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Notice des tableaux des écoles française, italienne, allemande, flamande et hollandaise, des statues, sculptures, gravures, dessins et autres objets d'art, exposés dans le musée de Grenoble, dont l'ouverture aura lieu le 10 Nivôse , an 9

56 pages
Impr. David (Grenoble). 1800. 56 p. ; 20 cm.
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ETS ARDOUIN
2003
NOTICE
DES TABLEAUX.
DES ÉCOLES,
FRANÇAISE, ITALIENNE, ALLEMANDE,
FLAMANDE ET HOLLANDAISE;
DES STATUES, SCULPTURES, GRAVURES,
DESSINS ET AUTRES OBJETS D'ARTS ;
Exposés dans le Musée de Grenoble f dont
l'Ouverture aura lieu le 10 Nivôse, an 9.
Prix, 60 centimes.
Le produit du Livret est consacré aux dépenses de
l'Etablissement.
m—mw -■ **' ■■
-• J -v
f Fy
A GRENOBLE*
D. l'Imprimerie de DAVID cadet, place de la Constitution.
Ao IX de la République.
A 2
LE Cit. JAY, Professeur de Dessin à l'Ecole
centrale, et Conservateur du Musée;
''A s ES CONÈItoyens.
PAR la lettre que je vous ■ adressai en l'an 7 je vous
.ptznpnFai l'établissement d'un Mxusé^t qui doit sa première
origina à une réunion -fÜ Citoyens zélés pour les beaux
arts , signataires des pétitions présentées, dès l'an 5 , à
l'Administration centrale, et à l'arrêté pris par elle le 28
pluviôse <in\Ç r portant établissement d'un Musée 4 Gre-
noble; je vous informai aussi de sa fondation, constatée
ipar les lettres du Ministre de l'intérieur et des finances,
des 3 brumaire., 37 frimaire et pluviôse an 7 * dans
la maison nationale qu'il occupe; fondation confirmée depuis
par la lettre du Ministre de l'intérieur au Préfet de l'Isère, le
15 germinal an B » par laquelle il met à sa disposition touti
ladite maison pour cet établissement public.
Si, dans cette adresse, le Conservateur du Musée chercha
à vous faire connaître l'utilité d'un Musée, conservant et
offrant des modèles en-tout genre d'inventions dans les arts;
s'il vous peignit l'industrie activée et étendue par [eur^s
moyens il peut aujourd'hui vous annoncer l'ouverture pu-
blique de cet établissement ; elle £ era ^précédée d'un arrêté dp
Préfet, qui indiquera 4es jours et les !U"ù..r'l pendant lt$-
quels il sera ouvert. "", av. ,.v .",
Les objets d'arts rassemblés dans le Musée viennent de
trois .principes : les premiers, sont le fruit du {Ue. de l'Ad-
jmhistratioji <çgntrale qui en avait ordonné le choix, dans
.,.-,lu di .ffi!rJlJS dépots : les seconds, sont un don du Gouver-
nement ; il les troisièmes, sont dus à la souscription de
WMQAStiQiçitKtytniy r($idans à Paris ou dans le département.
tf 1
IV
L'effet de leur exposition permanente, le rapprochement
et la comparaison de ces excellens ouvrages, doivent être de
répandre l'instruction et les lumières ; d'entretenir la sévérité
ainsi que la délicatesse du goût ; de présenter de grands
modèles au jugement public, et d'exciter l'émulation. Il
faut que l'artisan qui perfectionne la matière ou la forme
de nos vases, celle de nos meubles; celui qui décore nos
édifice, Ú les autres ouvriers, voient estimer, honorer les
produits de leur industrie, comme le statuaire et le peintre,
éiabiles dâns les genres divers d'imitation que leur présente
la nature.
Il faut que tous puissent y trouver des dessins, ou y
déposer des modèles dont l'invention oU l'exécution leur
soient utiles. Le Conservateur, par ses relations avec les
- artistes de différens pays, fera ou se procurera des dessins
dans tous les genres, qui seront exposés dans le Musée, et
consultés par tous ceux qui en auront besoin. ,',
L'intention du Préfet est de joindre aux produits des
beaux arts exposés dans le Musée, ceux des manufactures
du département de l' Isère, pour les faire connaître et en
accroître le commerce.
