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Mémoire sur les moyens d'accélérer les progrès de l'économie rurale en France : lu à la Société royale d'agriculture ([Reprod.]) / par M. de Lamoignon de Malesherbes,...

De
89 pages
[de l'impr. de Ph.-D. Pierres] (Paris). 1790. 1 microfiche ; 105*148 mm.
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MlC*OCOI>r RESOLUTION «SI CHART
HBS ̃ lOiOo
(ANST ond ISO I£.$I CHARI No. î)
THE FRENCII REVOLUTION
RESEARCH COLLECTION
LES ARCHIVES DE LA
REVOLUTION FRANÇAISE
MAXWELL
Heidington Hill Hall, Oxford ÔX3 OBW, UK
MÉMOIRE
SUR' V
LES MOYENS D'ACC&ÉRER LES PROGRÈS
DE L'ÉCONOMIE RURALE
A PAR 1 S.
P 6.
Ai
LES MOYENS D'ACCÉLÉRER LES PROGRÈS
de l'Économie Rdraie vu France.
la I Société Royale d'Agriculture paf
Mitnbre de cette Compagnie»
SPÛis que ;'ai cpnn<1<îi^ avec Intérêt les
travaux de la campagne j'ai toujours
qu'un des plus grands obftac les aux progrès de
rAgritolcure, vient de ce qu'il fa udf oit que les
expériences fuflenc faites par le concours de
pluîïèurs perfonnes de diiérenc talent dé dif
^-férent caractère ;& menant un différent genre
Les Agriculteurs qui ont toujours
fous les yeux l'objet de leurs travaux, & qui
favent ce ^ui. eft comparihlp *vc<- l'économie
rurale font Jt» feuls qui puiflent donner des
expériences dans lefquelles les gens de la cam-
u>
pagne aient aflez de confiance
En effet, un Agriculteur Phyficien ou Chi*
'• mïfte qui fait une expérience dans fon jardin
n'a rien dé ptus preffé que de la publier dans le
moment qu'elle a réufrl. Mai» <-e Tucccs obtenu
foins dans une a,nnée favorable,
dementi quand l'expérience eft,
Souvent auftî ce fucecs eft dû à des foins qui
(ont une dépenfe. -Cette dépenfe eft peu de
chofe dans l'expérience fafte en petit, & on
le compte pour rien. Mais "dans une grande
exploitation elle deviendroit confidcrable & ne
jferoit pas compeafée par le /profit.
Plus fouvent encore ce qii a réuflî fous les
..yeux d'un Jardinier incelligent^cV furveillé par
4l n Maître qui a mis fotr' amour-propre au
Cuccès de l'expérience, né pourrait réufllr dans
un Champ cultivé par des charretiers Se de»
journaliers.
Il eR donc vrai que cc n'eft que des. Agri*
cakmis fédentairti > U faifam valoir leur bien)
qu'on peut attendre des cxpcrïenc*$ fondés &
certaines.
Mais d'autre part les Agriculteurs fédentaireî
a a
cV occupes de faire valoir leur champ, on
rarement l'idée d'autre chofe que de ce qu'il*
ont toujours vu ,& s'il y en a un qui cherche
à perfectionner fa culture, ce r.'ett qu'en imi-
tant ce qu'il vu réufiîr dans fon voifinage»
Les livres imprimes ne lui fervent à rien. Il
ne les entend p*s,& n'y a pas de confiance^.
*jOrt ne peut pas même le blâmer d« « mai»*
que de confiance car dans le nombre inv»
menfe de Mémoires fat l'Agriculture qui onç
paru depuis quelque tems, les trois quarts »
au moins ne feroient que l'induite en erreur
& en depenfes inutiles; & ce Cultivateur, qui
ne fort jamais de chez lui n'a perfnnn* pour
le diriger fur le choix.
De plus, s'il s'en trouve un qui (bit doué.
d*aflei de eu tiofité naturelle, ou d'émulation
pour entreprendre quelque chpfe de nouveau
• & d'inconnu dans fon pays, les moyens lui en
manquent. Faut-il faire venir une graine qui
ne fait pas dans fon pays? Faut-il avoic le
modèle d'un outil, qui n'y foit pas en ufage?
Lots même que la dépçnfe n'eft pas trop forte
pour fes facuiiéj il n'a ni cotrefpondans ni
relations pour fe procurer ce qui lui manque.
Il s'enfuit qae les progrès de l'Agriculture ne
<o
en proche. Le Cultiva*
ce qu'il a vu réuflîr près
de (on pays. Mais pour l'entreprendre, il at»
tend que
plufieurs années. On pourroit en.
une foule d'exemples; c'iôififlbns-en un
ta Culture dec Pommiers à cidre eft établie
depuis long-temps cn Normandie où la vigns
Depjis peu de temps cette Culture s'eft cteiw
cinq ou Ci% lieues de Paris; & en
Picardie', qui eft auHi ui» payé f»n« vignes
mais te Il'Ç(\ »ju* ^m degrés Dans les parties
de la l'icardie le,s plus éloignées de la Nor-
imndie, il y a très-peu d'années qu'on connoît
les Pommiers cidre.
