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Mémoire sur la politique extérieure de la France, remis à M. le Ministre des Affaires étrangères par M. Seligmann

De
9 pages
A. Parent (Paris). 1870. In-8° , 8 p..
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MEMOIRE
SUR
LA POLITIQUE EXTÉRIEURE
DE LA FRANCE
REMIS
A M. LE MINISTRE DES AFFAIRES ÉTRANGÈRES
PARIS
A. PARENT, IMPRIMEUR DE LA FACULTÉ DE MEDECINE
RUE MONSIEUR-LE-PRINCE, 31.
1870
MEMOIRE
SUR
LA POLITIQUE EXTERIEURE
DE LA FRANCE
REMIS
A M. LE MINISTRE DES AFFAIRES ÉTRANGÈRES
Nouveau Principe.—Nouveau Système d'alliances.
Nouvelle Diplomatie.
La France est délivrée du second empire. Des causes
intérieures et toutes morales ont contribué à notre af-
franchissement. Ce n'est pas ici le lieu de les dévelop-
per, mais, en dehors de ces causes, la direction donnée
depuis vingt ans au département des affaires étran-
gères a, pour une bonne part, amené la situation dé-
sastreuse où. nous laisse l'empire. Il est résulté de cette
direction qu'un vide affreux s'est fait autour de nous
en Europe, et que la France a paru s'effondrer au mi-
lieu du silence et de l'indifférence du monde.
Un des premiers soins du gouvernement honorable
et capable que nous possédons enfin, doit être de dis-
cerner et de suivre avec méthode et persévérance une
— 2 —
politique extérieure conforme tout ensemble à notre
situation historique et à nos destinées nouvelles.
Dans la politique intérieure, nous n'avons qu'à nous
souvenir pour nous relever. Dans la politique exté-
rieure, la France en est encore à chercher sa voie.
La dynastie malfaisante des Bonaparte avait rompu
avec les traditions de l'équilibre européen suivies par
l'ancienne monarchie, sans inaugurer cependant un
système sérieux. Sous Napoléon Ier, la violence et le
génie militaire ; sous Napoléon III, l'astuce et l'igno-
rance ont abouti à Waterloo et à Sedan. L'ancien équi-
libre n'existant plus, le nouveau n'existant pas encore,
il y a eu place dans notre histoire pour une sorte de pa-
renthèse remplie tout entière par l'esprit d'intrigue et
de conquête.
Mais le césarisme ne s'est pas arrêté aux limites de la
France. Il est tombé dans le domaine commun. Il a fait
école. La Prusse et la Russie qui avaient rempli le
XVIIIe siècle du bruit de leurs succès, un moment éclip-
sées par le fait dominant et supérieur de la Révolution
française, se sont retrouvées naturellement maîtresses
du terrain le jour où le génie de la Révolution a paru
défaillir. Elles n'ont eu qu'à reprendre, pour ainsi dire,
la suite de leurs affaires. La pente était toute tracée.
Elles ont pratiqué la politique napoléonienne pour leur
propre compte, mais avec de tout autres éléments de
succès, avec de tout autres profits. Impuissants à leur
faire obstacle, les Bonaparte n'étaient bons qu'à leur
donner le mauvais exemple.
Voilà comment sont nés le pangermanisme et le pan-
slavisme.
On pouvait espérer que l'un eût limité l'autre. Mais