L'artiste fixé dans nos murs, ainsi que l'étranger, y
trouveront un moyen facile de faire connaître leur talent.;
les amateurs, leurs productions; et les élèves, les preuvesv de
Heurs progrès. Ainsi t toutes les inventions remarquables
des beaux arts et des métiers utiles se trouveront réunies. Les
personnes mimes qui auraient quelque objet de ce genre
dont elles voudraient se défaire, pourront le déposer au
- Musée, et faire connaître le prix qu'elles en désirent.
Que ceux qui n'ont pu voir, dans un Musée, qu'une simple
collection de statues, de dessins, de modèles, de machines
et de tableaux, veuillent bien se convaincre de tout fin-
té fît £ un semblable--établi s servent. Les nations qui ont eu
v
ta .prééminence. du goût, ont eu etlle du commerce ; f une
u4'entrelies en est un grand exemple; elle ne doit qu'aux
arts la perfection 4e ses manufactures et sa puissance:
ainsi, le peuple le plus industrieux mettra toujours les
autres peuples à contribution. Le Conservateur, en se livrant
à ces réflexions, prétend moins instruire que manifester
l'un de ses vaux les plus chers pour la prospérité de son
':;",JU/Jl!ie" , .',)
* Honneur, salut aux Arts! honneur à la Patrie
,; • Où les Arts triomphans animent l'industrie!
Si on considère le bien moral que les beaux arts peuvent pro-
duire, et quel est leur but chez une nation libre, en voit que
c'est d'agrandir l'imagination, d'élever le caractère du peuple.
d'échauffer et d'entretenir cet enthousiasme pour le beau
{qui enfante les grandes pensées comme les grandes actions,
et de servir enfin au perfectionnement de l'esprit humain.
,,'- Leur but moral est aussi de célébrer toutes les vertus.
, tous les talens. Sans les. beaux arts , jouirions - nous des
traits vénérables des grands hommes anciens et modernes ? En
vain la mort les a soumis à la destruction générale ; ils
vivent et semblent respirer ou milieu de nous. Un senti-
, ment inspirateur suit toujours leur contempletion; et le
., tableau fui représentait Miltiade exhortant les Grecs à
: combattre, et qui fit répandre des larmes au jeune Thémisto-
- cle n'éleva-t-il pas sa grande ame et ne prépara-t-il pas à sa
patrie un veneeur les beaux arts, comment fixer les
- formes fugitives de la beauté? Comment donner une seconde
existence à un ami, rare, à des parens, à des enfqns qui
:';/lOUS sont chers et souvent enlevés à la fleur de leur âge?
> , He, sont - ce pas les beaux arts qui, chez les anciens,
avaient élevés des autels aux grâces, à la pitié, à la recon-
-v. Mitïancef. Çhei eu*, çhafve vertu avait un temple, chaque
vj ,
bienfaîteur une statue. Leurs monunens innombrables encore
parlent à famtpar 'V élévatiôti de la pensée et par le senti-
ment répandu'- shY lès moindres *détails; Une médaille, ùrie
pierre, un vase de terre, une inscription d'un style simple,
d'un profit tranquille et pur, suffisaient aux citoyens les
moins aisés pour y faire revivre leurs traits et éterniser
f'e!frs"va*û%:*}&ti^ lettt douleur. Puissent, SIC
reproduire ces institutions conservatrices de tout ce qu'il
y a de beaçi ^oit. (je,bon sur la terre! On peut, sans avoir
un sentiment,, distinction, aimer à savoir où repose la
cendre de ses pères ou celle d'une épouse chérie, honorer la