La Culture d'un arbre à fruit demande dix
ou douze ans avant que l'expérience fait faite.
Ce ri'eft qu'au bout de ce temps qu'on a €4
tine récolte de cidre, des premiers Pommiers
plantés en Picardie. 11 a fallu encore plufieuri
ailnés pour que les Cultivateurs quideméutent
i quelques ria lieu de ces premtèies plan-
tations en aient regarda le furcès comme bieri
en 'aient fait de fémblab!«s.
A 4
Je crois que les progrès de cette Culture
n'ont éiè que de dix lieues en vingt-ans., &
voilà pourquoi elle eft nouvelle en Picardie»,
ou il fembte qu'elle autoit dû être établie peu
de temps après qu*elle a été connue en Norman^
die, car le climat eftle même, cV la privation
do la vigne même befoin de cidre.
Ment de Normandie en Bretagne où la plus
grande partie de la Province n'apoint de vignes,"
&cn Angleterre, où oa a beaucoup de relations
par mer avec la Normandie. Si on en favoie
l'hiftoire, Je fuis petfuade qu)on trouveroit que
c'eft avec la même lenteur (0.
Mais jeconnois d'autres pays par exemple
la partie Allemande du canton de Berne en
SuiiTe où il n'y a pas de vigiles & où on au-
toit aifémenc de bon cidre, car les Pommiers
(i) Un homme de beaucoup de méritt, & qui a de
grandcs connoiffa ncts, a découvert que dansPorigme,
les Pommiers cidre font venin enNotman4ie4l£fp*go**
Je ne doute pas que ce ce foie des parties j'Efpigne od la
fituation des Montagnes rend te climat ftoid &je fuît
s"1; 1tfil y > dani l'EfpagQe telle Province, od même
préfeDt ont n'a point de vigo«$ & otT le peuple ae boh
que du cidre,,
«font on m»nge le fruit ( ce que les Normands
bien & les. bois y font pleins ce Pommiet*
fauvages. Cependant on n'y
Pommiers cidre, fans doute, parce que ce
pays étant éloigné des paysde cidre la cultuta
n'a pu s'y établir de proche en proche.
Ae. vos travaux, Meilleurs, c(V da
proedter au Peuple une inftru&ion plus prompte,
il la trouvera dans les Mémoires que voas pu-«
bliezj mais je crois qu'il y encore un autre'
moyen & c'eft te fujet du projet <jiw' je vais
tnettré fous vos yeux.
ta première idée m'en eft venue par la.con-
noiflance que j'ai eue deMM. Duhamel, àqu''
1'Agriculture a tant d'obligations 5c qui s'en
font occupés avec des foins infatigables pen-
dant plus de Soixante ans, quoique pendant
plus de la moitié Je ce' temps, prefque per-
sonne ne crut l'Apiculture digne d'un Phyfi*
tien & que biçt des gens ctulTent même quo
cette occupation ne devoit pas ctre celle d'un
Gentilhomme, c,ar j'ai encore vu régner dans
jna jeuneiTe ce préjugé abfurde & barbare.

habitation. Si une propriété, ctoiem
tf )
«deux frètes parfaitement unis, mais dont lës
eara&ères étoierit differens..
L'sjiié, qu'on hommoit dans le pays M. de
PeriiihviHiers n'a, jamais voulu quitter l'ha-
bitation de fa terre bu il étoit "heureux & fat*
fait le bonheur de tout fon yôifinage. C'étoit"
un homme do hich dont la piété tranquille fe
ctpk très-appliqué mettoit une fuite firtga-
Kcrëîtpus fes travaux, ne pronoii^oit jamais
qu'après un nuit examen Se voyoit. bien parce.
qu'il yoyoit ton jours-fans prévention & fans pré-
tention. Il n'ayoit pas même ce 'grain, d'amour»
propre qu'on croit néceiraire aux gens de
^Duhamel da Monceau » le cadet-» ctoit
Y Académicien & l'Auteur de tous les ouvrage:
qu'on connoît. Il éeoit infpiré par la même
piété que fori frère doué de la mêmo bonté,
du même z.èle pour le bien de l'humanité,
mais d'un cariâère plus ardent.
C'étoit d'ailleurs le plus labarieux le plus
adif de tous les homme. Sa vivacité ne lui
aurbît pas permis de refter toujours dans la
mâifon paternelle. il vint à Paris, où fa curie.
"fité-itti fit faire des cours de Botanique, do
'(.'I© )
Chimie, d'Anatomie, fciences qui
abandonnées uniquement aux Médecins Chi-
turgiens Se Apothicaire;.
Entre les Sciences pratiques, qui dérivent de-
ces feiences fpcculatives il opta d'abord pour
l'Agriculture à laquelle il- a joint depuis bien
d'autres travaux fur tout ce qui peut <"« utile
aux homme* j mais l'Agriculture fut toujours
fon occupation chérie.
