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Motion d'ordre sur le commerce et les arts ([Reprod.]) / par J.-B. Harmand,... ; impr. par ordre de la Convention nationale

De
32 pages
[de l'Impr. nationale] (Paris). 1794. Commerce -- France -- Ouvrages avant 1800. Arts -- France -- Ouvrages avant 1800. 1 microfiche ; 105*148 mm.
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20*
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THE FRENCH REVOLUTION
RESEARCH COLLECTION
LES ARCHIVES DE LA
REVOLUTION FRANÇAISE
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< ON VIE NI I G .M N Jt'-T'î O- NA, L
MOTION; D'ORDRE
SUR
ARTS
TPju a J. B. H A R M A N D
Députe par le département de la Meuse;
A
comme on l'a dit rans cetre Aflemhtéî,
que i*ls (ont k-s erfers inévitables d'une grande révolution?
Ce u'eil pas ici le moment de reiuter cerre hcréiie moi;;l*
& politique, ni d' examine f fi les ,f:e&areurs jïe l'ont pas in-'
îroduiE* propages & iou.tenue 'parnu nous; pbftr ôçei aux
peù^ies" qwi nous pbbsrvetw le deiir dé nous imiter par
1 exemp'ie & la excès que la poftetiré revoquefoit
en douce il elle n'eioii pas condamnée à en rellemir les tu-
jifcifris trtets..
ïe iT.e bornerai dans ce* infiant." à opposer à ce paradoxe
tftlir/aitt la conduite de nos aiincs en révolnàon-, des An-
•gliiis ii dégénères depuis ,& des la^es Américains ieCouian
le joug, de ces rytaus avares & ambitieux.
Les premiers auûi mobiles* dans leurs opinions politi-
ques que les ondts qui les environnent, n'ont été conltans
que daus leur génie commercial & dans les encouragemens
qu'ils ne ceiierenc df lui .donrièt même dans les temps les
plus orageux de leurs nombreuses & délirantes révolutions.
Ce génie & ces entouragemens s'éclipsèrent un inftant, &
cet in lb ne tut celui de la perte de la liberté, pour laquelle
ils croyoient combattre cet infant fut celui où la fec%e im-
morale Se barbare des Nïvekurs prépara & nécefllta l'ufur-
pation de Crom.el & ces NivJeurs, qui ayoient pris ce
nom de leur prétendu ardent amour de l'égalité) avoient
leurs patrons dans le & malheureux,
dont la foiblene occaiîonna la catafîrqpbe qui a remis les
Anglais fous le joug, & que la corruption & leur impuif-
fance morale leur ont fait depuis ( regarder comme le chef-
d'œuvre dt-s institutions humaines & de la politique.
Les américains plus rages & plus énergiques, ont pro-
fi.é de l'expérience 6c de la home imprimée fur le front de
leurs anciens cppreiïèurs. Si pour ibutenir la guerre glo-
xieule qui a rendu la liberté à cette belle partie du Nou-
veau-Monde, les Américains mirent les propriétés particu-
îitres à la difpoiîrioii de la nation, ils fentirent a.uili lajw-
cefîité de les alimenter & de les ravivc=r fans cefie,. en ap-
pelant le commerce dans leurs ports en le follicitant par
& en le protégeant; ils fentirent qu«»
queiks'quç feient les reiïônrces Territoriales d'un peuple oui
T-
Ai
aucun fin: le globe qkh les réunifie toutes dans cette
dance néceiïake à des bsfojiis facls cefïe renaidans leur fage
prévoyance les a fauves & leur garanri la liberté.
