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Mes vers : causerie lue à l'Association lilloise, dans sa séance du 8 janvier 1851 / causerie lue à l'Association lilloise, dans sa séance du 8 janvier 1851

De
8 pages
impr. de L. Danel (Lille). 1851. 8 p. ; in-8.
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MES YEKS.
CAUSERIE
Ùi-a'-PAssocialioii lilloise, dans sa séance dit X janvier 1)
Messieurs,
Vous avez remarqué sans doute dans les Epaves littéraires de M.
Henri Brnneel, un joli petit article intitulé Les Vers. « Le beau temps ,
» s'écrie M. Bruneel, le beau temps, ô mon Dieu ! que celui où nous
» faisions des vers, vous, moi, tout le monde 1 ». Il n'est donc pas
trop étonnant que moi aussi, Messieurs, j'aie fait des vers. C'est un pé-
ché si commun dans la République des lettres , comme on disait autre-
fois, que vous me le pardonnerez aisément. Ce que vous me pardonne-
rez moins aisément peut-être, ce sera de vous les lire. Voyez toutefois
jusqu'où va l'aveuglement des soi-disant poètes! En vain, ont-ils lu dans
Molière l'impitoyable leçon que vous savez :
J'en p'ourrais , par malheur, faire d'aussi méchants ,
Mais je me garderais de les montrer aux gens.
Les Orontes sont aussi incorrigibles que les Harpagons.
Quoi qu'il en soit, Messieurs , veuillez oublier pour un moment la ri-,
gueur d'Alceste, et vous oublierez peut-être aussi, pour un moment, que
vous écoulez Oronte.
Voici d'abord des vers.
Ce ne sont point de ces grands vers pompeux
Mais de petits vers doux, tendres et langoureux
que j'intitulerai :
LES DEUX ARBRISSEAUX.
IDYLLE.
Vois-tu là-bas sur la colline
Près du vieux chêne qui s'incline
Croître ensemble deux arbrisseaux ?
Leurs ramilles à la fauvette
N'offrent, point encor de berceaux
1 o O i
2
; ..v
*H Où ses petits trouvent couchette.
Mais tous deux ont même hauteur;
Tous deux, au gré de la nature ,
Bientôt, montrant même parure ,
Exhaleront même senteur.
Ensemble oubliant l'inclémence
Du sombre hiver et des autans ,
Ils raniment leur existence
Au souffle, au soleil du printemps ;
Puis quand éclate la tempête,
Quand frémit le chêne étonné
Sous le choc du vent déchaîné ,
Ensemble ils inclinent la tête.
Salut! aimables arbrisseaux
De l'amitié charmante image !
Entre vous des biens et des maux
Toujours règne un égal partage.
Las ! jeune el, faible comme vous,
Si je dois souffrir de la vie
Et des rigueurs d'un sort jaloux ,
Puissé-je, bien loin de l'envie,
Rencontrer ici bas un cœur,
Qui soit tour à tour pour mon âme
Aimable fleur ou pur dictame,
Echo de joie ou de douleur!
Beaux arbrisseaux, dans le bocage
Plus tard vous donnerez abri
Au pauvre oiseau contre l'orage.
Comme vous , sous un toit chéri,
Puissé-je à l'humble qu'on outrage
Donner asile et doux secours !
Puis, comme une autre Providence,
Y recueillir son indigence
Pour adoucir ses mauvais jours !
PARIS LITTÉRAIRE.
SATIRE.
De l'idylle à la satire, la transition est brusque , pensez-vous. J'en
conviens, Messieurs; mais j'obéis comme je peux à cette loi de la variété
qui prévient l'ennui, et j'ai singulièrement à cœur de vous ennuyer le
moins possible.
Ma satire ressemble fort à une boutade. Néanmoins, vous y verrez ,
Messieurs, je l'espère, — je devrais dire : je le crains , — autre chose
que ce qu'un Parisien pourrait appeler la rancune ou la mauvaise hu-
meur d'un provincial.