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Modération, bonheur des Français

23 pages
Delaunay (Paris). 1817. France (1814-1824, Louis XVIII). In-8 °. Pièce.
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MODÉRATION.
BONHEUR DES FRANÇAIS.
MODÉRATION.
BONHEUR DES FRANÇAIS,
Régis ad exemplar totus componitur orbis:
PARIS,.
CHEZ DELAUNAY, Palais-Royal, galerie de bois.
GERMAIN MATHIOT, libraire, quai des
Augustins, n° 13.
1817.
Ouvrages du sieur BRIZE-FRADIN, mem-
bre de l'Académie royale des Sciences de
Bordeaux} correspondant de celle d'Or-
léans } etc.
I. Du Gouvernement d'un seul ; brochure qui
a para au milieu de nos troubles politiques.
2. Chimie pneumatique; un volume imprimé
en 1808.
3. Divers Mémoires de sciences physico-chimi-
ques, insérés au Moniteur du 29 octobre 1816.
4. Tableau raisonné et figuré dû participe fran-
çais, etc. etc.
De l'Imprimerie de Me JEUNEHOMME,
rue Hautefeuiile, n° 20.
MODERATION.
BOHEURS DES FRANCAIS.
La marche régulière, rapide deu gouverne-
ment constitutionnel, l'ensemble des lois, et
des ordonnances où brillent à la fois le gé-
nie de la prévoyance, la pureté des intentions,
l'expression de la volonté forte du monarque,
l'organisation des institutions qui sont les ap-
puis de la loi fondamentale, offrent une masse
imposante de garanties, et tous les carctères
d'une stabilité parfaite; quand l'univers con-
temple avec admiration notre chef suprême
veillant au maintien de son immortel ouvrage,
les Français, pressés autour du trône, atten-
(2)
dent avec une sécurité profonde les fruits heu-
reux de ses nobles et immenses travaux.
La charte en elle-même n'est-elle pas le recueil
précieux des paroles solennelles} des oracles
infaillibles, et le langage de la raison universelle?
La royauté, la loyauté ne nous offrent-
elles pas une ressemblance parfaite dans les
idées, les signes, les résultats? En jurant de
maintenir la loi de l'état, les princes français
ne rappellent-ils pas que leur ame est le sanc-
tuaire de l'honneur et de la fidélité? Ce mo-
nument de haute sagesse et des lumières du
siècle, devenu en quelque sorte la légitime des
français, neforme-t-il pas aussi cette chaine de
diamans qui doit unir à jamais le roi et la pa-
trie?
En 1814 la France entière célébra le triom-
phe de la légitimité. Le monarque qui nous ap-
portait la charte couronnée par les lis et l'olivier,
attributs de la paix et du bonheur, fut ac-
cueilli avec le plus vif enthousiasme, de la
joie et de la reconnaissance. Pour préserver
(3)
de toute atteinte la légitimité rétablie, il im-
portait de perpétuer cette impulsion toute
nationale, de voir cimenter l'union entre le
père de la grande famille et les enfans qui,
long-temps séparés, devaient s'apprécier et
s'aimer sans réserve.
L'expérience, cette institutrice souveraine des
nations, apprit, hélas! tardivement, combien
il était urgent d'abord de cacher soigneusement
l'idole renversée, de la transporter aux extré-
mités du monde dans un asile inaccessible, afin
de détruire par cette précaution l'influence de
ses prestiges.
La générosité fatale, qui présida au traité
de Fontainebleau, peut donc être regardée
comme une des causes réelles de nos derniers
désastres.
En face du trône de France, sur la scène
politique de l'Europe, se trouvait encore placé
l'auteur d'un système continental extra-hu-
main, désolant, renfermant les principes
d'une dissolution imminente. Il était à nos
(4)
portes ce chef nourri d'illusions, entraîné par
l'ivresse d'un pouvoir absolu , incessam-
ment avide de ressaisir la domination univer-
selle.
Hélas ! elle existait toujours cette agence
de destruction, semant les haines, les défiances,
minant sans cesse les bases de l'édifice cons-
titutionnel prêt à s'élever.
Depuis que ce chef, frappé de mort politi-
que, est séparé de nous et du continent, par
une barrière immense à jamais insurmontable,
quel changement heureux, étonnant ! Les es-
prits , les coeurs, reprennent leur direction,
leur pente naturelle; la fermentation, privée
d'alimens, s'appaise; la discorde sans foyer
s'éteint d'elle-même : rarement l'autorité a
recours à la force pour comprimer la mal-
veillance.
Dès que sur un point de la grande surface du
royaume, le trouble se manifeste, à Pinstant
même il est entièrement appaisé. Au signal du
danger, on voit les vétérans de la victoire
( 5 )
reprendre leurs armes, que naguère ils avaient
déposées; spontanément ralliés au monarque
français, ils veulent mourir pour le défendre.
L'auguste vérité, fille du ciel, en traçant
l'histoire avec son pinceau fidèle, apprendra à
la postérité que dans des temps d'agitations déjà
loin de nous, Louis XVIII fut le plus modéré
des Français. Quelques désorganisateurs obs-
curs s'agitent dans l'ombre, ils sont frappes
par la loi. Le zèle impétueux croyant servir
ou venger le trône, s'empare de l'initiative
des lois, transporte le pouvoir suprême à la tri-
bune, et fait naître les plus vives inquiétudes;
semblable au dieu Neptune appaisant la mer
orageuse par sa présence, le sage couronné
ordonne, et les affections exagérées rentrent
dans le sein de l'ordre. L'histoire apprendra
que Louis XVIII sut réprimer tous les écarts ;
il repoussa les proscriptions, les confiscations
odieuses, instrumens de la tyrannie : en usant
du pouvoir royal, il en a distrait, avec discer-
nement, la portion nécessaire à la dignité du
trône, à la sécurité de l'état.

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