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Les premières armes de Mademoiselle Lili et de son cousin Lucien / texte par P.-J. Stahl ; dessins par Lorentz Froelich,... ; gravures par Matthis

De
46 pages
J. Hetzel (Paris). 1868. 46 p. : fig., frontisp. ; gr. in-8.
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\^ SON COUSIN LUCIEN <£f
I
C'est décidé, M"B Lili et son cousin Lucien vont entre-
prendre une superbe collection de papillons. Ils viennent de
faire leurs études pour ça, dans un livre que le parrain de
1
LES PREMIERES ARMES DE Mn° LILI
Lucien, professeur au muséum du Jardin des plantes, leur
a envoyé; — dans ce beau livre ils ont tout vu : la manière
de courir après les papillons et même de les attraper, et aussi,
quand on les a attrapés, de les arranger et de les disposer en
collections dans des boîtes à vitre. Tous leurs préparatifs sont
faits. Avec le beau livre, le parrain de Lucien a envoyé deux
filets à papillons, une jolie trousse garnie de ciseaux crochus,
de pinces, de tenailles, d'autres instruments d'acier très-aigus,
une jolie boîte au fond de laquelle il y a des petits ronds de
liège collés par rangées, munis de longues épingles fines à
grosse tête, pour piquer lès produits de leur chasse, et enfin
dans une autre petite boîte, ils ont trouvé une provision de
petits carreaux de vitre destinés à être mis sur les ailes éten-
dues des papillons et à les empêcher de s'agiter ou de se fermer
ou de se froisser pendant qu'on les prépare. Dans le beau livre
il y avait les portraits très-bien coloriés des beaux papillons
qu'ils pourraient rencontrer dans leurs chasses avec les noms
de chaque espèce, imprimés en dessous, de façon à pouvoir les
reconnaître quand ils auraient attrapé les pareils.
C'est très-intéressant les papillons.
LES PREMIÈRES ARMES DE M 1" LILI
ET DE SON COUSIN LUCIEN
II.
La maman de M.lle Lili, qui n'est que la tante, mais qui est
aussi comme la mère de son cousin Lucien, serait contente que
ses petits enfants eussent envie d'apprendre l'histoire naturelle;
3
LES PREMIÈRES ARMES DE M]le LILI
mais elle n'a pas eu l'air aussi satisfaite de l'idée qu'a eue le par-
rain de Lucien de donner à son filleul et à Marie, avec le beau
livre, des filets et des instruments pointus et coupants qui ont l'air
terrible, pour qu'ils pussent se faire à eux-mêmes, par leur
chasse, une collection. Elle a remué la tête d'un air un peu triste
en Aroyant les deux beaux filets qui doivent servir à empêcher les
heureux papillons de voler et les outils qui doivent les amener
à n'être plus dans la boîte à vitre que des spécimens sans vie
de leur espèce. Pour ne pas faire de la peine au bon parrain,
qui ne rêve que collections et musées et science et expériences,
et qui a raison, pour lui, parce qu'il est un vrai savant, elle n'a
pas osé lui dire qu'elle aurait mieux aimé que son petit Lucien
et surtout sa petite Lili pussent se contenter d'apprendre l'his-
toire naturelle des papillons dans leurs livres, à l'aide des belles
images, ou encore en les regardant voler et se poser sur les
belles fleurs des champs; mais elle ne comprend pas bien que
priver de la liberté d'abord et de la vie ensuite de jolis êtres
innocents ait jamais pu devenir un jeu à l'usage
des enfants.
Cependant elle a dit : « Oui. »
LES PREMIÈRES ARMES DE M 1" L1LI
ET DE SON COUSIN LUCIEN.
III.
Le temps est très-beau. M. Lucien et M"e Lili sont équi-
pés, chacun porte à la main son filet de gaze légère. Celui de
Lucien est vert, celui de Lili est bleu. Lucien a passé sur son
LES PREMIÈRES ARMES DE Mlle LILI
épaule la boîte à papillons garnie de lièges et de grandes
épingles.
Il a tout à fait l'air d'un grand chasseur.
C'est dans le champ de marguerites, un beau pré plein de
fleurs qu'aiment beaucoup les papillons, qu'ils vont faire leurs
premières armes.
Lucien et Lili font leurs adieux à leur maman. Elle les a
reconduits jusqu'au bas du perron. Le champ de marguerites
n'est pas loin; de son balcon, qui est au premier, petite mère
les verra chasser. Ils ont bien promis qu'ils ne
s'échaufferaient pas trop.
LES PREMIÈRES ARMES DE M,le LILI
ET DE SON COUSIN LUCIEN
IV.
Les voilà partis, armés de leurs filets; bien sûr, ils vont
faire une très-belle chasse, M. Lucien veut attraper douze porte-
queues, M,le Lili douze amiraux. Cela fera vingt-quatre papil-
LES PREMIÈRES ARMES DE M 11' LILI
Ions. Les porte-queues et les amiraux sont les plus beaux
papillons, les.seuls qu'il faille attraper.
