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Monarchie et république / par un vieux Français

11 pages
Girard (Lyon). 1871. France (1870-1940, 3e République). In-12. Pièce.
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MONARCHIE
ET
RÉPUBLIQUE
Pap un vieux Français
Prix : 15 centimes
FÉLIX GIRARD, LIBRAIRE ÉDITEUR
LYON
Rue St-Dominique, 6
PARIS
Rue Cassette, 59
1871
MONARCHIE ET RRÉPUBLIQUE
Les mots ont une telle puissance en rance,
qu'il importe de les bien définir ; car les mots re-
cèlent des idées, et de la fausse interprétation qu'on
leur donne résultent quelquefois des consé-
quences fort graves.
Au nombre de ces mots qu'on accepte sans se
donner la peine d'examiner quelle est leur valeur,
il n'en est aucun peut-être qui ait donné lieu à
des interprétations plus erronées que ceux de
monarchie de droit divin. Pour beaucoup, renon-
ciation seule de cette phrase est un épouvantail. Il
est plus aisé cependant de s'entendre à cet égard
qu'on ne le croit d'ordinaire ; celui qui écrit ces
lignes a vu des hommes dont les sentiments sem-
blaient opposés aux siens convenir, après quelques
explications, que la monarchie telle que l'enten-
— 4 —
dent ceux qui croient à la. puissance des traditions
éiait parfaitement acceptable.
Il faut partir de ce principe, d'abord, que tout
pouvoir vient de Dieu : Omnis potestas a Deo ; c'est
la doctrine de saint Paul.Que ce pouvoir soit trans-
mis par voie d'hérédité ou par l'élection, peu im-
porte: c'est Dieu qui l'a mis dans la société afin
qu'elle pût sedéfendre; car aucun homme n'ayant
de droit sur son semblable, une réunion d'hommes,
quelque nombreuse qu'on la suppose, ne pourrait
donner ce que nul d'entre ceux dont elle est com-
posée ne possède.
Mais si le pouvoir est de Dieu, le mode de trans-
mission de ce pouvoir est humain. Bossuet, prê-
chant devanl LouisXIV, ne craignait pas de lui dire:
« Sire, nous sommes l'origine de votre pouvoir. »
II est certain en effet que le pouvoir monarchique,
transmis de génération en génération, a eu pour
origine une élection première; seulement, au lieu
de choisir un homme, nos ancêtres choisirent une-
famille, estimant à bon droit qu'il valait mieux
courir la chance d'avoir accidentellement un sou-
verain médiocre que d'ouvrir à certains intervalles
une carrière libre aux compétitions des ambitieux.
Que cette constitution de l'hérédité monarchique se
soit faite peu à peu, au lieu d'être formulée dans un
— 5. —
contrat écrit, les conséquences en sont les mêmes;
déplus, comme le fait observer fort judicieusement
M. de Maistre, « ce qu'il y a de plus fondamental
dans la constitution d'un peuplen'est jamais écrit. »
A chaque changement de règne, l'acceptation
paisible d'un prince succédant à la couronne par
voie d'hérédité était une ratification tacite de la
constitution nationale, qui acquérait une nouvelle
force par le consentement d'une génération de plus
venant se joindre à celui de toutes les générations
précédentes.
De cet ordre de choses naissait pour le monar-
que un droit réel, car les contrats humains donnent
des droits qu'on ne peut enfreindre sans injustice.
Pour qu'un peuple, dans de telles conditions, pût se
soustraire légitimement aux ordres de son sou-
verain, il aurait fallu que le monarque, et cela d'une
manière évidente, ne se servît de son pouvoir que
pour la ruine de son peuple ; car « les princes sont
les ministres de Dieu pour le bien, » dit encore le
grand Apôtre. Or, chez les nations chrétiennes, de
tels abus d'autorité ne sont pas possibles, car le
frémissement de la conscience publique serait un
avis préalable et certainement entendu.
On comprend cependant, qu'en théorie, le gou-
vernement républicain, dont l'élection périodique-
1.