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Mémoire adressé à l'Assemblée nationale, pour la colonie des pêcheurs catalans, établie à Marseille contre les prud'hommes des pêcheurs marseillais ([Reprod.])

De
35 pages
de l'impr. de J. Mossy père & fils, impr. de la nation, du roi & de la ville (Marseille). 1790. 1 microfiche ; 105*148 mm.
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NBS ̃ 1010a
(ANSI and ISO TEST CHART No. 2)
THE FRENCH REVOLUTION
RESEARCH COLLECTION
LES ARCHIVES DE LA
REVOLUTION FRANÇAISE
15 BRIDGE STREET MIIX BRIDGE STREET
WITNEY OXFORUSHIRE 0X8 6YH
Telephone: (0993) 776396 Fax: (0993)
A L'ASSEMBLÉE NATIONALE,
POUR la Colonie des Pécheurs
Marfeille.
Les Prud'hommes des Pêcheurg
Marseillais..
De l'Imprimerie de'J. Moss Y Père & Fi!t Itnpi^
mems de la Nation, du Roi de 14 Ville.
CONTRE
MARSEILLE;
A
MÉMOIRE
Pour la Colonie des Catalans
Marfeille.
MESSIEURS,
V-/Eft un Spectacle bien affligeant de voir lés Prud'-
hommes des pêcheurs fe déchaîner encore contre des
Etrangers qui depuis un demifîècle, approvifion-
ntnt nos Marchés par une pêche indufîrieuTé com-
feattre fa raison par dés préjuges l'intérêt public
par de prétendus titres & vouloir faire revivre
fous le règne de la liberté dés principes que le def*
^otîffné. même avait craint de cohfacrer. Quand fi-
niront ces honteufes erreurs ces attentats ces
manoeuvres coupables dont le but eft d'établir un
de prohibition dans un Port où fa poli-
tique 8c les' vents commandent la liberté du Com-
merce ? Laiflera-t-oï! te peuple tomber encore fous
te joug du monopole, dans lès objets même de fa
fubfrftance & créerait-on des priviélgiés, lorsque hr
à détruit tous les privilèges ?
(i )
Un Mémoire a paru figné Foumillier. C'eft ré-
crit le plus faux le plus notoirement calomnieux
que les Prud'hommes aient encore produit. Ainfi
parlent les hommes qu'entraîne l'efprit de parti &
qui vivant d'abus veulent les rendre éternels.
On a voulu prouver dans ce Mémoire qu'il fal-
lait expulfer les Catalans de Marfeille.
io. Parce que' le patte de famille 3 quant à eux
n'eft plus. qu'un leurre pour nous dont les Catalans
retirent tout l'avantage.
2°. Parce que la Pêche du Palangre (i) était com-
nje faite, par de nos Bâteaux lorfqu'ils vin-
rent s'établir fur nos bords.
Quelle eft dangereufe & vicieuse.
Qu'elle porte un tort infini aux Pêcheurs
Marfeillais.
5°. Qu'elle occafionne le déficit de nos Matelots.
6°. Qu'elle forme une pépinière pour l'Efpagne.
70. Qu'elle efl inutile à l'app rovifi onne ment en
poiffon de Marfeille.
Qu'elle ne peut fuffire à la dépenfe des Cata.
lans retenus à M arfeille par le feul appas de la
contrebande.
Enfin, parceque les impofitions, fur le comefti-
Me étant abolies le prix du poiffon ne peut qu'être
La Palangre eft une ligne mere d'une longueur dé-
terminée, de laquelle pendent, de diftance en diftance de pe.
tites lignes, nommées bras de ligne garnies d'hameçons aux
quels on crochète l'appât qui doit attirer le poiflbn.
( J)
fûbordorteé à celai dé la viande; circonftance dans.
laquelle on ne doit plus craindre l'avidité des Pê-
cheurs Marfeillais.
