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Mémoire sur les établissemens publics de bienfaisance, de travail et de correction,... présenté au Comité des secours publics de la Convention nationale, le 28 brumaire, l'an 2 de la République une & indivisible ([Reprod.]) / par Jacques Dillon,... ; impr. par ordre de la Convention nationale

De
64 pages
[de l'Impr. nationale] (Paris). 1793. Aide sociale -- France -- Ouvrages avant 1800. 1 microfiche ; 105*148 mm.
Les Documents issus des collections de la BnF ne peuvent faire l’objet que d’une utilisation privée, toute autre réutilisation des Documents doit faire l’objet d’une licence contractée avec la BnF.
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THE FRENCH REVOLUTION
RESEARCH COLLECTION
LESARCHIVESDELA
REVOLUTION FRANÇAISE
rfMËMOIRE
ÉTABLISSEMENS PUBLICS
DE BIENFAISANCE, DE TRAVAIL ET DÉ
CORRECTION
Confîctérés fous les rapports politiques 8s.
commerciaux
Préfènté au Comité des Secours publics de la Convention.
Nationale 3 le fan 2. de la .^République une
&
PAR. JACQUES DIU/OïJ,
Citoyen français 3 aràjle hydraulicicn & mécanicien.
Imprimé en D'UN DÉCRET DE LA CONVENTION NATIONALE,
S^î'$f&E& RAPPORT pu MÊME COMITÉ
'Wrcz auwnt J^ue vous le pourrez, une
̃ HTm^I pfcurce a quiconque fera tenté de mai faire.
aurez aioim à punir. »
^fénrA tâu Commentaire fur les délits 6? les peints».
i
A P A RI S,
» ï ^IMPRIMERIE
\AU NOM DU COMITÉ DES SECOURS PUBLICS,
Par le Citoyen MAUDUÎT,
Le Nivofe Tan jeuxième de la
indiviûble.
Tout ce qui peut accélérer on perfe&ionner l'execu-
t:on de vos décrets fur les feceurs publics, ne peut -»
manquer de*^us intérefler. C'eft d'un objet .qui y a
rapport que votre Comité des Secours m'a chargé de
vous entretenir.
/CONVENTION NATIONALE,
FAIT
Du département de Marne,
CITOYENS,
A x
A
1^ ci-
mdis qui a adopte
^'auteur, dans méthode
comme par fsn objet, déduit tes idées des vrais princi-
pes des droits naturels dts hommes.
,Jl s'occupe
Pénétré des vues qui ont ftrvi debafe aux décr.ts qne vous
avez déjà rendus fur les établiflèmens dont il s'agir il
poire les regards de la prévoyance & de la philanthropie
fur la macre de accours que nécelîitent les maux palfa-
gers & habituels qui affligent l'humanité. Il y joint,
<i?.s l'application, le coup -d'oeil d'un homme exercé
pour ainfi dire, les refifources fur le degré de malheur
dont la guer e ou les accidens ordinaires peuvent frap-
per fes concitoyens,- fur 'la nature des infirmités, iur
le il milife en même temps) pour l'é-
cono^misjfc les' arts) les étabiifïèmens propres à les re-
cevoir. $Q3 moyens peuvent d'un côté diminuer les dé-
penfes de ces ou en étendre les relTour-
ces; ils réunifient, d'un autre côté, un avantage plus
précieux ils font; d'autant plus propres à adoucir les
maux de ceux qui doivent y erre admis qu'ils femblern
leur donner ou leur reftituer les facilités dont la nature
lésa privés, ou que des accidens leur ont enlevées leur
procurent toute Paûivité dont ils font capables, & les
tirent ainiï d'un état de terpëur également deftruôUf d*
la vie
L*at!tei:r traite dans les mêmes vues Se avec des dé-
tails également inlé^flans par rapport à la République
^.êc aux individus, de Toiganifation Se de l'utilifation des
écablHTcmens de travail de détemioa & de correction.
a ».
>< ya ions diftribu-
tion Ôc ia faiiibriré des ér.ibliifcmcns dent il s'agit.
Quel que foit le metif de bkniaif.ince, de précaution
ou de fûrete,qui
dividus dans.des éuolillcmcns nationaux quels que /oient
leur âge, kur (exe, leur exiitence phyfique & morale,
on ne doit jamais ouLllcr q e'cc font dès citoyens qu'il
.faut pu. -élever ou conferver pour lLiat oc pour lhi!r"a-
niié. C'eft dans ces' principes que Tautenr s'occupe ..de
l'inflrudion propre cans les trabaffemens donc il traite;
a foi-mer rame des uns à îjourrir celle des autres t;i: n
rendre, s'il L peut, à eelie de quelques-un^ la dignité
donc elle & tft dégradée.
