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Les Portefeuilles de deux excellences perdus et retrouvés l'un sur les bords de la Loire et l'autre sur la route de Cherbourg,...

11 pages
A. Viollet (Paris). 1830. France (1830-1848, Louis-Philippe). In-8°, 12 p..
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LES
PORTEFEUILLES
DE DEUX EXCELLENCES
PERDUS ET RETROUBES,
L'UN SUR LES BORDS DE LA LOIRE ET L'AÙ-
TRE SUR LA ROUTE DE CHERBOURG;
Contenant là correspondance confidentielle
de personnages màrquans de l'ex-règne.
Cette curieuse correspondance est précé-
dée d'une lettre de Jean Pescator, bate-
lier de la Loire , témoin oculaire de l'ar-
restation du comte Peryronnet> et adressée
à l'éditeur.
Vous avez beau dire, messieurs, on ne vous
laissera pas distribuer ce poison ; cela ne se
peut pas en bonne police , et le Gouvernement
est là qui vous en empêchera bien.
PARIS,
CHEZ A. VIOLLET,
RUE MONTESQUIEU, N. 5.
1850.
LES PORTEFEUILLES
DE DEUX EXCELLENCES
PERDUS ET RETROUVÉS.
PREMIÈRE LETTRE.
Pescator, batelier de Tours , à l'éditeur
Tours, 6 aoùt 1830f
Monsieur,
C'est moi qui ai reçu dans mon bateau la ci-devant
excellence Peyronnet, à un quart de lieue de Tours,
lorsque ce brave homme, quittant son compagnon de
Voyage sous un léger prétexte, voulut passer l'eau pour
éviter d'entrer dans notre bonne ville où la police mi-
litaire se fait avec une sévérité effrayante. Dam! c'est
qu'ils sont malins les Tourangeaux , quoiqu'on en dise!
Et moi qui ne suis qu'un batelier, j'ai lu plus d'une fois
Grécourt, Rabelais et Courier. Il est vrai que j'ai été
élevé par le curé de notre village, qui m'a montré à lire
et à écrire comme vous voyez ; c'était encore un malin
que celui-là. On m'a dit que vous étiez un éditeur très-
connu dans Paris, et là-dessus je vous envoie la copie
des papiers que j'ai trouvés dans le portefeuille de la
ci-devant excellence , lequel portefeuille était tombé
sur la Grève. Je l'appelai cependant quand je m'aper-
çus de la perte qu'il avait faite. Mais c'était bien peine
perdue, le cher homme courait comme un lièvre , et le
diable lui-même, je pense, ne l'aurait pas attrapé. Quand
je vis cela, je me mis à dire, cours toujours, mais ne
t'y fie pas, car je soupçonnais quelque manigance ;
je ne me trompais guères : au bout de quelques heures-
le ministre incognito était-arrêté par nos gardes natro-
naux, et flanqué en prison comme un beau sire. Quand
il a été au-dedans, plusieurs personnes ont été le visiter,
entr'autres un médecin. Les médecins sont curieux ici,
c'est peut-être la même chose à Paris. Ce médecin,
donc a demandé à M. Peyronnet, comme on l'appelle,
s'il se sentait malade ou blessé , ayant été rudoyé par
nos gardes nationaux. « Ni malade , ni ému », a-t-il ré-
pondu d'une voix de Stentor. « Tenez, docteur, tâtez
mon pouls un peu; vous verrez s'il est au-dessus de la
pulsation ordinaire. " Et en effet. Quoiqu'il en soit,
c'est toujours un bel homme que ce ministre incognito
ou Peyronnet, et pour moi qui n'ai pas le coeur dur,
moi qui suis Tourangeau, et bon. vivant par conséquent,
je serais fâché qu'on le tuât. Mais je n'entends rien à la
politique, et je suis un sot d'en parler. J'allais terminer
cette lettre lorsque j'apprends qu'on vient d'arrêter
encore un ministre et trois autres messieurs aussi
muets que les poissons de notre Loire. Il en pleut ici
des ministres !.... celui-ci s'appelle Chante lautre.... du
moins à ce que j'ai ouï dire ; il est en prison aussi, et
il y a dans notre ville un brouhaha comme je n'en ai ja-
mais entendu. Mais que diable venaient-ils faire aussi
dans cette ville de Tours ? On m'a dit que ma lettre
vous ferait plaisir. En tout cas, croyez au moins que
j'avais bonne intention en vous l'écrivant. Les jeunes
gens de la ville chantent tous les soirs à tue-tête.
Batelier, dit Lisette,
Je voudrais passer l'eau, etc.
On m'a dit de vous écrire les moindres choses; ainsi
vous m'excuserez si je vous mande cette dernière cir-
constance. Je suis avec respect, Monsieur,
Votre très-humble serviteur ?
PESCATOR, batelier à Tours.
DEUXIEME LETTRE.
Un libraire du faubourg Saint-Germain à
l'éditeur.
Paris, 7août 183o.
Rue Hautefeuille, faubourg Saint- Germain.
Monsieur et cher confrère ,
J'apprends que vous allez publier incessamment les.
papiers secrets de M. le comte de Peyrouuet; je vous
envoie copie des papiers de même sorte trouvés dans
le portefeuille de M. de Polignac. En réunissant ces do-
cumens particuliers , votre publication gagnera en in-
térêt. Je n'édite pas de nouveauté, ainsi je ne fais aucun
sacrifice. Le courrier de la malle à Cherbourg, entre
les mains duquel ils étaient tombés, a cru que je les:
publierais en raison de la curiosité qu'ils ne peuvent
manquer d'exciter. C'est un anaohronisme dont on ne
saurait le blâmer , ce qui tourne à mon profit puisqu'il
me donne l'occasion de vous être agréable.
Votre dévoué serviteur ,
TROISIEME LETTRE.
Le président du conseil au colonel d'Elseuil.
Paris, 15 juillet 1880
Commes je sortoiz du couceille hier, dans la soyrée,
mon chère marquis, on m'a remi votre terible lette
contre les jésuites. Chose prodigieuze que la calomnie !
Les hommes les plus droit et dont je fais le plus de cas
avoir de ces idées-là contre les plus fidèlles serviteurs
du Roi ! La calomnie transforme tout. Les jésuites des
brouillons et des ambitieux! Good God! tout ce que
je puis vous dire, c'est que moi qui les, connais très
parliculiairement, je suis et serai toujours d'avis que
rien ne sauraiz venir à bonne fain en France sans ces
hommes-là. J'aime à croire que TOUS VOUS en tiendrai
à mes prévisions politiques, et que vous fermerai l'e-
reille dorénavant à tous ces boutefeu qui font profecion
répendre de malicieuses incinuations sur une corpora-
tion religieuse respectable, on ne peut pas plus res-
pectable. Une bonne plaisanterie que j'ai faite hier au.
soir; j'ai montré au P. Loriquet votre foudroïente
épître, et le très cher homme riait de bon coeur à
chaque phrase. C'était une joie véritable ; il était pres-
que suffoqé à la dernière. Ça n'a aucun fiel, pas plus
de fiel qu'un poulet. A propos de poulet, je vous dirai
que j'apprends par Lucky de Windsor, chez lequel je
vous mené à mon dernier voyage d'Angleterre , que le
coq le Simpleton a gagné trois combats, je m'en fie à
votre bonne foi pour vous faire rappeler ce que j'avais

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