portion de terre qu'ils occupent, ceindre ce petit espace de
fleurs oulh verdure, et par une, simple inscription, com-
mander à l'avenir le respect que l'on a eu soi-même. lai
le sentiment ntt pas besoin de l'or, et quelques monu-
tmens des Romains qui nous restent, peuvent nous servir
d'exemples. V r , .,' ',', —'j
Après avoir retracé ces idées consoldntes par le charme
ou la puissance des beaux arts, il est affligeant de se livrer
'-à quelques pensées sur les causes de 'leur décadence. Mais 4
puisque ces causes tiennent à l'esprit public, puisque les
beaux arts s'affaiblissent ou s'éteignent avec lui, ayons le
courage de tracer ce triste tableau. A
Ce fut en vain que Rome s'enrichit des vastes dépouilles
, de la Grèce après l'avoir vaincue; les beaux arts mau-
quant chez eux d'institutions favorables. ne produisirent
qu'une admiration stérile. Il fut réservé à la Grèce de
produire des artistes jusqu'au moment où la barbarie devait
couvrir de ses fureurs ce pays à jamais célèbre. Alors les
sciences et les arts exilés à la lueur des flammes qui con-
sumaient les villes et les ouvrages qu'elles renfermaient,
après avoir lutté contre la tyrannie pendant plusieurs
— siècles, furent contrains d'aberât-r eit Itplid. Ce
;,'rij
wotTYt stA/tj* v>.\Ylorertçci 'â VéfascJ "mitts jadis h are s et
victorieuses , qu'Us,-.trattvèf^itxvuû-'■ asyll1 pàtir,xfeàueillir, te
Ranimer fleurs étincelies.cAh {^puisse le titres sacré de mires
r>p,¡r;qtiçtt:ic'u, des sciences et des beaux arts, vous donner des
droits éternels au'^rt\pecty.' ainsi qu'à?.Ittr,~jxVvuaaissœ/tçe
ifuivvè<u& sorit du si tfuins .PQLLS, peut-être^ f univers entier
gémirait aujourd'hui dans l'ignorance. La barbarie chez les
peaplçs\ ri\esb qu^ £ ailsenc £ \(ik&^ûrf&»j€àiJ4 voix des siècles
qui Us.koi{orasàunaéienwvuvrir edit,tiz-tfatlqne$d,étraç-
'Jte&rsJimàikrStesito .0.\ *«•» y»^\ -'t, -,' \, () ><v» 'T)
XXoSàns, douteles beaux .-drtj. fvùnt été qjieJxtip ■jQng1"temps
^frtikksS^a -dxspotitni&^CXn\ria 'vu que trop long temps
mais, en plaignant les grând$artistes dts siicles
* de ri\ivoir eu:.preiqut'A^JraiHr tqu £ Yftt\suitfs ^ngrfts
ou dé goût ans, cela même prouve la p u i rfoï^et
par l'emploi que des hommes attachés au culte de toutes les
nations ont su faire, avec adresse, de leur influence sur
les esprits- » - t&ut yoiii wjaHUW? i mit doit apprendre jus-
qu'à quel point rr/v"r ,Cf. être secondé pour eab4ir la
morale publique, récompenser l'héroïsme, et les vertus des
Citoyens. SlmblabJ'S{ a des vr teurs éloqulqs, les tableaux,
les monumens se font entendre, penÈakt *cles T/ec/'eJ^ 1.:Jr),
places ou dans les ~7/j?c~ ~37/~ ,qu /7~ ~A//c/zf. Pur
eux , les vertus naissent du spectacle des \>3r?u$'fiifhjiÇ'tfiîur
~9~4~ ~f~ ~.!-~~
mère n'avaient qu a parcourir les rues, les portiques , les
places it les environs d'Athènes; xt lui en montrer les
ï'WWfhu&fffcco ~h~~) s i- ; 1 5 , ^vr/OU
Le Musfr f>^é^_ Gr^oble, remplira sans doute le put
a;<f. It* fÇfft* du Gouvernement qui y ri..
pandra dautre* bienfaits. Cet établissement tâi' considéré
viij
comme le seul foyer cinflriictioh pour les arts, dépuis
Genève jusqu'à Maruille tt Montpellier.
- Habitans ingénieux tt sensibles de ces contrées, que le
courage et le goût de l'instruction distinguèrent toujours.