Il termine 'fon mémoire en examinant les moyens qu'a
maintenant la République pour choifir les
propres aux établiffêmens dont il- s'agit, & la faciliré de
fe prorurc-r,' pour leur première formation, de^ chefs
qui dans la luite feraient remplacés par des ciroytns
.•formés dans les établi il emens mêmes. Il trace leurs fonc-
rions & leurs devoirs il veut que leurs
foielit dirigées vers lagriculiurc la phyfique ufuelle
les manufactures par ce moyen charges de diriger, foit
des ateliers de manufactures loir des ru-
raux foit même d'autres travaux, tels que ceux des mi-
nés à l'égard des détenus ces chefs
cice principal de leurs fondrions l'avantage pour rous
les citoyen, de leur faire recueillir le fruit de
rience S: de la propagation des .découvertes utiles. 'Enfin-
il indique la correfpondance qui pourroit exiftcr pouC
ces différentes adroiniftrations entre elles & avec tille
centre" commun fotvs le rapport*, loir de la furveil lance
Ôc du periedîonnement intérieur des établi démens ion: J
de leur donner fur les étrangers la prépondé-
rance dans les arts. **̃
Telles font, citoyens les vues, non de fyCtème, nuvs
d'exécution, intimement liées à ler.blifle-
ment des hofpices dont vous avez consacre la formation-
tcl.es four dis-je les vues qui ont fixé les regards de
votre Comité dans lel mémoire du citoyen Dflloh &
vous propoibr d'en décréter i'im-
A4
DISCOURS PRÉLIMINARE.
Dans un Etat dont les lois ont pour bafe la connoif-
fance des droits de l'homme la fortune publique eft
tellement diftribuée, que chacun j©uit d'une honnête aifance,
eu au moins d'une exigence aff'urée. Ni l'opulence, ni la
misère, ne doivent s'y rencontrer ces deux eitiênes
étant également dangereux pour la tranquillité publique (i)#
Afin de les rapprocher, fans bleifer la liberté indi-
viduelle, le légiilateur éclairé préfère les lois indirectes,
au moyen desquelles il obtient ce qui eft généralement-
utile, er, même temps que chacun ne confulte que fort
intérêt ou fon plaiiir. Elles font autant de fils invifîbîes
qui conduifent les hommes fans aucune contra nre à
ne faire que ce qui leiit convient, et toutes leurs a&ions
tendent alors au bien commun de la fuciété.
Parmi ces lois il en eu: de civiles telles que l'égalité
des partages dans les familles Ia fuppreflîon des fubf-
ticutions j la liberté la plus grande dans les mariages la
deftmdion de la bâtardife l'adoption, l'admiiTion à toutes
hs places r fans autre condition quecelledu mérite, &c. ôcc.
Il en dt d'autres d'économie r*>litiqué^ou commerciales
telles que celles qui ont pour but d'étendre et protéger les
art; d'établir la liberté la plus illimitée dans le com-
merce, de multiplier les ports les canaux et les che-
mins, &c. &c.
( i ) »• Que nul citoyen, ne ïbit afTez opulent pour pouvoir
en acheter un autre, & nul afiez pauvre pour être concraloi de
» ROUSSEAU, Cont.
s
"Peut-être ces moyens fuffiroient-ils fi la douce corn
mifération épargnent ? l'indigence timide la peine de
mendier des lecours fouvent reful'és-. Mais
ment cette époque de;- progrès de la rai fou humaine efl:
encore éloignée.; et d'ailleurs il fera facik de ju. er, dans
le cours de ce mémoire que ces fecours particuliers pjur»
roient avoir une meilleure deftination.
ÏI faut laill"er aux lois civiles et économiques énon-
cées çi-deflTiis» le temps d'opérer en partie ce graad rap-
prochement des fortunes particulières; mais il eft'de la
juftice eede la prudence d'une fage adminiftr*ri;n de
hâter cet heureux moment x' encornant dtsTerours à la
clafTe indigence du peuple, qui di ordinairtmmt dans
l'impaiffancé de pourvoir à fon exiflxnce par d'autres
moyens que par c«ux que lui fournit la mendicité.
La raehdieité pour les vrais amis des hommes, eft
la honte des gouVernemens policés. Si les lois facrées des
propriétés afTurert à chaque individu la jouiffance de ce
qu'il a acquis des lois naturelles antérieures lui afluroient
les moyens dfexifter personne dans l'état de rature
n'empêchant d'hier à la ch^iFe et à la pèche, de défri*
cher un terrein &c.
