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Lettre d'un officier de la marine, à l'auteur de la réponse aux Mémoires de M. Malouet sur la marine ([Reprod.]) / K*******

De
84 pages
chez Desenne, libraire, au Palais-Royal (Paris). 1790. France. Marine -- Ouvrages avant 1800. 1 microfiche ; 105*148 mm.
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LES ARCHIVES DE LA,
̃ PKRGAMON PRËSS
Heatiingion Hill I l;ill, Oxford OX3 (1BW, UK
L'AUTEUR
DE LA RÉPONSE AUX MEMOIRES
DE M. MALOUET,
SUR L A M À R I N E«
A PARI S.
Chez Desenne, Libraire, au Palais Roy
7 9 o-,
̃A a,"
T R E
P'UN OFFICIER
D E L A
DE LA RÉPONSE AUX MÉMOIRES
DE M. MALOUET,
SUR LA MARINE:
têtu impofuit Jupiter nabis dua»
Propriis tepletam vitüs
Alienis ante peftus fufpcndit gtjvem.
Hac re videre uoilra nwla non poflumui
Alii fundl delinquunt Cenfores fumuc.
PL Fab. s.
JLjB hafard, mon cher Camarade, (car il
d'événemens c'eft lui qui
<4>
ta retraite, ïorfque tu figure encore fur ta
fille de la Marine de cette année &c; ) le.
hafërd donc n>'a procuré certaine réponfe aux
Malouet^
Je n'ai' pas tardé à reconnoître ton cachet,
& j'ai lu cet ouvrage avec beaucoup d'intérêt
le foin que tu as pris d'y mêler le piquant
tifi la plaifanterie à la gravité des citations,
ne m'a ppint échappé c'eft un moyen fé-
duifant l'arme du ridicule a bien
cependant je crains que \tu n'aye pas aflez
réfléchi avant de livrer ra production à la
cènfure du Public. La révolution a confidé-
les caractères; les hommes
ne font plus les mêmes, & je dois à ma
ftanchife à mon amitié pour toi de te faire
l'aveu que je regrette beaucoup que ta
ordinaire ne t'aye pas pas fait éykec
jes inconyéniensr & les honneurs
décrié a
vraiment l'air d'un cartel, d'une attaque
toutes Us formes (eulemeni
Gent emplumée. Or, je prévois que nos ad^
terfatres, qui ne peuvent decemmeht refuféf
ffe combat, vont fe réunir de toute part, pour
6 défenfe commune & qui peut aïïurer queJ
l'événement nous, fera favorable. Je croisa
comme artic/e de' foi qu'if y a beaucoup dé
fautes 'à -leur, reprocher j je les hais trop cor-'
pour qu'ils ne.foicnt pas coupables'
ddnneroos-nous ? Si
de tradition nous a confèrvé lur.'le compte
anecdotes
dont fervir
du ridicule fur toute.
C'eft ,que,J. fojt.dit .entre nous, nous
quons de preuves pofitiyes au Soutien de
tes atterrions & je fuis sûr qu'ils débuteront
par les demander. Déjà je Jes vois, ces gens
hàbitûés à tenir regiftre de tout, fouiller leurs
plumitifs j y trouver des témoignages écrits
de nos. erreurs, car nous ne prétendons pas
être infaillibles: ces^erreurs ils les nommeront
des fotifes ils, 'publieront ces découvertes
ils les appuyeront de leurs pièces juftificatives,
nous feront le défi de produire les nôtres^
& par défaut nous panerons peut-être pour,
des Calomniateurs aux yeux du Public.^ qui,
ne tardera, pas à s'appercevoir de nos inten*.
tions fecretes.
Tu vois, mon Ami, les dangers auxausfs
nous expose la publicité de ta
la rage ( pardonne l'expreflîon ) que tu, as. eu.
