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Mort d'une enfant de Marie... (8e éd.)

De
30 pages
chez M. Dumas (Travaillan). 1865. Trouillet, Suzanne (1827 ?-1864). Pièce ; in-16.
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Onzième Edition.
PRIX: 50 CENTIMES:
tes 12 exemplaires, 2 fr. 80
Les 100 — 15
AU PROFIT
D'UNE CHAPELLE DE LA SAINTE VIERGE
S'adresser à M. DUMAS,
travaillan , par Orange (Vaucluse).
1866
D'UNE ENFANT
DE MARIE
PRIX : 30 centimes
AU PROFIT D UNE CHAPELLE
DE LA SAINTE VIERGE
d'hui chanoine et curé d'une des
premières paroisses du diocèse
d'Avignon. Elle sera à la fois l'in-
troduction la plus naturelle et le
complément le plus précieux de
notre tableau, tracé peut-être en
traits trop raccourcis.
L'Isle, le 21 juin 1864.
Je vous suis bien reconnaissant, mon
cher Confrère, pour le petit livreque vous
m'avez adressé, contenant le récit si tou-
chant des derniers jours de Mademoiselle
Suzanne TROUILLET. Fleur dans le désert
du monde qu'elle embauma des parfums
dé ses angéliques vertus, elle fut toujours
un modèle de sagesse, de modestie, d'hu-
milité, de charité. Elle avait 16 ans envi-
ron lorsque je quittai sa paroisse, et déjà
quels progrès n'avait-elle pas. faits dans
les voies intérieures ! Lors de sa première
— 8 —
communion , je me rappelle sa ferveur,
les soins qu'elle mit à s'y préparer, la fer-
meté que dès-lors elle fit paraître, soit au
sein de sa famille, soit à l'extérieur pour
se soutenir dans sa résolution de servir '
Dieu, de fuir le monde, et de se rapprocher
de plus en plus du modèle qu'elle voulait
autant que possible copier, la Reine des
Vierges
Cette bonne enfant a été, dès les pre-
miers temps, d'une humilité, d'une mo-
destie admirables. Retirée dans son petit
travail, elle allait sans éclat à son but, qui
était l'amour de Dieu, l'horreur du péché
et du monde. Rien n'a jamais pu la dé-
tourner de ces saintes pensées ; les mal-
heurs qu'éprouva sa famille, les scandales
du monde, la légèreté de quelques-unes
de ses compagnes l'ont trouvée inébran-
— 9 —
table dans sa détermination, d'être à Dieu
et à Dieu seul. Ange de la terre , elle l'est
aujourd'hui du ciel: Elle a cherché à mar-
cher sur les traces de Mademoiselle Adé-
laïde (1) et je ne doute pas qu'elle ne soit
en possession de son bonheur. Vous avez
(1) Mademoiselle Adélaïde REBOUL, morte en
odeur de sainteté le 23 août 1860, à l'âge de 77 ans.
Elle comptait dans sa famille, un frère, député
sous la Restauration; deux oncles prêtres, l'un
chanoinede la Métropole d'Avignon, l'autre Vicaire-
Général de Monseigneur de Mons, et une nièce qui
occupe aujourd'hui un rang supérieur dans la
Congrégation des Filles de la Charité de St-Vincent
de Paul. Les fidèles vont visiter son tombeau mo-
destement placé au milieu d'un gracieux sanc-
tuaire qu'elle avait fait bâtir sur la paroisse de
Camaret en l'honneur du saint et immaculé Coeur
de Marie. Les habitants de Camaret, qui l'a véhé-
raient comme une Sainte, ont toujours attribué à
ses prières d'avoir été préservés du choléra. Ils
citent encore plusieurs guérisons qui se seraient
opérées par son intercession.
2.
— 10 —
bien foit de mettre en relief ce qu'il y a de
plus saillant dans ses derniers moments.
La mort d'une Enfant de Marie fera du
bien à certaines âmes, surtout aux jeunes
personnes.
Ayez la bonté de m'envoyer 100 exem-
plaires de ce précis d'une mort si précieuse
aux yeux de Dieu.
Tout à vous dans les très-saints Coeurs
de Jésus et de Marie.
J.... Curé, Ch. hre.
AUX ENFANTS DE MARIE
Vous qui vous glorifiez de mar-
cher sous la blanche bannière de
Marie; vous dont la plus douce joie
est d'entourer son autel, d'orner son
image bénie de bouquets de fleurs
et de lumière, cherchez toujours à
lui plaire en retraçant en vos coeurs
ses vertus. Oui, vous êtes la portion
— 12 —
choisie de sa cour ; goûtez donc le
bonheur si pur de lui appartenir, et
soyez saintement fières d'être appe-
lées ses enfants.
Pour vous encourager à persévé-
rer dans celte voie qui mène à Marie
et de Marie au ciel , nous sommes
heureux d'offrir à votre méditation
les derniers jours d'une de vos soeurs,
de vos compagnes qui, comme vous,
fut Enfant de Marie. Ce n'est, pas
une vie que nous avons l'intention
d'écrire, c'est une fleur que nous
avons rencontrée dans le jardin de
la Reine des Vierges , elle nous a
ravi par sa fraîcheur et son éclat ;
nous l'avons simplement cueillie
— 16 —
vertus, elle revêt alors une grâce toute particu-
lière , elle exerce une heureuse influence autour
d'elle, on se sent bien à ses côtés, on respire comme
un parfum du ciel; et, quand la main du divin
Epoux a cueilli cette fleur dela terre, longtemps
encore on est embaumé par l'odeur de ses vertus.
Telle a été Mademoiselle Suzanne Trouillet, mort©
à Camaret, paroisse du diocèse d'Avignon, le 21
février 1864, à l'âge de 36 ans.
Si la main qui consacre ces lignes à la mémoire
de cette humble fille du peuple, de cette simple
ouvrière, dont tes personnes les plus distinguées
recherchaient la société et l'amitié, avait à écrire
au long sa biographie, que de faits édifiants n'au-
rait-elle pas à relever ! Que d'actes de dévouement
à signaler I Quels exemples de.la plus solide vertu,
de la piété la plus éclairée, ne montrerait-elle pas
à tous ceux qui aspirent à la perfection ! Elle re-
cueillerait même les aveux qui tombent de la bou-
che des mondains pour préconiser sa sainteté.
— 17 —
Qu'il nous suffise d'assister à ses derniers moments
ils sont assez riches d'édification, ils vaudront à
eux seuls une prédication fructueuse. Pour le
juste, la mort n'est pas une perte, c'est un gain.,
ce n'est pas une défaite, c'est une victoire, et la
Religion peut montrer, avec un saint orgueil, son
juste qui expire, dans le baiser de Jésus-Christ,
comme un vrai triomphe. Ecce quomodo mortur
justus.
Nous devons dire le principe de la maladie qui
ravit au monde cette aimable Enfant de Marie.
Par une nuit froide du mois de décembre, elle se
leva pour faire pénitence d'une de ces fautes de
fragilité dont les plus grands saints ne sont pas
exempts, qu'elle croyait avoir commise ajournée
précédente. Elle pria, et son oraison se prolongea
au-delà de l'heure qu'elle s'était imposée; elle se
trouvait si bien avec son divin Epoux ! Le lever du
soleil la surprit encore à genoux au pied de son
crucifix, le coeur brûlant d'amour, mais le corps
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