Dans une fociété policée le principal but des lois
étant de protéger les droits individuels, cr chacun ayant
éminemment celui de pourvoir à fon' exiftence l'État
lui doit donc des fecours, fi des défauts phyfîques., ou
d'autres malheurs particuliers ne lui permettent point
de (& les procurer; et c'eft après avoir rempli cette con-
dition de rigueur, que le gouvernement peut celfer d?être
injufte quand il punit eçlui qui s'approprie Ie bien 4*au-
truî et qu'il peut prévenir les
-habitudes ( i }.
trop jeunes, ou trop âgés, font dans
procurer poreux-mêmes d'ancrés moyens pour «ivre que
par celui de mendier. Souvent ils manquant des choies
les pics indifpen fables et dans cet e'tatde -fouftrance tî
l'occafion fe préfente pour la mort dont ils
fqnt menacés, il faut qu'ils [oient, ou bien vertueux, ou
bien punilanimes s'ils ne s'approprient pas ce .q-i'ih re-
gardent comme un fuperflu pour les autres mais" h mi*.
sèrç étouffe infenfiblement la vertu dans celui même qui
par fentimem en auroit connu le prix; la misère dil-
lire la peur; & celui cjui /dans d'autres ciicor.ftwces
eut été un hownete homme commet le crime fans re-
mords par la négligence du gouvernement
Ce que noas gênons de dire paroîtra plus évident, fi
on réfléchit à la claife des menu tans qui ayant tontes
les facultés physiques pour trouver dans leur travail des
moyens de pourvoir à leur exigence s'abandonnent à
cet état Quelles inquiétudes ne
pas concevoir de ces hommes qui préfèrent un 'état fi
humiliant et fi précaire à celui qui leur procureroii, d'une
manière sûre et honnête, de quoi fatisfaire à leurs b.foins?
et n'eft-ce pas un vice dans radminîftraTio.h de tolérer
que des hommes f dangereux pour la tranquillité publique
( i ) » Là où la charnu manque la loi fera toujours
cruciic »
Vo-taire Comment, far les & les frinet.
IO
D'un autre fozé M eft facile de concevoir qu'il eft
très-rare de trouver un homme tellement eftropié qu'il
ne puîné, être employé à quelque ouvrage. On fait que
les fourds font propres à prévue tous les métiers il en
eft de même, à-peti-près des aveugles et quant aux
autres on peut utilement les employer à mouvoir des
machines ou â quelqu'autre occupation iemblable.
En négligeant donc de mettre à profit cêtre maflè énorme
déclivité, on prive la iociété'de très-grandes reftburces;
et chacun eu: furchargé d'une p.irtie des fecours nécef-
(lires à la fîfbfiftancc des mendions.
Par 1* mêmeraifon l'oifiveré des perfonnes détenues
dans lesprifons eft auffi un' vice dans l'adminiftration
puisque des milliers d'êtres font nourris aux dépens des
autres, et elle en: d'ailleurs dangereufe et pour elles-mêmes
et pourlEtat. Si ces individus croient occupés à un tra-
vail plus ou moins fort en ration de leurs moyens
phyfiques, et'des fautes qu'ils auraient commîtes, leur
fanté en.feroit meilleure on éviteroit les maladies conta-
gieufes que fouvent les prifons répandent dans les villes
une fois rendus à la fosiété ils auroient un métier, s'ils
n'en avoient pas auparavant, ,ou au moins ils auraient
conservé l'habitude du travail n'Ayant pas eu l'occafion
de corroirpre leurs moeurs ils ne feroient poiut un fujet
d'inqaierude et l'Etat s'indemniferoit, par leur travail
d'une patrie des dépenfes qu'ils auroient occafioenéïs ( i>.
( i ) Forcez les hommes au travail vous les rendrez hon-
tes gns. n
Voltaire, Comment, fur les délits & les feints
( i ) » îl tMj^a point de toccham qu'on ne puifTe rendre bon à
chofi*f»
Svcial
Il
il refaite que
l'oifiverc & dts rrifonnkrs cft
mérite mention & le gouvernement duit
foigneukmcnt 1a défendre. Qu'il dife donc aux mendians:
Vous. prétendez ne pas avoir d'autres moyens pour vivre
eh bien entrez dans des maifons naiiontlcs établies pour
vous..}' recevoir; vous n'y snanquerez d'aucun objet nécef-
faire à la vie, mais vous y vous le pouvez.
