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Mémoire sur la culture, le commerce et l'emploi des chanvres et lins de France pour la marine et les arts ([Reprod.]) / [de Rougier]

De
33 pages
[s.n.] (Paris). 1800. Industries textiles -- France -- Ouvrages avant 1800. 1 microfiche ; 105*148 mm.
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THE FRENCH REVOLUTION
RESEARCH COLLECTION
LES ARCHIVES DE LA
REVOLUnONFRANÇAISE
MAXWELL
Headinglon Hill Hall, Oxford OX3 OBW, l K
M É MOIRE
R
LA CULTURE, LE COMMERCE ET L'EMPLOI
DES CHA N V R E S ET LINS
E T LES ARTS.
S U
LA CULTURE, LE COMMERCE ET T L'EMPLOI'
DES C II A .ET LI\S
DE
POUR LA MARINE ET LES ARTS,
Parole citoyen J. B. ̃ iriombrc associa
de l'Institut natiiniiil, et de la Société tragriculturç
du département de la Seine.
Lu ù L'Institut national le 21 nivôse an 8.
longue expérience atteste la et l'excellence
des chanvres de France pour le service de. la marine
et pour les arts; cependant nous payons depuis long-
temps un tribut onéreux nations étrangères: il est
donc important et pressant de provoquer JYxaj.'ien et
de fixer l'opinion sur les qualités relatives des chanvres
et des et nationaux. Heureux si, par les faits
( Y y
que j'ai recueillis, et par retat actuel de la culture (te ces
donner une juste- préférence aux chanvros crûs dans la
dans nos atteint le
noire marine, sans l'activité de laquelle, il faut le dire
et répéter sans cesse, l'agriculture et le commerce hfn»
nuiront de ])lus en plus; l'autre d'avoir rappelé une
laq'uelle le commerce et les arts pourroient retirer tant
d'avantages sous les rapports de l'économie politique
Les marins, né^ocians et armateurs en général don-
tieut par habitude la preféience aux chanvres de
li/ifa. Jja grande abondance de terre végétale, la tem-
pérature humide du climat de la Le méridionale
et des contrées circonvoisines doivent en effet donner
à cette plante une végétation prodigieuse; ausai les
brins y acquièrent-ils communément depuis un jusqu'à
un mètre et (lcni de hauteur ils sont très-doux; et, il
faut l'avouer, ils parviennent à un grand degré d'aiïï-
Après les chanvres du nord on a donné la préférence
ceux de ^Piémont,, Naples la Marche
environ vingt-cinq ans ceux du Canada.
La célébrité 4es chanvres de l'Italie est marquée depuis
les Ou
Mt
de
de fiers des. seilles
et
Vénitiens
de
anglaise, qui avoit des espions dans tous nos ports, et»
porta une grande atteinte au commerce de Venise j
mais ces succès ni tardèrent pas à exciter des spécula-
En époque glorieuse de notre marine, l'an-
cienne, compagnie, des Indes proposa au gouvernement
d'abolir la culture du tabac, et d'y substituer celle du
chanvre, en offrait de prendre à son compte tous les
chanvres ouvrés a ra.ison .dc 33 liv. jusqu'à 35 liv. le
quintal., s'obligeant de le fournir à ce prix à la marine
Un arrêt du conseil confirma ces propositions. On
défendait l'exportation des chanvres et des lins à l'étran-
gel', peine de confiscaaion et dix mille livres d'amende;
on permit a la compagnie d'établir des magasins dans
quelques grandes villes et on déchargea de tous droits
de ferme et octroi les chanvres et les lins qui seroient
apportes dans ces magasins.
