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Mémoire de la ville de Toulon, sur l'affaire du 1er décembre 1789 ; Recueil de pièces relatives au Mémoire de la ville de Toulon ([Reprod.])

75 pages
Mallard (Toulon). 1790. Toulon (Var) -- 1789-1799 (Révolution) -- Ouvrages avant 1800. 1 microfiche ; 105*148 mm.
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MEMOIRE
1 DE TOULON
Sur l'affaire du ier< Décembre X789.
Sés Caufes & fis Çirconfiancesy auquel. on ci
joint un receuil des pièces relatives.
» Les ennemis de là Nation ayant perdu Pefpoir d'em·
pêcher par la violence du defpotifise la régénération
publique Et l'éisbliflêraent de là lîbert* paroilTent avoit
i) tfonçu le projet criminel de ramener au même but par la
voie du défoedre & de l'anarchie. » Extrait da procitr
verbal de rAflcmbUe Nationale du 10 Août 1789.
a toul on,/
du Roi) -'£' de la VUIe.
̃̃ (,4-v ̃̃
de
dent atroces contre
voit une lettre? particulière
répandue avec autant
de profufion fous.,
de compte rendu
des
Ces ont 'fait,
que étôit au pillage que vie des
danger..
cardé vérité de à
laquelle tes nouveaux Chefs de la Marine n'ont
pu t'empêcher de rendre 'hommage.
La' vie des détenus n'a couru
'le double avantage leur fureté
individuelle' & la
(b) Lettre de M: de la Roque Dburdan
de la Marine au 'de ce Département.
Entre' autres pmiffions que cette
lettre renferme. il de relever ici ,celle,: par.,
laquelle M. de la la moitié le
nombre des .troupes rauemblées au Champ de
A iq
Elle reçoit bientôt après des mé|
moires imprime's 5ç des
qui le font également, Se qui pré-
£entent non feulement des contradic-
tions frapantes mais encore la tran-
cription ikexùàe dé fà délibération
dû 7 Décembre.
Enfin elle eft Jnformée & elle a
lu que des Membres (^) de l*Aflèmblée
.Nationale avoient ouvert des opinions
qui tehdoient
avant même qu'elle eut étd entendue*
(c)
bataillé au lieu de cinquante hommes comme
il le dit dans fa lettre il y^en avoit cent; il en
cft convenu Hans une lettre pofeérieure.
{a) Obfervations de M..le Comte d'Albert.
(b) Opinions de M. Ce
le Vicomte de
& jugement combattues, 8c rejettées.
{c) Lettre de M. d'Andri ^'Membre de rAfl*em«
ble Nationale Commiflaire du Roi en Provence
dk 16 Décembre 17 89.
Ajv
MEMOIRE
DE LA, VILLE
D E T O U LON
Sur V affaire du i*rm Décembre 1789,
fes caufes & fis circonflanccs*
JLVXOnfieur de Coincy commandoît à
Toulon. il part* pour Paris juftement
regretté dès Habitans dont il avoit mérité
& la confiance.
M. de Bethifi vint le rerapla^V^
^cer dans la Ville
& des Forts; il partît d'abord jaloux de
fe concilier raffeâion des Habitans. Il
voulut faire pour eux au delà dé ce qu'il
dévoie j & ce "que M; de Coincy n'avoit
jamais fait. il ordonna que les portes de
ài%
Le peuple charmé de cette nouveauté
en profita avec avidité. Il ne tarda pas d'en
être allarmé,
La Déclaration que la Séance Royale &
mémorable du 23 Juin vit éclore fut affichée.
Une faufle alerte fut donnée au milieu'
ae la nuit par l'ordre de ce nouveau Coni-
mandant les Troupes courent aux armes
les Habitans allarmés fe répandent dans les
(rues; Ils apprennent que ce n*eft qu'une
preuve ou qu'un jeu; mais Us ne laiflenc
pas de remarquer que pour la premïere fois
dans une occafion femblable 9 des canons
fur leurs duts (ont traînés dans les rues
avec tout l'appareil de la guerre.
Il paroît que cette faufle allarme avoit été
concertée par M. le Comte de Bethifi avec
M.. le Comte d'Albert, la cloche de
fenal ne fonna point y les-Troupes de
la Marine relièrent dans leurs cafernes.
On prétend néanmoins qu'elles paflerent
la nuit prêtes à .marcher.
