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Mémoires historiques et physiques sur les tremblemens de terre / par M. E. Bertrand,...

De
332 pages
chez Pierre Gosse junior (A La Haye). 1757. Séismes -- Suisse -- 18e siècle -- Ouvrages avant 1800. II-326 p. ; in-12.
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MEMOIRES
HISTORIQUES
E T
PHYSIQUES
SUR LES
TREMBLEMENS dï TEftRE.
de VÉgliJè Françoi/e de Berne; des
Académies de Berlin, Gôttin-
gue, Leipfic, ifMayence.
J. L A H A Y E,
Chez PIERRE GOSSE, Junior*
Hbrs*e de S. A. R.
M. DCC. LVIL
tïum qtio nulfym ma-
jus eft: noffb
Sënec. Nat.
FL cap. IF
A MONSEIGNEUR
WÏLLÀDlttG
de Bure,
CONSEILLER D'ETAT DE LA RE-
PUBLIQUE DE BERNE:
ET
A 'M~A D A k I
MARIANNE WILLADING,
K-ët D'ERLACH.
MONSEIGNEUR .-et MADAME,
AI mis fous la protection de
votre "illuftre Nom les pre-
miers ••̃ eflais d'un travail,
donton tn-a demande la fuite. Vous
avez'resâ. avec cette bonté, qui fait le
fonds
4J
fonds de votre cara£lèrè> ce premier
témoignage public de moi attachement
reJpe&uèux. Je dois, Monseigneur
& Madame ,r
£on démon travail, vous payer ce nou-
veau tribut
Ceux qui cbnrioifiènt voue ïflbHeftie en
approuvant rhomage,quejeTends àvotre
union &;à votre me'ritèy ne feront point
furpris de mon fiIence fur vos vertus. Ce
font Elles, bien autant que la faveur,
dont vous daignez m'honorer,, qui m'in-
ipirent lesjfentimens de la
fidération avec laquelle j'ai l'honneior
d'être,
Monseigneur & Madame^
Votre très -humble &Ftr£s*
BERTRAND. R
A
MEMOIRES
POUR SERVIR A L'HISTOIRE
Des
TREMBLEMENTS de TERRE EN
GENERAL ET DELA SUISSE
•^ EN PARTICULIER.
PREMIER MEMOIRE.
THEORIE GENERALE DES TREMELE-
MENS DE TERRE.
;L N'EST point d'événement
qui n'inftruife le Chrêcien Il
n'en efc point qui ne le con-
duife à celui qui en eft le
Souverain difpenlàtear Voilà le centre
de fes méditations, l'objet de fes lec-
tures, le but de fes recherches, le fu-
jet de tes obfervatioqs: C'eft ià toute fa
philo-
Le Chré-
tien rap-
porte tout
i Dieu.
a L Mémoire suit x.zm
philofophie. Plus les événemecs font
frappans, plus les phénomènes font ex-
traordinaires, plus auffi il s'applique ày
trouver Dieu; & perfonne ne le cher-
che de bonne foi, qui. ne le trouve avec
facilité. C'eft dans ce point de vuë que
nous devons corifidérer ces calamités,
qui ont affligé quelques Peuples, ou qui
en ont effrayé d'autres, pendant les an-
nées 1755 & 1756". Dans ce deflêfj
nous avons prononcé & publié des dil-
cours, deftinés à fixer notre attention,
fur des avertiffemens fi extraordinaires
que la Providence nous adreQe en nous-
épargnanr. Après avoir envisagé comme
Prédicateur [a] des rélations fi propres
à nous touchée» je- me propgfe de les
raflêmbler en Phyficien, pour en former
un lyftême d'obfervations.
Etudes des
faits.
Si poar profiter falutairement de
ces événemens il ce faut point perdre
de
[«J Voyez quatre Sermons prononcés à l'oca-
Son des derniers tremblemens de, Terne de l'a»*
née »7jy. Vcvey. 17J*;
T&EMBLEMENS DE Te&RE*
A 2
de vue la Divinité, qui les dirige; afin
de s'en former de juftes idées, il feue
rafîèmbler les faits, ou les phénomènes,
pour les envifager dans un feal coup
d'oeil. Plus ces aidées acquifes feront
exactes, plus elles feront propres à nous
humilier en nous ramenant à celui qui
dirige ces événemens extraordinaires.
Nous y trouverons des profondeurs
impénétrables, dés myftères iaexpliqua-
bles, des énigmes à découvrir, des phé-
nomènes difficiles à fai1ir, plus difficiles
encore à expliquer. A chaque rôdant il
femble que Dieu fe plaife à confondre
les orgueilleufes prétentions de ces ef-
prits fuperbes, qui voudroient connoî-
tre les caufes & définir les raifons de
tout ce qui eft. Plus on étudie la natu-
re, mieux on fent qu'elle fe dérobe fou-
vent à nos recherches. Envain fait-on
des efforts pour la foumettre à des hy-
pothèfes, enfans de la témérité & de la
préfomption; mieux connue elle nous é-
ebape, &nos {bppofîdons s'évanouifient
comme l'ombre, lorfque la lumiére fe
reri-
î?4f-toiit
nous trou-
vons de
l'ohftu*
rites
4 I* 1ÉS
retire. L'expérience confultée détruit
renverfe, & nous laiffe dans la même
obfcuricé. Tant de preuves de notre
ignorance ne pourront-elles pas nous
rendre rodef£es? Rien de plus condam-
nable en particulierque ces Systèmes qui
ne fe raporteitt point à Dieu, comme à
la caufe première ces fyftèmes qui femi,
blent vouloir nous le faire perdre de
vue. PLATON, Pythagore, Plutar-
QUE, Porphyre, GALIEN, Cicérôiî»
mieux inftruits par la feule raifon, que
ceux qui poufrOient l'être aujourd'hui
par la révélation, qu'ils méprifent, par-
toient tout de ce point, &y ramerioienÉ
tout. ST. Paol dit du Souverain Eue,
de lui, par lui, 6? pour lui font îcj,Us
dhofes. ET MARC Antoj»in avec la
même énergie laconique' exprime les
mêmes idées, qué Di£u eft la lèulè cau-
fe efficiente, la feule caufe conservatrice,
& la feule caufe finale. C'eft donc s'é-
loigner de la nature que de vouloirexpli-
quer -ou concevoir quelque chofe, fans
oelui qui renferme la raifdn de tout ce
qui eft actuel & de tout ce qui eft poffible.
Loik
Tremblemens ?>e TERRE. 5
LoiN de nous ces espreffions impies,
empruntées du Paganifme & qu'on en-
tend, à la honte de notre fiécle, répé-
ter dans le fein-même du Chriftianifme.
Je pardonne à SisiQqs quoiqu'en
coEfultant la raifon il eut pO aprendre
un autre langage, d'avoir dit que ce
n'eu pas les Dieux qui ébranlent la ter-
re [&]. Mais je ne faurois fouffrir que
.des Hommes,. dont la raifon.eft éclairée
par la révélation, ;mitent ces dîfcours.