Quoique le prix de 35 liv. excédât celui des meilleurs
clliVnvica tilt nord loo cultiva trmre n'ayant plus la
liberté de disposer de leurs productions, cessèrent de
cultiver du chanvre pour le commerce. La disparution
de la culture du tabac fut un fléau pour plusieurs
montrées, et 'faillit être la cause d'une guerre civile
dans la Guicnne. ,Tels furent les. effets de ce maximum
rova'l mais on ne tarda pas à s'appercevoir que la
spéculation de la compagnie des Indes avoit tait dis-
paroâre à la fois et les tabacs et les chanvres. L'arrêt
.du conseil fut rapporté en
Le fait, qui atteste les qualités reconnues des
chanvres, de France pour le service de la
une époque où les mers possédoient tant de
français, démontre bien encore les effets désastreux
qui résultent toujours des atteintes portées à la liberté
du commerce, et le monopole'financier des années 1719
à doit être 'une leçon pour les années de
républicaine d'user très-modérément des prohibitions
et des régies pour le compte du gouvernement; car il
est de fait que c'est de cette époque que les ministres
ne trouvant plus de. chanvres dans les marchés de la
France, recoururent à ceux du nord *pl7ur tous les
approvisionnémens tant sont longs* les effets et les
contre-coups des mauvaises mesures administratives
tant il est diflici.le de rassurer l'ha*bilant des campagnes
quand une fois il 'a été surpris ou lésé dans ses°inté-
rets et de faire reprendre au commerce des relations
qu'il a quittées par la violence du pouvoir
On a vu cependant le gouvernement royal recourir
constamment aui toutes les
époques des grandes guerres maritimes ainsi, en jrvm,
on fit des çables et des cordages pour les grandes ma-
nœuvres avec djes chanvres du Eerry fet pour les
manœuvres dormantes avec ceux de
Painpol et la Rochederrieii.
En les. États de Bretagne après avoir démon im
l'excellence des
cité l'usage et les expériences qui avoient éft^
pour les grandes sollicitèrent
̃(̃>).-
et otonrent: un règlement pour affecter au service du
port de Brest les chanvres des cantons déjà nommés;'
v mais sans fixation de prix, sans prohiber l'exportation,
et sans aucune espèce de gène. Ce ^:glement ne dura
que peu d'années, et.les chanvres du nord reprirent la
préférence dans les ateliers.
'L'Il 1780 les fournisseurs de la marine ne pouvant
trouver dans les ports étrangers la quantité de chanvres
qji'il falloit pour équiper tous les vaisseaux qui dévoient
servir à la guerre d'Amer!que ( l'Angleterre à cette
époque en ayant concentre des masses immenses dans,
ses ports", pour ôter à la France les moyens d'armer
tant de vaisseaux) ? .on se servit encore, avec un succès
éclatant, des chanvres de la France la nécessité,
jusqu'alors, en avoit fait reconnoître les excellentes
qualités; mais, cette époque, un patriotisme éclairé
avoit proclamé cette vérité. Duhamel avoit fait et réitéré
dans les ports, en présence des premiers marins et
armateurs des expériences comparées qui prouvoient
la juste prééminence des chanvres de France.
Malgré tous ces aveux solemnels de la part' du gou-
vernement et des directeurs des arsenaux de la marine,
malgré tant de faits consignés dans les ouvrages de
Duhamel, dans les excellens mémoires de la société
d'agriculture de Bretagne dans maints rapports faits
sur cet objet aux Etais de cette province, Il chaque paix
on a' repris les luibitu Jes. commerciales que de petits inté-
rets privés provoquoient et favorisoient et que l'étranger
avoit grand soin d'entretenir de vanter et de payer.
"?7')W
Su 'esprit public, ou plutôt 1 mlen-r ci
nion piinupe dans ies
administrations des ports, que
sont préfi-rables -ceux de la France pour' h- scrv i< e
de la marine. Ce .fatal préjugé, dont je uis
lôpper les filchcusos conséquences pour le soft de
l'agriculture française et du coninierce, cojii prmd mal-
heureusement beaucoup d'autres brauches de l'industrie
nationale. •
Ainsi, depuis long-temps, les Hollanduis ,ies bmv
dois, vcnoient enlever dans xios forêts nos plus beaux
arbres qu'ils nous bois de
f Russie ̃ et dé IS'onvècc. ™
Ainsi nos plus pour trouver plutôt
le débit et la vente à bénéfice de leurs ouvrages en
'laine, soie, fil et coton sont -réduits liiiibrcr.t}//J£r/Vj
et annoncer, comme tels des chefs-d'œuvre de l'industrie
Que les hommes, d'Etat se fassent rendre compte de
toutes les saisies faites sous le nom de
anglaises ils auront une- et utile inoisson cTob-
servations et .de pour
l'opinion j ils apprendront que de célèbres artistes ma-
îluiacturiers de Lyon sont réduits à (aire venir
gletërre des toiles et
pour donner à leurs marchandise^ un plus. heureux- et
plus actif débit.'