de te faire imprimer. x
;.A
J'ai fu- (le tout encore par bâtard, ) maîsf
cependant de manière à n'en pouvoir douter;
qu'un de nos Camarades après avoir re-
tranché, élagué une partie des phrafes de toit
manufcrtt, & corrigé même l'afrété de ce
qui refte, t'a voit confeillé fagement de fuivre
la marche que depuis long-tems nous avions
adoptée, de te borner à remettre
avec circonfpedion quelques copies, feule-*
ment manufcrites, de ton ceuvre aux Mi-r*
niftfes, à quelques hommes en crédit, & à-
ceux de nos întriguants qui ont des vues
étendues, maisfurtout d'éviter ia trop grande
publicité alors :le Succès devenoit certain:;
on nous eut cru fur parole, car je me le
rappelle parfaitement, & t\i dois t'en fou-*
venir c'eft par cette habile conduite tran-
néce(Taires, que notre
£yis brait, fans éclaif la foudroyante Or-
donnance de 1776, celle de 1784, concer-
décifions
qui par un chevauchement fore
dépouillé nos
déjà teur avoit çonfervé
heureux état des chofes, tu con-
viendras la réflexion; qu'avec de
à faire pour
achever -d'exterminer le relie incommode de
tout
chfer .ouvrage
rwforinenicns j&Iiérifés. On oppofera à tes
citations dénuées de preuves, des antcdn es
appuyées: de titres jécrits répète,
ces itanie de touc; écrire ),&
Je ne terois pas étonné de Voir les rieurs fo
ranger de leur côté.
Tu vas dire que je fuis un trembleur un
homme pufïllanirue, que la feule idée du danger
effraye; peut-être même tu croiras que j'aban-
donne la bienheuréufe cabale, pour me ran-
ger du parti des modétés, c'eft-à*-dire de
ceux de nos camarades qui ont toujours voulu
paraître dédaigner l'intrigue &c parte la dé-
nience juiqu'à préférer les fatigues de la mer,
les hafards des 'combats aux douceurs & à
l'utilité des places adminiftratives. Eh bien
mon cher, dans les deux fuppofitions ton
jugement feroit erroné. Quoique la publication,
plus que mal-àdroire, de ta réponfe aie fou-
levé contre toi, pour ainfi dire, tout le Corps
militaire, & qu'un grand nombre de nos,
initiés quien-prévoyenc, ainfi que moi, les
confluences dangereufes désertent: notre
parti pour prendre celui de ces prétendus
Quoique la fageffe m'invite, me
prefle de fuivre leur exemple je te ferai
fidèle; mais je veux néanmoins te convaincre,
s'il y a moyen que pour réuflir il ne fuffit
pas de fe lancer comme tu l'as, fait) de tran-
cher du favant, de montrer une cbnte-
nance avantàgeufe qui ne peut en impofer
long-tem$ je veux enfin te faire la confidence
entière de mes réflexions fur ton ouvrage,
en mettant fous tes yeux l'analyfe des prin-
cipaux articles qui me paroinent Çufcçptibles
de quelques objections.
Ne perds pas de vue que c'efl; ton cam a-
rade qui te parte que le caraâere eflen-
tiel de t'amitié d'étre fincere aux rifles
même de montrer par fois de la rigueur &
même' de la rudéfle.
(II)
Tu débute$ par annoncer » que le hasard
t'a fait Marin »..On demandera pourquoi ce
np font pas les talens, la bra-
voure qui
que le hafard? Et qui fait fi on lie portera
pas la malignité., jufqu'à dire que la France
te fie
Pour
4'éerire, & jetter une forte d'intérêt fur too,-
ouvrage:, tu cites cet attachement que.npus
swçns tous pour .notre, état, & que l'on nous,
afi.fouvent aceufé de porter à l'excès. Co.m^
ment
Corps, qui a été de tout temsy.le prétexte,
dont on s'eft fervi; pour nous éloigner, des
fpnûiQns de radrniniftration ? Ignor ois-tu que
Pon nous toujours fait te reproche fondé
que nous, ne fâvohs mpffre aucun ordre, au-
cune économie dans nos cohfommâtions &
que notre de prodigalité ne pouvoit
permettre que nous fuffioUs charges de de-'
ails économiques î C'eft donc une grande
Inconféquence d'être convenu à la fate
d'Ifraël, » qu'il eft bien difficile que lé regret
n des chofes que l'on a beaucoup aimé, ne
i» nous fuive long-tems encore auprès avoir
it rompu les liens qui nous y attachaient»^
Comment n'as-tu pas fenti que cet aveu
agit en fens contraire à tes intentions que
nos adveffaires ne peuvent manquer de s'en;
faire un titre contre nous car, comme m
te nous joftifies point, qu'il te fer'oit même?