.Ce n'eft pas. être Physicien, que de dire
que Dieu eu la caufe" immédiate des
çremblemens de Terre, fans le fecours
des caufes fecondes, ou fubordonnées
qui font en là puiflance Mais ce
n'eft pas être. Philosophe que de vouloir
expliquer ces effrayans phénomènes,
comme s'ils, étoient indépendans de la
̃ Pro-
Dieu en: 1.
prémierç
caufe.
[6"J Nihiï torttm Da fatiuitt rue ha tJtemmum^
«si: cotlum cmàOrtïn- «ut fars tare.
ran Ub. VI; Cap. HT.
̃ -M. D femMe que ce fôit la Phyfquc de D*-
Phyf. Par, IL, Cap.. XIX.
A3
6 î. MÉMOIRE StJS. LES
Providence, à laquelle tout eft fonmis
La même volonté qui établit au com-
mencement, toutes chofes les fon-
tient, les conferve, les dirige: Sc'eft
par une fuite de ces Loix établies,
pour des fins infiniment fages, que ces
grands événemens, qui nous étonnent,
oa nous épouvantent, arrivent ici-bas.
Telle eft l'idée que nous devons nous
former des tremblemens de terre natn>
-'rels, qui, en nous montrant fans celle
que cette terre eft fragile, nous apren-
nent qu'elle n'eftpas faite pour nous, ou
que nous ne fonJmes pas faits pour y de-
meurer toujours l'dj. Souvent Dieu,
pour danner des preuves de fa puiffan-
ce, comme Maître de la nature*, ou de
fon amour pour l'ordre, comme Juge de
l'Univers a ébranlé la terre ou les fon-
de-
̃ [y] Erramus/fi nllam temrum part= a peri-
culo immunein créditons. Omoia ûb <rm ja-
cent leg. #Nibil ita, ut immobile effet, aarura
concepit. Aiia aüis temporibas çaimt. &C. ¡SE:
npo Nw. Qnsdl, Ub. VJ. C^. i
"Rîmbiemeks Ê* Terre. 7
A4
démens des Montagnes f e]. Ainfi la
terre trembîa à la promulgation de la
loi, fur Sinal; à la mort du Rédemp-
teur, fur le Calvaire 3c à fa réfurre&ïon
au troifiéme jour AînG encore fut-
elle ébranlée, lorsque les fidèles prioient,
ponr leur donner un témoignage de la
préfence da Seigneur qui les. proté-
geoit [g]. Par an tremblement de ter-
re furent ouvertes les portes de la pri-
fon de Paul & de Silas £Z>]. Lors-
que CoRÉ, Dàthan & Abiran fant
engloutis par là terre qui les portait,
c'eft un tremblement, qui annonce la
juftice févère de celui qu'ils avaient of-
fenfé Les Romains, prévenus que
les tremblémens ne pouvoient s'exécu-
ter fans la direâion d'une Divinité, or-
don-
Kahœn. I. j. il, Rois 3OCH. S.
[flASesIV. 3 t.
[è] Ades, XVI. 2.6.
[;]Nomb.XVI. îi,
♦£ I, MlMOIRTS sUR LES'
donnoient, dès qu'ils en fentoient, des
fèces ou des féries. Semblables aux
Athéniens, qui facrifioient au JDJeçs in-
connu, ils s'abftenoienc dans leurs priè-
res & leurs facrifices dans ces qcca-
fions, de nommer aucun Dieu, ni au-
cune Déeflê; de peur que fe méprenant,
ils n'irritaflènt celui donc le nom auroic
été omis Mieux inftruits, en cher-
chant, pour fatisfaire notre Curioflcé
Jes çaufe$ fecondes de ces bouleverfe-
mens remontons toujours pour nous
inftruire à la caufe première de qui
tout dépend.
caufes des
tremble-
ON a fait des efforts pour expliquer
les Tremblemens de terre & tout ce
qu'on a dit laiffe encore, il faut en con-
venir, bien des obfcurités. Les uns en
ont cherché la caufe dans le feu les
autres dans les vents renfermés des
troifiémes dans les eaux foûterraines.
̃ 'Tout
A. GSLiins. NoS. attic. Lib. IL Cap
XXVIH. T. Lxv. Dec. Vj Lib. L Cap. XL. fub
Tremblemeïïs DE TERRE. -9
AS
.Tout cela peut diverfement y contri-
buer ( i ).
On fait qu'il y a des pyrites & des
̃matières pyriteufes, une forte de fel &
rde fouffire fufceptible d'inflammation
pu d'effervefcence. Ces matières font
perlïts, par veines, par filons, par cou-
chez, feules ou mêlées, en plus ou
moins grande quantité mais répandues
-de toutes parts. Il n'eft point de lieu
oh il n'y en ait plus ou moins. Cela
était néceffaire pour la fermentation in-
térieure, pour la circulation univerfel-
le, pour entretenir une chaleur con-
tante dans la terre,, pour la végétation,
pour la pérennitë. des fources communes,
pour la confervation des fources chau-
des, pour l'entretien des fontaines mi-
nérales, pour tous les météores aqueux
,& ignées en un mot pour le mécanif-
.me entier de cotre globe Cm). Cesma-
tié-
[1] Vide Sekbc. N«tjt. Qgîcft. Lfb. Vt Cap.
XH. &aliK.
[w] Voyez Lister de fbntibus medicatis Anglü.
Lcindin. i6t6. 1. J. G»-_
Matière^'
di{po{ccsà
l'efièrreP
cence.
îo I. Mémoire sur tts
tiéres pyriteufes mouillées ou humece
tées, s'échauffent, fermentent, s'en--
flamment. même quelquefois. Le3 ex-
périences connues de Mr. Lesïery le
prouvent (s), en imitant les procédés
de la nature méme.. Si fur une once
d'huite ou d'efprit de vitriol, on jette
de l'eau commune, il ea naît une effer-
vefcence chaude: Si fur ce mélange é-
chauffé on jette à plùfieurs reprifes
de la limaille de fer, il s'élève une fu-
mée blanche, à la quelle on peut allu-
mer une bougie, & il fe fait une falmi.
nation avec éclat. Ce même Chimifte
mettoit en terre cinquante livres d'un
mélange de fouffre & de limaille de fer,
la terre étoit humeâée peu-à-peu, &au
bout de huit ou neuf heures on voyoit
une
J. Gotofred. Bergbr, Profèfl! Vîttebèrg:. De
Thermis CarolinisconiiBeiitatio, qui =ni=- o-
rigo Fonnum caUdorom itemque addorum ex
Pyrite oftenditur. Vittembeig. 1709.' 4.
en] Duhamel Hift. Rcg. Saea. Aai. làb;
YL Cap. n. Voyez encore HifioL" & MctrioL de
I'âqcL Roy. An. 1700. pag. 66. $u x 31. &c.
TrembEemens DE Terre, II
une image de l'Erna ou du Véfuve
tremblement, éruption, famée & flam-
mes.
