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Malesherbes , dithyrambe, suivi des Amours de Gallus, églogue traduite de Virgile, des Malheurs de Parga, poème, et de Talma, dithyrambe, par Louis Belmontet,...

De
41 pages
Ladvocat (Paris). 1821. 38 p. ; in-8.
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MALESHERBES,
DITHYRAMBE,
SUIVI
DES AMOURS DE GALLUS, ÉGLOGUE TRADUITE DE VIRGILE
DES MALHEURS DE PARGA, POÈME ; ET DE TALMA
DITHYRAMBE ;
PAR LOUIS BELMOISTET
(DE MONTAUBAN.)
PARIS,
ALA LIBRAIRIE FRANÇAISE
DE LADVOCAT, PALAIS - ROYAL,
GALERIE DE BOIS , N°. IO,5.
\/ M. DCCG. XXI. „j ,? v, .,•> ïyj
MALESHERBES,
DITHYRAMBE.
IMPRIMERIE DE FAIN, PLACE DE L ODKON.
MALESHERBES,
DITHYRAMBE,
SUIVI
DES AMOURS DE GALLUS, ÉGLOGUE TRADUITE DE
VIRGILE ; DES MALHEURS DE PARGA, POÈME ;
ET DE TALMA, DITHYRAMBE.
PAR LOUIS BELMONTET,
(DE MONTAUBAN).
PARIS,
A LA LIBRAIRIE FRANÇAISE
DE LADVOCAT, PALAIS-ROYAL,
GALERIE DE BOIS, N°. ig5.
M. DCCC. XXI.
A MONSIEUR
L.-N. LEMERCIER,
(DE L'ACADÉMIE FRANÇAISE).
Vous m'avez permis de produire au jour quel-
ques poésies sous les auspices de votre nom, et
votre suffrage a daigné m'encourager : mais plus
il est flatteur pour un poète naissant d'entrer
dans le monde littéraire, introduit par l'amitié
d'un illustre écrivain, et par la gloire d'un homme
que l'estime publique environne, plus je sens
combien .peu je mérite une semblable faveur.
Les temps sont venus où l'homme de lettres re-
gardera comme un devoir d'offrir le tribut de ses
Veilles, non aux vanités des grands, non aux ca-
pricieuses protections des Princes, mais au gé-
nie qui sert de guide à ses études, mais à la
vertu qui devient son exemple.
C'est à ce double titre que j'ose vous prier de
recevoir l'hommage des prémices de ma muse,
comme un témoignage de ma profonde véné-
ration et de mon inviolable attachement,
LOUIS BELMONÏET
(DE SIOMTAUDAH).
MALESHERBES,
DITHYRAMBE
QUI A CONCOURU POUR LE PRIX DE POÉSIE,
A L'ACADÉMIE FRANÇAISE. ,
LA Liberté, qu'en vain l'acier des Rois mutile,
C'est le chêne planté dans un terrain fertile,
Qui dans les airs doit s'élancer:
A retrancher ses jets plus la serpe s'obstine,
Plus sa sève abondante, étendant sa racine,
Dans la terre court s'enfoncer.
Il faut ou suivre la lumière
Du siècle naissant qui nous luit,
Ou, se rejetant en arrière,
Fuir avec le siècle qui fuit.
Mais à l'esprit des temps les Empires rebelles,
Sur les Bastilles appuyés,
Au jour où les volcans s'irritent sous leurs pieds,
Tombent écrasés avec elles.
Tel se brisa des Lis le trône ensanglanté,
Quand, du Peuple affrontant les murmures suprêmes,
4
Le vieux sceptre des Francs, tout chargé d'anathèmes,
Tombait aux jeunes mains d'un Roi sans volonté :
De son inconstante bonté
L'on voyait .tour à tour flotter l'inquiétude
Des projets de la servitude
Aux projets de la liberté,
Tel un vaisseau tourmenté par l'orage,
Sans gouvernail, sur les gouffres mouvans,
Changeant d'écueils au gré de tous les vents,
Court enrichir les flots de son naufrage.
Jeune monarque, ô toi, qu'attendent les douleurs,
Pour qui la pourpre, hélas! cache d'affreux malheurs,
Pourquoi ne pas sortir des dangers de ton âge,
En livrant ta faiblesse à l'amitié d'un Sage
Dont la fidélité s'étende autour de toi,
Et fonde sur les coeurs le trône de son Roi?
Esclave couronné, fais choix d'un homme libre
Qui, t'arrachant des mains de tes mille tyrans,
Pèse dans sa balance et force à l'équilibre
Et le Peuple, et l'Église, et l'audace des Grands:
Hâte-toi de choisir; leur sanglante espérance
Se dispute déjà l'avenir de la France,
IN'as-tu pas Lamoignon pour dompter ces torrens?
Malesherbe!.... à ce nom, vers l'âme du grand homme
Sur des ailes de feu mon coeur s'est élancé ;
5
Et dans mon souvenir quand sa vie a passé,
Me souvient-il encor d'Athènes et de Rome?