(8f
Ce serolt sans doute une manie ridicule que vou-
loir troLU or tout*ço qui croît et se fabrique en France
ou de l'industrie des nations étrangères. Il existe, pour
fe bonheur et pour le* maintien des nations réunies en
corps social une répartition -de bienfaits de la pâture
plus au pouvoir d'une na-
tion, quelque puissante qu'elle 3oit de cdncentrer
chez elle tous les'genres d'industrie, que d'exercer sur
toutes les nations une domination absolue. Jouissons
en paix des' inventions des arts, comme des productions
de la nature contentons-nous seulement, à cet égard
'de ne pas plus .poser de bornes à la perfectibilité de
notre industrie qu'à celle de l'esprit humain.
,1\lais en donnant une juste admiration aux produits
industriels des peuples étrangers en reconnaissant
même pour certains objets une supériorité marquée et
jusqu'alors exclusive il ne me sera pas difficile en
particularisant ces réflexions, de. démontrer que nos
chanvres bien préparés soiil uu&aî bons ci, sous quelques
rapports essentiels, préférables à ceux du nord et du
Canada.
Ils ont d'abord sur les chanvres de ces contrées un
avantage positif, reconnu par l'expérience et par le té-
moignage de Duhamel ils résistent plus long- temps à
l'eau, et c'est un- av eu fait par les Anglais mêmes (1).
(1) La société de Vannes, en y7èo, affirme que le chanvre de Riga, pour'ri1
plus proinplonient tjue celui de France. ̃ 0
(9)
Plusieurs causes physiques semblent fortifier cette vérité
^e j^sujMdtiïlle^
climat où croissent les chanvres du nord, climat nou-
'vëllement défriché, parsemé de lacs, coupé par de nom-
breuses rivières, entouré de mers, .couvert encore d'im-
menses forêts, oit la végétation rapide et abondante ne
peut donner aux plantes filamenteuses cette élaboration
et cette élasticité qui constituent réellement la force de
leur tissu ?
Admettons avec les partisans des chanvres du nord
que leur pronâpte croissance est précisément la cause
de leur souplesse et de la grande finesse qu'ils atteignent,
et que, par ces deux qualités réunies*, ils peuvent ctro
forts et durables à l'eau il est encoj^des motifs, assez
puissans pour faire préférer ceux des la République.
On ne-peut nier que la force et la durée des chanvres
dépendent essentiellement de leur rouissage. Ce pro-
cédé, tant recommandé par les hommes éclairés pour
conserver à ces plantes leurs qualités textiles, est très-
diversement pratique dans la luvoitie la Russie, la
Pologne l'Autriche et là Prusse.
Dans tel canton, on les met rouir dans de petits lacs
,dontlVa>u, n'étant pas renouvelée, est habituellement
sale et souvent corrompue; dans un autre on fait des
trous sur les bords des lacs ou rivières ailleurs on les
met tout simplement da'ns des marcs et on les couvre,
de gazon, dans quelques parties on coupe les racines,
plus loin on les conserve.
Il faut dire cependant que les Anglais, en
( io )
d'après les instructions de la société d'agriculture
d'Edimbourg ont fait introduire en Livonie. un procédé
qui est reconnu par l'expérience pour être le meilleur,
au moins dans ces contrées, Il consiste à faire cinq à
à la chute d'une source ou d'une grande réserve d'eau,
n'ayant*» au plus qu'un tiers de mètre de profondeur,
dans lesquels on fait passer alternativement les chan-
vres ou les lins chaque fois on renouvelle l'eau que
l'on peut faire couler à volonté de l'un dans l'autre.
Une simple levée de glaise les sépare et à chacun on
pratiquïTTme décharge pour l'eau qui a servi au rouis-
sage. Après deux ou trois jours d'immersion dans un
réservoir, on fait passer de l'eau nouvelle dans le second,
dans lequel on met les chanvres sortis du premier, et
on remet de nouveaux chanvres ou lins dans le pre-
mier réservoir de sorte que quand les chanvres arrivent
au sixième réservoir, et souvent au cinquième, ils sont
suffisamment rouis. Ceux qui suivent ce procédé, fai-
sant rouir une grande quantité du chanvre sont inté-
ressés à observer chaque jour les effets du, rouissage,
et ils sont très-exacts à sortir cle l'eau Ceux qui sont
parfaitement rouis.
Ces diverses méthodes doivent bien convaincre au
moins qu'il doit y avoir des différences essentielles dans
les qualités des chanvres du nord. Les Anglais, mieux
que nous, les connoissent ces différences essentielles:
aussi entretiennent-ils, constamment dans la Livonie
des agens chargés de surveiller les récoltes et le rouis-