L'air intérieur, dilaté par des effer-
vefcences pyriteufes, ou des inflamma-
tions fulphureufes renfermé dans des
canaux, des conduits des cavernes
foûterraines pouffe preffe, ébranle
& renverfe plus ou moins ce qui s'op-
pofe à fon effort & à fa dilatation libre.
De là naiffe,nt des vents, qui s'échapent
avec-violence; des eaux, qui font fou-
levées avec force; des flammes, qui s'ex-
halent avec ardeur; des fécouffes qui
ébranlent & renverfent. [o] De là des
éruptions d'air, d'eau, ou de feu des
dïfroprions des éboulemens & des trem-
blemens -de terre. Ainfi la poudre à
canon enflammée poUffe, ou détruit ce
qui s'oppofe à la dilatation de l'air, qu'el-
le
Dflîtatfoir
de l'air
parrcfiw^
vefceace
ou l'in-
non,
Voyez les Volcans Mund.
Subt. T. feq.
12 I. MÉMOIRE SUR LE:
le embrafe. Le tremblement de terre
cefiê fouvent avec l'éruption qui paroîc
L'air, le feu ou l'eau, qui fortenç, fou-
lage la terre agitée. C'eft ce que l'on
obferve confhrarnent aux environs da
Véfuve. Ainfi font renverfées les mon-
tagnes, les Villes détruites, les gouf-
fres formés. Ainfi ont été foulevées de
nouvelles lues du fond des mers &d'an-
ciennes englouties Ainfl font-ar-
rivés divers càangemens fur la furface
de la terre & dans fon fein.
Sageflè
^u Créa-"
teur dans-
la difpofî-
tiondêces
pyrites.
•Tel étant l'erct de ces pyrites, pla-
cés dans la terre par le Çréateur nous
com-
îtl Voyez des "exemples dans Kirches, Va-
resius', A. L. Moao, M. de Boffoîj & d'au-
trcs Auteurs. Voyez Sekeqjje N. Qj_ Lib. II.
Cap. XXVI. Lib. W. Cap. XXi. PuN.HHh Nat
Lib. H. Cap. XXVII. Rift. defAcad. royal. 1707.
p. 13. &' 170S. p. 28 z$. &c. Loc'-bt. hh.
VI. v. 560 Se feq. Stzab. Lib. I. fub finem.
Voyez particulièrement Sim. Portii Epift. de
rConf.agri Puteol. & Neapblitanae Scientiarum Aca_.
demix, de Vefiiviî Conflagratione qux Meniê Ma-
joanno 17 ;7- accidit commentarius.. 4. NeapoL.
I7J8.
•fÉRRE^ i$
comprenons qae s'il fallait qu'ils fuffent'
répandus ça & là, pour la chaleur & le
méchanifme univerfel il n'était pas
moins néceflaire qu'ils ne fuffent pas
réunis dans un lieu en trop grande
quantité. C'eft pour être emcnoncelés
en certains lieux que ces lieux-là font
plus fujets aux tremblemens de terre.;
fur- tout s'il y a des eaux dans le voifi*
nage. S'ils étoient tous accumulés dans
un même endroit leur effervefcence
ou leur inflammation feroit capable de
détruire ou d*embrafer le globe entier.
Peut-être eft-ce par ce moyen qu'il
prendra fin.
ON fait auffi qu'il y a des vapeurs
fulphureufes & inflammables, qui rem-
pliflènt quelquefois tous les rameaux
des mines, lefquelles s'enflamment avec
une extrême facilité & peuvent donner
lieu à des fecouflès. Il n'y a point de
mines » où l'on n'ait vu de ces exhalai-
fons détonnantes s, qui caufent fouvent
du dommage, toujours du fracas. Lar
àoudre à canon allumée occupe un
•̃ •. ̃ ̃ ̃ -ec
Vapeurs
fulphu-
reufe
dans 12
ï4 T* Mémoire stisiîj-
efpace quatre mille fois plus grand 4 &
fon effet effc d'aucant plus violent que
fon affion eft renfermée dans unpluspe.
tit efpace. Quel effet ne peuvent donc
pas produire des exhalaifons enflammées
dans les cavités ou les antres de la ter-
re ? [f Il n'y a que ceux qui ont fait
attention aux effets prodigieux des mi-
nés, qui puiflent fe former une idée de
la force de l'air enflammé.
Vapeur*
lûlphu-
reofes al-
lumées
éusVair.
Flamsteed & HALES ont cm
que des eghalaifons fulphureufes, allu-
mées dans l'atmofphère peuvent auffi
pénétrer de là dans les cavités de la ter·
re, y propager l'incendie & y canfer des
commotions violentes. Auffi a-t-oû
vu fouvent, avant les Tremblemens de
terre, dans la Suiffe & dans d'autres
pays des météores ignées, qui les ont
annoncé, ou du moins qui les ont pré-
cédé. Scheuchzer ea fait plus d'n-
ne
• ty] Effii d'explications de divers pteûomàie*
Phyfiques &c.par Berger. Tom. %• bbfcrvat. I.
tourna!. des Savans T. IV. p. 283. Tom. V. jp
juo. fuir. 163. fuir. T. VL p. iz& fuiv. &c
T&emblemeks DE Terre. f
ne fois mention. Cet air intérieur,
chauffé, peut réduire les eaux dans un,
fluide, quatorze cent fois plus rares &
caufer par là d'étranges effets.
L'air une fois dilaté exceffivement
dans un lieu peut par le moyen des
grottes, des cavernes, des canaux, des
Effares, qui fe communiquent les unes
aux autres fe répandre fort loin. Il
peut comprimer celui qui efl dans les
cavités communicantes, & produire, a-
vec ce mugiffement, qu'en entend, ces
courans qu'on apperçoit, & fes fécouf-
fes réguliéres, que.l'on compte, tandis
que les lieux- mêmes, placés fur le cen-
tre de la matière enflammée, font expo-
fés à des foulévemens & à des boulever-
femens, qui détruifent tout. Les vents,
qui s'échapent par quelque éruption
fous les eaux, les foulévent; de là ces
colonnes ou ces flots de la mer, qui (ùb-
mergent ces fontaines, qui jailliffent,
ou qui bouillonnent; ces fources qui fe
forment; ces étangs, qui paroûTent.
Voila ce que l'on dit de plus prob.a-
ble,
Comma-
SlCâtlOQ
de la com-
motion
intérieu-
re-.
'L«trem-.
blcmcns
de terre
n'ont
peut-être
pas encore
été expli-
ques.