Au delà de ce nom se cache le passé.
Malesherbe, à la Cour, armé de la justice,
Athlète vertueux, défend la vérité;
Mais Louis, reculant devant sa voix propice,
Se jette dans l'adversité.
Qu'ai-je dit? c'était peu : conquête des Ulysse
Qui s'arment de son sceptre et qui régnent dans lui,
Il subit leurs complots, dont ils le font complice,
Et sans vouloir le crime , il en devient l'appui.
Ces captifs, outragés de fers illégitimes,
Les voyez-vous?... Malheur à qui parle pour eux!
Les Donjons sont ouverts, et du Roi malheureux
Le cachet usurpé les gorge de victimes.
Des Verres en faveur voyez-vous dans l'Etat
L'heureuse oppression lever un front superbe?
Qui de les accuser a. commis l'attentat?
Qui poursuit ou défend? Gloire à toi, Malesherbe!
Toi seul, fidèle au Peuple et fidèle au Pouvoir,
Pour détourner les maux que tu viens d'entrevoir,
Tu veux d'un noeud d'amour unir leur destinée;
6
Mais la Cour, s'indignant d'un semblable hyménée,
Nomme parjure le devoir.
Qu'importe à l'homme pur le cri des injustices?
Laisse les courtisans, insurgés contre toi,
Se perdre en leur victoire et rétablir leurs vices :
Que l'honneur de l'exil soit le prix des services,
Poursuis : l'ami du Peuple est l'ami de son Roi.
Le Courtisan triomphe au combat de l'intrigue;
Mais au jour des dangers qui s'avance à grands pas ,
Quand le flot populaire entraînera la digue ,
Répudiant son Prince, il ne te suivra pas.
Eh! lorsqu'un implacable orage
S'amasse, à l'horizon,
Ira-t-il pour son maître illustrer son courage?
N'a-t-il pas une vie à sauver du naufrage,
Ou par la fuite, ou par la trahison?
Oui, si pour sauver la Couronne ,
Dans Ie gouffre qui l'environne
Il faut mériter de périr ,
La mort est la palme du brave :
Mais l'ingrat abdique en esclave
La gloire ,de la conquérir.
Malesherbe esl proscrit, convaincu d'être juste!
Le Peuple, désarmé de son égide auguste,
7
Retombe aux pieds des Grands et devient leur butin.
Malesherbe en exil! Jeune et faible orpheline ,
Sous des fers plus pesans la Liberté s'incline,
Mais le ciel devant elle ouvre un plus beau destin.
^'
Malheur!.... aux cris de délivrance
La France a déjà tressailli :
Malheur!.... des haines de la France,
Déjà le trône est assailli.
Le noir torrent mugit et roule ;
Entendez-vous ces tremblemens?
Le trône s'ébranle et s'écroule ;
Et du milieu des fondemens,
Soulevant les débris fumans ,
Voyez-vous, comme un spectre sombre
Dont un prodige au sein de l'ombre
A ranimé les ossemens,
Sortir la Liberté? Secouant la poussière,
Dont les pieds oppresseurs de cent Rois écoulés
Avaient souillé ses membres mutilés,
Elle ouvre au jour une lente paupière ;
Et croit se rappeler qu'elle a vu la lumière,
Mais dans des siècles reculés.
Son front se relève à la gloire,
La flamme jaillit de ses yeux,
Et pour contempler sa victoire,
8
Sa tête jusque dans les cieux
Se dresse. A pas pressés, pâle, la Tyrannie,
■ Loin de la France rajeunie
S'enfuit, la menaçant de ses projets sanglans :
Tel, rompant tout à coup un silence homicide,
Tel, rugissant trois fois, le Lion Éacide
Txefoule la terreur sur les Troyens tremblans.
Du trône dont le Nord veut ranimer la cendre,
Dans l'univers épouvanté,
Le bruit d'un pôle à l'autre ardent à se répandre,
(Mais l'oreille des Rois n'a point voulu l'entendre J
Retentit dans l'éternité.
Ainsi la grande voix du Souverain des mondes,
Précipitant des cieux les orgueilleux Titans,
Ebranlait de l'Enfer les entrailles profondes
Et traversait le temps.
Où donc sont-ils ces Preux qui défiaient les Parques,
Dont l'orgueil s'est nommé le rempart des Monarques,
Et qui peuplant les Cours dépeuplent les Etats?
Ils disaient ; Attelés au char de nos ancêtres,
Les Gaulois se courbaient et ne murmuraient pas ;
Leur race doit traîner la race de leus maîtres ;
Qu'elle ose se lever! nous voici, Potentats!
Le Peuple gronde, en secouant ses chaînes ;
9
Les flots de sa colère ont déjà bouillonné,
Et sous un char d'airain, dont la Mort tient les rênes,
Seul, Louis tombe abandonné.
