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Lettre à Madame*** sur le divorce ([Reprod.])

De
29 pages
[s.n.]. 1790. Divorce -- France -- Ouvrages avant 1800. 1 microfiche ; 105*148 mm.
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NBS-lOlOo
RESEARCH
LES ARCHIVES LA
REVOLUTION FRANÇAISE
MAXWELL
Headington Hill Hall, Oxford 0X3 OBW, LK
IL ET R
Castum ut servare cubile
Conjugû, et possit paryos educere natos.
Yiio. AEk.
mais elle le paraîtra peut-être encore, même
après tout ce qui aété écrit sur le divorce.
A 2
T R
LE DIVORCE,
OU,¡, madame, nous approchons du terme
la constitution s'achève; le corps politique
s'organise et cette vaste association de tant
de millions d'hommes qui depuis deux ans
n'a d'autre principe d'union qu'un sentiment
exalté de liberté va être cimentée par do
nouvelles Ioix, puissantes comme la volonté
de tous jplus douces quela volonté* d'un seul.
Mais ce n'est plus ^dites vous d6
la discussion de ces grandes bases politi-
ques que naissent vos sollicitudes pour la
patrie; vos craintes s'attachent particuliè-
rement à la réformation procluine de nos
institutions civiles. Vous occupant moins
des loix qui vont régir nos cités, vous pen.
sez davantage à celles qui vont régi; nos
familles, parceque celtes-ci, touchant de
plus près aux individus doivent influe r plus
directement sur leur existence sociale. il
vous importe moins par exemple com-
ment on sera libre, que COmmen on sera
mariée comment on sera juge, administra-
teur ou député, que comment seront réglés
les droits des pères, des enfants et des époux.
En portant vos vues sur la question du
divorce, vous semblez craindre qu'il ne dé-
truise entièrementle respect dû au mariage: s
vous pensez que l'indissolubilité du lien con-
jugal rend le bonheur plus doux parla cer<-
titude dé sa durée, et les peines plus suppor-
tables par l'impossibilité de s'y soustraire.
Je vais hasarderde vous donner mon opi-
nion; car ce seroit pour moi un véritable
divorce que de quitter la douce habitude de
vous communiquer mes pensées.
J'ailusurcettematiereunexcellentouvfage
intitulé du Divorce, et je vous invite à le par
courir; les Observations de M. d'Entraigues
sur le même sujet ne m'ont point échappé non
plus. L'auteur a une certaine ambition de
A,5
style et de doctrine mais son cœur n'est
point une source d'émanations ardentes et
s'il le caillou.
Vous avez très bien remarqué que ses écrits
n'ont fait que des impressions légères ,et n'ont j
offert que des opinions variables, parce-
que la cause des unes et la source des au-
tres ne sont point en lui- En effet quand
il parle de l'amour, n'est
pas que cette passion soit dans son cœur
c'est que le lecteur la porte dans le sien; car
son style a plutôt l'exagération qui refroi-
dit, que la chaleur vraie du sentiment On
reconnoît cependant dans ces observations
sur le divorce, que l'auteur a vécu avec Roue-
seau et c'est assez d'un tel commerce sans
cloute pour parler de l'amour avec passion,
du mariage avec respect, de l'adultère avec
sévérité mais il faut quelque chose de plus
pour éclairer une grande question.
Celle du divorce peut être considérée dans
les rapports du droit naturel, de l'intérêt poli-
tique et de Ia conservation des moeurs. Jene
m'arrêterai point à chercher si la religion
permet le divorce; mais j'examinerai si le
(O
divorce est une loi utile; car si elle est utile.
elle est autorisée par la religion.
