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Les vrais amis de l'ordre doivent vouloir conserver la république / [signé : H. Daudin]

De
16 pages
impr. de E. Laffineur (Beauvais). 1873. 16 p. ; in-8.
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LES VRAIS AMIS DE L'ORDRE
DOIVENT VOULOIR
La tolérance politique, c'est le respect des opinions
d'autrui. C'est d'accorder qu'on peut croire à une autre
forme de gouvernement, la désirer, la servir, sans être
ou un mauvais citoyen, ou un malhonnête homme.
(Discours de M. THIERS à l'Assemblée nationale,
séance du 4 mars 1875.)
Il y a des hommes très-sincères, qui, voyant le
mouvement actuel des sociétés européennes, croient
très-sincèrement à la République, la désirent et y voient
ce que, je vous l'avouerai, j'y vois souvent moi-même;
un des moyens les plus énergiques et les moins suspects
de maintenir l'ordre.
Id. ibid.
BEAUVAIS,
IMPRIMERIE EUGENE LAFFINEUR PLACE SAINT-MICHEL.
1873 .
Cette petite brochure se compose de deux articles, qui
ont paru dans le Journal de l'Oise des 15 et 29 juin 1871.
Près de deux années se sont écoulées depuis qu'ils ont été
écrits ; cependant, la situation politique a si peu changé,
les partis qui se tiennent réciproquement en échec se sont
montrés tellement impuissants, que ces articles ont encore
un certain caractère d'actualité.
Au moment où on cherche à constituer le grand parti
de l'ordre, il n'est pas hors de propos de démontrer que
la République offre seule aujourd'hui les garanties de
stabilité, qui sont la base essentielle de l'ordre. On peut
dire qu'elle a fait ses preuves, car elle résiste depuis deux
ans à toutes les attaques, à toutes les embûches, par la
seule force de son principe, qui est celui de la souverai-
neté nationale.
Tous les hommes sincères doivent se rallier à la politique
du Message pour établir définitivement le gouvernement
du pays par le pays, c'est-à-dire LA RÉPUBLIQUE, fondée
sur l'ordre véritable, sur l'honnêteté publique, sur le dé-
sintéressement, sur l'économie, sur la tolérance politique
et religieuse, et sur une sage liberté.
Boissy-le-Bois, le 5 avril 1873.
H. DAUDIN.
LES VRAIS CONSERVATEURS
sont ceux qui veulent aujourd'hui conserver
la République.
Après la crise effroyable que nous venons de traverser,
la réorganisation de la France doit être l'objet des préoc-
cupations les plus pressantes. La première question qui
se présente est relative à la forme du gouvernement sous
lequel notre malheureux pays devra se préparer à de nou-
velles destinées.
Il est vrai que la République est aujourd'hui le gou-
vernement de fait, le gouvernement légal de la France.
Mais on ne peut se dissimuler qu'une grande partie de
l'Assemblée nationale a des préférences marquees pour la
forme monarchique, et que, dans le pays, beaucoup de
personnes éprouvent une sorte de répulsion pour la forme
républicaine, et pour le nom même de la République. Dire
de quelqu'un « c'est un républicain, » c'est, aux yeux de
bien des gens, lui donner une qualification défavorable.
Il importe de combattre un préjugé si fâcheux, et de
faire cesser un malentendu, involontaire ou calculé, qui
tend à prolonger la division entre les partis.
Instruits par l'expérience et par de cruelles épreuves,
beaucoup d'hommes honnêtes et désintéressés se sont pro-
noncés pour la République, qui auraient vu avec bonheur
la monarchie constitutionnelle prendre racine, et donner
— 4 —
à notre pays un gouvernement stable, par un heureux et
constant accord entre la liberté et l'autorité.
Quand un homme naturellement porté vers les idées
monarchiques, par sa position sociale, par sa fortune, par
ses relations de famille ou de société, vient déclarer hau-
tement, après les commotions violentes qui ont renversé
la royauté, sans qu'il y ait pris part, que l'épreuve lui
paraît décisive ; que la forme républicaine lui paraît seule
propre désormais à assurer la tranquillité publique, à
fonder un gouvernement durable sur la justice, sur la
modération, sur l'honnêteté politique, sur l'économie,
sur le développement du patriotisme et de toutes les
idées généreuses; si vous dites de cet homme, qu'il est
un républicain, vous faites son éloge. Vous reconnaissez
qu'il a des convictions réfléchies, qu'il sait modifier ses
tendances naturelles, d'après ce qui lui paraît juste et con-
forme à l'intérêt général.
