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Les deux philippiques

13 pages
impr. chez les libraires associés (Paris). 1814. France (1814-1815). 14 p. ; in-8.
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LES DEUX
PARIS,
CHEZ LES LIBRAIRES ASSOCIÉS
1814.
1ÈRE PHILIPPIQUE.
APPEL DES FRANÇAIS AU SÉNAT.
SÉNATEURS,
UN cri général un cri unanime se fait
entendre contre l'acte émané de votre
auguste assemblée le 6 de ce mois et
qui se trouve qualifié de projet de cons-
titution présenté par le gouvernement
provisoire.
On se demande d'abord, pourquoi on
voit siéger dans le sénat français, des hol-
landais , des hambourgeois , des toscans ,
des hanovriens ; quelle connaissance ont
ces étrangers de ce qui peut convenir à
notre caractère national, et quel intérêt
ils ont à concourir à la formation de nos
lois.
On se demande si l'acte en question est
bien une constitution; qui puisse faire es-
pérer au peuple français quelque amélio-
(4)
ration dans son gouvernement , et s'il con-
tient autre chose qu'une spoliation de cent
millions de domaines de l'état , au profit
d'une centaine de familles patriciennes ,
tant françaises qu'étrangères.
On se demande de quels services cette
dotation est le prix , et on pousse des cris
d'indignation en pensant que c'est aux ar-
tisans de nos malheurs que va être distribué
le reste des biens de l'état.
On se demande si ce n'est pas le sénat,
préposé à la conservation de nos constitu-
tions , qui a creusé l'abîme épouvantable
dans lequel nous nous trouvons , en inven-
tant et formant successivement le tyran et
la tyrannie ; en donnant, l'apparence de
formes légales à toutes les mesures atroces
proposées par le tyran ; en envoyant an-
nuellement deux à trois cent mille hommes
à la boucherie , en Espagne, en Portugal,
en Russie , etc. ; en flattant, il n'y a pas
plus de quatre mois , dans les termes les
plus pompeux, l'atroce Buonaparte.
On convient , et même toute la nation
( 5 )
sait qu'il a toujours existé parmi vous
quinze ou seize défenseurs de ses droits,
de ses libertés , de son sang ; mais que
leurs voix ont été étouffées par les cham-
bellans et par les agens sans nombre que
le despote avait soin de faire siéger avec
vous ; et c'est à ces êtres dégradés que
l'on attribue l'acte dit constitutionnel qu'on
veut nous présenter , et que toute la na-
tion désavoue avec indignation , parce
qu'il lui est étranger , qu'il n'assure que des
richesses et des honneurs aux auteurs de
nos maux , tandis qu'il est presque muet
sur les prérogatives du roi , et qu'il ne
parle pas même du peuple ; parce qu'enfin
c'est un acte de démence.
Sénateurs , il est encore temps de re-
venir sur vos pas ; mais bientôt peut-être
il ne le sera plus , parce que vous serez
désavoués. Travaillez à la charte constitu-
tionnelle qui reste à faire , et effacez au
plutôt ce nouveau monument de la honte
sénatoriale. Montrez-vous les hommes de
la France et non des hommes avides der

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