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Mémoire à l'Assemblée nationale pour les associés, composant la Compagnie française de la navigation du nord ([Reprod.])

De
22 pages
[chez N. H. Nyon, Impr. du parlement] (Paris). 1789. 1 microfiche ; 105*148 mm.
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25x
NBS 1010a
(ANSI and ISO TEST CHART Na. 2)
THE FRENCH REVOLUTION
RESEARCH COLLECTION
LESARCHIVES DE LA
REVOLUTION FRANÇAISE
A
MOIRE
SEMBLÉE NATIONALE;
POUR les AjffbcléSf compofsnt la Compagnie Françoife
de la Navigation du Nord.
xH ou s les voyons donc naître ces jours tant degrés, ou
la juftice & la vérité, pourront fe faire entendre qu'elles
deviennent aujourd'hui l'appui d'une malheureufe Société, dont
les .Membres tous citoyens & pères de famille fe voyent
réduits depuis trois années à dévorer leurs douleurs & à
fubir dans le fpeétecle de leur ruine la peine d'avoir ac-
cordé leur foi à la foi miniftérielle.
FAIT.
L'amour de notre pays, le befoin de travailler pour lui
pour nos fnians nous ont-infpiré ridée d'une haute en.
irepriiè dont l'objet, trop longtemps négligl en France, avoit
(enfin attiré l'attention dui Gouvernement.
,Il s'agiflbit de rétablir la Navigation françoife & des
b*
comptoirs nationaux dans le Nord l'on ne crut pas pouvoir
trop faire pour exciter l'émulation des Armateurs.
Le Gouvernement n'a befoin pour être fecondé que de
manifefter., fes projets pour la gloire de la Nation bien-tôt
les efforts du François s'élevent jufques, & au-delà même de
fes forces.
Animés tous de cet esprit jaloux d'ailleurs de voir fans
ceffe l'induftrie des Nations voifines s'ingérer dans les opéra-
tions de la France nous fîmes connoître au Miniftre de la
Marine le projet que nous avions* d'entreprendre l'importation
dans nos Ports de tous les bois qui s'achetoient dans le
Nord pour le fervice de la Marine. Mais nous ne diffimulâ-
mes pas au Miniftre que notre plan exigeoit une mife de
fonds confidérable que notre fortune réunie même en lry
employant toute entière ne fuffiroit pas qu'il nous faudroit
bien-tôt appeller -d'autres Capitalises à notre fecours & qu'ils
demanderoient des fûretés & des avantages.
M. te Maréchal de Caftries Miniftre de la Marine pro-
mit tout nous voulions un Arrêt du Confeil qui confacrât le
vœu, Scia protection de l'Etat en faveur des Armateurs Na-
tionaux nous fûmes alfurés qu'il feroit rendu dès que l'on
auroit pris les instructions néceffaires à cet égard.
Nous voulions pour notre Compagnie un traité, un pacte
folemnél. Il fut dreffé par M. le Maréchal lui-même.
En voici la fubftance.
Par ce Traité, fait quadruple à Paris le 30 Septembre
1783 entre le Secrétaire d'Etat au département de la Ma.
fine, & les Directeurs de la Compagnie du Nord cette 1
Compagnie s'eft engagée envers le Roi & fon Minière, de
transporter, le plutôt poflible, l'Orient, ou
1
A 1
fur Bâtimens François LA totalité des hois de confiruBioà
à fournir dnnuéllement & successivement
pour le fervice du Roi par l' Adminiftration Prujfé
ou autres lef quels feraient reçus bord des mains ^& aux frais
de Sa Majejiê pour ce fervice.
1', Viennent ensuite les conditions du contrat, énoncées en
neuf articles.
̃ Le premier & le Second, fixent le prix du transport.
Par le troifieme la Compagnie s'engage à n'employer que
des Bâtimens François.
Et par les quatrième Se cinquième, à être feule chargée
du tranfport des bois.
Le fixieme oblige le Roi à faire raifon des délais que fes
Prépofés apporteroient dans les chargemens.
Par le feptieme, la Compagnie s'engage à payer les bôis
qui feroient perdus par cas fortuits.
Le huitième porte «II cft bien entendu que le prix de
40 livres du tonneau, porté dans le préfent Traité, n'eft
que pour le temps de paix & qu'en cas de guerre il
fera f$jt de nouveaux engagemens relatifs & convenables
» aux cifconftances».
Enfin le neuvième concerne les retenues fur le prix con..
venu.
Ce contrat fynallagmatique étoit-refpe&ivement obliga-
toire pour Sa Majefté & la Compagnie.
Nous nous épuisâmes pour l'obferver fidèlement j il nous
falloit des fonds immenfes, à raifon de la quantité de Na-
vires qui nous étoient héceffaires nous avions même con-
• tra&é l'engagement, par l'article 3 » de n'employer que. des
Bâtimens François. Enfin,
chargés de cette grande entreprifê, &ç k nous tenir toujours
Bien-tôt on vit fur les chantiers des préparatifs, & des tfâ*-
vaux qui annoncèrent avec quelle exactitude la Compagnie
,Traité. Elle obtint des éloges du Miniftre &
dans ces premiers temps le Gouvernement ne pouvoit aCez
fe féliciter de l'opération.
