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Lettre à M. Benjamin Constant , par M. G*****

14 pages
Impr. de J.-G. Dentu (Paris). 1820. France (1814-1824, Louis XVIII). In-8 °. Pièce.
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LETTRE
A
M. BENJAMIN CONSTANT,
PAR M. G*****.
PARIS,
IMPRIMERIE DE J. G. DENTU,
rue des Petits-Augustins, n° 5.
1820.
LETTRE
A
M. BENJAMIN CONSTANT.
MONSIEUR. ,
Des militaires qui sont loin de partager vos
opinions, parce qu'ils aiment leur pays et leur
Roi légitime, ont troublé les jouissances que
vous vous étiez promises à Saumur. Ils se sont
opposés à ce que vous reçussiez en triompha-
teur les hommages du parti qui fonde son bon-
heur sur le renversement de la société.
Et voilà que vous dénoncez l'expression de
(4)
ces sentimens nobles et vraiment patriotiques,
comme l'effet des menées d'une faction!
On a empêché M. Benjamin Constant de
s'asseoir sur le trône que l'anarchie lui avait
préparé! La France est perdue, le régime
féodal va renaître, et ramener avec lui toutes
ses hideuses conséquences ! Hâtons-nous, si
nous ne voulons pas voir se briser le vaisseau
de l'Etat; écartons avec soin, comme il le veut,
des élections prochaines, tous les hommes
ennemis des révolutions, qui veulent le main-
tien des Bourbons sur le trône de France, et
la tranquillité de leur pays ; donnons pour
collègues au philantrope Benjamin Constant,
ses honorables amis. Prions-le même de les
désigner, de peur que notre zèle ne nous
'égare : en un mot, remettons notre destinée
«entre ses mains; lui seul saura bien nous sauver
du danger qui nous menace.
MM. de Corbière, Bellart et Bourdeau ont
été insultés, menacés, le premier à Rennes,
les deux autres à Brest. Avant la mésaventure
arrivée à M. Benjamin Constant, ce publiciste
lumineux et sincère avait démontré que ces
évènemens étaient de trop peu d'importance
pour fixer l'attention. Et, en effet, pourquoi
donnerait-on-suite à un scandale qui n'avait
pour objet que de manifester l'excellence des
principes de nos frères et amis?
Mais blesser l'amour - propre de M. Ben-
jamin Constant, ne pas fléchir le genou devant
le grand-prêtre du jacobinisme !
Quel crime abominable !
Rien que la mort n'est capable
D'expier un pareil forfait.
Ces messieurs nous le feraient bien voir, s'ils
en avaient la puissance. -
Puisque vous n'avez pas craint de trahir la
vérité dans /votre lettre à M. le ministre de la
guerre, ou plutôt, puisque la vérité ne peut
plus sortir de votre bouche, ni se retracer sous
voire plume, il est.permis de rapporter les
faits tels qu'ils se sont passés, et d'en prendre
(6)
à témoins tous les habitans de Saumur, même
ceux a qui vous devez une reconnaissance
profonde.
Tous 'vous engagez à prouver tout ce que
vous affirmez dans votre lettre. Ainsi, pour
n'avoir pas à prouver l'assassinat d'un officier,
vous vous dispensez de le mentionner.
C'est, dites - vous, dans l'intérêt de l'ordre
public, bien plus que dans le vôtre propre,
que vous avez porté plainte Si l'intérêt
public vous louchait, vous disparaîtriez sur
le champ de la scène politique prête à être
ensanglantée de nouveau. .
Ah ! sans doute, s'il est fâcheux que des
citoyens oubliant la confiance dont ils ont
investi leurs députés, se soulèvent pour forcer
leurs votes, il l'est bien plus de voir des jeunes
gens intervenir dans ces débats, lorsque toute
leur attention est réclamée pouf des études
qui doivent leur apprendre sur quelles bases
reposent les sociétés, et quels sont leurs véri-
tables intérêts.

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