de fumer
des cigarettes ensemble, M. Henri et moi, nous
devînmes inséparables. je l'appelais mon petit
mari, il m'appelait sa petite femme. et quand son
père l'emmena en Afrique, il paraît que j'étais
au désespoir. Depuis, je n'en ai plus entendu
parler.
CLORINDE. Et tu l'attends ce soir pour l'épou-
ser?.
DUMORTIER. se levant. C'est une histoire. il
paraII que le père du jeune homme, tué en Afri-
que, il y a douze ans, s'est rappel, en mourant,
la promesse que nous nous étions faite d'unir un
jour la petite femme et le petit mari; car il a
chargé, par testament, une demoiselle Prudence,
son exécutrice testamentaire, de nous présenter
le jeune homme à sa majorité.
PÉTARADE, qui s'est levé et reporte sa chaise à
droite. Mais c'est un roman que cette histoire-là !
CÉSARINE, descendant au milieu (1 ). Ah! malgré
notre ancienne promesse, je fus longtemps à
me décider ; et si le mari que j'attends sans le
connaître n'était pas ce que je le suppose, c'est-à-
dire un homme, un gaillard, un soldat d'Afrique,
sans préjugés, sans tyrannie, digne enfin de me
comprendre. eh bien! je vous jure, foi de Bloo-
mériste, qu'il irait se marier ailleurs.
PÉTARADE , redescendctnt entre Césarine et
Clorinde. Bien dit. voilà ce que j'appelle une
femme.
DUMORTIER. N'est-ce pas?
CÉSARINE. Ah çà, Mesdemoiselles, puisqu'il ar-
rive ce matin, nous sommes en retard.
CLARISSE. Oh ! sois tranquille, nous serons bien-
tôt prêtes. (Elles remontent et reviennent.)
PÉTARADE. Eh bien! Mesdemoiselles, est-ce
que vous ne prenez pas leçon?
ESTELLE. Oh! pas aujourd'hui, nous sommes at-
tendues par nos tailleurs.
PÉTARADE. Vos tailleurs?
CÉSARINE. Oui, vraimenl; nous avons réformé
les couturières.
PÉTARADE. Et ce sont des messieurs qui vous
prennent mesure?
CÉSARINE. Et pourquoi non?
PÉTARADE. Ah! si j'avais su.
TOUTES. Quoi donc?
PÉTARADE. Je me serais fait tailleur. (Il remonte
avec Durnortier.)
CLOJUNDE. Farceur!. allons, Césarine, à ce
soir.
TOUTES. A ce soir!
1 Pauline, Henriette, Clarisse, Clorinde, Césa -
rine, Estelle, Emma Dumortier. (Madeleine rentre.)
SCÈNE V. 5
CESARINE.
Air :
Qu'on réforme
L'uniforme
Que nous ne voulons plus porter;
Si nous sommes
Mieux en hommes,
C'est en hommes qu'il faut rester.
TOUTES.
Qu'on réforme, etc.
CLARISSE.
Le jupon, court par système,
Voltige en faisant ballon ;
Et la décence elle-même
Conseille le. pantalon.
CLORINDE.
A la contredanse encore,
Quand je suis dans un salon,
La figure que j'adore
Est celle. du pantalon.
CÉSARINE.
Partout ce mot est magique,
Et le succès le plus long,
Même à l'Opéra-Comique,
Est pour. Monsieur Pantalon.
REPRISE.
Qu'on réforme
L'uniforme
Que nous, etc.
(Toutes les jeunes filles sortent par le fond.)
"',\ v\ XWVVXWUVVUWM VW%VW\VW\VW\WV1IWV\\V\vWV\ VVVA VYW
SCÈNE IV.
DUMORTIER, PÉTARADE, CÉSARINE, MA-
DELEINE, au fond.
PÉTARADE. Vive Dieu île joli petit régiment;
je grille de le voir en uniforme. (Voyant Césanne
aveindre un étui à cigarettes.) Voulez-vous du
feu, Mam'selle?
CÉSARINE, allumant à son briquet de poche. Non,
merci, j'ai mes. allumettes.
DUMORTIER, qui vient de prendre un cigare
dans son étui. A moi, major !
PÉTARADE. Volontiers! (Ils se mettent face à
face pour allumer le cigare.)
CÉSARINE, s'étendant sur la causeuse. Made-
leine, allez préparer mon costume, je vais vous
rejoindre.
MADELEINE, sortant. Oui, Mam'selle.
CÉSARINE. Ah ! c'est égal, M. Henri trouvera
peut-être que mon éducation?.
PÉTARADE. Votre éducation, Mam'selle, mais
elle ne laisse rien à désirer, mille z'yeux !
Air du Château perdu.
N' me parlez p<:s d' ces Agnès au cœur tendre,
Au cœur ému, qu'un rien fait palpiter;
Il faut qu'un' femme apprenne a se défendre,
Qu'ell' sache enfin se faire respecter!
Voyez Jeaun' d'Arc? elle a l'ait parler d'elle;
EU' se battait en toute occasion ;
Et cependant, je crois pouvoir, Mam'selle,
Vous souhaiter sa réputation.
Je ne crois pas vous offenser, Mam'selle,
En vous souhaitant sa réputation.
DUMORTIER. Satané farceur, il vous a des
idées.
PÉTARADE. Ah! vive Dieu! c'est un heureux
mortel que ce monsieur Henri!
DUMORTIER. Oui, certes, ce n'est pas parce que
Césarine est ma fille. mais si vous l'avez remar-
quée.
CÉSARINE, passant entre eux (1 ). Oh ! mon père,
monsieur Pétarade m'a beaucoup remarquée.
DUMOHTIER. Comment!
PÉTARADE. Mam'selle.
CÉSARINE. Je puis dire à mon père que vous
étiez très-aimable, très-galant et très-empressé
près de moi. je ne sortais pas une seule fois
sans vous rencontrer, et dame! quoique très-
brave de mon naturel, vous commenciez à me
faire peur.
PÉTARADE. Je vous faisais peur?
CÉSAHINE. Oh! pas parce que vous êtes ef-
frayant, au contraire.
PÉTARADE, souriant. Au contraire.. à la bonne
heure. je disais aussi. ça m'étonne. le chas-
seur d'Afrique n'est pas habitué à faire peur phy-
siquement.
DUAIORTIER. Non, certes. c'est un corps ma-
gnifique.
MADELEINE, en dehors. Monsieur, Monsieur,
v'là votre gendre.
DUMORTIER, remontant avec Césarine. Mon
gendre!
CÉSARINE. Mon futur!
PÉTARADE, à part, en passant à gauche. Ah ! la
petite a remarqué que je la remarquais ?.. c'est
bon signe, et je n'en resterai pas là.
CÉSARINE, redescendant. Et je ne suis pas prête..
Ah! ma foi, tant pis!
'\, \,,, tvA\^vwv\ivu\AUVU*uvvwwvv\*\\v%uivvvv>\\n*A\\
SCÈNE V.
PÉTARADE, MADELEINE, DUMORTIER,
CÉSARINE.
MADELEINE, entrant par le fond gauche. Mon-
sieur!. Monsieur!. le v'là!
DUMORTlER. Tu l'as reconnu à son uniforme?
MADELEINE. Non, Monsieur, il n'a pas d'uni-
forme.
DUMORTIER, à Césarine. Comment! il fait des
façons avec nous ; il se met en bourgeois!.
MADELEINE. Il n'est pas en bourgeois, non
plus.
Dumortier, Césarine, Pétarade.

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