Ij fut dé l'Académie des Sciences, & de.;
vint Pami des Sa vans de toutes les cla(Tes.
M. de Maure?)! lui donna- une place qui
lui fit, fjire de frequens voyages dans toutes
les Province de Prince & dans les, pays
Etrangers. Ces voyages a«nlî que fes^re-*
miers Ouvrages, le mirent en relation avec
tous 'les Savans de l'Europe.
-y -Toutes les expériences qui lui ̃furent in»
diquées, foit par la théorie phyfique, foit par
fes lectures fes vbyagès & ,les correfpon*
doutccs, ctoient faites par fon frère aîné qui
r» quittoit ornais {on champ & le lieu de
fès cultures qui fuivoit fes expériences avec
la. plus grande attention, ne nçgligeoit au- r
çune cuçonftance inftruifoit lui même fes
̃' ̃ ̃ voifins & les payfans de fon pays; il envoyait'
<l\)
ênfuîte fes téfultats à l'Académicien pour inf*
truire l'univers.
Quiconque a connu comme moi les deux
frères, conviendra. que l'aîné fans le cadet,
& le cadet fans l'aîné, n'auroient jamais fait
leurs ouvrages. MI de Denainvilliecs auroit
itê l'homme du pays dont la terre auroic
cté lé mieux régie. Il & fcroU tendu cher,
comme il Va été tous cet volons & tous
tes payons; ma^sjh tranquillité de fon ara«,
ne lui auroit pas! permis d'aller chercher les
productions des deux- hémifphères pour les
poftec en Gâtinois ni de faire des ^expé-
riences pour lofqnelles il faut des relations
avec les Savans de différentes claffes.
M, Duhamel l'Académicien à qui il falloir
de- la pâture pour fon activité avoit befoin
d'habiter une grande ville qui eft le centre
de toutes les feiences &de voyager.
S'il eut été feul & qu^entve les feiences
phynoues il fe fûc déterminé pour l'Agri-
culture il auroit fait fes expériences à Paris
ou aux environs, dans un jardin. Quand une
autoit rénflî, i 1 Tauroit oubliée pour longer
b une autre, & U n'en feroit réfulté rien d'aflez
certain pour l'inftruc^ion du Public, Mais plu-
Via)
le. croîs qu'il fe fcroit adonne
Phyfique expérimentale qui peuvent'
Être bien cultivées dans l'enceinte des villes.
Ce n'eft que parce qu'il pa(ïbit une pat lie de
l'année chez fon frère qu'il été Agriculteur.
L'exemple de ces deux fferes n'eft peut-être
pas le fenl.
Un de Meneurs Daubenton > que les Na~
turaliftes & les Cultivateurs nommoient M.
paubénton de Montbar ai établi dans {on
pays des pépinières d'arbres enotiques qui ont
xepandu le goût de cette culture dans la S'où\
gogne & les Provinces voifines. Les platanes,
les peupliers beaucoup d'arbres verts Se
bien d'autres encore dont on a reconnu l'agré-
ment & l'utilité n'y étoient pas connus avant
lui & y font préfcnt presque naturalises.
11 n'auroit peut-ctre planté en Bourgogne que
de};\ vigne, s'il n'eut été trcre deM. Dau-
benton, notre confrère, & ami de M. de Buffor».
C'eft en méditant fut Meilleurs Duhamel
mes voifins mes prenuers maîtres & qui.
m'ont infpiré le goût de l'Agriculture que
je me difoisfduverjt à moi-même ««Qu'il
» feroit heureux que chaque Cultivateur fé~
» dentaire eut un freré ou un ami établi fosii
('M')
une grande ville voyageant en Europe t
veifc dans la fociccé des Phyficiens j ou
que chaque Phyficien qui veut être Agri-
» çulteur eue un frète on un ami réfident £
la queue dé fa charrue qui fe chargeât de
» fuivre fes expériences. »»•
ce que je ne crois
pas .impoffible de procurer à la Nation (juf-
qu'à un certain point ) dans un fiede comme
le nôtre.
Suppofons un moment qu'il n'y ait en France
ni Académie, ni Société d'Agriculture, ni
depôt de feiences comme celui du Jardin Se
Cabinec d« Roi & voyons ce qu'il faudroit
faire dins le fiecle ou nous avivons, pour éta-
blir, entre les Savans des villes & les Cul-
tivateurs fédentaires cette communication
fraternelle qui peu: feule accélérer les pro-
grès de l'Agriculture.
Il y a dans Paris beaucoup de Citoyens
qui font leur occupation leur amnfemenc'
des dirTcrentes feiences Phyfiques & Matl^é-
màtïques, dont les uns ont porté leur cnrio-
fîté fur les divers arts & métiers & d'autres qui
paifant à l'a" campagne une partie de l'année
( M)
travaux
avec intelligence.
Aucun de ces
progrès de l'Agriculture & des arts utiles, &
il n'en efl point qui ne (e fafTe gloire d'y
contribuer dans ce moment-ci fur-tout où
chacun cherche Ce parer de fes vertus ci-
viques. Il fufïit de Jes réunir. Ils formeront
une fociété pour qui aucune des connoifTances
utiles ne fera qui Ce chargera
de la correfpondance avec tous, les Agricul-
reurs & les Artifans du Royaume!
