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Lettre de M. de l'Écluse chirurgien-dentiste, seigneur du Tilloy, près de Montargis, à M. son curé. - Hymne chantée au village de Pompignan, accompagnée des bourdons de M. de Pompignan. - Relation du voyage de M. le marquis Le Franc de Pompignan, depuis Pompignan jusqu'à Fontaine-Bleau ["sic"], adressée au procureur-fiscal du village de Pompignan

De
12 pages
1763. In-8° , 12 p. (Bengesco, n 1683, note, p. 117.).
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Chirurgien - Dentifte , Seigneur du
Tilloy , près de Montargis , à M.
ON S I E U R MON CURÉ ,
VOUS favez que j'ai recrépi à mes
dépens l'églife du Tilloy , & que j'ai rac-
commodé les deux tiers de la tribune qui
étoient pourris , à peine m'en avez-vous
remercié ; je ne m'en fuis pas feulement
remercié moi-même :. cela n'a fait au-
cun bruit , tandis que M. le Franc de
Pompignan , pour avoir fait la même
chose au village de Pompignan-lez-Mon-,
tauban, jouit d'une gloire immortelle.
A
V ous me direz que cette gloire, il se l'eft
donnée à lui-même , qu'il a tout arrangé ,
tout fait jusqu'au sermon qu'on a pronon-
çé à son honneur dans l'églife de son.
village ; qu'il a fait imprimer ce sermon
& la relation de cette belle fête à Paris
chez Barbou , rue S. Jacques, aux Grues ;
que quand on veut passer à la poftérité,
il faut se donner beaucoup de peine, &
que. je ne m'en suis donné aucune : vous
avez craint , dites-vous , le fort des Pré-
dicateurs modernes, que M. le Franc de
Pompignan traite dans fa préface d'Ecri-
vains impertinents , comme il a traité les
Académiciens de Paris de libertins , dans
son discours à l'Académie. Mais , mon cher
Pasteur, on n'exige pas d'un Curé de
campagne l'éloquence d'un Evêque du.
Puy,
Ne pouviez-vous pas vaincre ma mo-
destie , & me forcer doucement à rece-
voir l'immortalité ? Qui vous empêchoit
de comparer l'églife du Tilloy ( page 3 )
à la sainte cité de Jérufalem descendant
du ciel ? Ne vous étoit-il pas aisé de me
louer moi présent ? C'est ainsi qu'on en
a ufé à Pompignan ; on adressa la parole
à M. de Pompignan, immédiatement avant
d'implorer les lumières du S. Efprit & de
la Vierge Marie. On a eu soin de mettre
en marge , M. le Marquis de Pompignan
préfent.
( 3 )
Quand je vous ai fait' de doux repro-
ches fur votre négligence dans une affaire
fi grave , vous m'avez répondu que c'eft
ma faute de n'avoir point pris le titre
de Marquis ; que mon grand-pere n'étoit
que Docteur en Médecine de la Faculté
de Bourges ; que celui de M. de Pompi-
gnan étoit Professeur en Droit-Canon à
Cahors : vous ajoutez que votre paroisse
est trop près de Paris , & que ce qui est
grand & admirable à deux cens lieues de
la capitale , n'a peut-être pas tant d'éclat
dans son voisinage.
Cependant, Monsieur, il m'eft bien dur
de n'avoir travaillé que pour Dieu, tandis
que M. de Pompignan reçoit fa récom-
pense dans ce monde.
M. le Marquis de Pompignan fait la
description de fa procession ; il y avoit,
dit—il, à la tête un jeune Jéfuite , (page
32) derrière lequel marchoit immédiate-
ment M. de Pompignan avec son Procu-
reur-Fifcal.
Mais , Monsieur, n'avons-nous pas eu
auffi une procession, un Procureur-Fifcal &
un Greffier ? Et s'il m'a manqué le derriere
d'un jeune Jéfuite, cela ne peut-il pas fe
réparer ?
M. le Franc rapporte que M. l'Abbé la
Cofte officia d'une maniere impofante, ;
n'avez-vous pas officié d'une maniere
édifiante ? Nous avons entendu parler
A 2
( 4 )
d'un Abbé la Cofte qui en impofoit en
effet , c'étoit un associé du fieur Fréron,
& on fit même un passe-droit à ce der-
nier, pour avancer l'Abbé la Cofte dans
la marine. Je ne crois pas que ce soit
le même dont M. de Pompignan nous
parle.
Au reste , Monsieur, l'église du Tilloy
avoit un très-grand avantage fur celle de
Pompignan. Vous avez une sacristie, & M.
de Pompignan avoue lui-même qu'il n'en a
point, & que le Prêtre, le Diacre & le fous-
Diacre furent obligés de s'habiller dans fa
bibliothèque : cela est un peu irrégulier ;
mais auffi il a parlé de fa bibliothèque
au Roi. Il est dit en marge (page 31 )
qu'un Ministre d'Etat a trouve fa biblio-
thèque fort belle ; on y trouve une col-
lection immense de tous les exemplaires
qu'on a jamais tirés des Cantiques hé-
braïques de M. de Pompignan , & de son
discours à l'Académie Française , tandis
que les petits écrits badins , où l'on se mo-
que un peu de M. de Pompignan , sont
condamnés à être dispersés en feuilles vo-
lantes , abandonnés à leur mauvais sort
fur toutes les cheminées de Paris , où il
peut avoir la satisfaction de les voir pour
les immoler à fa gloire.
Il est dit même dans le sermon pro-
noncé à Pompignan , » que Dieu donne
» à ce Marquis la jeunesse & les ailes de