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Moyen de sauver la France. [Signé : le Bon de Satgé.]

De
15 pages
impr. de Le Normant (Paris). 1820. In-8° , 15 p..
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MOYEN
DE
SAUVER LA FRANCE.
LE moyen de sauver la France n'est pas celui
qu'on cherche avec tant de peine, ou, pour
mieux dire, qu'on cherche où il n'est pas : il
est pourtant simple, facile, clair et naturel ; il
est tout entier dans la volonté du Monarque,
et il consiste à choisir des hommes éclairés, et
surtout bien intentionnés, pour dépositaires de
l'autorité.
Il falloit être bien imprudent, et croire les
Français bien imbécilles, pour oser leur donner
des raisons aussi plates et aussi ridicules que
celles qu'employoit un ministre lorsqu'il vouloit
faire entendre que, pour conserver le tronc, il
falloit l'entourer de ses ennemis; qu'il ne falloit
( 2 -
pas de royalistes dans le pouvoir; que nul ne
pouvoit remplir aucune fonction en France, s'il
n'avoit protesté contre les Bourbons.
N'est-ce pas là le plus fou et le plus faux des
systèmes politiques, et le plus grand crime de
celui qui, en effet, a peuple le gouvernement
français d'ennemis jurés de la légitimité ? Que
ceux qui l'ont remplacé aient le courage d'en
convenir, sans dissimuler le moyen que j'in-
dique comme seul capable de sauver la France,
qu'une poignée de perturbateurs et de factieux
a mise à deux doigts de sa perte; et de telle
manière que :
Si un affreux incendie se manifestoit au châ-
teau des Tuileries, et que nos Princes en fussent
Horriblement menacés, je ne vois pas qu'il fût
plus pressé de l'éteindre que de chasser certains
révolutionnaires des postes qu'ils occupent. On
l'a dit cent fois : ll n'y a qu'un changement
d'hommes qui puisse amener un changement
dans les choses; et tout ce qu'on fera avant cette
mesure, sera inutile pour la France, pour le
Roi et pour la Famille Royale.
Qu'importent les modifications au système
( 3 )
électoral? dit M. de La Bourdonnaye; le mal
est-ailleurs, le mal est plus profond; ce n'est pas
dans la nouvelle combinaison des collèges électo-
raux qu'on trouvera un remède contre la fermen-
tation de l'esprit de faction, contre l'influence d'un
comité directeur qui dispose des suffrages. C'est
moins la loi que l'action du gouvernement et
l'impulsion qu'il donne, qui font les élections.
Je doute qu'il y ait un seul homme qui ne
partage celte opinion parmi les royalistes : ceux-
ci , sentant qu'il y a des chances pour eux dans la
nouvelle loi, se rendront aux collèges, et en plu-
sieurs départemens les élections seront dictées
par le bon parti. Mais si les préfets qui appuient
les révolutionnaires sont conservés, cet avantage
est perdu : les royalistes abandonneront un mi-
nistère qui s'abandonne lui-même, et n'iront
pas s'exposer à un combat sans gloire.
Argumenter pour ou contre une loi est, selon
M. de Salaberry, du raisonnement perdu. Il ne
conseille qu'une chose, c'est de donner à la mo-
narchie des ministres royalistes. Qu'on ne se
fasse plus d'illusions, ajoute-t-il, la question du
salut public n'est pas dans la loi seulement, elle
(4)
est presque tout entière dans les hommes qui
seront chargés de son application. Les factieux
seront tout aussi adi-oits, tout aussi fourbes,
pour éluder les intentions monarchiques de la
nouvelle loi, qu'ils l'ont été pour utiliser dé-
magogiquement l'ancienne au profit de leurs
mauvais desseins.
Les révolutionnaires crient avec fureur la
Charte et le Roi.... ; et tel qui a demandé aux
étrangers un Roi, rien qu'un Roi, toujours un
Roi, pourvu que ce ne fût pas un Bourbon ,
voilà l'homme qui prétend avoir des droits
acquis pour se déclarer aujourd'hui par excel-
lence le sincère ami du Roi.
Non, les hommes libéraux ne sont pas ces
amis du Roi qui haïssent le Roi, ces amis du
peuple qui méprisent le peuple, qui l'ont tou-
jours flatté pour le tromper, le dominer, et
qui ne le flattent, aujourd'hui que pour recou-
vrer le droit de le dominer encore. Tout pour
le peuple, voilà le cri de ces jongleurs modernes ;
tout pour nous, rien pour lui, voilà leur arrière-
pensée, que proclame l'expérience de trente
années, depuis Robespierre jusqu'à Buonaparte
(5)
Mais ces faux amis du peuple et de la monarchie,
le peuple les connoît aujourd'hui ; il semble
même que le gouvernement commence enfin à
les connoître.
C'est le trône de l'illégitimité que ces syco-
phantes, convaincus de mensonge par leurs
actes, leurs parjures, et leur vie tout entière ,
veulent élever sur le trône de Louis XVIII— ;
il s'agit de les empêcher de nuire; il s'agit de
leur interdire l'influence politique, qu'ils usur-
pent par la fourberie, qu'ils exploitent par le
mensonge, afin d'en user pour le crime : il s'agit
de confier l'exécution des lois monarchiques à
des hommes qui n'inspirent d'inquiétude et
d'effroi qu'aux ennemis de la monarchie.
Il me tarde de savoir, par des faits, si Sa
Majesté Louis-le-Désiré aura bien compris la
force de ces vérités, qui sont éparses dans le
sublime discours de M. de Salaberry ; de savoir
encore si elles seront étrangères à ses ministres;
s'ils auront la noble et courageuse franchise
d'avouer les erreurs d'un trop funeste et trop
déplorable système, et de reconnoître que la
monarchie légitime ne peut avoir pour appui

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