Je demande la permillio/i de nommer pour;
lin moment tmc Soudé, Bureau de Corref-
pondanct j>our l'Agriculture G* les Ans utiles.
Elle aura encore d'autres fonctions remplir
qui ne font été jufqu'à préfent par aucune So-
ciété Littéraire. J'en parlerai en Unifiant ce
Mémoire j mais je ne laconlîdere, quant pré-
fent que comme Bureau, de
Voyons fi ce Bureau peut être tellemenr conf-
titué que chaque Agriculteur civique ouvrier
puifle y avoir recôurs car on fent bien qu'il
n'eft pas potlible qu'une Société établie à Paris
réponde pour ainfi dire à
Tïs )
• aux queftions de tout le Royaume. Il n'eft
pas poflible non plus aux payfans de tout le
Royaume de venir à Paris pour y faire leurs
confultations & ils ne peuvent pas les faire
par écrit. Les trois quarts au moins ne croient
de rédiger les Mémoires de leurs
n'entendroient pas les
qui leur feroient faites. Il. faut parler pour
te faire, entendre des gens qui ne font pas
dans l'habitude de lire. Et quoiqu'un Labou»
pour fes befoins
journaliers, il y a bien loin delà î favoir lire
& entendre des livres de raifonnemenr. Mais
il..y a dans le Royaume trente ou quarante
villes où il poutroit y avoir des Bureaux pro-
vinciaux qui croient en relation avec le Bu-
ceau 'général [élidant dans h Capitale.
Ne propofons pas Pimpoflible. Je ne dis
pasque dans chacune de ces trente ou qua-
ranre Villes, il fe trouve comme Paris une
Société de Ciroyens qui réunirent emr'eux
toutes les connoirtances Phyfiques & Mathé-
matiques. Il fuffir qu'il y aie un feul hbmtne-
ayar.t quelques connoifTances de Phoque, de
Chi mie d'Hiftoire Naturelle & qui y réu.
nifie le talent d'entre avec netteté & je dis
que dans le fiedeoù nous vivons,
k trouvera dans chacune .de ces trente ou
quarante Villes. Il ne faut pas que le Bureau
provincial réfide dans lui feul, il en- fera le
D'ailleurs le Bureau fera, compofé de dit
où douze perfoniics, plus ou moins 'qui aient
<3u bon fens, de l'amour du bien public, &
jouiflent dans leur pays d'une conlîdératiou
Les qualités tequifes pour le Secrétaire fe-"
font le zèle joint au talent d'écrire & i
des conooi fiances variées. Il faudra pour tous
les membres, ce qui donne de la considération.
Elle rc'fulte de l'état des personnes, encore plus
de leur caractère. Et il ne faut pas non plus né-
gliger la fortune dans le choix de quel ues*
uns de ceux qui coiîïpoferont les Bureaux pro-
vinciaux. Car, dans tous les pays du monde
la fortune ajoute la confideration des hom-
mes & nous verrons dans la fuite qu'il y
a d'autres raifons pour defirer qu'il y ait dans
chaque Bureau quelques perfonnes qui foienc
à leur aife.
Il ne fera pas encore poflible que ces Bu-
'ceaux'.
( Il' )
B
trente ou quarante Villes,
répondent aux queftions fotivenc verbales de
tout le Peuple.
Mais chaque Bureau aura un arrondillè-
des Correfpon-
n'y aie pas un culti-
ne demture a quatre ou cinq lieues
d'un Cofrefpondanc enforte qu'il puilfe Je
& revenir chez
lui.
Ce Cotrefpondant fera l'homme du pays
qu'on en jugera le plus capable & qui aura
la meilleure wluncé. Il y en aura dans los petites
Villes ôç dans
fois un particulier faifant valoir fou bien
quelquefois un Fermier, quelquefois un Cure,
quelquefois un quelquefois
le Médecin ou le Chirurgien du pays, qu'il fera
moins aifé de trouver chez lui mais qu'on
aura de fréquentes occafions de rencontrer,
parce que les Médecins &c Chirurgiens de
Province'fonVfouvem ambulans comme Hip-
pocfate.
.Une fonction! de ce genre qui fera gra-
tuicene fera ni au-deffus ni au-defibus de
perfonne,
On, Officier Générât retiré dans
ions, fe fera honneuf d'être le CorrefpondantL
du Bureau de fi Province» pour l'utilité du,
peuple qui lice, ri'eft pas
lui, ce fera fon fermier.
Un Savant vivant à la campagne Me rou-
gtfâ pats non plus d'être le Correfpo.ndant du
Bureau de la Ville voifine quand même il
n'y auroit dans cette Ville perfonne d'auflî
éclairé que lui.
car telle eft l'organifition des Bureau* que
j« propofe, que toute vanité toutes pré-
tentions en difparoîccont,
Ce ne fera pas p.\rce qu'on a plus de^ta-?