Le bruit courut que la Marine dévoie
auffi faire une épreuve femblable elle n'eut
pasiieuéy ^'j •
<9) r '.̃
Sept jourf-^près cette épouvante écla-
tante & hoâurne arrive la nouvelle d'une
conjuration formée contre l'Aflèmblée Na-
tionale & la ville de Paris heureufement
j éventée.
Les premiers détails apportés de Mar-
seille (a) répandirent la conftcrnation dans
la Ville en annonçant le contraire de ce
qui étoit arrivé.
Dans l'intervalle de la faufle allarme, à
l'arrivée de cette nouvelle, M. de Bethifi
déploya une févérité déplacée; il étoit dan-
feur, & futtout muficomanc il deffendit
les Sérénades pendant la nuit.
Le 2.3 Juillet les Cabaretiers s'a1fem-
blent au Couvent des Minimes, pour
élire leurs Prieurs ou Syndicat Suivant Pu-
fage M. de Bethiti en eft inftruit il raflem-
ble des Troupes.; il invertit le Couvent il
entre luf tnême à la tète d'une Compagnie
de Grenadiers; il diflbut l'aflèmblée fait
emprifonner les Chefs de la Corporation,
& menace d'un pareil fort l'homme 'public
qui rédigeoit la délibération.
Les religieux eux mêmes ne furent point
l'abri de fes incites & de fes injures. Ils
l-L- _•
1 (a) Par M. d. Village un des Officiers de la Marina »nt:iu |
ont envam demandé juitice de cet outrage.
là défenfe des Grenades ) & le fiege
des Minime ,( c'eft ajnfî que le peuple
appeloic la dernière expédition de M. de
^̃~ Bethifî ) firent parler cet Officier général
dans l'opinion publique pour un homme
léger capable d'imprudence mais le rap-
prochement de touces les circonifances des
tems & des lieux, & le détail exaft des.
événements arrivées Paris le rendirent
bientôt fufpeâ: le peuple ne le regarda
plus que comme un agent de la contre-
révolution projetrée.
On prétendit qu'il avoit des rapports d'in-
térécs & d'une étroite liaifbn avec une fa-
mille fugitive, (a)
L'ouverturef des portes jufqulà dix heures
du foir ne fut plus conGdérée que comme
un moyen ménagé pour favori-
fer quelque furprife contre la ville pendant
la nuit, les Hàbitans eux-mêmes deman-
dèrent qu'elles fufient fermées à l'heure
ordinaire.
Dès lors M; de Bethifi ne fût plus feu-
le'ment un homme léger, imprudent, fuf-
pect: fa préfence étoit dangéreufe pour
jui v& pour la, tranquillité/'publique.
(a; La famille dç.Poligaae.
• ̃̃̃"̃ ,-̃.< ̃̃ ̃: ̃ 1
H reftoic pourtant malgré que M. le
Marquis du Luc fut venu prendre là Com-
mandement à fa place.
On ne regarda point M. d'Albert comme
étranger aux plans ce à la conduite de
M. de Bethif. On avoit fait dans l'Arfenai
des niouvemens & des préparatifs dont
quelques ouvriers s'étoient apperçus ( a )
Cependant le Souvenir du couragé & l'au-
torité de la place du Commandant de la
Marine en impofoient encore. |
Mais la cocarde nationale arborée comme
Fétendai^de la liberté, & le figae de l'union
& du patriotifme approchoit les villes d'Aix
& de Marfeille l'avoient déjà prife f C'eft
^Acl véritablement, où M. le Comte d'Al- y
bert a commencé de manifefter des prin-
cipes abfolumënt contraires à ceux adoptés
par la nation.
La jeuneflè de Toulon s'àfîèmbîa hors
les murs pour prendre la cocarde, fil
de Bethifi étoit encore Toulon où il ne
commandoit plus on prétend qu'il voulut
engager M. du Luc à diffiper par la force
rAflèmblée de la jeuneffé le Marquis
(a) Procès verbal du Comité des recherches, feiem»
iepofiâon.
(»> •̃̃'
du Luc plus prudent n'en fit^ncn y M; dé
Bethifi en fut hué par la jeùneiFe qui fut
inilruite au retarde fon affemblée.
Elle arbora la cofcjftde.
Elle en offrit une aux Confuls ils.
l'acceptèrent elle n'en offiit point à M.
de Be|hifî; elle en offrit une M. le Mar-
quis du Luc Il la relufa mais il radoucie
fon refus de manières honnêtes.
