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Mgr Debelay, archevêque d'Avignon . (Signé : Tisseron.)

De
16 pages
impr. de Mme de Lacombe ((Paris)). 1852. Debelay, Mgr. In-8° , 16 p..
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MONSEIGNEUR DEBELAY,
Archevêque d'Avignon.
L'année dernière, nous avons eu l'honneur et
la joie de publier dans plusieurs journaux politi-
ques de Paris :
« La religion catholique est la vie et l'âme des
sociétés. Tant que les peuples ont admiré cette
consolante vérité, la France a été la plus morale
et la plus prospère des nations du monde. Mais,
depuis que des sophistes coupables ont suggéré à
l'homme de ne plus offrir d'hommages publics
au Sauveur de tous, il fut facile au chrétien, resté
fidèle son Dieu, de prophétiser que les vices hi-
deux de l'ingratitude et de l'impiété préparaient à
la France l'anarchie et le deuil. Cette prophétie se
réalisa malheureusement trop t6t! La victoire
momentanée resta aux démagogues, et des jours
lugubres vinrent glorifier tous les crimes et toutes
les mauvaises passions ! »
2 ARCHIVES DES HOMMES DU JOUR.
Aujourd'hui que la France est gouvernée par un
prince qui sait aimer son Dieu et les ministres de
notre religion sainte, il est juste et doux d'ajouter
QU'ELLE SEULE apprend à aimer le règne de Dieu.
Or, le règne de Dieu, c'est le principe conser-
vateur de l'homme et de la société ; c'est la
guerre perpétuelle de la vérité contre l'erreur, du
bien contre le mal, de l'ordre contre le désordre;
c'est le règne de Dieu qui fit que la société païenne,
près d'être submergée par les flots de la déprava-
tion, fut sauvée par le christianisme !. Le chris-
tianisme apparut à l'horizon de la société expirante
comme le soleil qui porte partout la lumière, la
chaleur et la vie !.
Comme, de nos jours, surtout après les scènes
de barbarie qui viennent de désoler la France en-
tière, le christianisme est encore appelé à restau-
rer la morale, le respect des droits acquis et
l'union dans toutes les sphères de la société, il
il est utile de montrer au monde les actes de ces
dignes successeurs des apôtres qui, comme le
divin Maître, joignent toujours l'exemple du
bien aux préceptes divins qu'ils enseignent.
Cela dit, voyons la Notice impartiale d'un
prélat justement aimé.
M. Debelay ( Jean - Marie-Mathias ) est né à
Viriat ( Ain), le 24 février 1800, d'une famille de
cultivateurs possédant une honorable aisance ;
mais, ce qui valait mieux, conservant, comme un
ARCHIVES DÈS HOMMES DtJ JOUR. 3
précieux dépôt, les traditions de foi et de religion
pratique qui répandent tant de calme et de félicité
dans cette vie des champs, dont les agitations du
inonde ne troublent jamais la féconde sérénité.
Ces leçons du foyer domestique se prêtaient bien
aux penchants naturels du jeune Debelay. il y
puisa ses impressions d'enfance qui exercent sur
tout le cours de la vie de l'homme une influence
puissante, et rajeunissent, par leurs souvenirs, les
froides journées de la vieillesse.
Quand vint l'âge des études, le jeune Debelay
fut envoyé au collége de Bourg-en-Bresse. C'était
le collége le plus rapproché de Viriat, et sa mère
le voulut ainsi. Une mère a tant de peines à se sé-
parer de son fils ! Moins est longue la distance,
moins il lui semble que sera grande sa douleur.
Notons, en passant, un rapprochement dont la
ville de Bourg s'enorgueillit a juste titre. Le futur
archevêque d'Avignon a eu son berceau près de
celui de l'illustre Joly de Choin, évêque de Toulon,
si célèbre par ses écrits, par son zèle pastoral et
par sa charité. Lui aussi était un enfant de la
Bresse et prit à Bourg l' essor qui devait l'élever à
l'épiscopat, et faire de lui un des plus grands évê-
ques du dix-huitième siècle.
Le collégien de Bourg apporta dans ses études
cette force de volonté et cette constance de tra-
vail qui hâtent la sève du talent et le font fortifier.
Mais déjà une inspiration secrète le poussait vers
Ï ARCHIVES DÈS HOMMES M Joun.
les choses de Dieu. Il entra bientôt au séminaire
de Meximieux et, de là, passa à celui de Largcn-
tière, où il termina le cours de ses études classi-
ques. Ses succès furent brillants et ne démenti-
rent pas les espérances que, dès le début, il avait
fait concevoir, succès d'autant plus beaux que ses
rivaux étaient plus nombreux ei^plus distingués,
et qu'ils promettaient déjà à la société et à l'église,
les uns, de grands magistrats, les autres, des
prélats éminents , lumières des peuples et défen-
seurs intrépides des vérités saintes de la religion.