Feus ou de lumières, on plusde'çonficlératioa
perfonnelle qu'on fera du Bureau général
des teareaux provinciaux ou Correfpondans
ce fera fuivant qu'on demeurera Paris,
les trente ou quarante Villes ou dans les
petites Villes cV les campagnes.
Paflons à préfent-aux fondions des uns Se
des autres..
V'reaux particuliers voudront faire parvenir de!
inftruftions au Peuple, ils les feront imprimée
& vendre pour ceux qui font dans l'habitude
^(̃̃f*;)V
B »,
de ÎÎW mais de plus il, en djftnbueforic
des exemplaires aux Ootrefpondans qui les
feront lire par les gens du pays capables d'en
profiter ) ou plutôt qui les liront avec eux &
les lëyr expliquéroût/
-̃'̃̃*•* Les Correfpcridans recevront les, confut-
fatïort$\ des Laboureurs & 'des Arrifans.
Leurs queftions feront'
(impies pour que le CQtrefpoudantpuiflVy tir
pondre far le champ. D'autres fois il enverra
la coiifultation au Bureau provincial v & fera
tenir la répbnfe; & il y aura des cas où le
Bureau proyincial croira devoir confuUer le
Bureau gyéral clu .Koyaume.
,îvïais quels feront les objers de ces conful-
tations? C'eft-là ce que perfonne ne peut pré-
voit.; Je vais cependant tâcher d'en donner
̃•• quelques exemples pour me faire entendre
Si rendre fenfible ce que je dis.
U n Laboureur qui n'eftjaniais font de. chez.
lui, & qui ne lit point, a cependant entendu
parler i des gens qui ont couru le monde
de quelques cultures ou de quelques pratique^;
qui ne font pas limitées dans ion pays.
Prenons pour premier exemple celui que
j'ai déjà employé,
(10)
Si un Cultivateur veut avoir des pommier*
& cidre dans un pays où or» ne les connoic
pas, il ne faut qu'avoir des greffes, -ce qui-
eft la chofe du monde
on a des relations dans les pays à cidee mais
împortible quand on n'en a
que le Bureau de torrfcfpondance procurera
très-aifément au Cultivateur. a
Dans un pays où il y a une braûTéue do
bierre > on peut vouloir avoir dans le lieu
meme une plantation de houblon, plutôt que
de le faire venir de loin; G'eft une culture
aifcç dans les pays qui & e
crois que tous tes pays humides le font
puifque le houblon fauvage, y "vient naturel-
lemenr. 11 ne faut qu'une cocrefpondahce pour
faire venir du plane ou de la graine de bonne
,cfpece, & quelques inflruclions.
Dans, les pays où il y
jdë dfap ,-il eft utile d'avoir du plant de ref-
pece de chardon enoployé pouf cet ôuvfags.
11 y en a beaucoup aux
de Louviers. Mais /ai vd d'autres pays de
manufactures de drap on on ne cultive pns
lte chardon ..et.-où on le fait venir de loin. C'eft
encore /e qu'on aura très-facilement par des
cotrefj/jyidances.
Bj
Dans un pays de chanvre il artivctt es-
fouveut qu'un payfan qui a entendu parler da
en femer. Mais il ne fait A qui
la graine; & outre
encore une petite
'inftru&ion fur les, terres propres au lin., fuc
les procèdes pour la culture & la filature.
ce ne fera pas le
plus fouvenc le Côrrefpondanc qui rendra au
Cultivateur les fervices qu'il defire. Mais dans
-Je Bureau provincial fans recourir au Bu-
fe trouvera ordinairemenc
quelqu'un qui aura des relations avec une
des Provinces où U cultur« Au
& fera avoir au Cultivateur ce qui eft nécef-
fraire pour fon e(Tai, CI)..
(i) C'eft ici le lieu d'expliquer poiirquoi j'ai dit que j*
defire que les gens les plus aifês de chaque Province-
foicot du Bureau de CorrcfpoDdance.
Je ne propofe pas dans ce Mémoire de faire des.
` fonds pour procurer des fecouts pécuniaires aux. Culti-»
vateurSjC'cft un autre objet.
M.l'ÂbWRaynalâdéja fâit une fondation pour fournir
aux pauv ses! laboureurs des inftrumens d'Agriculture*
ni celle d'aucun Par:
ci ne *-fjtffi'r.o!t pour donner de tels fecours à tous
Si au lieu de cela, 'un Cultivatour de Pi-
cardie ou de Normandie fort ignorant,
eeu* qui en auroiem befoin.Ce fera à la Nation à y
pourvoir. Il fautcTpérer que t'eCprit de bienfaifance en-
vers le peuple deviendra celui de la Nation entière. Mais
• ce <jul rend le bienfait de M. l'Abbe" Rayrial très-précieux,
qu'il aura des imitveurs un grand nom
eft un grand exemple niais ce n"efl pas de cela que nous
parlons ici..