Qu'il dife aux prifonniers Les loir que vous avez enfreintes
vous condamnent à la ce temps
i Etat vous nourrit. Donnez lui en échange le travail <^ue
Jruas pourrez
i\ rifulte aufli qu'un G grand nombre
& recevant une (impie
& utîîe e feroic plus un objet d'inquiétude & de furveîî-
lance connnuelles »& les luïs répreilives pourroient devenir
plus douces.
Fnfinyîl réfuîtt que cette mans immense d'adivrtë
étant Bien employée non-feulement elle rEt;t
de fes dépenfes ou au moins en partie mais
elle augmenterait rindufirie nationale.
Ainfî Jes grands principes de police à ceg égard font,
1°. que tout individu qui manque d'occupation ou
de moyens phyfiques' pour s'en procurer', trouve dans
des établiiïemens nationaux un afyle où il foit à iabri d«
la miitre.
if. Que chacun y travaille félon tes facultés phyiîquâf
& morales.
Que les feconrs que l'État leur accorde foïenjt pro.
portionnés à l'intérêt qu'ils infp:rent & au butquç
propose dans la fuanarion de ces étabniTemens.
Il.
diftingue
ceux qui ouvrages ordinaires, de
ceux qui y font propres les encans, des adultes ceux-ci
«les vieillards les hommes des femmes.
5°.* Que l'Etat ne tolère plus la mendicité; qu'il oblige
les mendlans infirmes d'entrer dans les établmenaens de
"bienfaifanec, & les mendians valides dans ceux de travail.
Que les peffennes dérennes dans les établifïèmensde
correction foient aflujéries à un travail réglé, félon
leurs moyens.
7*. Qu'enfin dans les établiflèmens de travail ôc de'
correction on fafïè les mêmes nous
avons indiquées. pour ceux de bienfaifance à régard
',des âges, des facultés phyfiqnes & morales &c.
Ce mémoire fera divifé cn'fept parties.
Dans la première, nous parlerons des étabîifTemens
publics de bienfaifance on y recevra les enfans les
yicillaftls & les perfoniaes de tout âj|b qui ont des dé-
faut s phyiiques.
Dans .la féconde nous traiterons des établiflemens
prtbfics de travail; on y admettra tous ceux qui s'y pré-
{enteront pour avoir de l'ouvrage & on y metta les
mendians valides & les vagabonds.
Dans la rroi6ème, nous nous occuperons des etablif-
femens publics de correction leur flination fera pour
ceux qui mériteront d'êrrc privés de leur liberté pen-
dant un tetnps détermine.
Il
Dans la quatrième, nous expoferons nos vues fur l'é-
ducation morale ite phyfiqueque nous croyons convena-
ble d'adopter pour ces établiffemens publics.
Dans la cinquième, nous indiquerons les principe
qui doivent fervir de guide dans la conftru&io» & dif-
tribution de ces éta&liflèmens.
Dans la fîxième, il fera queftton des devoirs des per-
bonnes employées dans l'adminittration de ces établiflè-
mens publics, & des moyens pour faire fervir ceux-ci
pour étendre corifidérablement en peu de temps, l'in-
duftrie nationale.
Et dans la feptième, nous ferons connoître les moyens
pour former promptement en France ces mêmes éta-
blillèrnens publics (i).
( i ) Ce mémoire, fous- plufieurs rapports, eft lié à un autre
que nous avons rédigé 3 lequel eft reia:if à l'organifarion d'un
corps d'ingénieurs de travaux publies^ car ncu1; proposas dans
les deux mémoires, que ieff^dirc teurs des établilTemens publics &
les ingénieurs des travaux, publics fe concertent dans leurs opé-
rations. Ces établi (Te mens pouvant être regardis comme les pépi-
nières des manufactures nationales, & en partie comme de véri-
tables manufactures le concours des lumières de leurs directeurs
& des ingénieurs des ttavaux publics ferait très-avantageux la
profpérité du commerce car, afin que celui-ci fleurifle il faut non-
feulement avoir des matières premières en quantité fuffifante & les
ouviager mais il faut aufll des communications pour les trans-
porter ailleurs. Or, il appartient à ces ingénieurs de connoître|?C
exécuter les travaux néceflaircs povtf améliorée l'agriculture & fai-
liter les communications.
Ce rapprochement de fonctionnaires publics n'eft pas le Ceul que
neus croyons utile au bien de l'Etat. Nous laitons vo:r, dans le
fécond mémoire, que les travaux publics, tels que les chemins &
les canaax,ont ie grands rapports avec !a defenfe élu pays; &
qu'en coufequeçcc les propofent dev: oient te con*
certer avec les ingénieurs militaites tes officiers d'aittlicrie & de
marine, & les généraux des armées.