J6 I. Mémoire stîR fcss"
ble, & ce que l'on fuppo.fe avec le plus
de vraisemblance mais qu'il y a loin
delà à une explication complette & fa.
tisfaifance! Si ces explications femblent
applicables à quelques Tremblemens de
terre topiques, ou particuliers à certains
lieux, je ne fai fi elles péuvent fervirà
expliquer ces treLlulemens généraux, ou
étendus, comme ceux que nous avons
éprouvé les années précédentes. Celui
du premier de Novembre 1755 qui a
été fi funefte au Portugal, paroit avoir
embraflë une étenduë de plus de mille
ou de douze cent lieues, & peut-être
davantage dans le même tems dans
l'Europe, l'Afrique & l'Amérique Sep-
tentrionale peut-être a t il été uni:
verfel. Il paroît même très- clairement,
par toutes les relations que durant
les Années 1755 & z756, des tremble·
mens fucceffirs ont parcouru les quatre
parties du monde. Dés le 7. juin 1755
ils ont commencé en Perfe. La Ville
.de 'Cachas en a été reriverfée en partie,
& ils ont continué pendant toute l'année
ir$ô" en divers lieux. Le 26. Avril 1750",
à
TrEmbiemens DE Terre. 17
B
à 8 h. du matin les tremblemens com-
mencèrent à Quito, dans le Pérou le 28.
la Ville a été renverfée.
Cette étendus & cette infhntanéi-
té du mouvement fuppoferoient une ef
fervefcence fabite & inftantanée. Mais
on fait que la fermentation ou l'in-
flammation, fe communiquent fucceffi-
vement. Si l'eftuation, qui a caufé cet-
te agitation de la terre, eft partie d'an
point, quelle violence n'anroit- elle pas
dû avoir ? & à quelle profondeur im-
menfe n'auroit-elle pas dû fe faire, pour
embraflèr un terrein fî vafte ? D'ailleurs
tout mouvement, qui naît d'une fermen-
tation ou d'une inflammation fubice
doit être confus, tumultueux fans rè-
gle, fans ordre fans direction. Mais
par le tremblement que nous avons ob-
fervé dans la Suiffe, & fort loin aux en-
virons, le neuviéme de Décembre il
paroit qu'il y a de la régie, de l'ordre,
& de la direction dans les fecouffes. Nous
avons reffenti à BERNE, ce jour-là, trois
balancemens fort diftinûs
rei
Phénoinè-
nesdifici-
lesàcx-.
pliquer,"
iïF J. MImoïre SUR lits
re, trois allées & crois venues. Le mou-
vement déçoit horizontal la direâion
étoit à peu- près duStid ou Sud-Eft aaNord
ou Nord- Oueft, & elle a été obfervée de
même en" divers autres lieux. On a vou-
lu drftingaer crois fortes de tremblemens,
un horifontal & de balancemens alter-
natifs; un perpendiculaire, ou- de fou-
levemens tumultueux un disclioaifon
ou d'abaifiement de la furface. Il paroit
par les réhtïons. que nous avons eues
jufques ici que tous ces phénomènes
ont été obfervés à Litbmne+ Si ces
tTembleiaens^éBéraux avaient leur prin-
cipe dans une fermentation intérieure
àaoe grande profondeur, la terre de-
vroit être violemment agitée :dans les
abîmes les plus profonds. Mais il fem-
ble fort fouvent que ce foit plutôt un
=mouvement de la furface, ob de la croû-
te extérieure. Par analogie avec les mi-
Dés, fi on fuppofe la caufe da mouve-
ment à la moitié de l'étendue du ter-
réin agité le foyer, ou le ceatre de
l'inflammation, auroit été plus de cinq
àfix cent lieues de profondear en ter-
re.
19
B 2
îe. cavités içôffirna-
nicantes. né émt-il pas ftippbier Ces
àiÉcultéVèt; îj'ieri d'autres qu'on pour-
toit faire,- ne nous rendront- elles pas
plus refcrvés que d.ous ne le hommes ?
Déciderons nous comme fl nous avions
âQSflé dans les confeils dé la. Souveraine
SagelTe? Contentons nous donc de raf
renibïer les ftîts,"& ne nous hâtons pas
Se prononcer fùr les caufes.
N È doutons point que ces agitations
de la terre n'ayent leur ufage pïyfique
auffi bien que leur deftinàtion morale.
Puifqae elles font fi fréqtiens- qu'à pei-
ne fè paflè- t..1l quelques années, qu'il
n'y en ait ou là, je ne faùroisîesfup-
pofer inutiles, pour la confervation du
méchaniTme du globe [r]. On d;t
communément qu'elles annoncent la fer-
tilité pour les années luivantes. Je ne
• £r] L'Auteur d'une Relation Cbr<moIo£Ïquè itt
de terre,en compte plus.de qui
ont eu des fuiteS fiincfies & étetufucs" pendant 18
Lestrefi-
blemens
avoir
leurs iilî-
ge*.
,2o L
fai fi le fait eft certain. ta cbofe n'eft
pas improbable. La terre fécouée ré-
prend peut-être un nouveau mélange de
fels & de focs, propres-à la végétation,
comme un terrein épuifé & labouré de
nouveau, ou renverîé3 acquiert une nou-
velle fécondité. Peut-étre que ces fe-
couffes, qui pénétrent jufqu'au fond des
gouffres & des aMmes, que les pi as vio-
lentes tempêtes n'agitent point fervent
à entretenir la falure bmraiineufe des
eaux de la Mer. Dans l'intérieur ces é-
branlemens font peut-être néceffaircs
pour agiter les eaux prévenir leur
corruption donner lieu à- leur mélan-
ge & leur circulation. Des ca-
maux des conduits bouchés fe rou-
vrent il s'en forme de nouveaux. Ainfl
la fièvre eft quelquefois néçeflaire dans
le corps humain [xj Pour découvrir
toutes les rairons, qui rendent ces trem-
blemens utiles, on néceffaires, il fâu-
droit mieux connoître l'intérieur du
• gk>-
tx] Voyez SiSBÇtp» Qsefi. Nat. lÔBJfyL
Cap. pVf
Tremblemens DE Tekre. 21
II. ME-
B3
globe. Mais rapportons -nous en au rage
Créateur, qui ra formé avec tant de fa,-
geffe, & qui le conferve avec tant de
bonté, au milieu de tant de principes de
deftruââon.-
Pour ne pas s'égarer dans de vains
raifonnemens fur. ces phénomènes fur-
prenans qui ont fixé notre attention
depuis quelque tems il fàudroic que
dans chaque pais desObfervateursexaûs
raffemblaffent avec foin tous les faits &
toutes les circonftances pour en com-
pofer ane hiftoire pbyûque, générale,
fuivie & détaillée des tremblemens de
terre.
Il feu-
droit dans
chaque
Païs re-
cueillir
lliiitoire
phyliquc
des trem:
$>lcmcnsv
22
SECOND MEMOIRE,
RELATION CHRONOLOGIQUE DES TREM-
BLEMENS DE. TERRE, Q0*ON A RES-
SENTI DANS LA Suisse depuis le
VI. SIÈCLE JOSQtfA NOS
LAQUELLE ON A JOINT. LES TREM-
BLEMENS DES AUTRES FAIS, QUI COÏN-
CIDENT AVEC CEUX DE LA SUISSE,
ET OU L'ON FAIT OBSERVER CES É.