.Qui aurbit, pu croire que -Cet exemple de la fagefle des
-Etars-Unis d'imérique eut été perdu pour nous? Quf a.uroit
pa croire que les Français, toujours- émules heureux- Se
̃jamais riVaux^ envieux des ̃ peuples qui; k-s environnent euf-"
fent'foui-à-cpiip ronipii, non feulement les liens & lev rap-
ports, que le befoin « l'invinribls nature ont établis en Te
tous les hommes qutl que {'oit le foi qu'ils, habiter, r, mais
encore ceux, qui unifiaient 'tous- les individu*; de cette grande
'ct.gér.ereuié nation Qui eût pu, croire qu'apr-cs'le fyftème
plus philanthropique en apparence mais non moins extrava-
gant, de la République uhiverf Ile un eût fait iucctder
celui de la prodûccicil univerflle ?
Ah malheur au peuple anquc-l la nature ar.roit fan ce
prêtent ft'.nefte il ne connohroit pas la douceur des rela-
tions de la fraternité entre les nafiens, réfervées au triom-
phe de la r:iibn humniue & au fucct's de notre imniortell*
révoluii"n,Ei ta iouiilànce de ces dècouvenes précie}î(è« qui
ont érenduje- domaine du géi-.ic-; &) daws ion ilol'pme'nc
barbaiv tf-aurék-pius jde pein.: défendre fes jouilîànces
que de plaifîr à lespoffèder.
Mais en vain les calculateurs empiriques de la révolution
ont voulu fubiu-tuer le délire de leur imagination aux ob-
fervarions conftantes de J'expérience & de la raifon. La na-
ture, plus occupée du bonheur dés'lïommés qu'ils ne le
font eux-mêmes, & plus airurée des moyens de le leur pro-
curer, ne l'a pas voulu ainfi; & dans la lutte audacieufe
que quelques efprits plus réyolrés que révolutionnaires
'ont voulu élever & fouronir contre elle & contre le
genre humain il eu: femps én.în de foufti'aire la nation aux
évér.emens funeftes de leurs coupables attentats ou de leurs
erreurs; il en' temps de tracer la lis;ne qui doit féparer à
jaunis la fagelîè oc la folie, la révolution & la révolte la
Se l'audace l'anar-
ch)e, le calme de la vertu & l'agitation du crime il éft
temps-que la il
dttemps que Me bonheur réel du peuple iuccùde enr?n à
4
Ces .réflexions préliminaires ne (apt point étrangères à la
grande qsi vous occupe. Sous un gouvernement
"'aèfpofiqr.e un traité' ou une difeuffion for le commerce
ferait la recherche des moyens de iubâiruer une guerre
morale à on-- guerre de fang^, el-le feroit la recherche des
moyens de corrompre par le luxe, plutôt que de civiliiec
par les arts, elle feroit le réfulta't des combinai! ons de l'^n-
vie, ch l'amhi'ion & de la mauvaife foi.
• Mais, chez un peuple .libre qui a proclamé les /vertus,
& pour lequel la politique n'eu: autre choie que la morale
fniie en action chez un peuple libre, uh traité de com-
merce drit eue un vrai traité de rnorale; il doit contenu'
l'expo/ïtion de fes principes, parce que fi je puis m'expri-
mer ainfi il doit être l'inoculateur général de la révolu-
tion il doit conféquemmenr être le lien de l'union frater-*
mile en:rè toutes les narions, ou* par l'intérêt, ou par l'ef-
time; il doit être le protecteur des arts, non-pour corrompre
.l'efprit & le cœur dé l'homme par les huiles jouiffances du
luxe mais pour l'adoucir, le perfectionner & l'arracher à
la fôciéré par les productions mêmes de fon génie. Chez un
peuple libre le coinmerce n'eft pas le réfultat des fpécu-
îations de l'envie, de la haine, ni même de la rivalité; mais
il eft l'ertêt d'une .émulation généreufe fans celle occupée du
bonheur du genre humain, de la gloire & de la profpéritc
de fon pays; il n'eft pas comme chez les defpotes, le bar-
bare calculateur de la difette, mais il eft le fage- régulateur
de l'abondance. Chez un peuple libre, le commerçant &
l'artifte ne iont pas circonferits comme chez certains peu-
ples de l'Afie dans les limites de fon territoire leur génie
actif franchit les montagnes, traverfe les mers, brave tous
les élémens par-t^u: il mer la nature à contribution Se
par-tout il la feumet aux hommes fi les habitans de fon
pays font fes frères; ceux des autres pays font de fa fa-
mi'lls, Se c'efî fur cette nuance qu'il leur diilribue tous
fes cchs ôv les fruits de fes travaux.