Voilà ce que les Prud'hommes appèlent des rai-
fons légitimes pour fermer aux Catalans le Port de
Marfeille ? Le inot d'intérêt public cil dans leur
bouche mais depuis qu'ils .fatiguent les Tribunaux
de leurs clameurs ils n'ont cherché que leur intérêt
perfonel. Ils ont dit Expulfons les Catalans
& nous deviendrons les poflefleurs exclufifs de
la pêche les marchés feront dépourvus de poif-
g fon le peuple founrira de fa cherté mais {on malt
heur fera notre avantage; le riche fera tributaire
de notre ina&ion & nous nous* enrichirons de la
difette publique. Les cris du peuple ont dénoncé ce
fyftême chaque fois que les Prud'hommes ont vou-
lu le faire revivre. Le peuplm quoiqu'on en dife
ne fe trempe pas fur fes intérêts & lorfqu'U. deman-
de les Catalans c'efi que les Catalans lui font utiles.
Article premier.
Ejl-il vrai que le pacte de famille quant à l'ob.
jet de la pêche foit un leurre pour les Français
que les Catalans en retirent Tout l'avantage ?
Nous n'examinerons pas les avantages politiques
du pa&e de famille. Les traités des Rois n'ont pref-
que jamais eu pour but le bonheur des peuples*; ce-
pendant telle eft la pofition géographique de la Fran-
ce & de l'Efpafgne l'état de leurs forces maritimes,
les liaifons de leur commerce & la politique de l'Eu-
rope, qui une confédération toujours fulj-
(4)
liftante des Etats dun-idi pour balancer les ligues
desPuifl^nces du nerd tel eG encore l'ascendant des
de famille mérite peut-être de)devenir un pa#:e
national. Cette graade queftion a jugée par l'Af-
femblée Nationale. Le defir de Catalans eft Tu
nion des deux peuple leurs enfans font Français,
c'eft un lien de plus ajouté par la nature à la con-
formité des mcfurs au devoir de la reconnaiffance
qui les attache au bon peuple provençal. Et que
fait à leur çaufe le pacte de famille ? Les droits
de l'homme la liberté des mers les lois du com-
merce, la franchife du Port les befoins du peu-
ple voilà lesraifons qui les appèlent à Marfeille
& qui les y retiennent comme fur une terre nata-
le. Les Prud'hommes reflemblent à ces Hollandais
avides, qui jaloux de ce qui ne croirait pas pour
eux voulaient détruire le giroflier d'une terre où
la nature lui difait de naître ils l'arrachaient vai.
nement, le giroflier repouffait toujours.
Il faut cependant prouver que le pacte de famille
fur l'obj|t de la pêche n'eG: pas un leurre pour les
Français, Ce traité porte que les deux Nations pour-
ront pêcher, fur les cotestefpeâives & s'établir dans
les Ports pour y vendre leurs poijjbns mais enfe
founrettant réciproquement aux lois fur la péche éta-
blies -pour les R,épnicoles, fous l'autorité du Mo-
narque.
Çr s'il eft vrai que. ce traité n'a pas eu fon effet
dans les mers du cul de fac s'il eft vrai que les
(
Bayqnnais &lesBa£uie$ n'ont pas pîus péché fur le
côtes de Bifcaye que les Bifcayens fur celles de
France que peut prouver ce fait finon que, les or.
donnances locales n'ont pas plu refpe&ivemeiit aux
deux peuples ou que leurs befoins ne les ont pas
mis dans le cas de faire ufage des traités.
Mais des Français fe font établis à Cadix à Bar-
celone ils y ont exercé librement la pêche de la
-tartane & loin d'y éprouver des vexations ils y
ont joui d'une telle faveur que bientôt attirés par
les charmes du pays l'accueil deshabitans, ils en ont
pris les habitudes le langage qu'ils font aujour*
d'hui la pêche fous pavillon Ef pagnol. Ceft la ja·
loufie de ces Pêcheurs Français qui repouffe leur4
Compatriotes eux feuls les éloignent des côtes de
l'Efpagne ,mais jamais le Gouvernement n'a pré-i
tendu les expulfer & les faits que les Prud'hommes
cherchent à conilater par des certificats ne prou*
vent que la faibleffe du Gouvernement Efpagnol
qui craint de faire exécuter la loi & l'infouciance
du Gouvernement Français qui n'en réclame pas
l'exécution. Il faut plaindre le peuple de Çac^x 8t
de Barcelone qui fe laiffe opprimer par des pê-
cheurs, ou qui peut-être aime mieux acheter le
poiffon fort cher que. d'en recevoir, des yins des
Français. Il' faut dis-je le plaindre Se ne pas l'i-
chuter. Loin de repouffer les Etrangers de nos Ports
il faut leur en faciliter l'accès. Eux feuls entretien-
neht l'émulation parmi les Nationaux eux, feuls
fournirent à notre consommation les objets qui nous
manquent Se reçoivent en échange notre Superflu.