BRANLEMENS ,̃ QUI PAROtSSENT PAR-
COURiR TOUT LE GLOBE.
1)-rein de
ce Mémoi-
re.
est, DANS l'hiftoire des faits
qu'on peut, puifer les vrais
principes de l'explication des
phenomenes de la nature.Si mê-
me on n'en peut pas pénétrer les myftères
les plus cachés, îcs relations ioftruifent uti-
le.
Trïmblemejïs DE TERRE. 23
B4
lement: Ce font autant d'échafaudages &
des matériaux préparées, qui ferviront quel-
que jourà bâtir un fyftème. C'eûdans cet.
te vue que nous avons rafTemblé des rela-
tions de taus les tremblemens, dont on a
confervé le fbavenir en Suiffe, dans les
Chroniques imprimées ou manufcritcs, &
dans les Auteurs modernes, qui ont tra-
vaillé à Thiftoire civile, ou naturelle,
du Pais. Ce mémoire pourra au moins
être regardé comme un chapitre intéref
fant de Fhiftoire naturelle de la Patrie.
Nous avons eu foin en même tems
de raporter les divers phénomènes, qui
femblent avoir quelques rélations avec
les tremblemens, ou qui ont été obfer-
vés dans le même tems. Afin qu'on pût
faïfîr.la marche, de ces. tremblemens &
leur popagatioa, nous avons ceux
qui ont été obfervés' dans les autres pays,
dans le même tems qu'en- Saille. Enfer,,
pour mettre àlîea de diftrnguer l'es tretnr
blemens partfcuners de ces feçoufîes.qui.
fembleac embraSer tout le globe, oii-lav
plus grande patrie^ nous. tes. avons. dit'.
ticgués, autant que nous I'avons pa-j en-
mar-
24 II. MÉMOIRE SUS. LES
marquant leur étendue & leur fîmulta-
néité [a].
Pourquoi
làSoàfe
n'eft pas
plus ton-
vent &
plus vio-
lemment
agitée.
LA Suifleen général eft très-abondan-
te en fouffre en nitre, & en pyrites. Il
femble, qu'à, raifpn de cette abondance,
elle devroit être autant expofée aux
tremblemens de terre que l'Italie. Mais
je crois d'un côté que ces matières ne
font pas par grandes couches, ou pai
lits, feulement par filets, difpofés en
tout fens dans les Silures des rochers.
D'un autre côté ces mêmes lieux font
trop abondans en eaux pour que ces
matières pyriteufës puiffent aifément
s'en-
£al D'autres Auteurs, fùirtnt un plan plus gé-
néral, & moins détaillé, ont fait des Catalogues
des tremblemens de terre principaux de tous les
Pays du Monde. On peut les confulter. Voyez en
particulier YlSJîciri des anâens réwhaîmu dit Gla-
be terrejbe. A la fia de cet ouvrage on trouve une
Relation Chronologique drs tremblemens de tare les
plus remarquables mime fur notre Globe, depuis
le ctmmenctmens de fEre Clbrctieimejujptà Pâmée
'%75o. Paris, fous le titre d'Amfterdam, chez
1753. •
Tremblemews DE TERRE 2$
Bj
s'enflammer, ou fermenter avec une cer-
taine violence. Si nous canfidérons nos
montagnes les plus fertiles en minéraux,
nous verrons auffi que ce font les plus
abondantes en eaux, ou en fources, &
que ce font les lieux, où il tombe le
plus de pluye & de neige.
îjz Canton de Glaris, celui de Bâ-
LE, dans le Canton de BERNE tout le
Gouvernement le Bailliage
de Froutigue; dans le Canton de Zurich
les Seigneuries de Sax & à'Eglifaui le
Comté de j?aie; dans le Valais, Leucb,
Brigue font les lieux de la Suiffé les
plus espofés | de fréquens tremblemens
de terre.
Les lieux
de la Suif.
felesplus
fûjcts aux
tremble-
mens.
jt femble cependant que depuis envi-
ron un fîècle Bâte y foit moins lùjette.
Ces matières inflammables ou effervefci-
bies, feraient elles épuifées ou confu-
mées ? Des Cavernes feroienc elles bou-
chées ou comblées?
Bâle plus
rrancjuile
depuis un
Tous ces lieux où l'on a fi fouvent
éprouvé de ces effrayantes fécouffes j
font fcj«s.j
Pourquoi
ceslienxy
font plus
25 II. MÉMOIRE sur LES'
font plus caverneux que le refte de la
Suîflfe; plus abondans en fources mine-
rales; & la terre y eft plus remplie de
fouffres & de minéraux de diverfes ef-
pèces. Depuis le Scbœanden, au Lira-
bal, toutes les vallées font arrofées de
fources fulphureufes. ABu/mig, proche
du Château de Forftegk, il y a une four-
ce fulpbureufe froide, dont l'odeur eft
très forte. Aux environs de Bâle, on
voyoit autrefois très- fréquemment des
feuxfolets, des vapeurs enflammées & des
météores ardens; en mille cinq cent-
vingt, le vingt -&troiGènje Novembre,
en miîîe-fix-centfoixante& onze Ie dis-
neuvième Novembre, & en divers au-
tres temps on a principalement obferv6
de ces phénomènes.
Chûta
desmôn-
tagnes.
Nous regardons tes chûtes des mon-
tagnes comme des fuites ordinaires, ou
des effets des trembîemens de terre.
D'autres caufes y concourent, il eft vrai,
les eaux, le gel, la nature du cerrcin &
'celle des rochiers, lâ chute des caver-
nes tout cela y contribue plus on
Tremblemens de Terre. *&
moins. Mais c'eft toujours quelque cpm-.
motion de la terre, qui a précédé, "qui
accélère, ou détermine, la réparation
de ces malles, dont: le poids fait une
partie de la folidité.
Voici la fuite chronologique des
tremblemens, do ut les Hiftoriens ont j
confervé les dates, autant du moins que
j'ai pu les recueillir. des divers Auteurs,
que j'ai eu occafion de confulter. [&] j
Le premier tremblement, dont il foit-
fait mention dans nos Annales eftce-:
lui, donc parle Marius, Evêque d'A-
van-
Suite
Chrono:;
logique
ilemens
delaSuift
• 5*3»
fi] Voyez Mesux AventiccnfisEpHcopiChroni-i
con, aP.CHiFFLBTio primum cdtonn. Theûur.
Hift.HdT«.&c. fol. Tigor.i73J.J. J. Scheuch-
zers Nitur-gefchichce des Scbwcdzerlaades &c.
4. Zurich 1746. z voL EjuIHem Itinen Alpina
4. Lug. Batav. xjzi. a vol. Wagneri Hdwtâ-
cariofi.i2.T%. i68o.DJHJciAB«rfMsBenME,x2.
Tig. 173a. Hiftoirc deGeaeve par, Spon. M. Gen.