Quels hommes peuvent dcnc être plus précieux à la fo-
ciéré que le" commerçant & l'arriAe J
joui'ïances & des occijparions d« l'homme fi le commerce
&: les arts ne de dire
1
A j
.aiiilî que fans le commcrceS&; les arts l'agriculture rorpbê-
roit dans cette langueur qui prépare la diiluluiion de la lo-
cièré &. 'qui amtne la lxirba/ie', ou bien elle feroit rédrite*.
a un- elclavage» non moins Tunefte car ôtez de la (ocfété:
les occupations inran brablcs du commerce & des arts; il
ne refera pkis que l'agriculture «S: les arrhes
ment la force & le pouvoir pour les uns. l'clclava^e c\
le malheur pour les au;rc.s.
La dépendance de l'agriculrure, du commerce & des arcs
cfl tellemenr rnaturlb, que fi ia premiCre doit ctie ̃cp:u-
en érr;uj: la caufe Je coutmel ce & las tirrs
doivenr erre confidérés cop.me Tes 8: ils le laiît >\x)r
lîmert. Leur exifteiio; c-ft l'agriculture té j sru:
du commerce & des arts, itrolc un, corps fiins' vie iai>
action & ne feroit pour l'homme que ce que la chaire df.
la production des végeraux font pour la brute leurs juuif-'
fances ferok-nt les mêmes: fi l'agriculture les prépare, Je
commerce &' les arts les donnent; la première ebuuche la
nature, les féconds la perfectionnent ik l'embellillcnt. L'a-
griculture et! fi l'on peut s'exprimer ainfl, le bloc
mains de la nature, (ur lequel le commerce & les arts «Ut
lent les jouii'Iances de la vie. Et comment voudroit-oli ft-
parer l'agi ictil'ure du coitimcrce & des arts, puitquelie efi
('!le-même la (ource du commerce & h pretnice des arts
rui'quo, fans les, arts, nous n'aurions ni la bèchf ni lu
c.ir.ruc punique, fans le commerce» midi
n-anqu.Tcir des
&r celui du nord nvdi,doiTt
ii n'a pas moins b-J'vin ?
Je lai; bien que quelques
ce la philanthropie a égarés,
fi'prlémcnt munIe & la
lui mime, le lenfible J. J. Rouflcau a
rarion littéraire i<s
& les arts; Mably
inutiles mais l'erreur de ces amis de l'kuniauitc 2it iiit pas
occaironnëe par l'an«rchie
jouit moins contre celiii qui
tnvic qui fait préférer le
r;tti ne font pas.& ne peuvent jamais» être, générales. Ces
philofophes, ofïeâes
iàftituriôns dédales, fous Jefqueliés ils vécurent, avaient çon-
4 damné la partie la plus nombreuse ,&, la plus utile de la
fociéré mirent en «jucftion & en' doute il 'la multiplica-
tion des jouiffrnces ajoutait au bonheur de l'homme.
Mais fi, an lieu de le borner à la fpécuta.fion dé ce problème
erroné, ils en eutïènt fuppoié l'exécution ou l'exiftsnce pra-
tique eux-mêmes s'étoient interdit Tufage de toutes. les
pu duâion'îdf l'ar. t /î eux-mêmes, nuds, Lirïvm lifon fans
vête mens (un1; chadtlure Se renonçanr à toutes les autres
jouifTcnces que lE': arrs on- mites à la dMpofition de l'homme,
il; s'éroienr bannis dp la fociérê3 quel eut ézé leur forrî quel
feroit celin de Telpcce humaine, Il jamais ce paradoxe anti-
focial & barbare en exclunit les arts ou les dérruifoit ?