en voyant les chefs-d'œuvre qu'il renferme, vous allez agran-
dir la sphère de vos connaissances et de vos plaisirs! Hommes
: zélés qui avez contribué a sa formation , élèves 'de l'école
centrale dont les bienfaits honorent la jeunesse, jouissez des
moyens d'instructions que vous vous êtes préparés , ainfi
qu'à vos Concitoyens ! Voyer vos noms consacrés dans le
* fahcluàïre'dis arts et ~aufét de la reconnaissance qui vous
'■ «/? dut ) chargé de vos dans! Puisse votre exemple hâter la
perfection d'un Musée qui ne ptut être l'ouvrage dt.qudqkis
années, mais celui d'un zèle confiant qui, ajoutant peu-à-
v peu à ses richesses, complétera toutes les parties qui lui
* font nécessaires! : ;,,-',-¡ '.,," ',,:':,
- • ,,', ", l 't. ,' c.', J AY. '■ -S
LE Musée strz ouvert publiquement le 4, le 9 et Itf #
10 de chaque décade, depuis onze heures jusqu'à deux
de l'après midi, pour les habitans de Grenoble ; et pour
les étrangers, tous les jours, depuis neuf heures du matin
jU5qu'~ .UI1'C: d~ l'après'. mjdi. ,',',', ', .;
jusqu'à une de l'après midi.
Le produit du livret consacré aux dépenses de l'éta-
ses mains. '.,'
blissement, et vendu par le concierge , seia remis èntfrcs
ON trouvera à la fin du Catalogue le compte fendu
«ïe la somme provenue de la souscription et de sort
emploi ,avec un apperçu des dépeasts générales faites
A iusqu'a ce "moment. ;
[ 9 ] ,
B
ENTREE DU MUSÉE;
LA cour et le petit espace planté en jardin pilores
que, sont ornés de Statues de bronze, de vases et de
ïhonumens anciens ou modernes.
Au-dessus de la grande porte d'entrée, on lit ces
Vers du citoyen Gattel, professeur de grammaire gé-
tiérale à l'école centrale:
Sur ce sol a et riant et sauvage,
Des plus riches tableaux le magique assemblage,
Vainement étonnait ou charmait les regards;
, ; Le germe des talens y dormait sans culture.
Mais pour le féconder, les prodiges des arts
Viennent s'unir enfin à ceux de la nature.
En avançant au milieu de la cour, on se trouva
a placé au .1 point de vue qui embrasse toutes les Statues ;
les premières sont deux lions couchés et placés à l'entrée
du jardin; latéralement sont deux Statues sur des
piédestaux élevés; plus loin, on apperçoit quatre Sta-
tues de femmes debout sur les piédestaux qui sonc
autour d'une ovale gazonnée,au milieu de laquelle s'élève
un vase de pierre de Sassenage, imitant le jaune de
Sienne. Toutes ces Stacues de grandeur naturelle, sont
en bronze et sculptées par Mimerel en 1607*
Au fond du jardin , en face de l'entrée, on a placé
la Statue équestre, bronze en bas relief et plus grande
que natuie, du Connétable de Lesdigu ères, Elle esc
sculptée par Jacques Kichier, qui vivait en 1610, et
avait beaucoup de talent. Elle est p'acée dans une niche
cintrée. Sur la largeur du mur qui entoure la niche f
sont neuf portraits des anciens Dauphins, bas-reliefs en
marbre , travailles avec plus d'art qu'on n'en doit atten-
[ 10 J.
dre des tems où ils ont été faits. Les figures en pie
de St.-Louis et de Charlemagne, adossées contre
l'épaisseur de ce-mur, sont du même âge et de Jaroémw
matière.
Le monument placé dans une niche, vis-à-vis de la
Statue équestre, est dédié au génie des àrts. Sa corn-*
position consiste en un piédestal, orné de deux flam,
beaux, de guirlandes de fruits et de couronnes de
~lauier. Au dessus- du piédestal, est un socle en marhre.
* portant le médaillon du génie des arts. Son regard
élevé, sa jeunesse, ses cheveux épars, annoncent ce
ent housiasme qui doit le caractériser. Ce médaillon.
surmonté d'un caducée, est couronné par deux enfans
- en bronze , de grandeur naturelle ,:portant une couronne
du même mérail. Ils sont du sculpteur Mimerel. Les
attributs qui caractérisent différens arts et métiers, sont
placés autour du médaillon.
Le vase de pierre de Sassenage et le médaillon du
génie en albâtre, sont dûs au ciseau du cit. Argoud.
Dans l'Escalier du Muséee
-.' UN grand tableau de Restout, élève de Jouvenet.
Le martyre de St.-André en fait le sujet; il , est bien
composé, mais d'un mauvais style, manière et mal
dessiné.
EXPLICATION DES SCULPTURES.