1730. 4 vol. Hifioire EçdeÇ da païs dp Vand,,
par M. Ruchat. is. H^wre des, Suiflcsi p? M..
le Baroa s'Ait 8cc i<* toi. &c
28 II. MÉMOIRE SUR LES
vanche, dans fa Chronique. En cinq?
cent-foixante & trois, dit- il, unègran-
de montagne dans le Valais -inférieur
s'écroula fubitement. Un Château voi-
fin, plufleurs Villages ôc leurs habitans
furent enfevelis. Le Lac Léman, dans
la longueur de Soixante- milles & la lar-
gueur de vingt fut agité d'une telle
violence, qu'il fortît atternativement de
fes bords, fubmergea d'anciens bourgs
& quelques villages, & noya les hom-
mes & les beffiaux. Pîufieurs Eglifes
furent renverfées & ceux qui les deflerr
voient périrent. Le pont de GENEVE &
les Moulins furent détruits. Le Lac en-
tra dans la ville & y noya ptufieurs per-
ibnnes.
IL faut obferver fur cette narration,
que le Lac étaie plus grand alors qu'il
ne l'eft aujourd'hui, ou qu'il y a une
erreur dans les nombres, ou bien que
les milles étoienc alors plus petitsqu'au-
jourd'hui. Sa longueur de Genève à
Villeneuve, par le pays de Vaud e& de
i8> lieues communes de France. Sa
lar-
Tremblemens se Tskbe. *&
largeur, depuis une Baye entre Morgei
& Préverange, julques à une autre Baye
proche d'Amphyon, eft de trois des mô-
mes lieues, ou un peu plus [<?].
Oit fentit le trentième Avril huit-
cent & deux, an très-grand tremblement
de terre dans là Suifle [d]. Ilfutfuivi
de maladies, qui firent beaucoup de n.
vage.
802.
L'Année huit cent vingt & neuf on
éprouva un tremblement de terre, qui
fut fuivi en Suiffe de Vents fi véhéments
que les arbres & les maifons en furent
xenverfées. L'année fnivante fut très-
fertile.
82».
Il fè fit, en huit- cent- cinquante &
_£e] Vc^esksRenarçiesfites parMr.j. CFa-;
Tio de Dnillicr fur llîifloire naturelle des envi-
rons du lac de Genève. Hiûoire de Geacye T.IV^
page z$o. fuir.
C<(3 Cet article; aaffi tiesi qaeTcenr àe ii.$
i$,[8c iôoî, ont été tirés d'tfflcÇhr^»?»-
858.
-IL MemoîIë SUR £iè
que tombe-
849.
m-
Err huit- cent-quarante & neuf,,huit-
ceot foïxatîté Se fept & neuf- cent qùa^
tante & quatre, ü doit y avoir eu en
SuSffe des tremblemens de terre très^
cotf&dérables mais dont il ne refte, qvre
je fache, aucun détail.
ioôi.
• Eir mille & un plufîeurs bâtimens fa-
rent renverfés dans la Suiffepar on trem-
bleiniént de terre. On y vit auffi. dèi
méjébres ignées dont les Chroniques
p'arîënr douane de quelque chofe <féxr
traordinaire, fans cependant les décrire.
lifie -dans l'hiver un ôeid exceffif..
3021.
,i'AN mille-vingt & un, le douxième
de May, un tremblement de terre très-
vîâéàtfé fit fentir à Bale L'Eglife Ç&-
& plufieurs maifons -furent
'Âî^torf, après fon Seniymftr
TREMBLEMENS DE tERRE. 3!
renverfées dans le Rüin les fontaines
furent troublées dans prefque toute là
Suifle pluCeurs parurent rouges comme
du fang. On vit en divers endroits de
Suiffe des météores ignées. Il y eut en
divers lieux de grandes inondations.
Acr mois de Février mîlle-foirante &
deux on reffentit en Suifle un trem-
blement de terre; il fat accompagné à
NEUFCHATEL de tonnerres & d'éclairs
If ]. Bale n'en fut point exempte.
1062.
EN mille cent &.dix • fept, on éprou-
va en Suiffe un tremblement des
plus violens; il fut prefqu'univerfel. Il
<renverTa des maifons & des châteaux en
divers lieux de l'Europe.
11 17;
En mille-cent-vingt huit, on fentit
en
Cet article & plufienrs antres m'ont été
fournis par Monfienr Oster vald membre «ia pe-
tit Comol & Maître Bourgeois, Natfckêteh ex-
traits d'un gnad recned fur l'Hiftoirc du Comté
de Neu&hatd, en trois Volumes in folio, Isiflës
par fc^ Mr. te Mmifirc Boitb,
II2S.
3a II. Mémoire sur les
en Suiffe & ailleurs des tremblemens,
qui durèrent quarante jours; on remar-
qua des retours de fecoufles par, inter-
valles; grand nombre de maifons furent
ébranlées.
3146".
ENmille-cent-quarante&fix»il eut
en Saille & dans prefque toute l'Europe
un tremblement de terre, plus où moins
violent feion les lieux.
1170.
Es mille cent -lbixante'& dix, un af-
freux tremblement fit perir beaucoup, de
monde en. Sicile. Plnfieurs villes del'.Al-
lemagne furent fort ébranlées. Il caufa
quelque dommage en Suiffe.
1180.
En mille- cent & quatre vingt, il yeut
un tremblement de terre en Suiffe. Il
fut fuivi d'orages & de pluyes.
UNE partie de la ville de Napks fut
détruite, celle à'Arian fut engloutie &
quelques autres entièrement renverfées.
1183.
1290.
En mille cent- quatre vingt deux &
trois, & en mille- deux-cent quatre. vingt,
& dix, on efluya des tremblemens de
ter-
Trekblemens de M
c
tecre, qui fuient à peu près aniverfels.
La Sûiffe n'en fut point exempte. Un
tremblement caufa beaucoup de dom-
mage en Samye, en 1248. W. La plu-
part des villes de,la Syrse furent détrui-
tes; en 1182. la terre s'ouvrit dans la
campagne de Lépante.
SUR la
Genève Un
1322.
EN mille- trois -cent quarante & fix, le
24. de Novembre, & fuivant Mr. Bux-
TORF le vingt-cinquième, ( ce fut peut-
être la nuit du vingt-quatrième aa vingt-
cinquième) il y eut un tremblement de
terre en Suiffé, particulièrement à Baie.
Plufieurs bâtimens, entr'aotres le Palais
Epifcopal* furent renverfés.
LA même ville fonfîrit encore d'un
ao-
[g] Cet article; tire d'une Chronique MSC
m'a été fourni par Me Je Prdeficur Jalabsrt.
[i 3 Eœait d'une Cbroa. aannn par Afr. J«-
Ubert.
1346.
"i34S.
24 STTÎtLES
autre tremblement, au mois de Janvier
«aille- trois cent quarante1 &' huit. Trois
vers- qui fe Iifent encore1 fiar un morde
ïEglifè de Se Jacques cat perpétué la
"mémoire de ce défâftre.-
Il y eut trente. &\fix villes ou char
teaux qui .en furent renveries dans la
Sone, la Carinthie/là Ba-
viëré '&. la Souabe»- Ei œrre s'éno'oai
vrit en divers lieux.