Elle voulu faire le même honneur à M.
la. Comte d'Albert il le refufa pareille-
ment mais fon refus fut infulcant & dé-.
daigneux. Les jeunes gens infiftoient M.
de Bethifi étoit préfent à les traita de
Bougres en portant la main à la garde de
fon épée.
Il y eut foule; on cria de l'Hôtel du
Commandant de la Marine à bas la co-
carde $ un enfant qui s'étoit innocemment
place fur la terraflè en fut précipité. ( a )
M. d'Albert alla plus loin. Il défendit
de, la porter dans l'Arfenal. Son refus &
cet ordre, aigrirent les efprits. ils ne pou--
 voient concevoir que quelqu'un pût dédai-
gner de prendreia-cocarde après que la
Nation l'adoptoit, & que le koi la portoit.
(a) procès verbal du Comité des f rechttchei (6d)dépofition.
<J3>
Le mépris de M. d'Albert &: ù Wenfe
de la prendre, produiikeni ua effet cqn-
traire à fes vœux. On le regarda comme
un des ennemis de li liberté conque.
Et enfin' pour appaifer la rumeur que r s-
fon refus Tes dédains & fes, ordres ooca-
porter la cocarde nationale/, & nul ofa
s'en difpenfer. f- ̃̃>- f
C'eft ainfi que M. <P Albert trop jaloux
de l'autorité de fa place voulut s'en fervir
pour défendre aux gens de VArfenal d'y
énfuite obligé de permettre & de fair\ lui-
même (a)
Cependant les foupçons & la haine contre
M. de Bethifî proportion des
(a) Extrait de là Délibération du 7 Décembre M. d'AL
S bert dans fes obfeTvàtionJ impnàîées avoue lu dejfenfe qu"il
en fit, 8c en niant qu'il ait été obligé de permettre qu'
la porta dans PArfenal. Il ajoute tout
mettant enfuite il ne fit que céder aux inftanccs que lui
en- fit l'Hôtel de Ville par une députation*
Il ett clair que Me' d'Albert fe contredit lui même la
comparaison du verbe permettre dont il fe fert dans la même
phrafe le prouve évidemment, puifque ce verbe qu'il emploie
en deus fensoppofés ne peut avoir deuk.fignification» dlffé-
rente! il en dt de uneme du vcr.be prendre dont il fe fert
dans la phrafe d'après. I
La dépuration de l'Hôttl de Ville prouve toujours mien*
la vaine ob^inatioa,
(14)
détails que l'on reccvoit de Paris & ea
raifon du féjour qu'il prolongeoit dans une
ville où il étoit fans cara&ère fans pou-
voir ,& fans néceflicé.
L'eftervefcence devenoit extrême. Il par-
tit le jour-de fon départ fut remarquable
par un trait d'imprudence qui échappa au
Commandant de la Marine il fut dit dé
fon ordre & dans tous les chantiers &
ateliers du port, on
battait la générale tous. les ouvriers en
fe rendant
leurs femmes & leurs entons.
Un tel difeou rs au Heâ de calmer les
efprits infpira de plus grandes terreurs;
les ouvriers crurent qu'on vouloit les ^attirer
dans PArfenal avec leurs femmes & leurs
immoler
imaginèrent qa'on voubit les ifoler dans
la ville pour les égorger avec plus d'alfa-
rance.. '̃ V
Les --uns les autres promirent de ne
point fe féparer pour fè prêter des* le-
cours mutuels. Plufieursperfonnes effrayées
fortirent de la ville comme S elle dévoie
Celles ..qui raflèrent furent alertes pen*
i
<îant toute la nuit, la plupart même pri-
rent les armes. Ce fut le principe de la
formation de la Garde citoyenne dont
FÀflemblée Nationale tvoit déjà décrété
Pétabliffement, (à) -• }
C'eft ici l'occafion dé rendre à M. le
Marquis du Luc la jufHce, qui lui eft due:
fa conduite dans ce temps d'agitation
fon aménité fa prudence & fon zèle bien:
1 dirigé, contribuèrent beaucoup à calmer la
ville. On fe rappellera longtemps que dans
cette nuit orageufe il defcendit furie
port pour donner fes ordres- en préfence
du peuple 9 qui l'entourait le fuivoit &
Pour prouver fa, jufte confiance aux ha-
bitans il fit diftribuer dés armes à ceuxv
qui en demandoient & Il tranquillité re-
vint avec le jour. >
Cependant le bruit courut que des trou-
(a) ce trait d'imprudence fut encore plue dangireoz par
la conduite de M. d'Albert, 9c des autres ôfteiers Supérieure
plus qu'il dfy eut un proiet formé de détruite la Ville putf. t ̃'̃̃
que les Chefs de la. Marine abandonnoient leurs foyer».