inipoffible de nous
pendieux, de nos confommations
de notre peu d'ordre de notre mépris pour
< 13 )
les form'es &c, Ils partiront dè-là pour prouV
ver le danger qu'il y auroit d'employer, dans
des détails économiques, des hommes qui ont
• montré jufqu'ici
fi oppofées à ces fondions, & qui conviens
nent de bonne foi, qu'il leurferoit impojfiblç
de renoncer à leurs anciennes
Je penfe bien que nos gens de plume nç,
chicanneront point fur cette plirafe » au lieu
» de féloquence qui ne convient point à mou
» état » .Ils feront trop, fiers de cet aveu
mais moi, pour l'honneur du Corps, je re^
clame contre Pôurquoi en effet l'éloquence
ne conviendroit-elle point à un Marin ? qu'elle
heure mais qu'elle foit incompatible avec
notre habit, je le nie abfolument, & parmi
«ne foule d'autorités que je pourrois citer;
( H )
je me borne à prouver mon aflèrtion, en
rapportant ici littéralement l'épître très-con-
nue d'un de nos Généraux ( 1 ) celle d'un
de nos Chefs de eabale, le Comte de la C.
l'original de cette dernîere til entre mes
mains ( 2 ) l:une te donnera une grande
opinion de l'éloquence de fon auteur &
l'autre te prouvera la rare érudition du cher
Comte.
(i) Le dur commerce des inquiétudes ne me permettant
m pas de me mettre au vis-à-vis du décorum de l'iraa-
i» gination de ces MM je reçois une lettre de M. de la
'}> qui m'écrit mais fait pas loi pour moi voulant me
mettre à l'abri du peut-être fi le cas y 'écheoit.
(2) Je fui bien reconnoiflant Moniteur, de la par que
:> vous prené a mon guien du profoit malgré que je
:> l'ai ganne Ton ne m'a pas poiay la lez;on au boud des trois
i) mois, & je' procede a un nouveaux partage mes l'on me
fait des d îicrant chicanue que j'efper avec te tems en venir a
t> bout mes il faut pra:iih pafiance pour pouvoir venir à bcùc
fj ainfi je ne fa, pas en cord^quand jepourrem'ancretoujne
A ces mots, » fans intrigues fans prc-
s» tention » je te l'avoue } j'ai été un inftanc
dérouté; d'honneur je ne te reconnoiflbis pas,
& fans un petit bouc de l'oreille que j'ai ap-
perçu,, tu aurais confervé l'anonyme même
vis-à-vis de moi ne te dénaafque point, &
je défie les plus fins de te reconnaître.
Tu as raifon fans doute, » il ne devroit
» pas être permis. dans une caufe relie que
»» celle que tu défend, d'employer, polir
9» la faire °valoir ou la déprécier les préjuges
s> pâfTés préfens ou futurs M. Mais auflî on
te répondra qu'il ne devroit pas être permis
» ce la pourra aile jufques au prjentinc prochen
J'ai veu la nouvelle Ordonnance il lia de bonne chofle
mes je croi qu'il poura y avoir des différant changement
faire, pour le bien dn fervifle je pourre trouver le tout
fe» bien en £ùt à mon reteur i>,
( i6)
.d'employer des perfonnalités dans
que la raifon feule doit
fuis fur que l'on
influant confidérablement fur nos opinions &
fur nos aâions un Adminiftrateur doit les
écarter avec fcrupule, s'il veut adminiftrer
avec fagdfle. En effet, ne feroit-il pas dan-
gereux de confier des détails adminiftratifs à
un Officier qui auroit contracté l'habitude de
croire, comme tu le fais par exemple, que
ce que nos calculateurs appellent économie
n'eft autre çhofe qu'une parcimonie
que la Marine ne peut être
floriflante qu'autant qu'eue dépenfera fans
mefure ?
furies erreurs que M. Malouet a commis dans
les termes de coniparaifon
M
^uftiïïer que le régime de eft plus dif-
pendieux que l'ancien font fans répliques
& j'approuve aflez tori adrene à' mettre la
géométrie en jeu pour détruire fon affërtion.