T'égaU'é des jouiiîànces exifte-r-elle mûne parmi les bruces?
Non fans doute cetre vérité eft atteftée par les observations
joufBalicrt'S de tous les hommes. La force & l'infcind onc
rompu, chez les animaux domine chez les hommes, ce pre-
mer lien du bonheur & la nature, que nous ofons acculer
en cela, eft d!e>rnême -la lource intarifiable de ces inégalités
En vain ce philofopht cynique de l'artriquité brifa le vafe
d'nrgille pour boire dans le creux de fa main; (a dodrine
& (en oynifme brutal & dégoûtant ne lui rîren: point de
profél yres l'attrait invincible des jouiiT.nces cet iurtrument
acrif du benheur du & du malheur de l'imprudent ,̃
retint & retiendra toujours les hommes dans la fociété qui
l.'antiqniré avoua plie-même que l'orgueil de ce philo-
fophe, fi on peut' donner ce nota l'ennemi des moeurs Se
de la pudeur, perçoit au travers des trous de (on h«bir
comme celui de nos modernes Piogtnes par leurs habits
courts leurs, chevelures cralfeufes leur afic&ee
Se \eur bpi.net rouge.
C'eft bien improprement encore que l'on à dit que le
luxe fcoit- l'cnhinr du' crime & des atts-, pournnr-on dire
que l'ivrognerie eu: l'enfant du. vice l'enfant de
ils en
7
A 4
•opt l'abus;, mais les-enfans du c&mmercè & des arts t'ont
l'embelliirement £ç la conlclation de la vie. Er comment
poutroit-on les accuser d'être le* ennen-is de la raifon, p;iit-
qu'jis 'font "l'effet '& la preuve ^de Ca reifectibilké ?
Le luxe eft fans doute l'ennctrai de la rmton &: le def-
truâeur des fociécés mais il ne l'e'ft pas comme enfant du
commerce & des arts, il Teft comme abus, ôe comme le
font tous les abus.
La iource de cet abus eft dans la corruption du goaver-
nemenc dans l'àblence de la morale oc de l'initructien pi*"
biique; elle et): dans le mépris des mcrurs & d>ins ces fr
tunes rapides & ican'daleufes, produit dêiedable de l'imr.1*
ralicé & des calculs faits fur la mistie publique elle eft
dan1; les maximes erronées ou perfides qui ont'ftitciré .l'envie
des jouiiïiinces, au lieu d'en divjgtr le troût Se d'en modérer
le defir; elle eft dans les prccepres impies "de lanarcifie
oui comme je l'ai déja dit on, foulevé le citoyen qui jouit
muius contre celui qui jouit-le plus elle eii d;,ns ces maximes
perverfes & inieniées ou plutôt dans les projets criminels
de provoquer le pauvre contre' le riche & le riche contre
le pauvre, l'ouvrier contre l'entrepreneur, & le consomma-
teur contre le commerçant &c le cultivateur; elle (-Il dans
l'art perfide de fuiciter des rivalités entre toutes les piofef-
Il() de brouiller 8c corromj.ire ions if s états de la fociéié,
de/doftner l'éveil à toures -les pr.iïioiis de If s oppofèr les
unes aux aunes; de pré- en or les tâtons, la conuntrce &C
les ara, comme les effets do 1 ambition & comme di-s moyens
d'ufurpation de caref' r lâchement au, lieu d'iiilrntirt- 1 igno-
rance loyale mais iralcibie tumultueulc & facile à trom-
per, & en la préfeman" par-tout comme le -parnoiilme ex-
dufif; elle eiV d;\ns la de l'a^eat-'le hsrociié des
Vandales à l'auftcre (age)Ie des nommes libres file
dans l'ablence de la liberté Se d^ Yéçiû'uù & de' tenues les
vertus.