Depuis plus d'un demi fiède les Catalans font en
pofleffion d'amener l'abondance du poiflbn dans nos
marches & les expulfer de MarfeiIle, pour favorifer
la pareffr de nos Pêcheurs ferait peut-être auffi ab-
furde, que d'interdire notre Port aux VaifÇeaux
Napolitains .chargés de blé pour faire l'avanta-
ge des cultivateurs provençaux.
Efb-ce donc lorfque les grands principes de la
liberté du commerce ont été confacrés qu'on peut
efpérer de faire fermer notre Port aux Etrangers ?
La Mer n'eft-elle donc pas le domaine de tous ? &
fi les Catalans plus accoutumés à braver les orages,
vont à quarante lieues des. côtes nous chercher une
nourriture agréable & faine s'ils apportent de pré-
férence à Marfeille; les produits de leur pêche de-
vons-nous enlever au peuple cette reflburce & re-
trancher à fa fnbfiftance ? Encore fi les Catalans
avéraient que des Etrangers avides d'échanger leur
induftrie contre notre or; s'ils exportaient notre
numéraire en Efpagne peut être alors pour-
rait oa réclamer contre une efpèce de commerce
qui ferait fans échange. Mais les Catalans forment
nne colonie à Marfeille ils occupent & mettent en
valeur, hors la Ville un terreiri confidérable ils
font pour les feule appâts de leur pêche une dépende
de plus de cent mille livrer, qui paffent dans Ut
mains des Pêcheurs Français ils paient comme les
Citoyens les impofitions locales & comme Pê-
cheurs y un tribut à la Chambre des Prud'hommes,
(7)
qui .s'élève 1 plus de cent louis chaque année;
tous les objets de leur confommation font pris dans <
la Ville ils ont enfans, nés à Marfeille plnfieurs
d'entr'eux ont épouse des filles Marfeillaifes ils ont
établi deux fabriques d'hameçons bientôt ils auront
une corderie pour les filets. Ainfi tous les profits
de leur pêche reviennent à leur fource par mille
petits canaux & tandis qu'ils affurent la fubflftance
du peuple ils lui rendent encore ce qu'ils en ont
reçu.
Un £ait bien, récent peut prouver files Catalans
font utiles.
Depuis que les Pêcheurs Français leur refurent
des appâts le poiffon n'a fait que renchérir. Il était
dans les premiers jours du mois d'Août, à 16 fous
la livre. Les Catalans autorifés par un accord fait
avec les Prud'hommes fous les yeux de la Munici-
palité, ont été chercher des appâts dans le Lan-
guedoc, & font revenus faire leur pêche dans nos
mers. Elle a été tellement abondante que le dix
Août, le gros merlan ne fe vendait que fix fous la
livre. Et ce font de tels hommes qu'on voudrait
expulfer de Marfeille ?
Art. II.
%fl-il vrai que la pêche au Palangre était eomme fai.
te. par de nos Bateaux lorfque les Catalans
fontvenus s'établir à Marfeille?
Les Catalans ont été les premiers qui dans des
Hms reculés, ont appris aux Marfeillais la pêche du
(
Pafaagre. Elle fe fait au moyen d*ïiés mère*
de laquelle pendent à des diftances détèrminles dès
petites lignes où lès hameçons font fiifpendus. Les
Bêcheurs dé Marfeille attachés à leurs habitudes,
ont toujours prêtre la pêche de la Tartane moins
périlleufe parce qu'elle Se fait dans le Golfe Sfc
plus nuifible à la population du poiflbn, parce qu'el-'
le fe pratique avec, des filets qui raclent lë fond dé
la mer & dêtruifeat le frai.