Le Maire fùt à l'Arfenal eir faire l'obfervation à M. d'Albert
le le prier inftamment de ne point faire battre la 'générait v
peodaac cette nuit.
(t6)
pes étrangères venoient fondre fur nous
pour s'emparer de la ville
La la Garde
elle entra en exer-
cice publique, avec
un zèle & un dévouement véritablement
exemplaires.
un ConfeiL^e tous chefs de famille.
) Le Comité permanent lé Conseil *mu-
iiiçipaL & la Garde nationale agifïbient
^e concert pour le maintien de la tran-
quillité publique lorfqu'elle fut encore
troublée par le bruit qui fe répandit tout
1.. coup venir un Régiment
Suilîè en garnifon. Ge bruit paroiflbit con-
trouvé. M: le Marquis da Luc étoit parti.
& n'en avoit rien dit7;les Confuls Lieu-
tenans de Roi & n'ed
àvoient reçu aucun
mer, afficher & publiera font de trompe
que ce
tant point dénué ijfê* fondement la fuite le
prouvera. s
On écrivit M. de Caraman; il répondit
en ces termes:
» Je ne fais. Mbnfîeur
dément on a répandu qu'il veooit de
» nouvelles
V (n?
B
nouvelles troupes à Toulon ,j'en aurois
reça l'avis j & je n'en ai aucun mais
» il ièroit bien de coûnoitre celui qui â
a répandu ci^faux bruit, & dé.-favoir quelle
eA là perfonne de qui il le tient. Vous
j» fentez aifément que vous auriez été pré-
» verni, fi le Roi augmentait la garnifon
de Toulon; il faudrait. des arrangemens
» pour cette augmentation^' qui ne peuvent
» fe faire fans vqus en airertir & moi

On étoit
toit dans
h Teuton
Suiffe
pour être attaché auf
& qui.
bert lui même qui en a fourni la preuve y
il l'a confirmée dans Ses obfêrvations im^ c
primées mais ce qui a étonné encore pi us
c'eft qu'il y ait avancé avoir écrit JMUle
Comte de Caraman de fufpandré l'envoi
de ce bataillon qu'il ay&it ordre de lai.
envoyer fur le champ. Cette aflèrtion -en en
cppofîtion formelle avec la lettre de M. de
Caraman, qui aflura affirmativement na.
( a) Lettre de M; le Conte de Caramaïf j M Roubatl4
<v ̃̃.
voir reçu aucun avis qu'il jfa. venir de
nouvelles troupes à Toulon cependant
comment admettre qu^il n'eût reçu aucun
avis s'il ¡avait reçu l'ordre d'envoyer fur le
champ un des bataillons d'Erneft ? ou bien
comment admettre que M. le Comte d'Al-
berc parle avec Caramaa
pas, reçu cet ordre.
Il y avoir environ deux, mois lcaT^No-
que M. d'Albert avoit demandé Ôc
obtenu un Bataillon Suiffe, & le 31 Oc-
tobre c'eft-à-dire ^uu mois avant feulement
SA. le Comte deCaraman, écriyoit qu'il
n'avoit reçu aucun avis en ajoutant cette
phrafe remarquable il feroit bon de conf?
notre celui qui a répandu ce faux. bruit ,&
de favqir qu'elle efl la perjbnne de wijl It
'lent. donc
Le fait étoic donc vrai le bruit
pas faux M. étoit l'auteur^ il «
en convient par fa Lettre & par fes ob-
fervations & c'efi ainfî que connoiffant les
.inquietudes & la commotion que la prêfence
des Troupes étrangères eauferoit^ il avait
demandé un Bataillon Suijfe tour la garde
de VArfenal, comme fi les Gens que cet Ati*
lier formidable entretient ^nourrit & p les
Troupes de Terre & de Mer- & tous Us Ha-
<̃?)