En général, il nous fcmble qu'il n'y"aura jamais une bonne ad-
miniftr^doi» tant qu'on ifolera chacune de Ces parties. On fait
qtic l:s connoifianecs humaines fe lient l'une à l'au:re & ce n'eft
que par la réunion des lumières de ceci qui occupent les premiè-
res places dans l'Etac* qu'on peut éviter des fautes iœmcnles &
Enfin nous remarquerons feulement ici que cette idée, étant
développée, donner oit lieu à un ATièmc d'admioiftration gir.érale,
que nous croyons convenable par-tout, & particulièrement en
France, où le gouvernement repofs fur les lumières Se la juilicc.
MÉMOIRE
Sur publics de bisnfaifance^
de travail & de correction*
PREMIÈRE PARTIE.
Des publics de bienjaifancp.
CHAPITRE PREMIER.
Des éttbHJfcmcns publics de bUnfalfance pour les
enfans.
LE orphelins (i), les enfans trouvés & ceux nés de
arens pauvres feroient reçus dans ces établiflèmens pu-
blics. Ils méritent tous les mêmes foins; & parmi eux,
il ne devroit y avoir d'autres différences dans leur édu-
cation, que celles qui réfulteroient de leurs difpofîtions
particulières, dont le développement devrait être combiné
avec les intérêts de l'Etat.
Depuis la naiflanee jufqu'à l'âge de fix ans ces enfans
( i ) Nous comprenons dans cette clafle les enfans des défen-
de la patrie, morts ou grièvement bières dans les .combat.
on leur donnèrent quelques principes fur la langue fran-
çaife & du deiïin quelques idées de géomécric, &c. &c.
ans, ils Soient fuiceptibles d'è-
tre employés à cifterens objets.
Et premièrement, dans la marine, en qualité lie mourTcs.
On fait que pour s'habituer à la mer il faut naviguer
dans un âge bien jeune; 6c celui de dix à douze ans eft
très-convenable. La marine militaire & la marine mar-
chande, qui emploient en qualité de moufios, un très-
grand nombre de jeune* gens les trouveraient dans ces
établiflèmens publics, où ils auroient acquis quelque inf-
tfuSion qui leur ieroit très-utile. On pourroit même en
ajouter facilement une autre plus particulière à ce but,
en dirigeant l'étude du defïm vers la 'forme des bâtimens
des au lus & des canons & l'étude de la géométrie à la
ccnnoiiïance -des •. artes, à la manière de les Lver au
moyen de îa boafToie aux règles du p.lotage,
&en même temps on les txercero/t aux
artillerie, qu'on -aiiroit confirait
dans on n'étoit pas à portée d'en avoir fur
l'eau.
Nous penfons qu'il feroit convenable de permettre que
ces cnfâns puflfènt rentrer dans ces établiiïcmens publics,
foit que 1a mer ne- convînt point':1 leur tempérament
{ou: pour y acquérir lie plus grandes connoiflances nau-
tiques, foit enfin parce que les capitaines des bâtimens
qui les au. oient demandes, ne pourroient ou ne vou-
droient pas les garder davantage ( i ).
( i ) Noos avons vu à.Arïïfterdam la maison des orphelins *le mate-
lots, laquelle fournit régulièrement les pilotes à la marine militaire Sx.
xnarchantîe, parmi lèfqwels on trouve quelquefois <îc très-bons officiers
de marine. ces orpheUtis eft celle que nou«
En
17
Mémoire par "'AB
En fécond lieu ces enfans pourraient être utilement
employés dans les arfenaux de d'artillerie ou
il y a çonftamuicnc un très-grand nombre d'ouvriers pavés
par l'Etat. Ils pourraient être des il li-iK-
rouTpour cela de les confier aux chais «d'ateliers
les yurrir pour faiairc ùu
,pou;roienc exiger d'eux.
On pourroic encore les placer dans les
tures de parti suliecs comme dans les grandes & p.t.tes
forges les manufactures dermes ôc de ciincaillerie, celles
de bonneterie les fil-uutev de coton de }.aine, Scc.ôcc.
4*. On pourroit, de la même manière, le: confier aux
chefs d'ateliers particuliers, comme aux tailleurs, cor-
donniers, aienuiiiers, éVc. -&c car il n'y en a prévue
pomtqui M'aient quelques apprends.
5°. Enfin, les travaux de la campagne leur offriraient
d'immenses reffources.
