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Mémoire sur les moyens d'amener graduellement, et sans secousse, la suppression de la vaine pâture, et même des jachères, dans les départemens qui sont grevés de ces usages... ([Reprod.]) / par Delpierre,...

De
21 pages
[de l'Impr. nationale] (Paris). 1800. Biens communaux -- France -- Ouvrages avant 1800. 1 microfiche ; 105*148 mm.
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20x
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NBS • 1010a
(ÀUSI and ISO TE'ST GHART No. 2)
THE FRENCH REVOLUTION
RESEARCH COLLECTION
LES ARCHIVES DE LA
REVOLUTION FRANÇAISE
MAXWELL
Headington Hill Hall, Oxford 0X3 QBW, LK
A
Sur les moyens d'amener graduellement et sans secousse }
la suppression de la vaine pâture, te même des jachères
dans les départemens qui sont grevés de ces usages en
leur procurant la ressôurce des prairies artificielles "et
autres plantations } sans forcer les cultivateurs de recourir
a. la Voie
r au D E L P I E R R E jeune (du département
des Vogcs) membre du Tribunat.
N'allez pas trop superstitieux
Suivre servilement les pas de vos aïeux
des champs de nouvelles; re.ssoutces-, ̃
chemins, ouvrez-vous d'autres sources. Delulh.
toujours
pour croise les préjugés ou l'ignorance du cultivateur
clic tient en plusieurs contrées à la distribution du
sol même sur lequel il trace ses sillons, ou à des
(0 J'attcndois la p*<* rmu pubi;<1 ce Petî' mémoire, car i! esc
disette <^ue des idées d'agriculture soient aceueillies aa milieu du
tumulte ciés armes. Cependant l'état de guerre étarit un ét,u tk'vo-
t-xni, il flue, s'il se prolonge nous attacher à multiplier nos produits
et à placer les moyens réparateurs à côté des causes destructives
je'compte donc pour être entendu, ou sur la nécessité re reproduire
si nous avons la guerre, ou sur la volontz Si nous avons
la paix,
2;
pratiques générales à l'empire desquelles il ne peut
individuellement se soustraire; par exemple le mor-
cellement des propriétés rurales, l'usage du parcours
et des jachères enchaînerons jamais .dans une foule
de départemens le génie des imitations heureuse ou
des innovations utiles. En vain dans un territoire ^où
les possessions sont divisées à l'infini, où les pro-
ductions céréales sont tans cesse en proie aux ravages'*
de la compascuité, où les terres les plus fertiles sont
périodiquemeent condamnées à un repos qu'elles ne
demandent pas un agriculteur éclaire voudroit na-
turaliser les méthodes simples, économiques et fé-
condes recommandées par l'expérience des nationaux
ou des étrangers: elles ne sont applicables qu'à un
qui Jtermeltroit les réformes dont il sent la nécésité
qui a^rnettroit les essais dont il a calculé les avanta-
ges evt encore dans les, ombres du néant. Il Ku:fcfoiîC
que sa bonne volonté expire devant l'obstacle phy-
sique que 'a localité lui oppose qu'il suive 'malgré
lui, le sentier étroit qu'ont tracé ses aïeux, que ses
procédés soient esclaves quand sa
et qu'avec des lumières et des moyens de fortune, il
montra la langueur de la pauvreté et copie les allures
delà multitude.
Dans une'poition considérable de la France le bien
rural le plus chétif se.cbmp.ose de cinquante quelque-
fois de cent lambeaux de terre imperceptibles, placés
à de grandes distances les uns des autres, sur lesquels
le. cultivateur est obligé' de successivement
pour labourer, fumer) semer et recueillir. On con-
toit combien ces découpures donnent de voisins usur-
pateurs, et par conséquent enfantent de querelles et
de precès combien par l'effet de l'interruption qu'elles
causera dans les travaux elles font faire des pas km-
3
A a
tiles et consument de temps précieux combien erfm
las frais de confection et d'entretien des nombreuses
clôtures qu'elles rendent nécessaires, nuisent aux suc-
cès des plantations et des cultures diverses que l'agri-
culteur a intérêt d'entreprendre. de ces
parcelles disséminées, en concentrant ses labours en
réduisant l'étendue de ses moyens de défenses, dtvc-
lopperoit toute l'activité de son industrie rassurée
contre les hostilités des pillards et les atteintes des
troupeaux. Mais l'utile projet de réunir les propriétés
éparses en domaines plus vastes et mieux arrondis,
rencontrera toujours deux obstacles puissans le pre-
mier dans les prédilections irraisonnées du propriétaire
pour sa chose le second dans l'exagération des droits
du lise sur les actes d'échange. Ces deux causes Funestes
à la prospéri:é des champs ne sont pas aussi faciles i
vaincre qu'a signaler, et si nous attendions, pour dé-
rober l'agriculture à leur influence, que les propriétaires
devinrent plus raisonnables et le génie bursal plus
modéré) nous nous exposerions à ajourner indéfini-
ment un projet dont l'économie rurale et politique
ne permet pas de différer plus long-temps l'exécution.
Mais doit-on arrêter ses pas dans la carrière des amé-
liorations, parce qu'on n'a pu la franchir par la première
route qui s'est offerte à nos regards? Il est, pour ar-
river au but, des chemins détournés d'autant plus
surs, que ce n'est pas là que la routine se tient en,
embuscade pour s'opposer aux tentatives de la réforme.
C'est par eux que je dirigerai l'agriculteur, sans iju'il
s'en doute, vers un ordre de choses dont la proposi-
si tion directe l'effarouche.