Attachons-nous au premier àt tous les
principes à la droit?
naturels; et parmi ces droits nous placerons
d'abord la recherche libre de notre] bonheur;
nous pouvons mourir sans l'atteûidre1, mais
nous ne saurions vivre sans l'espérer; et si
cet espoir entretient l'existence, de l'être
pensant il est donc un ressort nécessaire
dans la société. Cette tendance continuelle
droit, et c'est le
premier que l'homme a dû recouvrer en
je demande si ce droit ne deviendroit pas
illusoire par l'impossibilité de rompre un
lien qne nous auroit imposé l'autorité pa-
si d'y retenir deux époux qui ne seroient
d'aepord qu'en un seul point, celui de se
séparer, ce ne seroit\pas viole la loi de
la nature ? La loi a beau dire vous êtes
unis pour la vie entre deux époux que l'an-
tipathie* ou les outrages ont séparés, il n'y a
plus de mariage, et la loi n tort. Ce qui est
A.4
^entablement contre la nature, c'est un
mauvais ménage.
L'intérêt politique aussi vient réclamer le
divorce. Ainsi que la nature d'où il tire ses»
principe» il veut des mariages nombreux f
et sur-tout des mariages féconds. Il demande'
̃a dissolution de ces unions vicieuses, qui
ae sont pour les époux qu'un célibat dégui-
il demande l'abolition de cette loi si dure»
éloigne
du mariage, et que le mariage est, pour la
caution d'u citoyen.'
L'homme, dit Bacon qui a une femme et
des enfants, donne des étages à la fortune.
L'intérêt des mœurs est le point de vu»
ror lequel je m'arrêterai davantage. C'e»f
surtout lorsqu'il existe des enfants d'une
union légitime que le divorce semble le plus
oontraire à l'ordre social et au vœu même da
knature.
des épous, les ad versaires du divorce vous
présentent avec succès un tableau affligeant
de la condition des enfants vous les voyez
sévrés des tendres soins d'une mère qui adou-.
cisspit les maux de leur enfance, privés des
sages conseils d'un père qui guidoit les pro-»
miers pas de leur raison. Et ce r 'est point
encore toute leur infortune le divorce
va les faire passer dans une famille (étran-
gère, où condamnés d'abord à oublier un des
auteurs de leurs jours, ils se verront. bien-
tôt ravir l'affection de l'autre par les fruits
d'un hymen plus heureux et se trouveront
ainsi orplieltns, du vivant môme de leurs
parents. Quels sont donc les avanta es du di.
yorcepour compenser des effets si funestes?
Considérons d'abord l'intérét général de
la famille, et. mettons sous les yeux le ta-
bleau d'une union malheureuse. Si le ma-
riage a été institué comme un moyen de
bonheur pour les époux et de bien être pour
les enfants, rien ne doit le maintenir alors
qu'il est devenu pour to s une source in-
épuisable d'infortune. Les enfants peuvent
perdre à sa dissolution une partie des soins
gui leur sont dus mais le tort fait aux uni
est-il comparable au supplice que vous
épargnez aux autres? Le mariage indis-
soluble est l'affaire de la vie pour les époux;
le temps de l'éducation n'en est qu'une foible
partie pour les enfants, qui souvent même
pussent leur jeunesse hors de la maison pa-
?
ternelle. Mais lorsqu'ils y sont élevés quel
exemple pour eux que ces altercations fré-
quentes ces scènes scandaleuses où clés
époux ulcérés par des torts mutuels, s'avi-
iissent l'un l'autre en se reprochant leurs
défauts et en se leurs vices Dans
cet état dé discorde il n'y a plus de fa-
nille et vous voulez le maintenir dites-
tous, pour l'intérêt de la famille Ah c'est
gnand le père et la mère ont dégradé leur
caractère sacré que les enfants sont véri-
tablement orphelins c'est alors que si vous
refusez d'accorder le divorce en faveur des
époux, le vous le demanderai en faveur des
enfants.
Et si l'enfant est un fruit d'adultére,
alors onj convient de l'utilité du divorce»
mais on veut un crime légalement prouvé,
mais on veut une sentence contre la femme,
coupable. J'objecterai que, par plusieurs
Misons faciles à imaginer, un mari peut
avoir la preuve morale dé l'illégitimité do
ses enfants sans pouvoir en administrer la
preuve légale or, dans ce cas qui doit être
le plus fréquent refusera-t-on le divorce?
Forcera t- on deux époux à une guerre con-

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