Le commun des Martyrs qui rt fait pas ce que
c'eft que géométrie, ne pourra te réptiquer;
& quant à M. Malouèt ce fiable d'homme
a un fcng\froid, un empire fur fon ame
.& une ténacité dans les principes, qui me
font croire qu'il négligera de te répondre, &
que tu en'feras quitte pour la note très-courte,
que tu auras fans doute tu dans le journal des
Paris, d'après laquelle foute fois il m'a paru
qu'il te reprochoit de ion côté un peu d'in-
gratitude, & de ne pas rationner toujours
géométriquement. ̃
Avant de finir cette article je ferai avec
ta permiflîon, une petite observation fuf jta
note concernant jVI.'Dellâuriers j
lui qui avoir tracé les plans des trots vaîfïcaux
l'Hercule le Pluton & le Scipion, Ces plans
lui furent donnés avec ordre de les fuivre
exa&ement. Je penfe donc que c'eft rnal-à-
propos que tu t'es permis de citer légèrement
cet Ingénieur, d'une manière aufli' défavân-
tageufe que tu l'as fait. D'abord parce
que fa mémoire jouit d'une très-grande ré-
putation Se en fécond lieu parce qu'en fup-
pofant qu'il eût fait une faute, nous ferions
au moins fes complices, puifque nos Cama-
rades qui écoient alors Directeurs àts conf-
truftions, dévoient, d'après toi-même être
luffifamment instruits pour s'appercevoir a
feule des plans de ces vaiGeaux, due
les dimenfions en étoient vicieufes. Je dirai plus,
t'eft que j'ai une forte préfomption que la
faute appartient toute entière à notre Camarade
Cour, qui voulut faire
,un efiài, & qui fe bloufa.
(i9>
:?A
iPaime affez la manière dont tu expliques
raugmentâtion énorme des;, frais de ports
de lettres de M. Mabuet. Il en popible en
effet que fa qualité d'auteur ait confidëra-
.blement influé fur cette dépenfe, & ton rai-
ibnnement étoit vi&orieux, fi en le publianr,
tu ne l'avois cxpofé la difcuflion car tu as
certainement bien fe'nti comme moi, que files
frais de ports de lettres des Intendant de Breflr
& de Rochefort, qui n'ont pas l'honneur
d'être auteurs, s'élevoient aufn haut que ceux
de M. Malouet alors ta plaisanterie tomberoit
tout à plat; qu'elle tourneroit même contre
nous, s'il eft vrai, comme on l'aflure, que
les ports de lettres des Infpe&eurs des clafles,
qui n'ont rien à faire qu'on ne peut accuser
d'être hommesde lettres, coûtent pour chacun,
près de par an. le tremble en vérité
nos Adyérfâires ne s'occupent à faire
( io )
quelques vérifications à ce fujet ils feroient
gens à expliquer à le4r tôur les raifons qui
ont porté fi haut ces dépenfes & je cfain-»
qu'ils les trouvàffent dans le nouveau
-régime, dans les formes dont il eft Surchargé,
& dans les écritures multipliées à l'infini
que notre direction militaire à la Cour, a
introduit dans toutes les parties du fervice.
voici rendu à nn des articles le plus
impofant de ton ouvrage; je veux parler des
qualités que tu exiges dans un Adminiftrateur
de la Marine. C'eft ici vraiment que tu te
furpafle on ne. pouvoit mieux s'y prendre
pour écarter tour-à-fait des places d'adminif-
trarion ces êtres amphibies qui depuis fi
long-tems, ont abufé de la permiffion de nous
2 fpuvent vu porter, je puis dire l'infolencea
Xxi)
vis-à-vîs de cous, jufqu'à nous rcfufer Ieé
chofcs les plus raisonnables fous le ridicule
prétexte qu'une vieille Ordonnance, faite fans
notre concours par des Gens qui n'y enten-
dolent rien leur prefcrivoit ces refus. Hâte*
toi, mon cher Camarade de faire, confacrer
cet important article; qu'il Toit confervé dans
toute fon intégrité; qu'à favenir perfonne
ne puiflTe devenir Adminiftrateur s'il ne fait
» ce que c'eft qu'un vaiffeau, & le fervice-
le qu'on peut en attendre s'il n'eft en état
i> d'apprécier l'utilité des innovations que I©
progrès des lumieres peut faire fenter;
» de combiner les avantages ou les défavan-
u tages 'des chaagemens adoptés par une
»» Nation rivale; s'il ne çonnoit à-peu-prèsj
quelles font les choies les plus expofées,
m & furtout » ( que cette dernière condirion
ibic de rigueur ) »> s'il n'efi infiruu des opé-
» rations & dujervice rliitaire. B 3
B3
• Jiravoi Je defirerois même que tu fiflei
ajouter » qu'à défaut d'une feule de ces quû-
ne pourra être admis ».