L'usage des jachères et de la vaine pâture né en
France, pendant le régime féodal, de l'immensité
des territoires et de la foiblesse de la population,
bien plus que de la médiocrité des sols et des
»̃
conseils d'une, saine physique, rend les fourrages
dans tous les pays où la contagion
du mauvais exemple l'a étendu et accrédité. La raison
de cette pénurie, qui prive les plus fertiles con-
trées de la richesse des bestiaux, vient de ce que,
excepte dan* des terrains clos à grands frais, l'agri-
culteur n'y peut rien planter, ni rien y semer d'étran-
ger aux cultures locales. En effet le parcours des
moutons dans les jachères, et' celui du gros bétail
dans rassolement des bleds et avoines immédiatement
aj-rès leur récolte ne lui permet pas d'y confier,
la foi publique, une plauste ou ,un arbuste dont la
le terme ordinaire de celle des
grains qu'on y cultive généralement. Or les herbes
artificielles et les arbres 'sont destinés les premières
à. durer au moins deux ans, et les autres à subsister.
pendant un long espace de temps..Que {croient une
lu/.em:ère un verger, une pépinitre un semis de
chênes ou de sapins abandonnes au milieu d'un vaste
territoire ouvert sans bornes à la course vagabonde
des troupeaux ? ils seraient dévorés ou détruits en un
jour. L'agriculteur est donc obligé de se replier autour
de son habitation où d'entourer ça et là de haies ou
de murs quelques acres dc terres pour y faire croître
les herbages dont il a besoin, sur-tout en été, pour
nourrir ses bestiaux. Mais !e plus souvent il n'a point
de propriétés adjacentes à sa maison et les dépenses
consic érables qu'entraînent la confection et la répa-
ration des clôtures, les désagrémens que lui fait éprou-
ver chaque jour le spectacle de le:ft- ruine,, le détour-
nent du projet de se fermer, quand même sa fortune
lui en laisseroit les moyens il est alors obligé de
cenddre ses troupeaux dans ses prairies, et de consu-
mer à l'avance ses ressources d'hiver, ou le long des
chemins, et des friches et d'endommager les propriétés
voisines, ou dans les forets, et d'exposer par-la, ces
• 5
A j
possessions intéressantes à une destruction prochain.?,
et lui à des reprises continuelles. Dans les' pays de
vaine pâture, qui sont presque toujours aussi pays
de jachères parce que les abus appellent les abus,
à l'exception de quelques communes qui possèdent de
vastes prairies le long des rivières qui arrosent leurs
territoires, les bestiaux sont remarquables parleur mai-
greur et la dégénération des races; ils sont peu nom-
breux, et si peu qu'ils le soient, ils le sont encore
trop pour la sûreté des productions menacées sans
cesse de leur dent famélique et de leur pied destrne-
teur. Est -ce» le terrain qui manque à ces localités
misérables ? non; elles ont au contraire pour la plu-
part, de vastes territoires qu'a peine elles peuvent
cultiver, et qu'elles cultivent mal, à raison de leur
étendue, malgré l'opiniâtreté de
ressemblent a'Tantale mourant de 4oif u, milieu d'un
grand fleuve..Le code rural leur a bien permis de
varier leurs cultures à leur gré, elles désire roient bien
elles-mêmes secouer la poudre de leur misère hc'tico
mais le parcours menaçant tous leurs essais de son
son agression dévorante, ne leur permet pas d'aban-
donner la foi'le lisière des instructions paterueiks, et
de corriger Icjm.inuel gothique des usages
dant Les siècles les plus barbares.
• L'agriculture de ces pays, froissée par les entraves
que le. parcours multiplie autour d'elle, ne peut pas
plusse développer ou grandir qu'un enfant qu'on ga-
rotteroit au berceau avec des liens de fer. Aussi clic
y est à-peu-prèsuiujourd'hui ce qu'elle y ct< it il y a
deux siècles. Les qu'elle y a éprou-
ou seront moins des pas vers la perfection q «le
correctifs supedicie's d'un système irui1.-
vais. Il n'y a qu'un moyen de la délivrer de ..son état
6
d'enfance stationnaire et de favoriser, son développe-
ment graduel c'est de ,1'arracher de dessus les fonde-
mens détestables où elle languit et de lui donner
pour base, le principe de vie et de prospérité de tous
les arts, la liberté.
Des expériences multipliées, faites d'après les in-
vitations du bon sens, prouvent qn'une charrue qui
embrasse trop de terres, loin d'améliorer le sol, et de
multiplier les produits détériore l'un et diminue les
autres. L'imperfection des cultures dans les pays de
jachères et des parcours, vient le plus souvent de leur.
extension immodérée. L'intensité si je puis ainsi dire,
des laboures et des engrais appliques à des^espaceî
moins étendus, en donnant ail cultivateur des produits
égaux lui feroit faire une incalculable économie de
temps, de soins et d'avances elle lui conserverait le
trésor de la santé elle lui ménagerait les forces de,
compagnons nécessaires de ses travaux, et le saaveroit
des pertes -irréparables que son ambition appauvris-
sante, que son industrie rétrogradé occasionnent tous
les ans dans ses attelages exténuées.
Deux choses sont donc démontrées à l'égard des
pays de parcours la prei;iière que les fourrages y sont
en trop petite quantité; la seconde que les terres
labourables y sont en trop grand nombre. L'intérêt
de l'agriculture qui repose sur ces deux bases parallèles,
pâturage ̃&, labourage veut que les prairies s'agrandissent
de l'excédent des guerêts et que ce que l'on donne
aux grains avec des fatigues inutiles on l'accorde
fructueusement «et sans peine aux troupeaux.
Mais quel moyen emploierons-nous pour amener cette
portion féconde, pour mettre chaque cultivateur en
état d'étendre ses prairies selon ses besoins ou ses
spéculations ? Conseillerons-nous la réunion des pro-
priétés et Rétablissement des clôtures ? Non ce con-

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