Pij
bitanîs en général n* étaient pas les plus fi-
deles Gardiens de ce précieux Dépôt, (.a
II fùffir de remarquer que cette demande
étoit ainf faite peu de temps avant l'épo-
que des Orgies de Verfàilles, où les Co-
cardes noires furent arborrées par oppofition
l à la Nationale,
Il n'en fallut pas d'avantage pour rendre
la Cocarde noire un figne de réprobation
& d'antipatriotifme capable de troubler l'or-
dre public; ce qui détermina le Comice
Permanent de Toulon à prendre une Dé-
libération qu'il fie Imprimer & Afficher âc
dont voici la teneur.
(*) «Et de même fuite yPAflèmblée faifif.
n fant cette occafion pour manifèfter un
Voeu particulier quelle forme.
a Confidérant que la Cocarde Nationale
eft le Ligne de l'union & du patriotifine,
qui font les plus furs garants de la tran-
» quillité publique.
Que cependant quelques Citôyeas s*é-
toieot prelfés- de la quitter pour y iùb£-
« tituer une Cocarde noire qui ne peu,t
» jamais, être celle du Roi ni de la Nation 1,
» ce peut devenir au contraire le principe
(a) Extrait de la Délibération du 7 Décembre.
(*) Délibération du 14 OSobrt»
1.
tous les Habitants & plus par-
»> ticulierement encore ceux qui compofent
X> la Milice, à ne point quitter h Cocarde
s) Nationale à laquelle il femble que la
» concorde & la paix font étroitement ac-
w^tachées. v
jï ;Et Délibération in-
cefTamment Imprimée & Affichée par-,
(_ vi tout où befoin fera./»
Cette invitation Patriotique produifit tout <
f^ffet defiré. Un feul. Officier du Régiment
que y 4c réfifter au Vceu général.
que de fon Grade ce de 6 qualité il mit
une Cocarde noire 4? pour
la faire mieux remarquer, il la,
^grande & voulut fortir de la Ville,
La Sentinelle Nationale l'apperçoit*& l'ar-
la couche en joue la
y Sentinelle appelle (on Brigadier parole <Sc
"t l'Officier l'àjufte ^c môme. Un autre Officier
de Garde la Porte témoin dé cette dou-
hie injure au lieu d'en prévenir les funeftes
tour de fairer prendre
les Armes commando.it,
fi on nëlaiflê fortir de la/ Ville Ton Camarade.
Un tel attentât efl inouï* il eft plus grave
encore de de deux Officiers ihftruits
des Ordonnances Militaires.
Cette du hr|it. La Garde Na-
fut mis en Prifon, mais bientôt après la
Garde Nationale faifant Succéder la. géné-
refTentiment demanda'fa grâce &
l'obtint.
M^xle Comte d'Albert ne laiflà point
1 échapper une lelle occafion fans rfe déclarer
jbus (es Ordres, & contré la Garde Natio-
fnale ,dont rétabliflèmék^ le zèle l'of-
fufquoient il époufa la querelle de cet OC-
ficier avec d'autant plus d'empreflement
& d'ardeur qu'elle .4tqît une^June° de celle
de la Cocarde Nationale, qu'il n'avoir prifè
J
(*)l Dans fa Lé|tre il
voit avec. la
*̃̃
& le defîr". ardent que^fâr d'y contribuer
̃
̃̃'̃ Y") 'y
v en tout ce qui peut dépendre de mol
Monfieur à vous dire natu-
que je penfe de cette Co.
carde Ce fisne a toujours $tè 'la marque
du Militaire. Un moment dPeffer-
» vefcence Va faite adopter à routes les Claf-
» fes des Citoyens; ce moment eftpafTé
prefque partout,; en conféquence il étoit
à ne pas fouffrir qu'aucun des
Individus fes Ordres pût-être inquiété
» fous ún pareil prétexte. »
.,Enfin pour nous fervir des expreflîons
confignées dans fes
S^étoit félon lui bien fimple que Vin fuite •
gratuite &$têjneditèe faite à cet Officier eût
révolté tout le "Militaire tel cft reiFet\du
preftige qui fait qu'on ne voit jamais les
chofes telles qu'elles font.
Ici c'eft évidemment l'Officier qui in-
fuke & aux yeux de M. d'Albert, c'eft
l'Officier qui e(t infûlté. Auffi,que ne fit- il
pas pour un homme qui lui étoic étranger,
dont« il s'étoit ainfi déclaré le Chevalier 9
où pour mieux dire avec quelle avidité ne
faifît-il pas cette Óccafionpour mettre la
Garde Nationale en guerre avec les Troupes
de Marine
Le 14 Novembre matin on àvoit. déjà
âffemblé les Bas-Officiers de la Marine pour
épauler la quérelle de 1"Of-
fieier d'Infanterie
ment qu'elle leur étoit étrangère.