On crat'que les exBalaiFons puantes,
què'c^ 'tteinblenietit prddÉfît furent
Icàufedé cette pefle', kqai- fe répandit
par toute .là terre, qui dura crois ans", &
qùiiàce-qiûeTpn eftinfoit^ fit perir lé
'tiers du genre humain;
IL y eut .des pluyss. :qu*on regardoit
comme de fang,. en divers lieux, c'eft-
;à-djre,' des pluyes "teintes d'une ma.
tïère minérale rougeatre, ou chargée
lI'un QÇQîe-fOugev"comme-on.l?arvadans
leteois d'Oétôbre de Fannéênxfîlé-Tepr'
cent &cinquante cinq, dans l'Qpsrlani
& ailleurs.
Tremblemens -de TERRE: 3j..
G 2
• Divers Auteurs parIent d'un autre,.
tremblement, qui fe fit fentir très-vio-
lemment Bâle en mille- trois- cent-
cinquante & fix.; G'étoit le dix-huitième
d'Ombre. à dix heures du foir. Un
grand nombre de maifons furent renver-
fées. Bientôt après Ies fécouffes, le feu
prit.en divers endroits de la ville. L'in-
cendie, dura pluficurs jours. Le peuple
effrayé de la continuation des fécouflès
n'ofa plus rentrer en ville, pour étein-
dre le feu. Même chofe eft arrivée à
JJihonne^ dans le dernier tremblement;
Les fécouffes ceffèrent & recommencè-
rent onze fois à Bâle pendant cette nuit
Grand nombre de villages furent ou
détruits ou endommagés. Pendant près
.d'une année on éprouvoit prefque tous
les jours de nouvelles agitations. Sou-
vent on entendoit du murmure ou de
,féclat, tantôt, fous la terre, quelques-
fois dans l'air.
Cs tremblement avoiti ce femble, le
centre & le foyer de fon explofion à
Bâkt qui en fut renverfée. Mais il y
eut
I35&
g6 II Mémoire sur fcss
eut bien peu d'endroits, de la Suiffejoù
il n'ait fait quelque dommage. Lesvou-
tes de l'Eglife Cathédxale de Berne fa.
tent enfoncées & tombèrent; la tour des
clôches on le Vendelfiéin fiat auffi
renverfée en partie; on fut obligé de
fufpcndre les cloches par le moyen d'é»
chafauts, jufqu'à ce qu'elle fat rebâtie*
Cette Eglife étoit fondée depuis douze.
cent-treme & deux. Dans la campagne
il y eut plus de mal. Quarante & deux
Châteaux du Canton, ou des environs
furent renverses, ou confidérablemenc
endommagés.
A Laufanne & à Toerdon on fentit ces
fecauffes, fans beaucoup de perte.
IL y eut trente & Huit châteaux dé-
truîts dans le feul Evêcbé de Confian-
ce [tj. Pendant tout le reftede l'an-
née il y eut divers retours de fecouflès.
î357-
L'année fuivante, mille- trois -cent-
cinqUante &fept, le quatorzième de
May,
Voyez li Chronique de Tschotot.
Trembi,bmens DE Terre. 37
C3
May 'fiirvjuc un nouveau tremblement
fort violent -qui ébranla beaucoup la
Cathédrale :de Bâte & diverfes maifons.
On reffentit ces fecouflesà Soleur.e, & en
d'autres endroits de la Suiffe. Neufcba-
tel fut. auffi vivement fecouée.
CE tremblement fut très violent auffi
à Strasbourg & dans toute l'Alface. Ce
fut par- tout' entre fept & huit heures du
matin. Les montagnes ne furent point
ébranlées, les Vallées le furent toutes,
plus ou moins.
Jx, y eut moins de frayeur & de dom-
| mzgekBâl:,en mille- trois- cenc-forxan te
& douze, le premier de Juin. On y
fentit quelques ébranlemens qui durè-
rent peu de tems & qu'on n'aperçut que
dans la Ville & aux environs. Mr. Box-
TORF place dans cette année-là un trem-
blement de terre, le premier de Juillet,
qui renverra la Statue de Saint George
dans fEglife Cathédrale de Bâk. C'eft
peut-être le même que d'autres Auteurs
placent au premier de juin, par équivo?
que de dates, moins que d'autres fer
çou£
I37?<
38 1 1. M E m o i il e s «Tt x e $̃
coufles ne foient revenues le premier
de Juillet, un mois après les premiè:
res..
1380
.EN mille-trois- cent & quatre vingt, il
y eut le premier de juillet un grand
tremblement de terre en Suifle. Toute
l'année fut èrageufe.
1382.
Deux ans après, la Suiffe & l'Italie
furent en allarme par des tremblemens,
réitérés. Il y eut cette année de gran-
des maladies en Suiffe..
1394-
LE tremblement de mille trois- cent
quatre-vingt & quatorze fut bien plus
général. Il embrafià non feulement la
SuifFe mais tous les pars voifins. Tou-
tes les montagnes depuis leurs cimes
furent fécouées. On le fentit le vingt
& 'deuxième Mars. Un Eté chaud fui-
vit. Tous les fruits furent printaniers.
Ce fut une année d'abondance.
WS-
LE vingt & unième de Juin mille qua-
tre-cenc & quinze, la plûpart deshabi-
ta.ns de Bâle, effrayés d'un tremblement
de terre, prirent la fuite. ̃
Tremblbmens DE; Terre..39

Ejile fut encore ébranlé en mille-
quatre, cent & feize, le vingt & unième
Juillet. Tous les environs s'en reffen-
tirent; maisiâns dommage.
14^6.
EN milïe-,quatre-rent--vïngt & huit, le
Dimanche avant Ste. Lucie fur le -fpir,
un tremblement caufa: beaucoup de
dommage dans, le Canton de Bâle.
1428."
LE trentième Novembre mille-quatrë-
cepc«îquaïaate &quatre, avant le Soleil
levé 3 on eue un léger tremblement.à
Bâle & aux environs.
*444<
&fîx»
.le.Royaume de Naples fut prefque ruiné
par un tremblement de terre. On le
fentit dans tout le Pays de Il
-fut fuivi d'une Inondation", qui mit la
ville d'Orbe en danger toutes les cam-
;pagdes des environs furent couvertes
d'eau.
145Ç.
Les flots, de la mer d'Ancone s'élevè-
jrem lune hauteur extraordinaire. Une
Montagne fat renverfée dans le Lac de
Garde.
LE
40 IL-Memoire SUR les
Le Même Février mille7qaatre<eut-
foixante & dix, on fen'tit à Bâle ua
tremblement de terre à 'cinq heures
après midi. Il y avoir beaucoup de nei-
ge, & le froid étoit exceffif.
1492?
ON éprouva dans la même ville os
tremblement violent le feptième de
Novembre mille quatre cent quatre.
vingt & douze.