SALLE DE L'APPOLLON DE BELVÉDÈRE;
Description de cette Statue.
v , ,, DE toutes les Statues antiques , a dit Winckelmaan,
:l''!
r t t J
,, qui ont échappé a la fureur des barbares et a la puis-
,, sance du tems , la statue d'AppoUon est, sans contre-
9, dit, la plus sublime. Pour sentir tout le mérite de
3, de chef-d'œuvre de l'art, tâjhez de pénétrer dans
,, 1 empire des beautés incorporelles, et devenez, s'il
„ se peut, créateur d'une nature céleste.
„ Ce dieu a poursuivi Pithon, contre lequel il a
„ tendu , pour la première fois, son arc redoutable.
„ Dans sa course rapide, il l'a atteint et lui a porié
>, le coup mortel. DeJa hauteur de sa joie, son regard
0, s'étend au-delà de sa victoire. Le dédain siége sur
„ ses lèvres ; l'indignation qu'il ressent gonfle ses narines,
,, élève ses sourcils; mais une paix inaltérable est sur
5, son front. Sa faille est au-dessus de celli de l'homme ,
„ et son attitude respire la majesté. Un éternel printems
5, revêt d'une aimable jeunesse son beau coi ps. L'ar-
5) tiste a composé son ouvrage sur l'idéal et n'a em-
9, pl'oyé de matière que ce qui lui en fallait pour exé-
„ euter et représenter son idée. „
Dieu des arts et du goût, protège ce Musée naissant
et ces belles contrées honorées pour la première fois
de ta présence! Puissent les monumens du génie qui
t'environnent être toujours respecles! Et que jamais,
on,ne puisse redire ces vers de l' un de tes plus chers
1 favoris.:
La barbarie approche; Appollon indigné
Quitte ces bords heureux où ses lois ont régné.
AUTEL de la Reconnaissance publique élevé aux,
Citoyens qui, par leurs dons , ont contribué à la
formation du Musée.
CET autel de forme antique est orné de deux ins-
criptions, et des figures données pour attribut? à la
reconnaissance , la Cigogne et l'Élephant. Sur cet autel
est déposé le livre contenant les noms et les dons des Ci-
toyens ; il est appuyé contre le buste aittique de Minerve.
[ 12 ]
Monument élevé à VAUCANSON.
GRENOBLE a vu naître ce mécanicien célèbre eu
1709 , mort à Paris en 1782.
La composition de ce monument consiste en son
médaillon , sculpté par le cit. Pajou, artiste connu
par de beaux ouvrages , et l'un des conservateurs actuels
du Musée de Paris. Au-dessus de l'encadrement de ce
médaillon , est le flambeau du génie enlacé par des
nœuds de rubans. Plus bas on lit ces vers de Voltaire;
Tandis que d'une main stérilement vantée,
Le hardi VAUCANSON, rival de Prométhée,
Semblait de la nature , imitant les ressorts,
Prendre le feu des cieux pour animer les corps.
Le Musée possède le moule du portrait de Vaucanson,
ceux qui désireraient en posséder un plâtre, s'adresseront au
conservateur. - Prix, 6 fr.
Statue de Germanicus.
ON n'a que des conjectures très-peu fondées sur le
nom et la personne que l'on croit représentée dans
cette figure. Le nom du statuaire grec Cléomenes, est
gravé sur une tortue qui se trouve au-dessous du man-
teau. Mais cela ne donne aucun éclaircissement de
plus. Laissons donc au tems ce qu'il a couvert de son
voile, et contentons-nous de savoir que cette figure
est d'une grande perfection dans toutes ses parties,
qu'elle est précieuse pour l'étude , et d'une parfaite
conservation.
MORAND [Jean-Antoine] né à Briançon en 1727,
mort à Lyon en 1794, élève de Souflot et de
Servandoni.
NÉ avec un génie créateur pour l'architecture, la
[ 13 ]
perspective et la mecanique, il se rendit dès l'âge de
J4 ans à Lyon, où il donna des preuves de son savoir
dans ces diverses sciences. Un projet qui pût donner
a cette ville une forme circulaire, le Pont-de Bois
qu'il a fait sur le Rhône, auquel on a donné son nom;
les gravures coloriées qui sont placées à côcé de son
buste, fait par Chinard , sculpteur distingué, suffisent
pour donner une grande idée de ses talens.
