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Les pérégrinations de Jean de Guerlins, imprimeur à Toulouse au commencement du 16e siècle ; par le Dr Desbarreaux-Bernard

De
19 pages
impr. de Forestié (Montauban). 1866. Guerlins, Jean de. In-8° , 18 p., pl..
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1
LES PÉRÉGRINATIONS
DE
JEAN DE GUERLINS,
Imprimeur à Toulouse
-- ^;'^u t du XVIme siècle,
:; :;:(PflU mencement du XVIme siècle,
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;1[ P PAR
LE Dr DESBARREAUX-BERNARD.
MONTAUBAN,
IMPRIMERIE FORESTIÉ NEVEU, RUE DU VIEUX-PALAIS, 23.
1866.
1n ,,
?27 18 G 7
TIRÉ A 120 EXEMPLAIRES.
LES
PÉRÉGRINATIONS DE jJEAN DE FUEINS,
JMPMEUR A TOULOUSE
AU COMMENCEMENT DU XVIe SIÈCLE.
La manière dont l'imprimerie se propagea en Europe, au xve
siècle, est connue de tout le monde. Personne n'ignore, en effet,
qu'après la prise de Mayence, le 27 octobre 1462, les ouvriers de
Gutemberg et de Schoiffer, délaissant leur maître, dont ils empor-
taient le secret, ne tardèrent pas à se disperser et à fonder, en
très-peu d'années, les divers établissements typographiques dont
l'histoire a consacré la célébrité.
Parmi ces ouvriers, presque tous gens fort habiles, les uns trans-
portèrent leurs presses à Strasbourg, les autres dirigèrent leurs pas
vers la Franconie et s'établirent à Bamberg ; quelques-uns, appelés
par les bénédictins de Subbiaco, — et après avoir imprimé chez
eux un Donat, un Lactance, un De Oratore de Cicéron et une
Cité de Dieu de saint Augustin, — gagnèrent Rome, espérant
exercer leur talent avec plus d'honneur et- d'avantage
dans la ville éternelle que dans un monastère isolé. Le plus
grand nombre enfin, attiré par l'éclat, par la splendeur et surtout
par le commerce prodigieux de Venise, accourut, à l'envi, vers
cette reine de l'Adriatique, si déchue de nos jours, et qu'on appelait
alors Venetise opulentæ.
Le docte abbé Trithême, dans ses Annales hirsaugienses (1),
(1) Hirsauge, ancienne abbaye, dans le diocèse de Spire.
- 4 -
a formulé très-clairement, en trois lignes, ce que nous avons eu
beaucoup de peine à renfermer dans une page. Voici ces trois lignes :
- - v
Et hi tres (Gutemberg, Fust et Schoiffer) imprimehdi modum
aliquandiù tenerunt occultum, quousque per famulos, sine
quorum ministerio artem ipsam exercere non potero/nt,
divulgatus fuit, in Argentinenses primo et paulatim in
orrmes nationes.
Sous l'empire de l'enthousiasme provoqué par la nouvelle décou-
verte, l'ardeur de ses premiers propagateurs fut telle, que le nombre
des imprimeurs disséminés, durant les trente dernières années du
xvc siècle, dans deux cents et quelques cités, plus ou moins popu-
leuses de l'urope, s'éleva à près de onze cents. Ajoutons bien vite
que sur ce nombre l'Allemagne et l'Italie en comptaient plus des
deux tiers, et que Venise seule, de 1469 à 1500 , en occupa plus
de deux cent cinquante. La Serna Santander.. à qui nous emprun-
tons ce détail, ajoute : « Le nombre des impressions fut immense
« (à Venise), et l'art typographique atteignit dans cette ville une
« perfection qu'on n'a pas surpassée de nos jours (4). »
Une particularité digne de remarque, c'est que la plupart de ces
imprimeurs n'eurent guère de résidence fixe et menèrent une exis-
tence à peu près nomade. La Serna Santander cite plusieurs artistes
célèbres qui, dans l'espace de peu d'années, imprimèrent dans des
localités diverses, entre autres Dionysius Berthochus, qui avait
exercé son art dans six villes différentes (2).
