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I." LETTRE
SUR LA VACCINE.
Semper ego auditor tantum.
LETTRE à un Journaliste à l'occasion du procès-
verbal de la Faculté sur la Vaccine.
Ce îS octobre.
\^^/\«3*£/AV£KTISSEI\IENT DE L'ÉDITEUR.
LA lettre avait été adressée à un journaliste ; il en
a refusé l'insertion dans sa feuille, sous prétexte
<ju'il ne voulait pas se brouiller avec la Faculté.
À-t-il eu raison ? a-t-il eu tort? c'est de quoi le public
jugera. On est surpris, néanmoins, qu'un journaliste
se soit refusé à' donner de la publicité à une opinion
qui paraît au moins extraordinaire.
Tout faiseur de journal doit tribut au malin ; à
plus forte raison, doitril s'emparer de ce qui,peut
piquer la curiosité publique.
L'auteur de la lettre n'admet point la nécessité de
la vaccine ; il attaque une opinion généralement re-
çue, et il l'attaque à une époque où toutes les imagi-
nations sont frappées de terreur. Les jeunes per-
sonnes redoutent une maladie qui peut les priver
de l'occasion de se marier; c'est-à-dirê les priver des
charmes de la liberté et des agrémens de la vie; il
est inutile , après cela, pour un Français , de parler
des autres inconvéniens de la variole.
Les journaux sont pleins d'éloges ( dictés.3ans
doute par la Faculté ), des avantages de la vaccine.
Comment un journaliste a-t-il craint d'arborer les
couleurs de l'opposition et d;entrer en lice avec ses
confrères ? La vaccine est à l'ordre du jour, dira-t-on;
mais ce qui est encore plus à l'ordre du jour, c'est le
goût, c'est le besoin du siècle de soumettre tout à
un examen sévère.
La vacciné a ses avantages, mais elle peut avoiV
ses inconvéniens ; il faut donc discuter le pour et le
contre ; une expérience de 20 ans qu'il est bon de
réduire à 10, ne doit pas suffire quand il s'agit de
modifier , d'altérer peut-être la constitution humaine,
constitution qui s'est transmise<lepuis tant de siècles
à tous les individus, sans que l'espèce en définitive
s'en soit mal trouvée.
« Tout est bien en sorfant des mains de la nature ;
» tout est mal en sortant des mains de l'homme », a
dit Rousseau. Est-ce un paradoxe ou une prophétie ?
L'auteur de la lettre, sur le refus du journaliste »
avait l'intention de la faire imprimer lui-même ; il en
a été empêché par une circonstance importante. Son
fils, jeune homme de 23 ans , a été attaqué par la
petite vérole , et son fils, comme on doit bien s'y at-
tendre , n'avait pas été vacciné ; au lieu de s'aban-
donner à des idées philantropiques et de s'occuper
exclusivement du genre humain , le père a dû s'oc-
cuper de son fils ; il lui a donné tous ses soins ; on a
combiné ensemble les deux traitemens, et suivant les
phases de la maladie , on a employé les rafraîchissans
et les sudorifiques : le fils a été au bout de huit à dix
jours hors de tous dangers, même du côté de la fi-
gure. Le père a examiné de plus près cette maladie si
terrible, et il m'a déclaré à plusieurs l'éprises qu'il
était plus que jamais confirmé dans son opinion ;
c'est alors qu'il m'a parlé de sa lettre et du refus qu'il
avait éprouvé de la part d'un journaliste ; je l'ai lue
de suite, et je lui ai demandé la permission de la ren-
dre publique; il n'était que trop disposé à y consentir-
Ce n'est pas qu'il ait précisément discuté l'affaire de
la vaccine; on voit qu'il s'est réservé de traiter plus
tard cette grande question; sa lettre ne présente
guère que deux idées principales ; d'abord il redoute
l'amour-propre des vaccinateurs, et toutes les mé-