EXPLICATION
DES TABLEAUX QUI SONT DANS CETTE SALLE.
VOUET [ Simon ] né à Paris en 1582, mort
dans la même ville en 1641, élève de son
père Laurent Vouet.
I. La tentation de St.-Antoine.
Ce tableau remarquable par sa composition;
par la fierté et la vigueur du pinceau, par l'art
difficile de bien draper, est du meilleur tems de
ce maître, qu'on doit regarder comme le fonda.
teur de l'école française.
Lesueur, Lebrun , Pierre Mignart, Alphonse
Dufresnoy, Louis Testelin , tiennent le premier
rang parmi ses disciples ; on y distingue ensuite
J. B. Mola, Aubain Vouet, son frère, François
Perrier, Nicolas Chn peron , Charles Poerson et
Dorigni, le père. La gloire d'avoir formé ces
grands artistes, l'a fait autant connaître que ses
nombreux ouvrages, qui, presque tous, ont été
graves.
[ 14 1
LEBRUN ( Charles ) , né à Paris en 1919,
mort dans la même ville en 1690, élève,
de Vouet et de Poussin.
2. Su Louis guérissant des Français- esclaves et
attaqués de la lèpre. Il invoque pour eux
le Christ porté sur des nuages, que la Vierge
supplie à genoux.
Ce grand peintre était bon historien, pos-
sédait la poëtique de son art, était savant dans
l'allégorie et dans toutes les parties de la pein-
ture. Il joignait à un beau génie, beaucoup
de correction et d'élégance. Ses airs de tête sont
gracieux. Il a su donner le caractère convena-
ble à ses figures, et bien exprimer les passions*
de l'ame. On a de lui un traite sur ce sujet.
HOUASSE, élève de Lebrun.
'5.8 Le Portrait de cet Artiste, peint par lui-même ,
et tenant sa palette.
On voit dans le fond de son atelier, le sujet
d'un tableau de sa main , qui a été gravé : c'est un
soldat qui, violant le respect dû aux tombeaux,
ne trouve dans celui qu'il vient d'ouvrir, qu'un
cadavte éclairé par une lampe sépulcrale. Il re-
cule épouvanté. Ce peintre est un élève dis-
tingué de Lebrun.
TESTELIN (Louis), né à Paris en 1615 ,
mort dans la même ville en 1655, - élève
de Vouet.
4. La Magdeleine dans un Désert.
, Ami et contemporain de Lebrun, cet artiste
[ 15 ]
se montre ici son émule en talens. Que ce désert
est silencieux ! Que les nuages de ce soleil cou-
chant, brillants et légers, éclairent bien le sommet
de ces rochers ! Bientôt la nuit va couvrir de
» son ombre la belle pénitente, dont les yeux élevés
vers le ciel, répandent sur des joues flétries par
la douleur, des larmes qui ne doivent cesser
qu'avec sa vie. L'instrument du supplice d'un
Dieu qu'elle aima, repose sur ses genoux. Le
Guide paraît avoir jeté la draperie qui les cou-
vre. Près d'elle croissent ces plantes qu'un sol
aride nourrit. Grand peintre ! le Musée de Gre-
noble fera vivre ton nom et tes talens, qu'une
mort prématurée ne pourra te ravir.
MARATTE [Charles], né à Camérano, en
1625, mort à Rome en 1713 , élève André
Sacchi,
J. Le Christ et la Vierge portés paf des Anges
dans une gloire, bénissent les chefs de l'ordre
des Dominicains des deux sexes, carac-
lérisés par leurs attributs.
Cette production de l'école Romaine, est
remarquable par un beau dessin , un style élevé,
une bonne composition , un pinceau ferme ;
mais elle manque de couleur, et commence
ou annonce la décadence d'un art que Charles
Maratte, ni ses élèves, n'ont pu rendre à l'an.
tique gloire de cette première école.
la grandeur de ce tableau n'a pas permis de.
le placer dans la salle destinée aux peintres italiens,
[ 16 ] ,"
DESPORTES [ Alexandres-François ], né à
Champigneul en Champagne en 1661, mort
à Paris en 1743 , élève de Nicasius Flamand,
peintre d'animaux.