Élevé aux pieds des autels, il y puisa le goût du
sacerdoce ; aussi, quand sonna l'heure de choisir
entre les joies du siècle et les rudes labeurs de
l'apostolat, son esprit fervent et dévoué n'hésita
pas ; il suivit la pente de son cœur et alla frapper
à la porte du grand séminaire de Lyon. La plupart
des anciens lutteurs des études classiques l'y at-
tendaient; le jeune théologien sut tenir son rang
parmi cette jeunesse d'élite.
On touchait alors à la fin du règne de Louis XVIII.
L'Église relevait ses ruines et la religion apparais-
sait de nouveau, aux yeux des populations étonnées
et ravies, dans toute la splendeur de ses pompes
et avec le poétique enivrement de son culte ; mais
les rangs du clergé, décimés par la persécution et
affaiblis par la mort, présentaient des vides nom-
breux ; il fallait remplacer les vétérans du sacer-
doce et rendre à la maison de Dieu son ancien
AacBrfRS'D'ZIUOMYIt8'1fO Joual 5
éclat. Admirons les desseins de la Providence.
Parmi ces élèves qui se délassaient alors de leurs
travaux en jouant sous les tilleuls ou dans la
grande cour de St-Irénée se trouvait une pépi-
nière d'évêques, que des maîtres aussi instruits
que dévoués préparaient, à leur insu, à l'exercice
des plus hautes fonctions ecclésiastiques. Là, pré-
ludaient à leurs pieuses destinées l'abbé Donnet,
aujourd'hui archevêque de Bordeaux, et qu'attend
le chapeau de cardinal ; l'abbé Dufêtre, évêque de
Neveis ; l'abbé Villecour, évêque de la Rochelle ;
les abbés Beaujolin et Deguerry; le premier, vi-
caire-général du diocèse de Lyon, le second, curé
de la Madeleine, à Paris, et orateur distingué.
Nous pourrions ajouter d'illustres noms à cette
liste; disons seulement que, pour que tout vint à
point à cette génération élue , Dieu lui avait ré-
servé. pour l'initier à la pratique des vertus sa-
cerdotales, un guide privilégié, un saint qui, plus
tard, devait être leur modèle comme évèque,
Mgr de la Croix d'Azolette, directeur du grand sé-
minaire de Lyon et successivement grand-vicaire
du diocèse de Belley, évêque de Gap, puis arche-
vêque d'Auch.
A vingt - deux ans , l'abbé Debelay avait
terminé son cours de théologie. Ses supé-
rieurs, qui l'avaient élevé au diaconat, ne craigni-
rent pas de lui confier, comme coup d'essai, la
chaire de rhétorique du petit séminaire de Mexi-
m icux. UnC chaire de rhétorique n'est pas un théâ-
t ARCHIVES DES HOMMES DU JOUR.
tre bien vaste pour les esprits qu'un besoin d'agir
précoce entraîne; mais c'est une précieuse école
pour celui qui sait et qui veut observer les nuances
du cœur humain à travers les petites passions et
l'ambition naissante de l'écolier. Cette expérience
ne fut point perdue pour le jeune professeur qui
révéla, tout d'abord, un des côtés les plus saillants
de son caractère, c'est-à-dire, une attraction sym-
pathique par laquelle il s'attachait les cœurs et
s'emparait insensiblement des volontés. Les élèves
eurent bientôt compris que dans leur maître ils
avaient un ami affectueux, avec lequel s'effaçaient
les contraintes de la discipline. Aussi, avec quel
élan allaient-ils jusqu'au-devant de ses désirs! La
mission dont s'était, chargé l'abbé Debclay avait
quelque chose de sacre à ses yeux. Rien ne lui
coûtait pour la remplir dignement. Ses élèves
pourraient seuls dire de quel éclat il entourait sa
chaire, de quelle élégance il ornait sa parole,
quelle dignité il mettait dans ses manières, quel
charme il apportait dans ses leçons. Quelques-uns
se sont signalés dans des carrières diverses. Parmi
eux, citons M. l'abbé Martin, grand-vicaire et ami
du prélat, âme grande, esprit d'élite, talent bril-
lant et fécond. Un mot suffira pour peindre les
rapports de l'abbé Debelay avec ses élèves; autant
il en a eu, autant il compte d'amis respectueux
et dévoués. Il l'eçut; en 1824, une preuve bien
touchante de cette vive affection. Le professeur