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« Lucas, ta sœur au téléphone ! C'est la deuxième fois qu'elle ...

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« Lucas, ta sœur au téléphone ! C'est la deuxième fois qu'elle ...

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Ajouté le : 21 juillet 2011
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« Lucas, ta sœur au téléphone ! C’est la deuxième fois qu’elle appelle. » Lucas fronça les sourcils et pour cause : il n’avait pas de sœur ! Il prit le récepteur des mains de celui qui se faisait appeler « The loverboy ». « Lucas, j’écoute. » « Je t’attends à l’angle de la rue Washington dans dix minutes. Il y a du nouveau ! » « J’y serai. » Il raccrocha. Sa coéquipière, Rachel avait dit « du nouveau »… ça voulait dire que tout ne s’était pas déroulé selon les plans. Il se dépêcha d’aller sous la douche enlever les dernières traces de l’huile dont il avait enduit son corps, seule concession qu’il avait faite pour son numéro de strip-tease. La patronne avait voulu qu’il se fasse épiler le torse, les avant-bras et les jambes, ce qu’il avait catégoriquement refusé. L’épilation était un truc de maso qu’il appréciait seulement chez les femmes et il tenait à la fine toison qui ombrait ses pectoraux. Lucas repéra la voiture de sa coéquipière et jetant un œil aux alentours pour vérifier qu’il n’était pas suivi, ouvrit la portière côté passager et s’installa dans le siège. - « Aaargh ! Qui êtes-vous ? Montrez-moi vos papiers ! » - « Très drôle ! Tu m’as apporté un truc à manger ? » Souriant de toutes ses dents, Rachel lui tendit un sandwich et démarra aussitôt. - « J’ai un choc à chaque fois que je te vois sans ta barbe. Tu sais que tu es flippant ? - « Ouais, ça me fait le même effet à moi aussi ! » Sur la vitre, Lucas contempla le reflet de son visage éclairé par les lumières de la ville : ce visage qu’il avait haï et caché si longtemps. Sa beauté avait été une des choses qui l’avait isolé des autres : à la sortie de l’école, il entendait les mamans dire qu’il était trop beau pour un garçon, avec son visage d’ange et ses grands yeux bleus ombrés de longs cils. Plus d’une fois, les autres enfants l’avaient traité de « fillette. » Il était peut-être petit, mignon et avait l’air angélique, mais dans ces cas-là, il se battait comme un beau diable ! Et les raisons de se battre ne manquaient pas : si on ne se moquait pas de lui pour sa beauté, on le faisait de ses vêtements, de sa pauvreté, de la caravane où il vivait, ou de sa mère, alcoolique notoire. Ses années de bagarre l’avaient endurci et bien aidé par la suite à survivre dans les rues. Il avait à peine quinze ans quand il avait fugué après que sa mère eut essayé de le vendre pour quelques bouteilles de whisky à l’un de ses loosers de petits amis qui le trouvait à son goût. Il ne l’avait plus jamais revue. Lucas caressa machinalement son menton. Sa barbe lui manquait. Il se sentait encore plus nu sans sa barbe que sans ses vêtements. Mais bon, il fallait qu’il se fasse embaucher au Starlight, et les seules places vacantes étaient pour des strip-teaseurs. Il avait dû se résoudre à se présenter sous son meilleur jour. Il mordit dans son sandwich. - « Au fait, joli ton numéro ! » Surpris, il faillit s’étouffer avec la bouchée qu’il venait de prendre. - « Tu es entrée ! », jeta-t-il accusatif. Ils étaient d’accord : aucun flic ne devait venir assister à ses strip-teases. Il faisait son numéro pour le boulot, mais ne voulait pas qu’on vienne le reluquer pour être ensuite la risée de tous au poste. - « Relax ! C’était pour le travail et pas pour lorgner ton corps de rêve. » Elle lui fit un clin d’œil amusé, totalement imperméable à son regard furieux. Rachel avait dix ans de plus que lui et était mariée. Depuis près de sept ans, ils formaient une bonne équipe tous les deux. Ils se respectaient, se taquinaient, s’épaulaient et Lucas la considérait comme sa seule amie. - « Alors, raconte ! Qu’est-ce qui ne pouvait pas attendre que je sorte ? » - « L’agent Carlotta a eu un accident en venant au Club. Sa tête a heurté le pare-brise et elle souffrait d’une légère commotion. Le temps que les secours l’amènent à l’hôpital, elle avait repris conscience et réussi à nous avertir. J’ai essayé de te téléphoner mais on m’a dit que tu entrais sur scène, alors je suis entrée pour te dire que l’opération était annulée. Mais tu ne
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