Où donc sont-ils ces Preux qui défiaient les Parques,
Dont l'orgueil s'est nommé le rempart des Monarques ?
De ton enfantement, ô France, à tes neveux,
Chaste et pure lègue la fête ;
Peuple, de tes vertus couronne ta conquête,
Sois tel que Lamoignon t'appelait dans ses voeux.
Voeux trompés! dans le sang s'éteint la Monarchie:
Il voit la liberté descendre à l'anarchie ,
Il n'a que changé de douleur.
Déjà les Factions se heurtent dans la lice :
La liberté n'est point où n'est pas la justice,
Il est du parti du malheur.
Inconcevable effet des misères humaines !
De ses Sujets régnans Roi sujet à son tour,
Celui qui les tenait sous ses mains souveraines,
Du haut de ses grandeurs tombe au fond d'une Tour,
Et n'a pas un ami qui partage ses chaînes.
Mais sous le destin abattu,
Louis, tranquille d'innocence,
En descendant de s'a puissance,
Ne descend pas de sa vertu.
10
Des crimes de la Cour coupable, hélas ! sans l'être;
Coupable des complots des Rois libérateurs
Dont le Nord voit forger les fers conspirateurs ;
Coupable d'avoir été maître ;
Devant les Dictateurs qui l'ont découronné,
Et dont l'audace veut peut-être
S'absoudre, en l'immolant, de l'avoir détrôné,
Calme , Louis va comparaître.
Tribuns ! en l'opprimant, vous opprimez les lois ;
Que la Seine affranchie , en reprenant ses droits ,
Coule pure du sang dont fut rouai le Tibre:
Si votre Roi n'est plus, votre égal, l'Homme est libre :
Puisque vous les frappez, vous craignez donc les Rois!
Tribuns ! pour la patrie illustrant vos services,
Ou condamnez le sceptre, ou faites l'oublier:
En usurpant ses injustices,
Voulez-vous le justifier?
D'un sombre deuil voilé, que l'oeil du jour s'éclipse !
Les sièges sont remplis, le gouffre va s'ouvrir.
Qui défendra Louis? défendre c'est mourir:
Mourir ! non, partager la gloire du supplice.
Un messager paraît: Citoyen, quel es-tu?
Il leur présente, écrite, une illustre demande;
Les juges indignés craignent quelque vertu ;
On lit : Que l'avenir l'entende !
II
« Louis est accusé, Louis est sans appui ; '
» Son sujet autrefois, je le suis aujourd'hui ;
» Quand tout fuit le péril de servir sa disgrâce
» Citoyens , un vieillard ose implorer la grâce
» De défendre ses jours et de mourir pour lui. »
Ainsi qu'aux premiers traits de flamme ,
Que de son carquois d'or lançait le Dieu du jour,
Le bronze de Memnon , étonné de son âme,
D'harmonieux soupirs saluait son retour;
A l'éclat de ce'fait sublime,
Tels, sur leur tribunal de fer,
Ces Bronzes vivans de l'Enfer
Se laissent arracher un murmure d'estime.
Qui d'un tel dévoûment a pu vaincre l'effroi ?
Quelle est cette auguste victime
Qui vient avec Louis se jeter dans l'abîme ?
L'ami du Peuple est l'ami de son R.oi.
Mais une voix gémit sous les voûtes du Temple:
Du royal prisonnier écoutons les douleurs.
Sa chute, sans verser des pleurs,
Il la mesure et la contemple ,
Mais il est seul dans ses malheurs.
« De l'amitié, dit-il, que n'ai-je appris la joie ?
» J'eus un ami peut-être , il fallut l'en punir ;
12
'» Ses conseils du bonheur m'aplanissaient la voie :
» Sans doute de Louis il perd le souvenir,
» Ou vengé de l'exil par mon triste avenir,
» Lamoignon rit des maux dont on m'a fait la proie. »
H disait.... Le bruit des verroux
Retentit clans la Tour tremblante ;
Sur ses terribles gonds roulante
La porte s'ouvre A ses genoux,
Précipitant sa marche lente ,
Un vieillard tombe tout pleurant,
Et de ses vieux bras l'entourant :
« Ils ont voulu , dit-il, m'entendre ;
» O maître auguste ! et c'est à moi,
» A moi qu'ils ont permis l'honneur de vous défendre*;
>J Je viens mourir près de mon Roi. »
Louis, le relevant, de larmes de tendresse ^
Mouille ce front blanchi, couronné de vieillesse ;
Mais d'un tel dévoûment tremblant il a frémi :
Et sortis de son coeur ces mots avec ivresse:
« Eh quoi ! vous, Malesherbe! Est-ce vous que je presse?
» Je rends grâce au malheur, il me donne un ami. »
Louis a comparu : les Ombres de sa race,
Et d'anciens souvenirs se pressent sur sa trace ;
Enfin pour son ami, pâle et faible d'effroi,
Le défenseur du Peuple a défendu le Roi,