Le feul inconvénient que je dans
cet amendement, c'en qu'il pourroit fecvir
de ptétexte à fexclufion d'un grand nombre
des nôtres; mais il eft toujours beau de vifer
au grand & que fait^on ? ne peut-il pas
arriver que le premier effet de ton plan te
mene droit au miniftere, qui naturellement
doit être dévolu au plus inilruit; (ce fiede
eIl celui du vrai mérite, des talens modeftes ).
Or, le premier ufage que fera fans doute
M. h Marquis y de fa brillante exiftence, fera
de balayer nos Ports, dç ces fâcheux Plu*
car., en',
uxis réunifient une partie des qualités exigées, an
moins feront-ils tous très-ignorans lorfqu'ils
feront- interrogés fur la tactique navâle,puif -r
B4,
n'a de fa
mandé un quart. Ils feront
& dès-lors tu pourras à ton gré modifier
la' rigueur de ton Ordonnance en faveur de
nos Camarades & comme nous n'aurons plu*
de contradicteurs, il fera très-facile d'admettre
qui nous voudrons.
Tu vois que j'ai parfaitement faifi tes vues
je contemple à l'avance, avec une voluptueufe
la confufion de tous
ces
de convenir qu'ils doivent .renoncer à leur
métier parce qu'il ignoreront le notre mais
furtout qu'il n'en refte aucun vertige fois fans
miféricorde c'eft en confervant quelques-uny
d'eux, que nous avons ruiné notre chère Or-
donnance
tement qu'à cette époque, malgré l'attention
du Miniftre à choifir, fur la lifte que nous
(M-î\
lui en avions donnée, les plus experts,
Plus éloquents Diicourcurs en administration
pour établir fon nouveau régime il n'y
pas un de nos Directeurs qui put être aflez
heureux, pour rédiger les états de dépenfej
de fa direction, & qu'ils furent tous obligés
de copier ceux des Commiflaires. Je me rap-
pelle aufli, combien ceux-ci furent s'en pré-
valoir: Je les ai enrenduà Breft où
l'honneur de participer, quoique dans un
grade rrès-fubalterne aux fondions adrai-
niflratives, fe targuer de notre ignorance en
ce genre & fonder fur un auflî ridicule
moyen, l'efpoir de leur rétabliflement dani
leurs pou voirs. Qu'ils ne puiflent plus nourrir
une pareille efpécance il vaut mieux que les
regillres & les états de nos Camarades qui
leurs fuccéderônt foient mal tenus mal
ridigés pendant un an ou deux, que nous
foyons débarafîes de ces mortels ennuyeux?:
Que nous importe au furplus que la befogne
foie bien ou mal faite ï Qui pourra la cen-<
furer ? il n'y aura plus que nous &c nous
n'y entendrons rien. Une feule choie pourroic
nous inquiéter: ç'eft le décret concernant la
refponfabilité mais fi l'exécution nous en eft
confiée comme, c'eft ton projet fans doute
alors nous aurons anez de moyens pour noua
fouftraire • à fon effet.
Rien n'eft plus /éduifant que cette queftion
que tu fais, une bonne répartition des. pou-
» voirs permet-elle que quelqu'un qui par
»> état, eft chargé de cenfurer les dépenfp,
» &c, puifle être en même tems l'Ordon-'
» nateur de ces dépenfes ?
A merveille Voilà un des moyens dont
nous nous fommes feryis pour obtenir l'Or-
iïonnance de mais nous ne Tébrui-*
rimes point nous craignîmes alors que l'on
nous répondit, comme on ne manquera pas
de le faire aujourd'hui, »» qu'il ne peut y avoir
m d'inconvénient à ce que l'Intendant ordonne
la conftruâion d'un, vaifleau, & qu'il exa-
n mine enfuite Ci cette conftruâàon s'exécute
» avec économie de la part des Ingénieurs
& Maîtres d'ouvragçs que ces deux action?
» ne peuvent en aucune manière, fe choquer,
puifqu*il ne s'agit pas d'infpecter l'ordre Je
faire, mais feulement la manière de faire,.
si, qui dépend de l'Ingénieur, qui exécute &:
si non de l'Intendant qui ordonne Nous
craignîmes d'ailleurs que l'on nous bbjeâa
que dans l'ancien régime nous étions tes Inf-
pe&eurs naturels des travaux ordonnés par
les Adminifirateurs & qu'en définitif on fit
remarquer qu'il eft bien plus vicieux que nos
Commandaos ayent le pouvoir d'ordonner
dans une matière qui nous iméreflè plus direc-
tement comme Confomraatéurs fans être
fournis à ancune cenfure, ni contradiction.