Dans la mâtine miliraire dans les de mer
& de terre & en général dans tous les etabliiK.me.ns où
on emploie des ouvriers aux frais de l'Eut il n'y auroit
aucun inconvénient do fuivre la înéthode que nous avons
indiquée; 5c fi les frais d'entretien ds ces jeunes gens
étoient ajLi-dôffus de leur falâire le gouvernement devrott
accorder une gratification ï ceux qui en auraie;«r foin. Nous
croyons qu'ils dépendent abibiument des
personnes qui leur appreudro.tr. un métier ,& qu'ils s'at-
tachent entièrement à .elles. Cela détermintroit fouveac
ces perfonnes â ks adopter. D'ailleurs, un des buts que
avons trarée-, 8c nous ne doutons point qu'elle ne foit à-pco-ptes
lam?mec]ue celle qu'on donne en Angleterre aux jeunes gens qu'on
avant «îc quelque
temps.
iS
l'Etat doit avoir dans la formation de ces érablHIernens
publics étant de tonner des hommes unies à la fociété
il ne doit pas regarder de fil près a la dépende que pro
dctiroient ces gratifications partielles, quand même elles
furpafleroienr les frais que ces enfens occâfionneroient dans
ces établifiemens publics ce qui n*eft guère jarobable.
Nous penfons que le gouvernement devroit agir de la
même manière envers les part culiers qui en auroient dans
leurs manufaeVures ou ateliers. Cependant il nous femble
que les ouvriers n'ayant ordinairement aucune inftrucHon
Jbi cheËs de manufactures ou d'ateliers. s'emprelTeroient
de les recevoir par la raifon qu'ayant acquis quelques
cqnnoif&nces ils leur cievtendroient fort utiles.
Enfin, nous croyons cu'il ne feroit. pas au-defîôusde ta
dignité que le gouvernement dote mettre dans toutes les
opérations d'obliger ces jeunes gens de reftet un, temps
fixé tant dans les établiftemens aux frais de l'Etatique
dans les arsenaux dans les rmutifaôures ou ateliers ap-
partenant à des particulitrs. L'Etat ou les particuliers Kin-
demniferoienc des dépendes qu'ils auroient oçcafîonneies
dans le temps qu'ils auroient appris un métier, & il n'y
a pas de doute qu'ils puurroienc l'exercer d'une manière
|»lus utile &. pour eux 5c pour la fociété;
Parmi les enfans élevés dans les .étabîifTemens publics
«le 'bienfaifancc on en trouveroit de temps à autre, 8c
probablement toujours, un certain nombre quimontre-
iroietit de très- grands ralens. Cette découverte eft fi pré-
çieBie à la 'fociété qu'on ne doit rien négliger pour en
tirer le plus grand parti, principalement dans un pays où le
mérite ei le leur titre pour occuper les places les plus
importantes & où par conséquent on reconnaît que les
païens extraordinaires font d'un prix ineftirnable. Le gou-
vernement derroit donc prendre un foin particulier de
cts êtres fayorifés par la nature. Il devroit les conhfcr
%ux iiiftiaiteuK des école* nationales afin de dévelop-
B a
pet leurs
Vâge de vm*r*ns ad moins
exetcer un éat avec diftmciion «C
la fèrok amplemenc désirais de leur
éducation par les fervices qu'ils lui tendant, Nous
penfbns -même que cette dépenfe pourroit
teâw'ôv nulle, en accordant une confidérafion aux
hommes rèïtaeax qui adoptetoient ces enfans, dans la
procurer à l'Etat des: individus infiniment
Quant qui auroient de! défauts payhqoes
il Endroit examiner le travail auquel ils feraient le plus
propre*. Les foatds les aveugles,' exigeant une éduca.
tion -tour à-fait particulière, feroient ébvés dans des éta-
bliffemens publics fpécwbment formés pour eux. Les
boiteux, pouvant exercer prévue tous les métiers fe-
roient élevés comme les autres enfans bien nortans,«c
feroit la même. Les autres, plus tgal-
nature, recevraient ce degré ^dinftroûioii
qui, oDunoit kur ètm utile; &' parvenus à l'âge convena-
apprendre un métier ils deviendroient les ao-
entretenus dans les étabil-
fehiens publics dont il fera qu;ftion dans le chapitre
^A 1 égard des jeunes filles elles, pburroWnt être éle-
les garçons fans cependant qu'il y eût aucune communi-
cation entre eux. Leur éducation pourroit être â-peu^es
la même que celle indiquée pour cîux-ci, excepté juoa
pourroic leur apprendre de meilleure heure diitcrens
ouvrages analogues à leur fexe, tels que ceux ds tricoter,
de coudre de filer &c.