Au moment d'entrer dans la prairie, les deux chasseurs se
consultent. Ils arrêtent leur plan de bataille. M. Lucien prendra
le champ par la droite, Wu Lili par la gauche! Il ne faut pas
se faire du tort. Mais, par exemple, si l'un a besoin d'être
aidé, l'autre viendra bien vite à son secours.
LES PREMIÈRES ARMES DE Mllc LILI
ET DE SON COUSIN LUCIEN
V.
Ainsi qu'il a été convenu, ils marchent chacun de leur côté
tout doucement. D'abord l'herbe est très-haute, et cela ne
serait pas facile de courir vite, et puis il ne faut pas faire peur
9
LES PREMIÈRES ARMES DE Mllc LILI
aux papillons, il faut aller avec beaucoup de précaution pour
les surprendre. Il y a un Ane dans le pré. II a l'air très-étonné.
Je crois qu'il se demande si c'est lui que viennent chasser les
chasseurs de papillons. Il n'est pas modeste M. l'Ane,
de croire qu'on peut chasser les Anes
avec des filets à papillons.
10
LES PREMIÈRES ARMES DE Mlle LILI
ET DE SON COUSIN LUCIEN
VI.
Dans le pré tout fleurit, tout bourdonne, chaque insecte
fait sa musique.
A l'approche des deux chasseurs, les sauterelles sautent,
LES PREMIÈRES ARMES DE M«" LILI
les abeilles se dispersent, des milliers de légers papillons lilas
pâle et des blancs semblent sortir des fleurs. Mais ils sont trop
petits ceux-là, et il y en a tant qu'on ne saurait pas auquel
s'arrêter. Ce sont des papillons porle-queues qu'il leur faut —
ou des amiraux!
Lili s'aperçoit qu'il y a dans le pré des trous cachés par
l'herbe qui lui font faire beaucoup de faux pas, et à côté des
marguerites il y a aussi des plantes qui piquent les mollets, et
même quelques-unes qui déchirent un peu les robes ; mais à la
chasse il ne faut pas être difficile ; — une autre fois elle deman-
dera qu'on lui mette des guêtres comme à son cousin
Lucien — et une robe très-solide. M. l'Ane
est toujours très-intrigue.
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LES PREMIÈRES ARMES DE Mlle LILI
ET DE SON COUSIN LUCIEN
VII.
Chut! voilà que M. Lucien s'arrête, il fait signe de la
main à Lili de ne pas remuer, bien sûr il a vu un porte-queue.
Comme il prend bien ses précautions, M. Lucien! il approche,
13
LES PREMIÈRES ARMES DE M1[c LILI
il approche, sans faire de bruit; on voit même- qu'il ne respire
pas. Mademoiselle Lili voudrait bien être auprès de lui pour
voir aussi le beau porte-queue. M. Lucien tient son filet en l'air
tout prêt à prendre le papillon ; — le vent enfle un peu la gaze
verle, le coeur de Lili bat d'impatience. L'Ane ne comprend
rien à ce que font ces enfants-là. Ils n'ont pas l'air
de penser à lui.
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LES PREMIÈRES ARMES DE M 11' LILI
ET DE SON COUSIN LUCIEN
VI II.
-M. Lucien vient d'abaisser vivement son filet, et il s'est
même jeté, exprès, par terre sur les deux mains pour assurer sa
victoire; — bien sûr! le papillon est pris...
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LES PREMIÈRES ARMES DE M1"- LILI
Non! il ne l'est pas. 11 n'y a rien dans le filet de M. Lu-
cien qu'une fleur de luzerne... — Il n'a pas l'air content de sa
chasse, M. Lucien ! — Mais quelqu'un qui n'est pas fâché, je
crois, c'est le beau papillon qui Fa échappée belle. Comme il se
sauve! comme il s'envole! M. Lucien se console en criant à sa
cousine que ce n'était pas un vraie porte-queue, celui-là.
L'Ane voyant Lucien à quatre pattes se demande s'il se
moque de lui en cherchant à l'imiter.
•10
LES PREMIÈRES ARMES DE Mlle LILI
ET DE SON COUSIN LUCIEN
IX.
Ils sont très-étourdis, les papillons.
Je crois que le porte-queue n'a pas fait attention à Mlle Lili,
car il vole imprudemment de son côté. M1Ie Lili ne fera pas
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LES PREMIÈRES ARMES DE M»« LILI
comme son cousin, par exemple! ce n'est pas elle qui laissera
s'échapper un si beau papillon, car il est très-beau, quoique pas
porte-queue, peut-être. Paf! elle le tient, et bien serré, sous
son filet, pour qu'il ne puisse pas se dégager
et passer sous le cerceau.
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