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Notice biographique, principaux actes et pensées de S. M. l'empereur Napoléon III / par Émile Jaeglé,... et N. Brigaud,...

De
12 pages
Boucquin (Paris). 1853. France -- 1852-1870 (Second Empire). 8 p. ; in-8.
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a.
56
-j
AVANT-PROPOS.
Par le grand acte qui vient de s'accomplir, la France a fixé ses des-
tinées! Le suffrage universel, fonctionnant librement, a répondu d'une
manière éclatante et décisive à l'appel loyal qui lui avait été fait, et
8,000,000 de voix en posant sur la tête de Louis-Napoléon, héritier de
4'Empereur, la couronne de Charlemagne, ont à jamais fermé l'ère
des révolutions.
Aussi la confiance qui, depuis quatre ans, était complètement per-
due, reparaît-elle peu à peu en nous promettant de nouveau des
jours prospères.
La révolution de février nous avait ramenés aux jours orageux de
1791 et 1792. Dans un horizon qui semblait se hâter vers nous, on
voyait déjà poindre la tète hideuse et sanglante de -1793.
Le sol où nous marchions était incertain et tremblait sous nos pas;
toutes choses menaçaient ruine; la vieille société, ébranlée dans ses
bases fondamentales, allait peut-être s'écrouler, la famille était atta-
quée, la religion mise en doute, la propriété contestée; nous allions
tomber dans le gouffre béant et profond de l'anarchie. Nous allions
périr!...
Mais un homme s'est rencontré, portant un nom justement popu-
laire et aimé, entouré d'une auréole magique et glorieuse, possesseur
des qualités brillantes et solides qui distinguent les hommes de génie;
cet homme se dévoue, amasse un péril immense sur sa tête; son éner-
gie nous sauve, et promet au monde et a l'histoire un grand homme
de plus. Cet homme, c'est Louis-Napoléon !
Honneur donc à lui! Honneur au libérateur des peuples!
iOlIS-NÂPOlEON III.
Nous ne ferons point ici la biographie de Louis-Napoléon , tout le
monde la connaît; mais un portrait fidèle du Prince à qui le pays
vient de donner un si grand témoignage de confiance et de satisfac-
tion ne sera peut-être pas mal accueilli, et on lira avec intérêt quel-
ques détails sur les habitudes de sa vie privée.
De sérieuses études, de longues méditations, l'exil, la captivité ont
modifié à ce point la nature généreuse de Louis-Napoléon qu'il est au-
jourd'hui entièrement maître de lui, et ont eu pour résultat de lui
donner ce calme des âmes fortes et cette impartialité qu'il montre dans
les grandes circonstances.
S'agiter n'est pas avancer, a-t-il coutume de dire; aussi sa parole,
sobre et précise, est la conséquence du système de conduite qu'il s'est
imposé. Observateur perspicace, il voit d'un coup d'ceil rapide et sûr,
apprécie vite et bien les hommes et les choses, et le jugement qu'il
porte est presque toujours juste. Sa force morale est telle qu'il ne laisse
rien paraître des impressions qu'il reçoit; mais il les classe dans sa
mémoire et retrouve ses souvenirs en temps opportun.
Avec une lucidité qui étonne et surprend, il se rappelle les faits
accomplis même depuis longtemps, et à un moment donné désigne
pour des postes importants des hommes auxquels personne n'avait
songé, et dont lui seul avait deviné les dispositions applicables. C'était
le système de l'Empereur, et on sait quel résultat heureux il en ob-
tenait.
On sait avec quel discernement il sut choisir les hommes qu'il ap-
pela près de lui le 2 décembre 183-1.
Avant les événements, à deux heures, il avait coutume de sortir en
tilbury ou à cheval pour faire une promenade, accompagné seulement
d'un de ses officiers d'ordonnance. Excellent cavalier, il n'a dans ses
écuries que l'élite des chevaux de race. Ces promenades se prolon-
geaient environ deux heures, quelquefois trois.
Au retour, vers quatre ou cinq heures, il se faisait rendre compte
des séances de l'Assemblée et recevait quelques visites.
Le dîner avait lieu à six heures. Plusieurs fois par semaine, il y
avait de grandes réceptions où étaient invités les hommes importants,
ministres, généraux, fonctionnaires publics, etc. La liste des invités
était dressée par lu Prince avec le plus grand soin.
Dans la soirée des jours où il ne recevait pas, le Prince se rendait
une ou deux fois par semaine dans un théâtre quelconque, même
du second ordre. Les autres soirées étaient employées par lui au tra-
vail ou à l'étude des grandes questions administratives et politiques.
Avant et depuis le 2 décembre, Louis-Napoléon s'est livré à un tra-
vail de cabinet tellement prodigieux, que bien souvent le jour est
venu le surprendre dans ces études laborieuses qui avaient pour but
l'avenir et la prospérité de la France.
Tous les actes officiels, les proclamations, décrets, appel au peu-
ple, etc., ont été dictés ou écrits par lui.
Louis-Napoléon se lève habituellement à sept heures en été et à
huit heures en hiver. Son premier soin est de lire les lettres impor-
tantes qui lui sont remises par M. Thélin, lettres qui toutes portent
un signe convenu avec les personnes qui sont le plus avant dans sa
confiance. Il se promène quelques instants dans le jardin et revient
dans son cabinet de travail, où ses aides de camp sont admis en ce
moment; puis viennent les officiers d'ordonnance de service, auxquels
il donne Iesordres de la journée. Le docteur Conneau, son médecin,
se rend également auprès de lui. Quand chacun a reçu ses instruc-
tions, le Prince engage souvent avec eux une conversation toute
familière, mais de quelques instants seulement. Puis il s'occupe de
l'expédition dos affaires les plus urgentes et de celles dont il doit en-
tretenir ses ministres, qui se réunissent ordinairement en conseil à
midi.
^Sr-K3ij:i.