Appuyons ces propositions par des exemples.
On a pu lire, dans le Journal de l'Oise du 6 mai dernier;
une adresse à l'Assemblée nationale, par l'honorable M. de
Tocqueville, membre du Conseil général de l'Oise. Dans
ce manifeste, aussi remarquable par le style que par la
solidité de la pensée, M. le vicomte de Tocqueville, qui
certes n'est pas un républicain fanatique, ni même, très-
probablement, un républicain d'ancienne date, se prononce
hautement pour la forme républicaine à l'instar des Etats-
Unis d'Amérique.
« Si nous osions exprimer, dit-il, quelle est, quant à
« la nature du gouvernement, notre préférence person-
« nelle, nous dirions que c'est la lépublique, comprenant
« celle qui, selon la belle expression de Montesquieu, a
« pour base la vertu.
— 5 —
« La vraie république, celle des honnêtes gens, peut
« seule désormais délivrer la France de la fausse répu-
« blique et des faux républicains. Aucun souverain ne
« sera de force à le faire, s'il n'exerce un pouvoir absolu,
« dont nous ne voulons plus. »
« Ajoutons qu'une royauté, quelle qu'elle soit, en face
« de l'idée républicaine, désormais impérissable, ressem-
« blerait à un navire, portant attaché à son flanc, une tor-
« pille toujours prête à le faire sauter. »
Le Temps, dans son numéro du 2 juin, rapporte, d'après
le Courrier du Gard, une lettre de M. P. de Gasparin,
ancien député, dont la conclusion est : « qu'il faut, pour
« le moment, maintenir une république, qui réclame le
« concours de tous les citoyens dévoués, sans distinction
« d'opinion, et animés d'une seule passion, celle du tra-
« vail, de la justice et de l'honnêteté. »
Le frère de l'honorable conseiller général de l'Oise, cité
plus haut, M. le comte de Tocqueville, membre du conseil
général de la Manche, terminait ainsi une lettre écrite le
1er juin à l'Union libérale de Tours.
« Tous à l'oeuvre! que nos honnêtes campagnes, à
« l'exemple des villes, se prononcent ouvertement pour
« la république, en haine de la guerre civile et de l'anar-
« chie, et qu'elles contribuent, par leur concours, à assurer
« à notre malheureux pays, l'ordre, le travail et la
« liberté. »
Citons encore l'opinion du rédacteur en chef de l' Union
Bretonne, un des doyens de la presse, dont les sympathies
pour la cause légitimiste ne sont pas douteuses.
« Il n'y a de place actuellement en ce pays, dit M. Mer-
ci son, pour aucune monarchie et pour aucun monarque.
« Il faut que l'épreuve du régime républicain soit entière,
— 6 —
« absolument entière; et pour qu'elle soit absolument en-
" tière, il est indispensable qu'elle soit loyale. »
On pourrait multiplier ces citations, et prouver par là
que le nombre des républicains politiques s'accroît de jour
en jour. Que l'on soit arrivé à cette conviction un peu plus
tôt, ou un peu plus tard , on ne peut en faire un sujet de
reproche à ceux qui. par une étude sincère et désintéressée
des événements, en sont venus les premiers à croire qu'il
n'y a de salut, que dans l'adhésion de tous à la forme
républicaine.
Si l'on veut aller au fond des choses, on reconnaîtra que
la révolution de 1789 a tué la monarchie en France, et que
les prétendues monarchies restaurées, dont on a fait l'essai,
n'étaient que des commencements de république. On avait
réellement la monarchie, quand Louis XIV, maître absolu,
pouvait dire : « l'Etat c'est moi, » quand, nommant à
toutes les charges, à toutes les dignités, s'il trouvait un
semblant de résistance chez le parlement, il entrait, le
fouet à la main, au sein de cette assemblée et forçait l'en-
registrement de l'édit, que la magistrature n'approuvait
pas.
La monarchie a réellement péri avec l'infortuné
Louis XVI. Le premier empire n'a pas été un gouverne-
ment monarchique, c'était une tyrannie militaire. Le gou-
vernement qui, sous Louis XVIII et sous Charles X, a pris
le nom de monarchie constitutionnelle, n'a été, en réalité,
que la préface de la république.
La charte, en plaçant l'autorité royale, dans la personne
de ministres responsables, sous la dépendance d'une
assemblée législative, a fait passer réellement l'autorité
souveraine dans le corps électoral, c'est-à-dire dans la
nation elle-même. On avait bien laissé au roi le droit de

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