Cela n'a rien d'étonnant, car, dès l'instant ou la rapidité des pro-
cédés typographiques fut connue, les cités importantes, les grands
(1) Ce fut un graveur de Tours, Nicolas Janson, qui eut un instant la gloire
d'avoir, le premier, introduit l'imprimerie a Venise. Suivant Maittaire, il ac-
quit en peu de temps une grande habileté et fondit de très-beaux caractères.
Son caractère romain, dit M. Guyot de Fère, fut généralement adopté et il
est encore en usage aujourd'hui (Biographie Didot, art. Janson.)
(2) Jacobinus Suigus, que La Serna appelle un artiste ambulant et capri-
cieux, imprima successivement à Verceilles, à Civasso, à Turin, à Lyon en
1496 et 1497, et enfin à Venise en 1498.
— 5 —
centres intellectuels, les universités et les monastères, s'empres-
sèrent d'appeler à eux les artistes dont la réputation allait chaque
jour grandissant de proche en proche.
Parmi ces imprimeurs nomades, nous en signalerons un dont
nous avons pu suivre, jusqu'à un certain point, les pérégrinations
depuis l'an 1468, — ou 1473, — jusqu'en 1521. Si nous l'avons
choisi de préférence à beaucoup d'autres, c'est qu'après avoir par-
couru diverses parties de l'Europe, il vint définitivement se fixer
à Toulouse, où il mourut après y avoir exercé son art pendant vingt
années au moins.
Cet imprimeur se nommait Jean de Guerlins, et, comme tous les
ouvriers typographes qui, au xve siècle, importèrent en France et
en Espagne la découverte de Gutemberg, il était allemand.
Son nom apparaît pour la première fois dans un livre imprimé à
Barcelone en 1468, et dont voici le titre exact :
Fro condendis oratiombus juxta grammaticas leges lit-
teratissimi autoris Bertholomei Mates libellus exorditur. In
fine : LibeUus pro etficiendis orationibus que grammatice artis
leges expostulant e docto viro Bertholomeo Mates conditus, et
per P. Johannes Matoses, Christi ministrum presbyter que
(sic), castigatus et emendatus, sub impensis GuiUermi Ros:
et mira arte impressa per Johannem Gherlint Alamanum ,
finitur Barcinone, nonis octobris anni a nativitate Christi
M. cccc. LXVIII (1.468) (1).
Admise par M. G. Heine, de Berlin (2), rejetée par M. Auguste
Bernard, la date de ce livre a été l'objet de contestations nombreu-
ses. Il serait imprudent, sans avoir le livre sous les yeux, de se
prononcer pour ou contre l'opinion de ces éminents bibliographes.
Cependant, en présence d'une date qu'on ne saurait contester,
matériellement parlant du moins, — et qui, seule, donne de la
(-1) Auguste Bernard. — De VOrigine et des débuts de l'Imprimerie en
Europe, t. II, pag. 442.
(2) Loc. cit., pag.
- 6 -
valeur aux motifs allégués par M. G. Heine, — nous demanderons
à M. Auguste Bernard la permission de lui faire part de l'incerti-
tude dans laquelle nous a laissé sa démonstration.
Nous reconnaissons volontiers avec lui la portée de ses arguments.
Les deux caractères qu'offre le livre de Barcelone, leur forme,
la petitesse de l'un d'eux, la'disposition du titre en deux
lignes, toutes ces modifications dans l'arrangement du matériel
typographique nous auraient convaincu. sans la date, car il nous
semble bien difficile de pouvoir déterminer aujourd'hui, d'une
manière précise, l'époque de ces petits perfectionnements que des
ouvriers inconnus introduisirent successivement dans l'art de l'im-
primerie.