Je propofe un e'ruWilTcment qu'il faut faire tout à*
1 heure dans le moment où h Société d'Agriculture
qui s'eft trouvée un inftant fans afylc va prendre une
nouvelle conftitution dans le moment où l'AfTenible'e
Natioivâlc promettant à la France une
invite tous les Corps & tous les particuliers à lui en indi-
quer les moyens. Pour que cet fait
tout à l'iiciire, il ne faut point y en mêler d'autres qui
.exigent des depenfes, &pour lcfqucls il faille attendrequ'il
foit Rit de fonds.
Le Bureau de Correspondance ne doit rien coûter. Sa
fon&ion ne fera que de donner des infhuftions au
Peuple, de lui procuier les relations qui lui manquent
Quand un Laboureur voudra faire un cftai, on lui
tonnera des facilite** mais if n'cft pas dans l'inltitution
du Bureau de lui en ipargner la de'pcnfe.
Cependant il cfl bien à dcfîrcr que quand un Labou-
reur ou un Artiftc pauvre aura un projet utile «c rai-
(onnabtc pour lequel il n'aura befoin que d'être aidé,
te. fecouts lui foit piocuré.
Il ( il'.)'
B 4
ayant entendu porter des ,Oliviers:) voulôit
en planter chez lui le Correfpondant en
qu'il ne..faut:
pas fonger 1 avoir des Oliviers dans une Prov
vincé où la Vigne même, ne mûrit
Ja cenfuitation n'iroit pas plui loin.
J'ai entendu dire à quelques-uns de nos
confeeres que la culture «le la Navette a ét£
établie depuis très-peu de temps dans une
Province oit on ne la connoiffoit pas ,par les
foins de la Société d'Agriculture & d'une Af-
femblée de Laboureurs qui fe font raffemble's
dans une Ville, parmi lefquels il s'çn^èfl
trouvé qui avoient vu cette ^culture dans
d'autres pays & qui en connoilïbient tous
les avantages. On voit que ce que je propofe
tout le
ce qje ces cftimablcs Agriculteurs ont établi
dans leur pays.
Ce ne fera pas feulement pour établir -de
C'cft ce qui arrivera^ lorfqm les petfonnes de h Pro-
vince le plus en (ut de lui tendre ce fervke, feront du
Bureau de Correfpondance. On ne leur prefciiri pas
comme un devoir de donner ce; feceurs, & ils kî don-
neront. ̃•̃
( *ir.
nouvelles,, cultures • que les Bureaux
cor» fui te s ce fera encore plus
perfectionner celles qui exigent.
Par exemple, dans prefque toutes les Pro-
vinces tous les Laboureurs ont les mêmes
inf\rumens, cV nommément les mêmes chat-
c'eft celle qui «ft le plus convertible
pour la nature de terrain qu'on trouve le plus
communément dans 1« pays.
Mais il y a quelquefois des veines de terre
différentes 'qui demanderoienc à être trai-
n Par exemple, dans un pays' où la terte cft
il faut de très-fortes
charrues attelées de chevaux vigoureux ou
de plufieurs paires de boeuf$, pour fendre la
terre cV la retourner. La forte charrue eft en"
core nécefTaire quand la terre labourable a
beaucoup de fond. En piquant profondément, C
on ameublit la couche inférieure qui retien-
présente une nouvelle terre,
au (oleil & à h pluie.
Mais dans te même pays il y a quel.-
quefois une côte de terre légère, pour laquelle
une charrue moins forte fuflfiroit. Aùflile La-
boureur a foin que le foc enfonce moins dant
( ii)
ce terrain. Mais il lui feroit encore plus corn»
mode d'avoir la charrue légère employée dans
d'autres Provinces. Il le fait, mais n'a pas de'
relations avec le pays d'où il pourroit en Faire
venir une qui ferviroit de modèle aux Char-
rons de fon pays, >
Dans d'autres pays, toutes les terrés font
légères & ont très-peu de fond. Dans celles-là
les charrues font fi légères qu'elles font traî-
nées par un feur cheval, quelquefois même
Mais dans les pays où le peuple èft pauvre
il cft peu indufhieux. Il y a d'autres pays,
tels que la Flandre maritime, lo Marquifit
un feul cheval qui reflemble plus à un bidet
de porte qu'à 'un cheval de charrue. Mais
comme ce' font des Provinces où il y a beau-
coup de richelTe & d'industrie,' on y a pcr-
'feclionné ces petites charrue'
vaife Champagne, ou de Prove ce qui ont
entendu parler de ces jolies charrues par
quelqu'un de ces ouvriers
qui pnt couru te pays & qui les ont vues du
C i* )
coté de Bruges de Garni,
• feroir pas une grande
Fermiers réuni», d'en- faire venir une j
ou en étoit contenr, ce feroit un modèle pour
tout le pays. Mais des Fermiers Champenois
Provençaux Manceaux ou Bretons n'ont
pas de Correfpondant qui puilFe faite pour eux
cette cow\million.
Si cette correspondance ctoit établie pour
avoir !a charrue légère,. on en tireroit biea
des lumières pour des cultures Si des procédas
propres aux terres légères employées dans les
rucme's Provinces des Pays-B.^s, & inconnues
dans, le? autres Provinces dn Royaume.
