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Lettres de la Société des Amis des noirs à M. Necker, avec la réponse de ce Ministre d'État... [14 juin 1789.]

De
13 pages
1789. In-8° , 14 p..
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LETTRES
DE LA SOCIÉTÉ
DES AMIS DES NOIRS,
A M. N E C K E R,
AVEC LA RÉPONSE
DE CE MINISTRE.
Juillet 1789.
L E T T R E
DELA S O C I É T É
DES AMIS DES NOIRS,
A M. N E C K E R,
MINISTRE D'ÉTAT,
& Directeur - Général des Finances.
Paris, le 6 Juin 1789.
M ON S I E U R ,
L
A Société des Amis des Noirs, croiroit man-
quer à l'obligation sacrée qu'elle a contractée de
défendre la cause des malheureux Africains , si
elle ne vous, témoignoit pas , en leur nom, fa
vive reconnoissance pour l'hommage que vous
avez rendu à leurs droits , & pour les voeux
pleins d'humanité que vous avez faits en leur
faveur , dans votre Difcours prononcé à l'ou-
verture des Etats-Généraux. Il étoit digne d'un
Ministre qui s'est entièrement consacré au bon-
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[ 4]
heur des Français , de fixer les yeux, de cette
Nation douce & généreuse, fur le sort affreux
de millions d'hommes, qu'on enlève, qu'on con-
damne à une captivité éternelle, fous le prétexte
d'augmenter nos jouiffances & notre grandeur.
Il étoit digne de vos lumières de faire entre-
voir, que la prospérité des Colonies pou voit se
concilier avec l'abolition de la Traite des Noirs ,
& de louer les mesures prises par la Nation
Anglaise , pour constater cette vérité, dont la
démonstration doit entraîner l'anéantiffement de
ce Commerce.
Les innovations, dans le fyftême politique des
Finances Européennes, & fur-tout dans celui de
l'Angleterre, ne peuvent plus être indifférentes
à la France. Telle eft maintenant la force des
choses qui les gouverne , que la prospérité suivra
constamment les principes conformes aux droits
de l'humanité, & que l'Etat le plus libre dans
fa constitution , & le plus éclairé dans fa politi-
que, doit l'emporter fur ses Rivaux. Si nous ten-
dons vers ce but, nous devons donc observer
nos voifins, & emprunter d'eux tout le bien
qui se sait chez eux. Ainsi, nous osons espérer
avec vous, Monfieur, que,la ponduite du Par-
lement d'Angleterre, relativement à la.Traite
des Noirs , aura une influence efficace fur les
[ 5 ]
Etats-Généraux ; qu'elle les engagera à établir,
dans leur fein , un Comité semblable à celui
que la Chambre des Communes a institué.
Les momens font précieux. Si d'après I'en-
chaînement des preuves que M. Willberforce a
présentées au Parlement, fi, d'après la vérification
des faits, des dépositions, & la discussion des
raisonnemens qu'il a accumulés , l'Angleterre
prend un parti décifif, la France ne peut rester
dans une inaction qui lui seroit fatale ; elle ne
peut laisser s'opérer, à ses côtés , un changement
total dans le fyftême des Colonies, fans exami-
ner quelles conséquences pourroient en résulter
pour les siennes..
Pénétrée de cette vérité , la Société des Amis
des Noirs, doit solliciter incessamment la création
d'un semblable Comité, afin d'y discuter publi-
quement cette grande cause, avec les Armateurs
& les Planteurs eux-mêmes. Elle ose se flatter
qu'alors elle trouvera, dans votre amour pour
l'humanité & la liberté , une protection constante,
& tous les secours nécessaires , pour se procurer
les renfeignement dont elle aura besoin.
La Société ne doit pas, cependant, vous diffi-
muler, Monfieur , qu'elle a entrevu, avec peine ,
dans un autre endroit de votre Difcours, que
vous n'aviez en vue qu'une diminution , & non. la
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