Parvenues à l'âge de ¿il. ans, on Ifs confiernir à des
famines honnête* cbez lefquelles elles s'occuperaient aux
«uvrages faivans ̃< dans les arfenaux de marine, a coudre
1O
les voiles > à le chanvre a faire de petits cordages
&c»; d'artillerie, a coudre les tentes,
de
ieroient propre a tous
les ouvrages de ce genre; dans les inauufidhires ou ate-
liers de particuliers elles trouveraient plufieaw métiers
qu'elles pourroitnt apprendre; enfin les travaux de. Jacam-
.pagne leur offriraient encore des reflfourcvs immenfes pour
7 ctre employées.
Les remarques que nous avons faires relativement aux
garçons en -ce qui concerne les gratifications que l'Etat
feroit dans le cas d'accorder pour
tier; leurs déiaurs applicables
également aux jeunes filles-, nous nous de
les répéter ici.
CHAPITRE IL
Des publics de pour les
adultes.
Depuis l'âge de dix ans jnfqiri celui de la vieillêfle
tous ceux qui par des défauts phyfiques,
fe procurer les feroient reçus dans ces
établi démens publics. Ces défauts font a la vérité en
très nous
ranger en quatre dalles principales tous ceux qui en font
La première eft celle des fourds-muets.
La Seconde, celle des aveugles.
La troiûème celle des boiteux.
Et la quatfièm» celle des manchots.
( t ) Les jeunes foidats qui devicn4ioient eftropiés ou par des
bîeiftues remues dans les combars, ou par d'autres évènem«ns, feroieat
atiiiiU doms, ces écabliilemenf. publies de bicnfiiifancc.
B î
Quant aveugles" nous avons
déjà remarqué que leur éducation exigeant une intelli-
gence très- peu commune, & ces feins qui ne peuvent
être donnés que par les vrais amis de rhumaniîé il (croit
très-difficile de trouver par-tout des hommes capables
de remplir une tâcher honorable (il. Il nous fembledonc
que les fourds nniets & les aveugles devraient être éle-
vés dans des publics particulièrement defti-
tnés pour eux, & nous «n ferons l'objet du chapitre fdivant.
À l'égard des boireux, nous avons auflî remarqué qu'ils
font propres à exercer une fuuîe de métiers dans lafoaété
mais fi, leur nombre', des circonstances ^locales
ou autres motifs femblables, ils ne pouvoient point fe
procurer un état dans les ateliers des particuliers ,x il fau-
droit les occuper uâlementdans ces é:ablulemens publics,
ce qui feroit exttèmement facile.
En effet les boireux peuvent être tailleur? cordon-
& même les tiler enfin ils peuvent faire des cardes des
bjuchjms ,des des épingles, &c. &c. On pour-
roit donc form.r dans ces ^tabliifemens publics des a:e-
liers D*ès-varié5 Se principalement cet»x pour la fourni"
titre de t'habillement des croupes, pour faire des toiles Se
des draps ordinaires pour les habitons de la campagne, des.
fouliers des bas c. &c.
Enfin quant aux manchots ceux qui ne peuvent faire
ufage que d'un ftul br-;s piourroicnt tourner des mant-
velles, & ceux qui ne pourroienr fe fervir d'aucun ior
roientproprts à marcher dans <Lx à tympan,
ou à pefer alternativement fur leurs jambes dans un fyf-
terne de machine celui imaginé par le ciioyejEi
Mandre. En un mot les maachats feroient propres à i«rvir
de moteur dans les
^i). Tc s que l'Êj»te oa Stiard Se Haoyy.
-Ainfi, en réunifiant l'ufagc des pieds d manchots avec
celui des bras peu de
le même réfulcat que iy on employoit des
perforées qui n'auraient pas ces défauts phyîïques. Pat
exemple t les manchots pourraient jjjaire tourner les roues
des tours ,& les boiteux feraient tous les ouvisges de ce
genre; le* manchots pourroient Faire mouvoir les moulins
connus pour doubler & tondre le fil le coton & la laine,
& les boiteux s'occupe' oient des bobines qui fe dérangent
& des rrls qui tfafTent quelquefois 'y les manchots pourraient
donner le mouvement: aux machinas riès-ccnnuesen Angle-
terre pour deux mains & les boiteux {croient oc-
tupés à ce dernier objet &c; &c.