On connoitroit la culture de Il Spergule
que les Flamands & les I rabançons, cjuiiont
dans la même Province des terres fortes &
des terres légères, ne f-ment jamais que dans
là terre la plus légère.
pins pref-jue. tous les pays de terre légère
on "feme beaucoup de Sarralin..On connoîtroit
par cette correfpondance les petits moulins'i
bris machine qu'une femme, ou un. enfant
peut mouvoir, par lefquels ou
tieremenile Sarrafin de (on écorce
qui n'eft point, nutritive & on en fait de
la farine plus blanche qu'aucune farine de
froment.
la France où on ne
laboure qu'avec des chevaux. Dans L'autre,
& dans le pays de la-
bourage par des boeufs, le plus couvent on
les fait tirer cornes, Il y a cependant
des Provinces où ils tirent du poitrail j il y
a fur.cela des raifons pour & contre. J'ai en-
tendu dire que les bœufs tirent mieux du poi-
trait, mais que le harnois que cela exige
eft plus cher que le joug de ceux qui tirent
des cornes.
On dit qu'il a des. raifons économiques
& locales fur la préfére_nce du fervice des
chevaux & des boeufs que dans quelques
pays il y a des landes ou les bœufs /ont
nourris pour rien une partie de l'année'; que
dans d'autres, les chevaux fervent aux Fer*
miers dans les intervalles du temps des la-
bouxs: à d'autres ufages auxquels les bœufs
he"1etoient pas propres.
Je fuis très-perfuadé que géiiéralénient
parlant» on eiliploië dans chaque pays <el!c
«e ces /cultures qui y vaut le mieux.
Cependant il y a quelquefois des Cultt-
-vateitrs qui voivWient effaver ce qui fe pra-
tique ailleurs. Cela leur réuHit rarement. Mats
-quand le particulier y 1 perd' toit il y a tou-.
jours à gagner pour le pays ce qtfe quel-
qu'un y fafle l'expérience. Or celui qui l'en-
treprend a befoin de demandër quelques
cclaircilfemens dans le pays de la culture,
qu'il veut introduire chez lur.
Il en eft de même des Vignes. 11 y au
moins eh France dix cultures de la Vigne
absolument différentes l'une de l'autre, & on
."ne peut pas dire que l'une foif bonne & les
autres imuvaifes car c'eft entre les culture
des meilleurs vignobU» <lu Royaume, de ceux
qui produifenr les plus cxcellens vins que fa
trouve cette différence, (1)
Ci) A ne confîJcrer que la méthode d't'cIialilTcr qui
c(l ce qui frappe le plus le» ycut dcs pâfT^ns, on cft
ctonné de cène extrême différence.
Dans le Béa fn, on it y a des vins tres-eftimés, comme
ceux de Jurançon d'Aidie &c. une partie des vignes
font tn h.m>iiins c'ert-i dire qu'au lieu d'échalas, on
fiit monter les ceps le long des arbres méthode connue
jniTi en Dauphiné, en Savoie, en Italie, Sec. Si trts-
célébrée par les anciens Poètes.
On m'a dit que dins le canton des grands vins du
(
cul-
pas dans un autre,
Rhin, les 'exhalas font d'une hauteur cxccflîve. Ce
font prefque des perches & je le crois parce que en
ai vu de fcmbîables dans des' vignobles de beaucoup ̃
moindre qualité eu on m'a dit qu'on avoir pris ceui-
Dans la Èoorgogne la Champagne les tefaïas rie
font que ii la hauteur que nous regardons* comme rot-
dinaire. C'eft peut-être fur ceu^-là. qu'on s'cf\ modelé
dans les environs de Paris.
Quant aux vins de Bordeaux je n'ai pas^vu les vigno-
bles qui font au-deflus de la ville mais au-deffous de
Bordcaùic dans le Me"doc, où il y a auflî des vins fort
cfHm£s, il n'y a que de trCi-ptiii» ivl>ai*5 patf*ttenKnt
alignes & aflujcttis en haut par Une travç,rfe. On ne pet.
met pas au cep de s'Élever plus haut. Il h'cft pas pollîble
non plus de piôvignet ces vignes latéralement. La rai.
fon de cette fingulière culture cftque c'eftpardes borufs
qu'on fait labourer les vignes, Il faut que les baufî
finirent marcher entre deux rjngôcs parfaitement droites,
& que dans ces rangées la vigne foit air« bâtie pour
pafler fous le joug. le ne crois pas cette culture auft
bonne que celle qui fe fait à bras d'hommes, & je pcnfc
qu'on ne l'emploie que parce qu'il y a trop peu d'hom-
mes dans le. pays. Mais ne feroit il pas bon de s'en
fervir dans.d'aurres pays, où il peut y avoir dei terreins
propres s la vigne, qu'on ne cu'tive pas faute d'avoir
alTei de bras? Par compte à Frontignan ou je n'ai
Je dis cependant qu'il y a retours
ce que les expériences (oient faites.