Voilà, cirovens quelles f.'iir It-scasiits des nbus qtje l'on
a perfidement impures au commerce, aux arif <?c aux tnkns}
laites ceiltr ces caufes, vous k- p-iive*. Se vous rendrez,
le commerce, les arts & les ralens à leur véritable objet",
au bonheur public.
Ileil (ans doute des
s
humains, & coupables de tous les crimes attachés à ces
p vices il eft fans doute des aniftes qui qtït proftitiaé leurs
'-tâîensi il etYauflï des favans ou des hommes té pûtes réls
qui ont immolé leur réputation & leur honneur,, en facri-
frtfnt au defpotifme Se en outrageant la liberté mais faut-il
imputer aux feiences au commerce Se aux arts, le crime
-de quelques individus? La vertu eft-elle moins honorable
parce que le fonibre & farouche Robefpierre l'a invoquée
dans fes e?cès? la morale cVle patriotisme ne font- ils pas
toujours les premiltes qualités d'un bon citoyen, quoique
-les Hébert, les Vincent les Roniln, les Chaumette & autres,
conspirateurs en aient abufé pour furprendre la confiance du
peuple La prudence & la bonhommie font-elles moins des
qKalités eftimables parce qu'elles ont fervi- de marque à
Thypoenfie ou à lafoibleiFe de Pache & de Bouchotte La
liberté & l'égalité font-elles moins chères aux ames géné'-
r'eufes & fénilbles parce que des .hommes pervers ou fré-
nériques en ont fait rinftrument de leurs »forfaus. ou de leurs
Pour traiter avec quelque fuccès la qùeftion importante
qui occupe la Convention nationale, .il k-reir né'cetkure de
pofer, avec méthode & clafte, la fcrie des principes & des
rapports fous kfqiuls le commerce & ks arts doi/ent être
çoniïdérés. $
Déjà piufieurs idées & pluficurs lois fur le commerce ont
été prefentées & adoptées par la Convention nationa^11
en eft dans le nombre qui ont juftemenT obtenir fii ianctiony j
mais il eînefl aulli qui portent avec ellcs l'firTprfime des
calculs exigus & incertains d'un comptoir, & celle dcs
fiV:jiigés & qui font au- défions des s grandes conct prions
qui convieKiienr à un gr.md peuple &-à une aiicrnblcc c!e
légiflareurs délibiunt fur les moyen? d'accroître le bonheur
:de l'humanité. lJn fque toutes ces idées Se ce.» lois portent
auflï a^'ec elles rempseinte de l'égoVlnie nationai non rroii-.s
funefte à ia folidité à la conftaiice des fuccès Se à l'iiar-
monie des nations que l'égoïfme des individus l'eft à
laquelle ils vivenr,
Il eft de fait que le commerce faifit, meut, confolide ou
les.
?r
Motion d'ordre j par J.-B. Harmand. A j
"indivùlifs d'une mùiîie nation, niais encore ceux de narrons
à nations i! n'en eft pas un ¡et:! qui ne s'y rattaché par Un
point quelconque; & depuis long-temps cette vérué a donné
la inefure des connoiiîances politiques & ïigiflïtives de quel-
que*: prétendus Lycurgues nouveaux qui, réièrvant à eux
iecls les jouiifances de Sybaris, vouloir!: impofer aux autres
les adultères privations de Sparte ,& réduire l'un des plus
grands peuples de l'univers à la vie ftupide-& monotone des
Nomades, ou à l'ignorance-barbare des Cannibales.
