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Madame de Vannoz. [Notice par A.-P.-F. Guerrier de Dumast, rééditée par Vagner.]

De
8 pages
impr. de Vagner (Nancy). 1851. Vannoz, de. In-8° , 8 p..
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MAMME DE VANNOZ.
Ce n'est point, pour l'ancienne capitale de la Lorraine ,
un vide facile à combler que la disparition de Madame
de Vannoz; car l'auteur des Tombeaux de Saint-Denis et
de la Conversation était l'un des glorieux débris de l'édi-
fice littéraire du passé , l'une des colonnes intellectuelles
dont s'enorgueillissait encore notre pauvre ville, de plus
en plus menacée de tourner au vulgarisme.
L'importance de cette perte (la plus grande que Nancy
pût faire depuis la mort du général Drouot) , nous déter-
mine à réimprimer intégralement, dans nos colonnes , la
notice qui fut mise au jour en 1855 par la Revue de Lor-
raine, et qui avait été préparée par M. de Dumast pour la
Galerie des Femmes célèbres. A peine si nous aurons à
faire suivre de quelques lignes ce morceau presque com-
plet, les dernières années de Mme de Vannoz ne donnant
1851
- 2 -
lieu d'ajouter que bien peu de traits nouveaux au tableau
de sa vie.
NOTICE.
Avant la révolution, comme on sait, Paris était la tête de la
France, mais non la France toute entière. Des souvenirs in-
téressants ou glorieux, des usages, des convenances, des ins-
titutions locales , retenaient en province une partie des nota-
bilités politiques et littéraires ; y fournissaient aux besoins
moraux un exercice suffisant; conservaient ainsi de la chaleur
vitale à tous les membres du grand corps , et suspendaient ce
mouvement universel de confluence dont nous sommes témoins,
qui ne laissera bientôt plus d'intelligence et d'énergie que sur
un seul point du pays ; partout ailleurs , inaptitude, froideur,
faiblesse, et langueur incurable.
Sans parler du séjour de Voltaire à Ferney , ni de celui de
Buffon à Montbard, on voyait alors des Montesquieu demeurer
à Bordeaux, des Gresset à Amiens, des dom Calmet à Senones.
Et laissant de côté les noms célèbres, on rencontrait assez ha-
bituellement, dans des villes du second ou troisiéme ordre,
ce qu'il faut à présent chercher beaucoup pour le trouver hors
de la capitale : des hommes à la fois brillants et solides , ca-
chant sous les formes du monde une capacité réelle appuyée
d'un savoir étendu. De ce nombre était en Lorraine le prési-
dent De Sivry, secrétaire perpétuel de l'Académie de Nancy ;
fonctionnaire distingué , qui joignait au mérite du magistrat
les talents du négociateur et les vues du publiciste , et qui,
avec cela , rival du chevalier de Boufflers pour les bluettes
versifiées qbe l'on adresse aux femmes, possédait comme lui,
ou plus que lui, le double don de la conversation et du style
épistolaire. Nous venons d'esquisser le portrait du père de
Madame de VANNOZ.
Presqu'au sortir du berceau , la jeune Philippine avait fait
pressentir qu'elle suivrait et dépasserait les exemples de sa
famille. Ce qu'on observait de bonne heure en elle, ce n'était
pas seulement une compréhension rapide, des traits heureux,
des expressions originales , en un mot « l'esprit des Sivry : »
c'était aussi l'instinct passionné du beau , et cette puissante
faculté d'admirer, l'un des plus sûrs avant-coureurs de celle de
produire. François de Neufchâteau lisait un jour devant elle