On leur préfenta unManifefte prêt à ligner
contenant dès-termes peu ménagés contre
les Volontaires ils réfutèrent parce qu'on
les laiflà libres dans leur Aflèmblée ils
répondirent que cela ne lesf regardoit pas.
? L'après dîner on les raflèmble; alors on
ne les laiflà plus en liberté y des Officiers
des trois Corps Militaires étoient préfents
n de la Marine les apoftrophànt &(efrap-
p t la poitrine leur dit en s'adreiïànt
à tous avezzfous du fang dans les veines 1
Yoùs ne deveç pas fiuffrir qu'on infulte un
.Officier, (a) )
Ils voulurent faire des obfervations; elles
ne furent point écoutées. Il fallut figher
& tout ce qu'apurent obtenir ce fut la
radiation des termes qui leur déplaifoient
Le mêmejo%r la Pièce fut portée. par
dépuration aM'Hôtel-de Ville y & dépofée
entre les mains du Confeil la voici
(a) Procès verbal du Comité des recherches dépo»
fitionj^ des' bas OiRciers gaz, mène».
V 1 <?4>
f- «MESSIEURS,
Au nom de tous les Bas-Officiers &
» Canonniers des Sterne & feptieme Di-
vifons du Corps-Royal des Canonniers-
Matelots, nous venons vous déclare
qu'en qualité de Citoyens & de Militaires
» nous reconnoijfons pour Maître notre Roi
jjt1 & pour Chef nos Officiers que nous he
« Jbuffrirons jamais qu'on manque du rèfjaect
n qui eft dû foii à ceux de Terre foit ceux
n de -la Marine & que nous' les fout«
drons 6j$par honneur &par
?» connoiuez Meilleurs le Serment qui
» notis lie à vous, il a été de tout temps
gravé d^ns nos coeurs c'eft pour le ré.
tablilfement, & pour le maintien de la
«sûreté & de la tranquillité publique qu'on
» nous va fait renouveller nous la récla-
» mons*, Meilleurs cette tranquillité pour
n Citoyens de la Ville, continuellement tour-
V si, mentés pur les Factionnaires de la Milice
Les Bas-Officiers de la Marine présen-
tèrent cette Pièce avec autant de modéra-
non qu'ils avoient eu de la répugnance à la
ligner le Conful la reçut, la garda & n'oa
dit mot,
(m) y
La Garde Nationale n'en favoit rien
M. d'Albert k fon tour voulut feindre de
ravoir ignorée.
Le lendemain il écrivit aux Conful&la
Lettre dont le début eft ainfi conçu
(*) MESSIEURS^
On vient de me rendre compte que les
m Bas-Officiers des fixieme & (èptieme Di-
le vifions défagréahlement afFeâés de ce qu*
» s'eft paffë avant hier à la Porte vieille i
n au fujet d'un Officier du Régiment de
» mêmes vous le témoigner avant d'approuver
ou de défaprvuver pareille démarche j'ai
» cru devoir vous demander la manière
dont elle s'eG faite & fi eirla faifant ils
t» ont jfçu conserver comme je l'efpere ie
refpeâ qui vous eft dû.»
Le Conful en exercice reçut encore cette
Lettre il l'a garda & n'en dit mot il ré-
pondit lui feul à M. d'Albert.
Par amour de la paix il crut qu'il étoic
de la prudence de laiffetignorer ci tant au
» Confèil Municipal qu'au Comité Perma-
(* Lettre de M. d'Albert du 3 Novembn,
.;̃ <-#x
» tient & 1 la Garde Nationale ce qui fe
II répondit & attela l'honnéteté que les
Bas-Officiers de la Marine avoient mis dans
la préfmtatiôn de leur Déclaration.
