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Mémoire justificatif du duc de Raguse

De
13 pages
Chaumerot aîné (Paris). 1815. 14 p. ; in-8.
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MÉMOIRE
JUSTIFICATIF
DU DUC DE RAGUSE.
PARIS,
CHEZ CHAUMEROT AINÉ , LIBRAIRE,
1815.
RÉPONSE
DU DUC DE RAGUSE,
A la Proclamation datée du Golfe de Juan,
le ier. Mars 1815.
Une accusation odieuse est portée contre moi à la face
de l'Europe entière, et quel que soit le caractère dé
passion et d'invraisemblance qu'elle porte avec elle ,
mon honneur me force a y répondre. Ce n'est point une
justification que je présente ici; je n'en ai pas bespin :
c'est un exposé fidèle des faits , qui mettra chacun à
même de connaître la conduite que j'ai tenue.
Je suis accusé d'avoir livré Paris aux Etrangers , lors-
que la défense de cette ville a été l'objet de !'étonne-
ment général. C'est avec des débris misérables que j'avais
à combattre contre toutes les forces réunies des armées
alliées ; c'est dans des positions @ prises à la Mte ,où au-
cune défense n'avait été préparée , el avec 8,000 hommes,
que j'ai résisté pendant huit heures à 45,ooo hommes
i
qui furent successivement engagés contre moi; et c'est
un fait d'armes semblable, si honorable pour ceux
qui y ont pris part x que l'on ose traiter de trahison 1
(4)
: Après l'affaire de Reims, l'Empereur Napoléon 4jxV
rait avec presque toutes ses forces sur la Marne, et
s'abandonnait à l'illusion que ses mouvemens menaçant
les communications de l'ennemi , cekii-ci effectuerait sa
retraite; lorsqu'au contraire l'ennemi avait résolu, après
, avoir Oféré la jonction de l'armée de Silésie avec la
grande armée, de marcher sur Paris. Mon faible corps
d'armée, composé de 3,5oo hommes d'infanterie et de
1,500 chevaux, et celui (Tu duc de Trévise, fort d'en-
viron 6 à 7,000 hommes, furent laissés sur l'Aisne »
pour contenir l'armée de Silésie qui n'en était séparée
que par cette rivière , et qui, depuis la jonction du
corps de Eulow et de divers renforts, était forte de pl ils
de 80,000 komfnes.
L'armée ennemie passa l'Aisne , et nous força à nous
replier. TMes instructions étant de couvrir Paris, nous
nous retirâmes sur Fismes, et nous adoptâmes, le duc
de Trévise et moi, un système d'opérations qui, sans
nous compromettre, devait retarder la marche de l'en-
nemi : c'était <!e prendre successivement de fortes posi-
tions que l'ennemi ne pût attaquer sans les avoir recon-
nues pu sans avoir manœuvré pour les tourner : ce qui
nous préparait aussi les moyens de battre quelques-uni
des délachemensj qu'il aurait faits. Des ordres vinrent de
nous diriger à marches forcées sur Châlons. Nous les
exécutâmes; mais arrivés à Vertus, nous fùmes informés
que la plus grande partie de l'armée ehmemie occupait
Châlom, tandis qu'une autre débouchait sur Epernay 4
et que le corps de Kleist, qui nous avait suivis, passait!»
(5)
Marne à Château-Thierry ; et apprenant en même temps
que Napoléon était encore devant Vitry, et avait une
arrière — garde à Sommepuis, nous marchâmes , sans
perdre un moment, pour le rejoindre, et le 24 mars je
pris position à Sondé. Je croyais encore l'armée fran-
çaise à portée ; cas qui eût pii croire, en effet, au pas-
sage de la Marne sans avoir un pont, et que l'Egmpereu
Napoléon eût laissé entre Paris et lui des forces huit
fois plus considérables que celles qu'il pouvait rassem-
bler ? Le 25 au matin, à peine avais-je acquis la certi-
tude de ce monvement, que toute l'armée ennemie dé-
boucha sur moi. Je me retirai en canonnant l'ennemi , et
toute la retraite se fût faite avec le même ordre, si quel-
ques troupes, malheureusement restées à. Bussy-l'Estrée e
à Vatrv, ne s'étaient trouvées ainsi en arrière de nous. IL
fallut les attendre pendant une heure à Sommesous, et
nous soutenir contre des forces colossales dont le. nombre
croissait toujours. Le passage des défilés nous fit éprouver
quelques pertes, et nous terminâmes la journée en prenant
position sur les hauteurs d'Ailement, près de Sézanne. Je
ne parle pas de la division du général Pacthod, qui, d'après
des ordres directs de l'Empereur, manœuvrait pour son
compte, donna dans l'armée ennemie, et fut prise san3
que j'eusse connaissance de son existence.
Le lendemain , nous prîmes position de bonne heure au
.defilré de Tourneloup. L'ennemi arrivant,, nous conti-,
nuâmes notre retraite, et je fis Parriêre-garde. arrivés
le soir devant hi Ferté-Gaucher J nous trouvâmes le corps
de Kleist occupant cçtte vÍUe., et à cheval sur la guande