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Les voeux d'un français au prince président / par Henri David

De
23 pages
[s.n.] (Paris). 1852. 24 p. ; in-8.
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D'UN FRANÇAIS.
AU PRINCE PBÉSIDKNT.
PAR HENRI DAVID,
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PARIS. 15 AOUT 1852.
LES VIEUX D'UN FRANÇAIS.
AU PRINCE PRÉIIIDBWT.
1.
Grâce au Très-Haut, la France enfin respire,
Elle aperçoit un terme à- son malheur ;
Près de finir elle voit son martyre,
Déjà moins vive elle sent sa douleur.
Oh ! quelle phase et critique et cruelle !
Mais elle en sort plus puissante et plus belle ;
Il en naîtra pour elle de beaux jours.
Quand le Seigneur d'une main nous châtie,
Pour nous il tient son autre main remplie
D'augustes dons, de tout-puissants secours.
Et pour panser, pour guérir sa blessure,
Prince, c'est toi que le Très-Haut choisit.
Heureux témoins d'une si belle cure,
Nous verrons bien que son bras te conduit.
Ce choix est grand, cet honneur est insigne;
Mais toutefois tu nous en parais digne,
Sans égard même à l'éclat de ton nom :
Quand avec cœur l'infortune est subie,
L'esprit grandit, l'âme se fortifie;
Et les revers éclairent la raison.
Il a fallu sans doute du prestige
Pour concentrer sur toi tous les regards ;
Appartenant à l'homme du prodige,
On a crié ton nom de toutes parts.
Dans cet hommage à la gloire d'un glaive,
Dans cet élan d'un peuple qui l'élève
Le Tout-Puissant cachait sa volonté.
Veillant sur nous sa juste Providence
Pour notre bien préparait en silence
Cet avenir que tu nous as porté.
Ta mission tient presque du miracle,
Elle est pour nous un fait prodigieux.
Quel émouvant, quel merveilleux spectacle
Péjà commence à captiver nos yeux!
Riche héritier des fécondes pensées
Par un grand homme autrefois condensées
Et qu'il ne put nous donner en son temps,
Le ciel t'envoie achever son ouvrage ;
Former la France à sa puissante image,
La diriger dans des succès constants.
Pour de grands maux quel bien immense à faire !
Sur un amas de désordre et d'erreur
Oh ! qu'il faudra de force et de lumière !
Quel déploiment de courage et d'ardeur !
Ce n'est rien moin s que des mœurs à refondre.
Ton zèle à tout pourra-t-il bien répondre ?
N'est-ce pas trop vouloir d'un bras humain ?
Mais tu nous dois de tenter l'entreprise :
De quelque effroi si ton âme est surprise,
Le ciel est là pour raffermir ta main.
II.
Vois : dans son sens moral la masse est corrompue ;
D'erreur et de poison elle est toute repue.
Point de sublime essor, point d'élan vertueux
Qui soient habituels ; rien qui l'élève aux cieux.
8
Son dévoûment sacré, c'est le dur égoïsme ;
Son fond religieux, le matérialisme.
S'agrandir, s'enrichir est la suprême loi ;
Chacun dans ses efforts ne sait tendre qu'à soi,
L'intérêt est son dieu ; le gain est sa morale ;
L'amour de son repos, sa vertu principale.
Dans son mal c'est à toi que la France a recours ;
C'est de toi qu'elle aura d'efficaces secours.
Viens donc tirer parti d'une espérance offerte ;
Rallumer quelque feu dans cette masse inerte,
Secouer sa torpeur, ranimer son amour
Pour d'invisibles biens qui durent plus qu'un jour ;
Dégager, délivrer son cœur de son ordure;
Rendre sa raison droite et sa morale pure ;
Réveiller un instinct qui doit l'électriser,
Qui seul peut l'ennoblir et la diviniser;
Vers un sublime but relever sa tendance ;
D'un brillant avenir lui donner l'espérance :
Ce n'est pas même assez : lui suggérer encor,
Pour des temps plus lointains, l'espoir d'un âge d'or.
S'agit-il aujourd'hui de conquérir le monde?
Faut-il que tout Français en richesses abonde?
Que le luxe, l'éclat, les somptueux plaisirs
Viennent rassasier ses fastueux loisirs ?.
y
*
Cela fùt-il possible, il n'est point d'indigence
Qui ne fut préférable à l'excès d'opulence.
Il ne faut donc pour nous que des lois, que des mœurs,
Eclairant les esprits, purifiant les cœurs ;
Qu'un souverain respect entoure la justice ;
Que puissance et vertu dans le pouvoir s'unisse ;
Qu'intelligence et force agissant de concert
Mettent l'Etat en paix et la France à couvert ;
Qu'on respecte en tous lieux la morale publique,
Le repos et l'honneur du foyer domestique.
Par des soins continus, de sages règlements,
Qu'on fasse dans nos mœurs d'importants changements :
Qu'on relève l'honneur des travaux agricoles,
Reconnaissant en eux les meilleures écoles
Pour former l'homme au bien, aux plus mâles vertus,
A des instincts sacrés que l'on ne connaît plus.
De tout repaire infect que l'on purge les villes;
Qu'on en chasse bien loin tous les bras inutiles,
Prêtant leur aide au crime, à la sédition,
A mal faire cherchant leur occupation.
Qu'à l'artisan l'Etat facilite l'ouvrage ;
Que le pauvre ouvrier trouve qui l'encourage ;
Qu'on seconde chacun dans sa profession,
Maintenant parmi tous la paix et l'union.
Que les hommes publics, chacun dans son office,