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Les joies de Corneille ; L'enquête : au profit des pauvres / par Émile Coquatrix

De
18 pages
impr. de H. Boissel (Rouen). 1870. 15 p. ; in-8.
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AU PROFIT DES PAUVRES
LES JOIES DE CORNEILLE
L'ENQUÈTE
PAR
COQUATRIX
PRIX: 1 l li-
ROUEN
IMPRIMERIE DE HENRY BOISSEL
Rue de la Vicomté, 55.
1870.
PUBLICATIONS AU PROFIT DES PAUVRES :
1865. Le Jour des Morts.
1866. Jeanne-D'Arc.
1867. Corneille. — Les Odeurs de Paris.
1868. Napoléon.
1869. L'Épître à Montauron.
m CORNEILLE.
I.
Corneille était heureux ; car pour lui dans le ciel
Venait de se lever cette Lune de Miel
Dont le rayon lacté, calmeur de la souffrance,
Nous apporte ici bas l'amour et l'espérance.
Tout est riant, splendide et rose à l'horizon,
On ne respire alors que joie en la maison,
Le parfum du bonheur doucement vous enivre,
Beaux jours, charmantes nuits; comme il fait bon de vivre
Et comme du présent gardant le souvenir
On laisse aller son âme aux rêves d'avenir !
II.
Avoir là sur son cœur, entre ses bras pressée,
L'épouse qui des yeux lit dans votre pensée.
Et nous montre d'avance, en ce séjour mortel,
Ce que sont près de Dieu les anges dans le ciel !
Sentir ce souffle pur, cette haleine embaumée
Qu'exhale le baiser de cette vierge aimée !
&
-2-
Étant deux, n'être qu'un, et seuls, loin de tout bruit
Ainsi passer ensemble et le jour et la nuit!
Oh! l'on n'a pas deux fois une ivresse pareille.
Tu le mérites bien, sois donc heureux, Corneille !
III.
La terre est en amour et pour te faire honneur
Le printemps se dispose à fêter ton bonheur.
Vois ! il vient de lever sa baguette de fée,
Et, par enchantement, la terre réchauffée
Sort de la couche froide où dormaient ses pâleurs,
Fière d'avoir repris de nouvelles couleurs.
Sous les rayons ardents du soleil qui se lève
On entend sourdement monter partout la sève.
Et du fond des vallons aux cimes des forêts,
Tout est renouvelé, tout est vivant et frais.
IV.
Il te faut du repos, va donc, laissant la foule,
Près de ces calmes bords où la Seine s'écoule,
Goûter la solitude et, près de ta cité,
Prenant un bain d'air pur, prendre un bain de santé !
Vis-à-vis de mon Val, mon cher Val-de-la-Haye,
Est un enclos fermé par une simple claie ;
Car on ne craint pas, là, tranquille en son réduit
Les vagabonds de jour, les maraudeurs de nuit,
Et l'on peut sans danger, à toute heure et sans perte
Même de sa maison laisser la porte ouverte.
- V.
Viens sous ce toît champêtre, en ce paisible lieu,
profiter des loisirs que te fait le bon Dieu !
-3-
Regarde autour de toi ! Connais-tu quelque chose
Qui te soit apparu jamais plus grandiose
Que cette merveilleuse et vaste floraison,
Annonçant la nouvelle et charmante saison?
Printemps, présent de Dieu, tableau dont la nature
Chaque année, avec art, rajeunit la peinture.
Porte au fond de nos prés ton souffle, tes chaleurs,
Et jette à nos jardins la neige de tes fleurs !
VI.
Le soleil, qui du chêne anime les écorces,
Aura bien le pouvoir de réparer tes forees,
Viens là, Corneille, viens ! Ménage t'a cru mort (1),
Déjà ses vers latins ont gémi sur ton sort:
Séche tes pleurs, brave homme, et d'une voix ravie
Célébre maintenant son retour à la vie !
Avec ta jeune épouse et sous ce beau ciel bleu,
Te voilà donc enfin, faible encor, pâle, un peu !
Mais le printemps, ici, te garde des rosées
Bonnes aux fronts brûlants comme aux fleurs épuisées.
VII.
Après le Cid, après Horace, après Cinna,
On peut se reposer sur la gloire qu'on a.
Car on a bien payé sa dette à la patrie.
Goûte en paix le bonheur aux bras de ta Marie
De cette jeune fille, au cœur fidèle et pur;
Elle est digne de toi, Corneille, sois en sûr.
(t) La première nuit de ses noces, qui se firent à Rouen, Corneille
fut si malade que l'on écrivit à Paris qu'il était mort. Ménage s'em-
pressa de faire des vers latins pour déplorer sa perte et peu de jours
après il chanta sa résurrection.
(J. Taschereau), Histoire de la vie et deI œuvres de Corneille.
4 —
C'est charmant, n'est-ce pas, aux bois, par les prairies,
De se laisser aller au cours des rêveries.
Jadis, maître en ce Val, tu dois avoir, je crois,
Pensé ce qu'aujourd'hui j'ai pensé bien des fois.
VIII.
Le soir, que la campagne est une douce chose !
Comme elle rafraîchit le cœur et le repose !
Qu'il fait bon, loin du bruit de nos pâles cités,
Respirer la nature et ses sérénités !
Quel calme de ne plus entendre à ses oreilles
Bourdonner ces frêlons plus fiers que des abeilles,
Tous ces chercheurs bavards qui n'ont rien su trouver.
Oh ! débarrassé d'eux, qu'il est doux de rêver
Bercé par cette douce et molle quiétude
Que seule, à ses amants, donne la solitude !
IX.
On ferme un peu les yeux, afin de ne rien voir
Que l'horizon bleuâtre estompé par le soir
Et le ciel qui nous montre au travers de son voile
La naissante splendeur de sa première étoile.
Le soleil disparu nous a fait ses adieux,
Emportant avec lui ses rayons dans les cieux.
La nuit compatissante à la terre épuisée,
Ainsi que d'un manteau, la couvre de rosée.
Dans les champs, dans les bois, tout est silencieux,
On n'entend plus alors qu'un bruit mystérieux.
X.
Dans l'océan de l'air, sur cette mer immense,
Ecoutez-les ! Ce sont les vagues du silence,

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