Il eft vrai que lorfque les Catalans vinrent plus
particulièrement s'établir à Marfeille, il f avait quel-
ques faibles palangriers mais ils y font encore. Let
Catalans loin de les détruire ponVaiéai les forme
dans leur art fi les. Prud'hommes moine
jaloux de leur jufifdiâion n'avaient tracé entre les
Pêcheurs Marfeillais & les Catalans tine ligne de
démarcation lorsqu'il fallait au contraire les con-
fondre. Eft- ce donc la faute des Catalans fi let
Pêcheurs Marseillais font moins a&ifs & moins lafeo*
lieux ? Ril-ce leur faute s'ils n'ont pas cette induf-
trie qu'exige la pêche du palangre ÔC s'ils n'aimeét
pas à perdre leurs côtes de vue pour fe livrer, à la
merci des vens, dans de frêles bateaux? Chaque peu-
ple a fon genre particulier d'induftrie les Marfeil-
lais qui rendent 1 Europe entière tributaire de leur
géàie, n'ont pas celui de là pêche. Leurs gros ba-
teaux ne femblenf faftà que pour louvoyer fur les
côtes, & leur Chambre des Prud'hommes établie
pour protéger les Pêcheurs ne tend qu'aies détruire.
JËÏi! penfe-t-oa qu"en interdifaat notre Port aux
Catalans
B
Catalans on puifle apprendre la pêche du paiaogre
aux Pêcheurs Français ?Non cen'eftpas (M dctrui-
fant la concurrence qu'on ranima l'émulation oC loin •
de brûler les filets des Catalans loin dé les attaquer
dans leur domicile de leur enlever leurs appâts
de les opprimer par des jugamens émanés d'eux-mê-
mes, les Pêcheurs Marseillais devaient les accueillir,
construire leurs bateaux fur le modèle des leurs
s'afibeier à leur pêche envoyer leurs enfans dans
leurs bateaux pour en apprendre les procédés re-
cevoir leurs filles en mariage leur donner les
leurs. Voilà ce qu'il fallait faire Voilà ce' que l'Af-
femblée Nationale dira qu'on faffe Elle n'expofera
pas le peuple de Marfeille à manquer d'un des pre-
miers objets de consommation pour favoriser une
Communauté de Pêcheurs célèbre par fes vexa-
tions, fes procès &.fcs vieux titres dont chaque
ligne eft une injure à la déclaration des droits de
l'homme»
A R T. Il 1 1.
Le danger, ou plutôt le vice de la pêche des
lans, eji'il prouvé ?
La pêche du palangre eft dangereufe pour le pê-
cheur, mais elle n'eïl pas nuifible à la population
des mers. Le danger vient de ce qu'il faut abandonne
les côtes Se fe livrer aux viciflitudes des tems. Les Ca»
talans ont toujours avec eux une boufible pour les
guider; iis vont reconnaître les montagnes de la Ca-
talogne; couvent battus par les flots ils pcrdent leurs
( le)
$1eti. Leur manière de pêcher au milieu de ces
agitations de la mer prouve leur courageufe ioduf.
trie. Dans le jour de petits pavillons attachés, fur..
des planches de liège leur font reconnaître Pefpac*
où reposent leurs lignes. Dans la nuit ils fufpendent
des clochettes à ces fignaux. Le mouvement des va.
gués en propage le fou fort au loin au milieu da
iilence de la nature & c'eft par cette indication
qu'ils apprennent à retrouver leurs palangres. C'eft
ainfi qu'affrontant tous les périls ils parviennent il
avitailler nos marchés. Et que gagoenfc» ils après tant
de peines ? un bien modique profit car les appats
que leur vendent les Pêcheurs Français leur coûtent
jufqu'à douze fous la livre & leur poiflbn ne fe
vend au marché que fix fous; d'où réfulte que le
tiers des produits de leur pêche eft englouti par
la feule dépenfe de leurs appâts.
Mais eft-il donc certain que la pèche des Catalan*
foit vicieufe? Eft-il certain qu'ils aient attiré le poi£
fon dans un lieu nommé le Puits & qu'ils en empê-
chent la population par des procédés deftru&eur*?
Il eft d'abord incontestable que la pêche à la ligne
n'eft pas deftru&ive de refpèce comme celle au fi-
la. La ligne ne p.rend que le gros poiffon qui mord
A l'hameçon, au lieu que le filet ramalfe la plus
petite efpèce & Jufques aux œufs qui font dépotés
fur les herbes-da fond de la mer. Or la pêche au pa-
langte eft une pèche à la ligne dont les hameçons
faut fort multipliés elle n'eft doue point dangereufe
si pour refpèce.