150».
EN mille^cinq-cent la terre trembla en
divers lieux. PMeùrs endroits de la
Suiffe l'éprouvèrent.
1504.
EN 1504. le 27. May & le 10. Juin.
Geneve effuia des tremblemens de ter-
re [é].
IfI2.
Et? milleïcinqTcent & douze, dans la
Vallée de Palenxa, deux moncagnes
jointes fe réparèrent. Je ne fai fi ce fiît
l'effet d'un tremblement de cerrè.
1523-
LE dix & neuvième de May mille7cinq-
çent-vingt & trois, à trois heures du matin,
il
tkl Indication de fi^, le P. Jaiabjm;
T&SMBX.SMEHS DE TKUtZ. 41
Cj-
y fe fit un grand tremblement de terre. dans
la Silure. On fut fort effrayé à Nettfcbâ-
tel, & dans- le Pays de Fond, en parti-
culier à Tverdon.
La même année, trois feçouffes fe
firent fentir h Bâk, le vingt-feptième de
1 Décembre..
Au commencement de l'année mille-
cinq-cent trente & un, nouveau trem-
blement de terre- en Suifle. Quelques
tnaifons furentrenverfées'en divers lieux.
la ville de Lisbonne fut renverfée
cette année-là par un tremblement, qui
depuis le vingt & fixième Janvier dura
huit jours de fuite. Il fe ft fentir dans
une partie de l'Europe & de l'Afrique.
Toute cette année & la fuivante fut
troublée par des phénomènes de cette
nature.
iJ3i-
LE Septième Mars mille- cinq -cent
trente & trois, on fentît à Bdle un trem-
blement violent; mais fans dommage.
Au mois de Novembre de la même au-
née,
1533·
T^z H. Mémoire sur ie»'
Bée, toute la Suiffe fut en allarme par
un tremblement de terre, qui y caufa
cependant peu de maL- Dans le Comté
'de Neufcbâtel il y eut quelque dom.
mage. Le cours d'une rivière de la
Tburgowie fat détourné. Ce fut. une
année orageufe en Suiffe.
1534-
.LE vingt & deuxième Offcobre mille-
cinq-cent trente & quatre, pendant la
Duit, Zuric fut dans la confternation.
Un tremblement fécoua violemment la
ville & tous les environs.
-Le vingt & unième & le vingt &
deuxième O&obre fuivant, un orage af-
freux fit du. dommage, renverfa & déra-
cina bien des arbres, dans les Cantons
de ZuRic & de Lucerne.
Il parut cette année une Comète. C'é-
toit la fixième pendant les années 1530.
31- 33- & 34-
3538..
EN mille-cinq-cent-trente & huit, nour
veau tremblement à Bâle & dans cou?
ce Canton.. Ce fut le 28. Janvier. On
t ̃̃̃' aP^
TREMBMMENS DE Terre. 43
aperçut divers mécécrres ignées après ces
fecouffes.. s
La même année le neuvième Juin, le
bourg à'Ardenna fut couvert par la chu-
te d'une montagne. Une montagne fe
forme en Italie fur la fin de Septem-
bre [l] de la même année.
Le neuvième Février mille cinq cent
quarante ,& huit on fentit à Bdle un
'tremblement de terre.
IJ4S-
b
UN autre fut aperçu dans la même
ville le feizième Septembre; mille-cinq-
cent-cinquante & deux, fans malheur.
1 Dans le même mois tout le Valais fut
l'ébranlé.
1552.
J£n milkrdnq cent cinquante & fept
1le vingt & quatrième Avril, autre crem-
blement à Zoric & à Vintbertur. Il
fut accompagné de beaucoup d'éclat;
mais fans dommage. L'aa"
IS57-
1 '[1] Via. Simon. Portii Epifbl dcConS-agù,
Pmcotaai.
44 II. Mémoire SUR les
L'année .précédente dans la dernière
de ces villes on a70it vu en météore
ignée, au deffus d'une! tour, le quatriè-
me Juin, à fept heures du matin:' Ce
phénomène avoit-i2 quelque raport avec
le tremblement qui devoit fuivre?
Le tremblement fut aperçu an Pays
de Vaudy à Yverdm &c. dans les en*
virons.
Es mille-cinq-cent & foixante, le vingt
& huitième Décembre on vit une Au.
rore boréale en Suiffe & en Allemagne.
157
Le dix & nieavième Février mille-cinq-
çent foixante & onze, entre huit & neuf
heures du matin on éprouva, à Bils un
tremblement violent.
On le. fentit dans toqte YAlface. L'aq.
née fat printanière &'fertile L'hiver
froid, l'été chaud.
1572-
PENDANT l'année mille-cinq.cent-fai-
sante & douze, BÎtifieurs endroits de la
Suiffe efluyèrent des tremblement de
terre, qui firent peu de mal.
On
TssasLtmm DE Terre. 4S
On le fentic à Laufanne & dans* les
lieux circonvoifins. Il fut plus fenfible.
lAiglei mais nulle part auffi violent que
dans le Ratct:Valais.
L'année fuivante, mille cinq eent-
foixanté & treize, le vingtième de Sep-
tembre Luric & tous les environs de
fon Lac furent agités.
1573-
Le jour de la Sc. Thomas tout le Can-
ton de G/am eftuya d'effrayantes fecouî-
fes, accompagnées de bruit, & fuivies
de quelques dommages.
Le troiCème de May dé l'année fui-
vante, mille-rinq-cent-ibixante & quator-
ze, Genève & ion voifinage furent é-
branlés. La porte de. Cernées fuc ren·
verfée dans le foffé. On fentit les fè-
«ouffes à Filltnewve.
I574-
Le vingt & quatrième Avril mflle-cinq-
cent foixante & quinze, Genève fut de
nouveau expofée au même effroi.
IJ75-
Le vingtième & le vingt & unième
Décembre mule cinq cent foixante &
{ci.
IS76.
45 IL Mémoire SUR -LES;'
fêize*, la ville de Bâle éprouva dïveflsi
fecouifes. Le froid étoit grand.
1577-
En O'iîe-cinq-cent-fbixante-dix & fêptj
Genève efluya encore quelques fecouffes.
Le Pays de Vaud les reffencit,à plufîeurs
reprifes.
Bâle fut violemment ébranle le vingt
& deuxième Septembre de cette année.
On y éprouva le même jour trois trem.
blemens. Le premier entre deux & trois
heures du matin. Le fécond à cinq heu-
res du fbirs moins violent. Le troïfiè-
me la même nuit, plus fort que le fé-
cond.
Toute la Suiffe fentit plus ou moins
ces fecouffes; on les aperçut dans le
pays de Vaud, fur-tout du côté $AiglL
Le château de Froutigue fut fort ébrair-
,lé, à plufleurs reprifes j pendant; le
.çours de cette année.
1578.
L'année Suivante, milîe-cinq^-cént^oî-
xante & dix -huit, le vingt & huitième
.de Septembre, Zraïc en partuculiei
fut