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Lettre à mes concitoyens / par A. Collineau,...

De
13 pages
chez les principaux libraires ((S. l.)). 1872. France (1870-1940, 3e République). 14 p. ; in-16.
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LETTRE
A
MES CONCITOYENS
PAR
A. COLLINEAU
DOCTEUR-MEDECIN.
EN VENTE CHEZ LES PRINCIPAUX LIBRAIRES,
Droits réservés.
LETTRE
A
MES CONCITOYENS
CHERS CONCITOYENS.
CROYEZ VOUS QUE L'ÉTABLISSEMENT DE LA RÉ-
PUBLIQUE EN FRANCE SOIT DÉFINITIF ? — telle est
la question que beaucoup de personnes m'a-
dressent.
Ma réponse est : Oui.
Je prends la liberté de vous en exposer, ici.
les motifs.
— Avant tout, chers concitoyens, un mot sur
les incertitudes qui retiennent encore quelques
hommes d'intelligence et de bonne volonté.
La persistance de leurs hésitations s'explique.
Royalistes et impérialistes déploient pour les
entretenir une activité désordonnée.
Le pays est infesté d'écrits impudents et
mensongers. Les actes de la République y sont
4
dénigrés. Les bienfaits de la royauté, l'ab-
négation, la haute sagesse de l'empire y sont
portés aux nues. De parti pris, les faits y sont
dénaturés.
La plupart de ces petits livres conçus en
haine de la République, et publiés principale
ment dans l'intérêt de Bonaparte ne portent
pas de signature. Quelques uns sont signés,
mais de noms d'emprunt.
Méfiez vous.
Méfiez-vous des gens qui, pour agir, se ca-
chent. Ce n'est pas modestie, c'est duplicité.
Ce qu'ils cherchent, c'est à ébranler votre
confiance dans le présent et dans l'avenir. Ce
qu'ils méditent, c'est de profiter, à l'instant
propice, du trouble où ils auront jeté votre ju-
gement.
Au plébiscite du 8 mai 1870, il n'est pas ar-
rivé autre chose. Vous avez été mal conseillés.
On vous a endormis ou épouvantés. Sans vous
rendre un compte exact des conséquences de
votre vote, vous avez mis dans l'urne un bulle-
tin portant Oui, et vous avez ainsi donné à Na-
poléon III le droit de déclarer la guerre, de
conclure la paix, de faire et de défaire les trai -
tés de commerce.
D'un mot, vous lui avez livré et votre propre
avoir et le sang de vos enfants.
Deux riches et patriotiques provinces, dix mil-
liards de frais de campagne , cinq milliards
d'indemnité au vainqueur, cent-dix mille hommes
morts au feu, voilà ce qu'il en coûte au pays.
Donc, accoutumez-vous à vous faire par vous
mêmes votre opinion. N'acceptez qu'avec ré-
serve celles des autres. Allez aux renseigne-
ments. Obtenez-en de positifs. Vous trouverez
sans grand'peine, des hommes disposés à vous
les fournir.
Faisant ainsi, vous serez très-vite à même
de distinguer le faux du vrai dans ce que
certains vous affirment avec moins de conscience
que d'audace; vous pourrez, en connaissance de
cause, sans timidité , comme sans imprudence,
faire prévaloir vos plus légitimes intérêts.
— J'ai affirmé, quant à moi, que l'établisse-
ment de la République en France devait, dès à
présent être tenu pour solide et définitif. Per-
mettez-moi de vous donner quelques-unes
des raisons sur lesquelles repose mon affirma-
tion.
Je parlais tout à l'heure, de renseignements
positifs. Pour cette fois, je me bornerai à
ceux qui suivent.
Sollicitant de votre part un jugement réfléchi.

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