Nous ne citerons pas d'autres exemples qui prouvent
la pofîîbilité de tirer un très- grand parti des perfonnes
qui ont les plus grands défauts phyfiques; triais nous
atîurons avec confiance qu*H y aune foule d'ouvrages aux-
i] aels ils font très-propres par les re(ïburccs immenfes que
la mécanique offre dans les' combinaifons de ce genre
car il n y a rien de plus facile dans une machine que de
changer la combinaiîon de Ces parties pourifoler le moteur
de l'ouvrier, & de produire néanmoins, par le concours
de ces moyens j le même réiuhat qc'aapacavant.
C'eft choifîr d'habiles artues dans
établjiiremens publics. C'.eO: encore à lui qu'il appartient
d'engager cous général à chercher de nou-
veaux moyens pour empîoyei utilement tous les individus
entretenus par l'Etat dans ces établiflêrnens & nous ne
doutons point que le génie l'amour du bien
éclore pour cet objet les plus heure ufes
inventions.
Dès -lors, deviendroient de
grandes manufactures Etant principalement
il en manque de particulières,
*v
B*'
elîescontribueroiciîç à Ia formation de eelles-eî,par HaAnK;^
tion qu'elles répandroitnt
mens augmënteroient l'aifancs de chacun par la facilité
de trouver a meilleur marché ce dont on a com Bunérnent
befoîa; & ils accclér.toisnt prodigieufement les progrès
Lorfque les petfcnnes qui feroient entretenues dans
ces établiffeinens publics pirviendroient utl tel 1ge qui
ne feroic plus pnipre ?. l-urs occupations ordinaires, il
^faudrait les en Si employer celles qui auroient
le plus d'intsiligence, foie à fftrfeiiler les autres dai» ces.
mêmes- fait a d'autres fondons que nous
indiqutrons dans la dernière partie de ce mémoire. Et
quant aux perfonnsi qu'on ne cro.roit pas devoir être
ainfi employées, on les envsrroit dans les étobTiïfemens
publics ipécialemenc deftinés aux vieillards; car nous
croyons plus funple que chaque établissent public eût
.une cieftination particulière. Au refte, fi des circcmûattces
locales, ou autres motifs fc'mblables enga^eoient à agit
difFéremmertt, il faudroit dans ces étabuireinens publics,
pour les adultes » affigner un local où ces vieillards poilent
terminer leurs jours tranquillement.
Quanr à l'infection des adultes, nous croyons qu'elle
doit dépendre de leur âge de leurs discutions pour l'ac-
quérir, Ôc de Futilité dont elle peut être en même temps
à eux & il l'Etat. Ces confidérations donc doivent Servit de
guide dans le degré d'inftruciion qu'on doit leur procurer,
( i ) £o France maBufaôurts font accnmulé«s dans certain*
«adroit Se font ttès-tate* dans d'autres, ce qui produit nic«(Tai-
remeniHàans ceux-ci la cherté du prix des marchandifet, Se 4*am-
^tant ^os que la France manque de caoaiit de aavigatwn pour
les traniportet àpeu de fira». La formation de ces établinemco»
publics <onrv»Qablein€nt placé» $t dirigés xcraédUroit
aux directeurs de le
qu'on devroit
fut-ce que la con-
noîffance des droits & des devoirs de l'homme & du citoyen
français, afin que leur conduite fût honnôre & qu'ils fen-
tilieic q;ie fi l'Etat f; charge 4g leur inftrucYton ils lui
doivent eu échange le travail dont ils font Susceptibles;
quelques principes de dellin
de géométrie Çz de mécanique, pnurroit couvent leur
-donner des idées ia perfe&ion des ouvrages
auxquels ils devraient être employés.
tnfïn à l'égard des femmes, kurs oçcupatioris & leur
ctvrorent être i -peu- près les mentes que celles
que nous avons indiquées pour les hommes. Il feroit avan-
tageux de combiner leurs ouvrages avec ceux de ces der-
pjersjmais elles ne dcvrokntpas avoir la moindre com-
̃ municatiôn avec ceux-ci fans quoi il feroit très difficile
d éviter, ou de continuelles tracciîîenes ou la corruption
de leurs mœurs. Sans ces inconvéniens & celui qui réful*
terok du grand nombre de leurs enfans, desquels r Etat
devrait prendre foin, nous n'héfiterious pointa proposer
qu'ils panent fe marier, le gouvernement ne devant pas
augmenter, fans de très forces raifons, le nombre des
célibataires,
C H A P I T RE I I I.
J)ts publics de pour Us Jburds-
muets & les ^aveugles»
TouT le monde fait que les lourds-muets réuffilfent par-
faitement dans l'objet quelconque auquel ils s*attàchtnt.
Ayant très-peu de motifs de diâra&ion* ils dirigent toute
leur attention fur les ouvrages qu'ils on peu dç

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