On ne doit pas changer la culture dans
les cantons où le. fuccès femble prouver qu'elle
eft portée à fa perfe&ion. Mais il- y a bien
CI- vignobles de .moindre qualité ou oh fô/
conforme aveuglément au< procédés du vi-
gydble voiiîn, <5con fetoit mieux d'en prendre
d'autres. Il faut donc des expériences. Les
vu de vignes de la ville, ainfi à portée des
bras du cultivateur & j'ai vu au-delà une grande lande
deTerte, qu'on nortinie- dans le pays, Garrigue, où il
n a ni culture ni habitation J'konrtmcs; ce n'eft qu'une
pâture dc-moutons & de chèvres^ Cette Garrigue cft à
)a même expofition que la ville de Frontignan. Le
terrein que j'ai eu la curiofiré de fouiller jufqu'à la
profondeur du labourage, m'y paru de h même na-
tute. t)n en employerpit peut-être une partie en vignes,
fi'on avoit plus de bras d'hommes, ou à leur défait,
fi on y connoiflbic le procédé du Nédoc.
Enfin dans la Sairitonge Si l'Àngoumois, pays dont
les vins fonc un grand objet de commerce, car <e
font ceux dont on fait les eaux-de-vie de Coignac
nommées dans quelques pays, eaux-de-vie de Charente,
it n'y a point déchalas & les vignes rampent fur
tare. C'cfl au'flï ce -qui,Ce pratique dans ptufieuts ci-
tons de Dauphiné & de Provence.
(
ont bien.aflTe* de zèle pour eflayet' tout ce
qui pourra améliorer leur culture. Mais où
prendront- ils des inflructions ?
Celles des livres ne AinSfent pfs. Car après
avoij: Ju le livre ou l'Auteur emre "çjans"!©
encore à celui qui
faire.
Outre tes pratiques connues dans un pays
qu'on. voiidroit imiter dans un autr«, un Cul-
tivateur intelligent peut en imaginer de, nou-
velles pour lefquelles il aura befoin des lu-
mières d'un Phylicicn ou d'un Chimifte.
do l'utilité de
li pour les Cultivateurs fc-
dentaires trouveront fans doute que j*ai
employé beaucoup trop d'exemples. pour -la
prouver; mais j'ai cru que cela étoit nécef-
f&ire pour convaincre bien des gens qui foit
portés à regarder comme des chimères tout ce
quW fait pour inftruire le Peuple.
Je prévois que ceux-là nie, demanderont Ci
je penfe fincerement que l'Agriculture fe per-
fecliojinera beaucoup par la CorrefpondaiKe.
Pour répondre à cette queftion il faut.
(̃̃)̃
prefque toujours pour ce qu'on
je dirai que je ne crois pas que fes progrès
foient fort rapides dans les commencemens
parce que la plupart des habitans.de la cam-
pagne ont peu de defir de
font pas portés à croire" qu'on puilïe tiret de
leurs terres un meilleur parti que celui qu'en
tiroient leurs pe.res. Cependant la Société fait
qu'il y a des Provinces où le dcfir de l'inf-
& a déjà produit de bons effets; ce qui eft
dû aux foins de quelques Agriculteurs qui Ce
font réciproquement communiqué leurs lu-
mières. Am(î elle ne Joie pas.défefpérer que
cela ne devienne général par l'ctabliflTemenc
des Correfpondances.
Dès qu'il y aura eu dans un pays un feul
homme donc on aura vu la terre améliorée
par les connoifTances que le Bureau de Cor-
refpondance lui aura procurées tous iront
recourir ce Bureau comme à un oracle.
Ce qu'il faut recommander :l ceux qui eiir
treprendront l'inftruâion du Peuple, c'ed d'y
travailler avec confiance & de ne pas fe re-
buter quand on leur mandera que dans une
Province, le Peuple s'y r.efufe.
Le
Il 1 1
c
lation, efl peut-être celui où il ` en
plus dans trente anst& pour me fervir d'une
de'notre
travaille pour l'inftrucYiôu du Peuple ne doit
pas fe regardée comme le Laboureur qui feme
pour recueillir l'an
planteur de bois» qui confie à la terre Je gland
dont on fera des poutres dans cent ans.
Le Bureau
ainfi établi, il. faudra faire un jour la dépend
d'y joindre un jardin où foient réunies toutes
les productions du règne Végétal) dont quel-
ques-unes font déjà employées utilement par les
hommes, & d'autres font fufccptibles d'ulages
qu'on découvrira quelque Jour. Une Ménage rie
y feroit àu(li très-utile, fi la dépenfe n'en étoit
pas exorbitante..
Outre ces tableaux de là nature vivante dans
les deux règnes, il fViidroit un cabinet qui con-«
tint cîfes échantillons de la nature morte & ceux
de tout le règne minéral il faudroit que ce ca-
binet contint aullî les produits chimiques pro-
pres à faire connoure Pufage' qu'on fut de
chaque 'production de la nature. Et comme la i
correspondance embrafleroit tous les arts & r