//img.uscri.be/pth/24a76052f79fad55fb9b3df34c4609129252b8d8
Cette publication ne fait pas partie de la bibliothèque YouScribe
Elle est disponible uniquement à l'achat (la librairie de YouScribe)
Achetez pour : 0,99 € Lire un extrait

Lecture en ligne + Téléchargement

Format(s) : PDF

sans DRM

Lettre de l'ex-général Montesquiou à l'"Orateur du peuple"

De
8 pages
impr. de Du Pont (Paris). 1794. 8 p. ; in-8.
Les Documents issus des collections de la BnF ne peuvent faire l’objet que d’une utilisation privée, toute autre réutilisation des Documents doit faire l’objet d’une licence contractée avec la BnF.
Voir plus Voir moins

A
fr*
1
LETTRE
GÉNÉRAL MONTES QUI OU,
-^^OiV-TEUR DU PEUPLE.
LE hasard vient de faire tomber entre mes
mains un numéro XXXVIII de votre feuille
patriotique, contre Collot-d'Herbois, Billaud-
Varennes , Barrère et Cambon. Je croyais
n'avoir rien de commun avec eux ; aussi n'ai-je
pas été peu surpris de me trouver injurié moi-
même daas cette feuille, moi que vous n'avez
jamais connu, moi mort au monde depuis
plus de deux ans; moi, le premier des Fran-
çais patriotes, honoré de la persécution de
ces hommes qui, tour - à - tour , ont subi la
peine de leurs crimes, ou à qui cette peine
est réservée. Vous commencez par dire que
Barrère est mon anâ; et comme si ce n'était
pas pour moi une- injure assez forte , vous
ajoutez: qu'il a fait rapporter le décret contre
ce perfide général, qui a émigré avec la caisse
de l'armée des Alpçs. -
Orateur du Peuple , je veux croire que vous
n'avez pas eu l'intention de me calomnier ; car
s
rien n'est pies infâme que la calomnie; et ce-
pendant la phrase que je cite en contient deux.
Je fus , il est vrai , destitué une première fois
par la Convention nationale, le 22 septem bre
1792, sans accusation, sans discussion, sur le
seul prétexte de mon refus d'attaquer la Savoie;
,et cela, précisément le jour même ou j'ex-
pulsais de Savoie l'armée Piémontaise , et
où je prenais, au nom du peuple Français,
possession de Chambéry. Les meneurs qui
essayaient sur moi leut système de proscrip-
tion , n'étaient pas préparés à cette réponse ;
ils retirèrent leur décret, quoique j'eusse prié
la Convention, par une lettre aussi pressante
que respectueuse , de le maintenir; et je me
vis encore forcé de conserver le commande-
ment de l'armée des Alpes.
Votre ministère d'alors me chargea d'exé-
cuter , à' main armée, contre Genève , une
enlreprise déshonorante. J'eus îe bonheur d'en
faire sentir l'injustice et le danger ; l'injustice,
par ce que nous n'avions aucune plainte fon-
dée à élever contre Genève, parce que nous
ne pouvions exercer contre cette ville qu'un
droit odieux , celui du fort contre le faible,
et parce que les haines privées de Clavières
devaient être étrangères à la nation Française :