Comme complément de preuves, M. Auguste Bernard ajoute :
« Mais outre les raisons tirées de la forme du livre lui-même contre
« la date qu'il porte, nous en avons une bien plus puissante tirée
« du nom de l'imprimeur; nous voyons que ce dernier, appelé
« Gherlint, était Allemand. Il faut supposer qu'il était dans la
« force de l'âge lorsqu'il vint exercer sa profession en Espagne :
« or, nous le retrouvons environ trente ans (26 seulement) après
« la date du livre de Barcelone, exerçant sa profession à Braga, en
« Portugal, où il imprima, en 1494, le Breviarium Bracharense.
« Pour moi, supposant que Gherlint a quitté Braga peu après
« l'impression du Breviaire, car on ne connaît point d'autre livre
« de lui, je suis tenté de croire qu'il faut lire sur le livre de
« Barcelone M. cccc. XCVIII (1498), au lieu de M. CCCC. LXVIII
« 1468). »
Nous l'avouerons, nous ne comprenons pas bien comment le
chiffre XCVIII (98) aurait pu, par une circonstance fortuite, devenir
le chiffre LXVIII (68). Si l'erreur avait pu porter sur un x de plus
ou de moins, comme cela est arrivé plusieurs fois, nous accepterions
la supposition ; mais xc changé en LX nous paraît fort impro-
bable. -
Une supposition, fort admissible d'ailleurs et qui nous sourirait
davantage, serait celle d'après laquelle, — dans le millésime
— 7 —
LXVIII, — le chiffre v aurait été substitué à un x. Nous aurions
alors, avec ce dernier chiffre, la date LXXIII (1473), et cette date
serait beaucoup moins sujette à contestation.
Suivant l'opinion de quelques bibliographes, ce serait précisément
en l'année 1473 que l'imprimerie aurait été introduite à Barce-
lone : Migravit hoc anno (1473), - dit M. de Seiz, cité par
M. Auguste Bernard (1), — ars typographica versus occiden-
tem in regiones Iiispanas; in Barcinone typis vulgati sunt
Nicolaï Boneti, ordinis Minorvm, Cornmentarii in libris
Aristotelis, ac prsecipuè Metaphysica, in-4o. Caballero partage
cet avis, et le point de doute dont M. Auguste Bernard accompagne
cette date (loc. cit., pag. 451), indique sa tendance à l'accepter.
L'absence de chiffres, de réclames et de signatures dans le livre
de Barcelone, nous fournirait le motif d'une remarque plus sérieuse;
mais ne voulant pas donner à une question bibliographique fort
secondaire plus d'importance qu'elle ne mérite, nous ne l'aborde-
rons pas.
Nous n'essaierons pas non plus, - car nous connaissons les ha-
bitudes vagabondes de Guerlins, - de dresser l'itinéraire de ses
voyages à travers l'Espagne et le Portugal, voyages dont rien, jus-
qu'à ce jour, ne pourrait nous indiquer les différentes étapes.
En attendant que le hasard ou de persévérantes recherches puis-
sent mettre sous les yeux des bibliographes quelques-uns des nom-
breux volumes que Jean de Guerlins a indubitablement imprimés
en Espagne ou en Portugal, depuis 1468 jusqu'en 1494, nous
allons donner la liste de quelques ouvrages imprimés par lui à
Toulouse ou près de Toulouse, depuis le commencement du
xvie siècle jusqu'à l'époque de sa mort, survenue vers le milieu de
l'année 1521.
Afin d'avoir sous les yeux, et classés par rang de date, tous les
livres connus imprimés par Guerlins, nous croyons devoir men-
tionner îci^javaaya liste de ceux qu'il imprima a Toulouse :
1° tp à Barcelone en 1468 oui 473.
~,
(1 A - Stg pag. 440.
[iVAuguste Bernard. pag. 440.
( - 1. -'- f« -_ 1