Ceft pour le manifefler qu'il s'empreffa de rendre, confor-
mément à ce qui avoit été promis l'Arrêt du Confeil du 2
Septembre 1784, lequel accorda protection & préférence
au .pavillon François pour le tranfport des approvifionnemens
venant du Nord affura des primes aux Marins Nationaux
qui commerceroient dans le Nord & promit même de les
doubler quand les Armateurs correfpondroient chez l'Etranges
avec les Maifons françaifes y établies.
De tels encouragemens ne furent pas ilériles, & les Membres
de la Compagniè s'abandonnèrent entièrement à cette grande
entrepi ife.
Dès la première campagne elle fe trouva dans le cas
de réparer par un effort extraordinaire un défaut de
vigilance des Bureaux: on négligeoit de lui donner les ins-
tructions néceffaires pour les prochains tranfports de
fans confidérer qu'il falloit peu de temps pour ordonner, &z
beaucoup pour exécuter la Compagnie de fon propre
mouvement, prit des renfeignemens à Hambourg,, &, trouva
heureufement le moyen d'apprendre en Décembre » qu'il
lui falloit pour le ttanfport de la Compagnie dix à quinze
Navires de 90 à 100 lafts.
La Compagnie étoit preffé^ par le temps elle eût pu à
raifon de la circonitaHce faire ufage de Bâtimens étrangers
s
mais (a gloire étoit intéteffée à faire des facrifices pour la
prospérité de la navigation Jrançoife l'émulnion produift
des efforts incroyables & l'on parvint à pouvoir mettre en
mer neuf Navires François à platte varangue, donnant un
encombrement fupérieur à la demande, & le tirant d'eau
convenable pour charger les bois fur l'Elbe.
Cette dépenfe précipitée jointe à toutes celles qu'occa-
fionna bien-tôt féquipement de là flotte entière ,;alloit en-
gorger la Compagnie: elle étoit aux abois le Comte de
Bourzolles, l'un des principaux Anodes ne balança pas il
engagea fes Terres. De leur côté cha^ des autres Socié-
taires épuifa, à l'envi, fes reffources. On pourvut à tout &
bien-tôt l'entreprise atteignit au plus haut degré de cbnfidé-
ration mais faut il le dire ? ce fut la caufe de fon ma-
lheur.
Les tranfports de 1784 avoient été à tonneaux;
les ordres pour ayant été à pieds cubes, la
Compagnie s'étoit vu forcée par cet accroiffemént de fer-
vice, d'établir un comptoir Français à Hambourg & de
recruter de tous côtés des Marins nationaux liv.
de fret lui étoient acquises; au lieu de les repartir, non-
feulemenvles Affociés les laifferent dans la chofe mais ils
profiterent encore de la haute confiance que la Compagnie
avoit obtenue pour lui agréger .un nouveau fociétaire le
fieur de Sa'rnte-James que l'on regardoit alors comme Fun
des plus gros capitalises du Royaume.
Enfin les ordres pour la campagne de 1786, arriverent, le
Miniftre demanda un tranfport de.. pieds cubes, & il fut
rempli avec le même fuccés. Le comptoir de la Compagnie à
Hambourg avoit obtenu la plus haute faveur, & le rieur,
6
Defcolin ion Directeur s'étoit acquis la plus grande
considération fous les aufoiçes & le crédit de la maifon
réfugiée des fleurs Boue & fils recommandable' par fa pro-
bité, & par l'affeétion confiante qu'elle conferve pour la
France fon ancienne Patrie.
Il é:oit difficile que tant de profpérité ne ranimât pas la
jaloufie, toujours furveillante de l'étranger. Il nous laifïe
entreprendre & telle eft fa politique quand nous ne réuf-
iiffons pas, il jouit de nos pertes & de notre décourage-
ment; quand nous venons à bout des obftacles ils facri-
fient tout pour s'enter fur nos bafes & nous fupplanter.
C'efl ce qui arriva dans l'affaire, ruelle: des intrigans
étrangers s'impatroniferent dans les Bureaux de Verfailles
ils cherchèrent à furprendre la foi du Miniftre par l'appas
d'un- frét moins haut & fans examiner ici par quelles voies
ils parvinrent à réuflir le Minore adhéra à leurs propo-
sitions pour les tranfports de 1787 & laiffa là notre Com-
pagnie avec une flotte de vingt-cinq bâtimens la plupart
uniquement propres à l'objet de leur construction, & avec
une mife dehors de plus de deux millions cinq cens mille
livres. G'eft ainfi que la foi des traités a été refpe&ée.
? Juftement indignée d'une violation aufli révoltante la
Compagnie jetta les hauts cris mais cela produifit l'effet
ordinaire en pareil cas ori la laiffa fe défefpérer quand
nous voulûmes ufcr dans l'intérieur impofant des Bureaux
de cette fermeté que donne le malheur & le défefl)oir, on
1 ne put s'empêcher d'entrer en expliçation mais qu'obtînmes-
nous ? des promeffes & toujours des promeffes.
Cependant la volonté arbitraire du Miniftre même dans