On a parlé diveriemént des caufes de la fiasriaùon réelle
& des entraves qu'éprouve- le commerce de la République,
êc l'opinion femble Incertaine fur ce point des nommes qui
ne comparent jamais le préfent avec le paiïe, ou qui rem
Cent de jeter les yeux derrière eux enrayés du ipcctacle de
leurs crimes ou de Jours erreurs, femblent vouloir attribuer
aux circonftances actuelles de la loi du maximum la nécei-
hté où fe trouve la Convention de s'occuper de la reftaura-
[ion prompte Au commerce ôc des arts; ils feignent de mé-
connoître les causes directes ou premières de cette loi, âc
ils lui attribuent les effets dont elle n'en: pas même la caufe
iecondr.ire.
Ce n'eft pas qwe^je veuille ici défendre cette loi qui ne
peut être juftinec que par les circonftances, & à laquelle,
quoi qu'on en dire on doit peut-être le taiut de la chofe
publique 3 & qu'il ¿Il: néceilaire dans mon opinion, de
maintenir encore pendant quelque temps. Je fuis que la li-
berté la plus illimitée cI! l'^ne du commerce que c'eft elle
qui le féconde & le vivifie mais n'eft-cc- pas parcs que
cette même liberté été violée, n'en:-ce pas par les atteu-
tats mi:iii;Jiés commis contre h commerce, n'eft -c« pas
pu- les lui ont été
hiits que l'on a altéré la confiance & le crédit fans lelquels
iL ne peut pas fublifter î n'eOr-ce pas par les divifions fu-
neflcs ,élevées, par l'anarchie (k hs cohfpirareurs entre les
villes
•ntuv? de Pans, que l'on a t;>ri ou intercepté
"la circiïiaticn î n'ell-ce pas par les
eitées par-fcs ennemis de la révolution entre toutes ces grandes
que guerre civile
10
n'eil-ce pas roppremon & les vexa rions -exercées djins tome$
les villes qui ont tué le génie, l'indufme & la liberté du
commerce? n'eft-ce'pus enfin à toutes- ces cauks premières
que l'on doit, .attribuer la hailie rapide du prix de toutes les
inarchindifes Qui pourra donc empêcher 1 îrnérèt perionnél
de calculer les chances des diviilons politiques, &^e s'af-
Jurer, par le prix de ce. qu'il polstde, l'indemnité de .ce
1 que les événement ou le dîicridit '& le pillage peuvent
lui faire perdre? C'cft-en vain qu'on ie'temerok on peut,
avec ce moyen 3 faire des victimes punir même qixtlq;v;s
coupables mais au lieu de rappeler ou.de ranimer le com-
merce, on le challè & OB le tue; &^d?.ns cette pefinon,'
il ne refla plus au gouvernement que de s'emparer lui-même
du commerce d'en diriger les opérations, & d'arrêter le;
progrès d-s calculs de l'intérêt particulier & de la malveil-
lance. De la la loi du. maximum de là la néceiïité d'une
ccmmiiîicn de commerce la confiance., le crédit, la liberté
&: la protection '.des lois euilept été_ fans doute des moyens
tous été rejets &: telle efi encore la fatalité de neutre atua-
lion, qu'il n'y àuroit peut-être pas moins de. danger à livrer
le commerce a iui-màne., Jans ces circoiifhnces qu'il y en
a à, le diiiger,- c l'
Mais quels obftacles pourroienc s'oppofer encore'aux pro-
grès de la morale & de l'expérience ? & les *e Sources que
les vertus la patience du peuple & fon courage ofFren:
la Convention nationale, ne fon:-elle;, pas fupàicr.rcs à
tousses oblkcksî Une natron qui etlà la,rois agricole,
manufacturière & militaire, qui réalifé dans (bnli-iirlal-
chimie, par -"l'émiffion des alïïgmts, qui force J'évonntmint-
"& l'admiration de l'Europe qui
des citoyens non moins fentîbles la gloire & à la prùfpc-
îkc. de leur pays, qu'à leurs intérêts pertbnnels & doni
pluiîears n'attendent que le fignal de ta liberté & de l'i^n-
nc-ur pour fe dévouer,
cluctions terriiorialos & tupj-
î