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Mes chers amis, Déjà depuis plusieurs semaines, je compte les jours qui nous séparaient de cette heure bénie. (Rouen, 18 mai 1867)

8 pages
Impr. de L. Toinon (Saint-Germain). 1867. Biographies -- France. In-8° pièce.
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MES. OHERS AMIS,
Dèjà-deptris plusieurs semaines, je compte les jours qui nous
séparaient de cette heure bénie où nous devions vous trouver
réunis dans cette église et au pied de ces autels.–Les liens
sacrés du sang et de l'amitié, les qualités exquises, les vertus
solides et suaves, tous les dons célestes de la fiancée me faisaient
ardemment désirer ces noces. r
Aujourd'hui, l'épreuve est achevée; mon cœur n'a point faibli;
pas un des sentiments d'affection et de sympathie que j'avais
voués au frère et à la jeune fille n'est démenti vis-à-vis de l'é-
poux et de l'épouse. Aussi est-ce le cœur inondé de joie et d'espé-
rance que je viens prier Dieu de bénir votre union. Puissent ces
liens que vous allez contracter ne jamais se rompre ! Puisse la
mort ne les dénouer qu'après de longs jours, pour les renouer
aussitôt dans l'immortalité ! Puisse ce foyer nouveau, embelli
d'une divine flamme, rester toujours un foyer digne du ciel I
2 -
Ce sont là, croyez-le bien, Mes chers Amis, les vœux que
forment pour vous tous ceux qui vous aiment; et, si je m'en
fais l'interprète, c'est que je sens en ce moment dans mon âme
comme un tressaillement, assentiment sympathique de tous
les cœurs à une parole qui s'émeut pour satisfaire le cœur de
tous, écho de ce désir ardent, généreux, spontané que je lis dans
tous les regards et qui se résume dans cette parole : « Qu'ils
soient heureux 1 »
Et maintenant, Mes chers Amis, que j'ai soulagé mon âme
en traduisant par le langage les sentiments qui l'oppressaient,
vous attendez de moi autre chose. Dieu me donne de le faire en
toute dignité et sagesse !
Il y a, en effet, dans le mariage chrétien, des harmonies tou-
chantes, de profondes et solides leçons qu'il est bon de vous
rappeler en ce jour.
Et d'abord, Mes chers Amis, vous allez fonder une nouvelle
famille : c'est-à-dire, que votre sanctuaire est destiné à devenir
un de ces nombreux noviciats, source mystérieuse où la société
vient s'abreuver à chaque heure, où l'enfant doit naître, se
développer et grandir jusqu'à devenir un homme.
Dieu aurait pu nous créer par groupes multiples ; il aurait pu
semer les faisceaux de notre race à l'Orient, à-l'Oôcident, sur les
continents, dans les îles; il aurait pu nous faire en un jour ce
que nous sommes présentement : il ne l'a pas voulu. Il a créé
l'homme un; puis d'un, il a fait deux; puis de deux, il a dit que
sortiraient toutes les générations ; et ceci, afin qu'il y" eût une
descendance plus certaine de l'unité, que la fraternité humaine
apparût à jamais authentique et évidente, que la puissance de
Dieu fût bien la puissance de' l'homme , et que la hiérarchie,
du centre du ciel à la circonférence de la terre, rayonnât sans