» G'eft ainfi que M. d'Albert époufa la
» querelle d'un Officier d'Infanterie qui
n'étoit point fous fes Ordres & qui non
content d'avoir mis à fon chapeau une
» grande & large Cocarde noire sMtoic
» encore porté contre un Brigadier & une
» Sentinelle de la Garde Nationale à la
99 menace la plus terrible ;& c'eft ainfï qu'à
i> cette occafion on avoit contraint les Bas-
n Officiers de la Marine à figner & à porter
aux Sieurs Maire-Confuls une Déclara
» tion qui fembloit être le Signal de la
rupture de l'union & de la concorde qui
» régne heureufement entre la Garde Na-
tionale & les Troupes de Terre & de
s> Mer. (a)
Cette Déclaration devint enfin publique
fie la Lettre de M. d'Albert auflî.
La Garde Nationale s'aflembla & députa
vers lui les Officiers fupérieurs & plufieurs
Capitaines pour lui témoigner fon jufte écon-
(a ) Extrait de la du 7 Décembre*
nemenr, & lui demander la punition des
& de porter une déclaration gufli ennemie.
Mais M. d'Albert bien loin de rendre
la juftice qu'il devoit répondit en termes
exprès que cette Déclaration ne pouvoit
se ni, ne dévoie orîenfer personne oc qu'il
avoir dû l'approuver. ,» {a)
La Garde- Nationale mécon-
tente. d'une telle réponfe ,réfolut une nou-
il. velle tentavive par une féconde Députation;
& pour la rendre en même-temps plushon-
norable & plus heureufej elle la ferma plus
nombreufe elle étoit compoféc comine la
première on y joignit un plus grand nom-
bre d'Officiers, des Brigadiers, des Volon-
taires, le Conful lui-même voulut bien fè
fe difpenfer de rendre tout ce que dit M.. i
d'Albert en recevant cèté feconde JDépu-
tation il témoigna foni étonnement de
voir introduire chez lui un nombre de Vo-
» lontaires les derniers des hommes à la,
» fuite de M. le Conful, & des Officiers
A (a) Ce qui prouve qu'il ne l'ignorait point quand il
écrivit au couru'. '̃
(*8)
Il de la Garde Nationale, 11 eflaya de les
» faire fortir en marquant fa furprifë H que
» des Volontaires dont leurs Chefs
,trop de cas y mais qu'il favoit apprécier à
jj .leur. ;w/?e valeur furent admis à faire
M partie d'une Députation il ajouta que s'il
^X'oit été prévenu de leur arrivée fe~
n roit misa feroic oppofé à leur
entrée M. Le Çonlul lui obferva que des
Volontaires dont la préfènce lui étoit impor-
tune étoient des Citoyens eftimables ,&
expljgua l'objet, le priant coordonner aux
Bas-Omciers des Canoniers-Matelots de
retirer la Déclaration qu'ilsavoient pré-
fentée.
A quoi M. le Comte d'Albert répondît
entr'autres j'ai approuvé le Comparant
Si la choIe étoit faire je la
ferois fans héfîter » ..les Volon-
» taires font des infubordonnés il vexent
>v les Citoyens & faut-il bien qu'on les
fa (Te rentrer dans leur devoir fat la force
99 en majn je compte fur mes braves Gens;;
s> je n'aï pas peut je\ferai en, tout tnexo-' 7V
rable ;e fuis Chefye tous
les Officiers de la Garnifon ',&.je lie fouf-
n frirai jamais qu'aucune des
par les Vb-
M. Roubaud, lui obferva qu'il n'étoir point
encore arrivé^que les Volontaires eurent
inculte ni Officiers ni Bas-Officiers ni Ca-
noniers -Matelots mais M. d'Albert obje&a
l'affaire de l'Officiçr do Régiment de Dau-
phiné en ces termes "On à manqué un
'u Officier du Régiment de Dauphiné qui
« s'étant préfenté à la Porte avec une Co-
carde noire & en habit- bourgeois, avoit
» été arrêté par la Garde Nationale fur le
fondement qu'il jie portoic point la Co-
i, carde aux couleurs de la Nation.
Cependant après cette réfiftance, & ces
injures foit prudence 9 foie juftice il con-
fentit à fair^e rétirer la Déclaration de Guerre
de la Marine il fut dit
qu'^ri SfijrgenNftîajor des Canonniers vien-
droit le lendemain à PHôtel-dè-Ville rétirer
la Déclaration; & la Lettre de M. d'Albert,
& qu'il rendroit au Conful la '•fîenne.
Mais le lendemain fur le Compte rendu
par la Députation au Corps entier de la
Garde Nationale, ce> Corps fentit que les
expreffioni de;^f. d'Albert étoient des in-
jures d'autant plus graves /qu'elles avoient
été proférées par un homme en place,