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LES MALHEURS
DE
LA FRANCE
ikimfe CAUSES ET LEURS REMÈDES
Par M. l'abbéiièon MARET missionnaire apoatolique,
Collaborateur de la France Nouvelle, curé du Vésinet.
Vexatio dabit vobis intellectum.
Instruisez-vous à l'école de l'adversité.
(Ps. XXVIII, 19.)
Mes bien-aimés frères,
Lorsqu'un navire a été fracassé par la tempête, les nautoniers,
échappés au naufrage, dit un docte prélat, éprouvent une amère
satisfaction à considérer l'événement dont ils auraient pu être les vic-
times. Ils se rappellent les richesses que la mer a englouties, les espé-
rances qu'elle a ruinées, les projets d'avenir dont elle a rendu la réalisa-
tion impossible; ils se remettent devant les yeux les dangers qu'ils ont
courus, les noms de leurs amis qui ont péri; et s'ils sont sages, ils
prennent la résolution de ne plus's'exposer à de pareilles catastrophes ;
s'ils sont prudents, ils s'appliquent au moins à éviter pour l'avenir les
négligences, les mauvaises manoeuvres, toutes les fautes qui ont préparé
et décidé leur immense malheur.
Ce qui vient d'avoir lieu en Franco n'est-il pas un rêve? On serait
tenté de le croire, tant sont extraordinaires les choses qui viennent de
s'accomplir. Dans l'histoire d'aucun autre peuple trouve-t-on rien de
pareil? Que de morts, mon Dieu, que de sanglants combats! Que de
ruines amoncelées ! Que de tristesses! Et cela en si peu de temps. Qui
aurait pu le dire ll y a un an, qui aurait osé même le penser? La chose,
toutefois, est trop réelle. Le front courbé dans l'humiliation, et le coeur
abîmé dans la douleur, nous ne pouvons pas même compter nos désastres
ou estimer nos pertes : tout est incalculable.
Toutefois, ne nous laissons pas aller au désespoir ; avec la confiance
et la virilité de chrétiens qui n'oublient pas que Dieu a fait toutes les
nations guérissables (Sagesse, I, 14), examinons les moyens par lesquels
nous pourrons peut-être réparer nos malheurs ; mais pour réussir dans
cette étude si grave et si nécessaire, recherchons la cause de nos cala-
mités : cette cause étant connue, le remède sera plus facile à découvrir
et à appliquer.
Les mondains, M. F., recherchent l'origine de nos maux là où elle
n'est pas, et les causes qu'ils indiquent sont tellement en opposition
les unes avec les autres que nous ne nous y arrêterons pas. Élevant nos
pensées au-dessus de considérations purement hypothétiques, nous
dirons que nos malheurs sont notre propre ouvrage; ce sont les fautes et
les crimes de notre nation qui les ont préparés, fautes des plus graves,
puisqu'elles s'attaquent à Dieu, à l'Eglise, à la société,, à nous-mêmes.
C'est Dieu qui a permis ces malheurs comme un châtiment et une expia-
tion, et c'est de Dieu surtout que nous devons en attendre la réparation.
L'homme a une intelligence qui doit être éclairée par la vérité, un
coeur qui doit être sanctifié par la pureté, un corps qui doit être réduit
par la mortification.
Or, avouons-le; la vérité n'était-elle pas obscurcie, diminuée, perdue
parmi nous? Lés erreurs n'en avaient-elles pas pris la place? Et cela
partout, dans les livres les plus en vogue, dans les journaux les plus.
répandus, dans les brochures les plus renommées, dans la bouche des
hommes politiques, dans celle des professeurs les plus connus et les
mieux rétribués.
Et comme la morale suit toujours les principes approuvés par l'esprit,
comment n'aurait-elle pas été pervertie, alors que cet esprit était si
profondément égaré lui-même? N'a-t-on pas été jusqu'à trouver un mot
qui indiquait ce dont on prétendait faire la règle de la vie : on l'a appelé
une morale indépendante, c'est-à-dire, une loi sans législateur, une disci-
pline sans rien qui porte à la garder, ou, si vous l'aimez mieux, l'intérêt,
l'égoïsme, la passion indiquant, formulant, sanctionnant seuls ce qu'il
faut faire et ce qu'il faut éviter.
Qu'attendre de telles'et de si déplorables doctrines? Qu'en attendre,
si ce n'est cette cupidité qui ne tenait aucun compte de la probité, si ce