l'ai une forte de Scrupule que tu ayes com-»
pris au nombre, des qualités dans,
un Administrateur, ceUe » de vemer a ce
*? que les travaux
Tu fais bien que l'économie n'eft point
notre vertu favorite. 11 auroit été aflez pru-
dent de ne point toucher cette corde, donc
le fon eft faux pour nous; je conviens qu'en
obfervant tu ne
veux pas parler de.
v & mal entendue qui fait tout le mérite
de nos gens de plume, tu nous mets un peu
à notre aife; mais
bonne foi que je n'entends pu la définition
de félon toi., elle
«onfifte feulement » à ce que les travaux Ment
faits k plus utilement & le plus falide-
*» ment poflîble
Eft-il donc bien vrai que la folidité &
l'utilité d'un ouvrage fuffifent pour en confl
tater l'économie n'eft-il pas poflible que de
deux ouvrages femblables également fondes,
également utiles, l'un, dont l'exécution aura
été fcrupuleufement furveillée coûte beau-
coup moins en matières & en rnain d'oeuyre,
que l'autre que l'on 'aura négligé & pour
l'exécution duquel on n'aura pas tiré le
même parti des matériaux & du tems des
Ouvriers.
Tu dois t'attendre mon cher Camarade;
à toute forte d'obje&ions, & celle-ci ne nie
paraît, pas fans fondement.
le pafle maintenant aux citations, par lei-
queues tu veux prouver » qu"il en dangereux,'
qu'il eft abfurde de confier la régie des
»j Ports, à des hommes qui ne peuvent avoir
des vues juhes fur fart naval ». Ta note
fur les quatre vaineaux partis» de Toulon eh
tous quatre hors d'état de naviguer,
& fjr l'un défquels M. de Tourville a failli
périr, eft bonne, très-bonne. Cependant il
me femble qu'à ta place j'aurois évité de
dire qu'ils efïuyerent un coup de vent à la
hauteur de Belk-Ifle qui fit périr le Con~>
quérant & le Sans-pareil. ̃
Quelques ignorans feront difpofés à croire
que cet événement ne fut caufé que par le
coup de vent lorfqu'il eft évident que
ton intention eft de orouver qu'il n'a pu^pro.
venir que du mauvais état de ces deux Ba-
timens. J'aurois donc préféré que tu les eufle
faic périr fans coup de vent aux xifques
< 3° )
.même d'être en contradiction avec notre
Général JB. qui a commis la même mal-
adrefle que toi. La faute, de l'Intendant de
Toulon eut été bien plus grave & ta preuve
bien plus complette. J'aùrois defiré aufll que
tu. fufles entré dans quelques détails fur l'au-
torité excefïîve des Intendans d'alors que tu
eufles mis en oppofition le pouvoir ab.folu
d'un de ces Miniftres fubalternes, qui or-
donne a un Vice-Amiral de s'embarquer fur
un Bâtiment en mauvais état & l'extrême
foumiffion de ce Chef de l'armée navale, qui
craint moins de fe noyer que de défobéir
à un Intendant. C'eft-Ià que j'aurois voulu
que tu eufles adroitement placé.le mot à!arif~
tocratie fon effet eut été admirable. Il n'efl
pas un être fenfible qui n'eut été révolté, &
qui n'eut frémi du danger auquel nous ayons
été fi long-tems expofés } puifque A li les troi^
(3i)
Inrendans de la Marine fe fuffent entendus il»
pouvoieqt, en agiflant comme celui de Toulon t
noyer en dérail, toute l'armée navale.
Je me persuade au furplus que tu n'as pas
cité l'anecdote dont il s'agit, fans être bien
affuré que M. deTourville & fes Capitaines,
non feulement n'avoient pas, félon le- voeu
des Ordonnances aflifté avec l'intendant
les Officiers de Port & les Charpentiers, à
la vif te des quatre vaiflfeaiix pour en coriflater
l'état mais encore qu'il n'y avoit pas eu de
vifite, & fur -tout que lefdits Capitaines
n'avaient pas toujours été préfens au radoub
& à la carenc défaits vaijjèaux & qu'ils
n'avoieiit pas donné à l'Intendant des états
certifiés d'eux des ouvrages qui y avoient été
faits, comtne ils y étoient obligés à peine
d'interdiâion aux termes de l'Ordonnance du
2o Février & du Règlement de

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