6. Un Cerf aux abois, atteint par la meute.
Si quelque chose peut ajouter au grand talent
de ce maître dans l'art de représenter les ani.
maux , les fruits et les fleurs , c'est de savoir
qu'il a peint ce tableau à l'àge de 82 ans , ainsi
que l'atteste l'inscription qui se voit sur le tronc
d'un chêne.
Le Musée possède trois autres tableaux de ce
maître excellent, qui sont dans la salle de Castor
et Pollux.
MJGNART (Pierre), né à Troyes en Cham-
pagne en 1610, mort à Paris en 1695 , élève
de Vouet.
7. Ce tableau représente le temps tenant sa faux ;
près de lui est un génie qui montre son sa-
blier, emblème de la briéveté de la vie et de
la succession rapide des événemens.
P. Mignart qui survécut à Lebrun , lui était
inférieur dans le style et la composition ; mais
il était plus coloriste. Harmonieux et gracieux,
il a manqué de feu; et ses tableaux, par un
trop grand fini , sont souvent froids. Ce défaut ,
dans le genre de l'histoire, devient souvent un
mérite dans !e poruait où il réussissait fort bien.
JI fut lié avec tous les beaux esprits de son siècle, >
tels
( t7 )
c
tels que Boileau, Racine, Lachapelle et Mo-
lière qui célébra la coupole qu'il avait peinte
à fresque, au Val-de-Grace. Il fut l'ami de Du-
fre?noy, auteur du beau poëme lat'in sur ta pein-
, ture. La mort seule pui séparer ces deux hommes
d'un mérite rare , unis dans l'étude par les mêmes
goûts, et apppelés, pendant leur séjour a Rome,
les. inséparables. Mignard aida de ses moyens,
pendant toute sa vie, Dufresnoy son ami, peu
favorisé de la fortune.
v HALLÉ [Claude Guy] né à. Paris en
l6bi i mort en 1336, élève de son père.
8. Le sujet de Ce tableau est St. Nicolas qui, pendant
: la nuit, vient déposer une somme d'argent
- sur la fenêtre d'une maison dont tinté-
v rieur laisse voir un père aflfigé, et ses trois
filles occupées des travaux de leur sexe,
,:-,(t Cet argent servit à leur établissement, et
à meriter à ieur bienfaiteur le litre de patron
des iÇIles.
Ce tableau offre des difficultés vaincues par
..,' le contraste du double effet de la lumière qui
TT" 1.^ éclaire la cham bre et la tête du Saint à travers
',' 1 la fenêtre, tandis que la clarté de la lune frappe
Y' sur la figure du côté opposé. Dans un plan
éloiglié, on voit un homme a cheval qui en dirige
( - les pas vers la porte de la ville.
CHAMPAGNE [ PHilippe de], né à Bruxelles
en 1601, mort à Paris en 1674, élève de
Fouquières.
9. Un Christ. ,'-
( 18 )
10. La Résurrection du Lazare,
11. Une Assomption de la Vierge.
tllcs trois tableaux alignent à ce pei ntre, ici
"',," comme au Musée de Paris, un rang très. dis-
tingué parmi les artistes qui ont illustré la France.
Un dessin correct, un bon ton de couleur, une
* belle manière de peindre jointe à une grande
imitation de la nature, le rendront toujours
cher aux amateurs et. aux. élèves de cet art,
malgré le goût froid et le style peu élevé qui
régnent dans ses nombreux ouvrages.
CHAMPAGNE t t Baptiste de ], son élève et
son neveu. -
12. Le Portrait de Philippe de Champagne.
13. Une Ste. Catherine.
14. Le Portrait d'un Jésuite. 'd
,f, j' Ce peintre-.a çu W*
Ce peintre a suivi la manière de sort oncle,
cti quelquefois on confond leurs tableaux.
JOUVENET [ Jean ] , né à Rouen en 1644,
mort a Ear±s_en_ ijij, éièyc. de son père,
Laurent Jouvenet.
15. Le Martyre de St. Ovide.
16. Une Esquisse de ce Maître, représentant
St. Simon.
( 19 )
ç :
17. Autre Esquisse de ce MaÎtre, représentant St.
Barthélemi.
Les tableaux de ces deux esquisses sont au.
dessous du grand, dôme des Invalides, où sont
peints les douze Apôtres.
18. Une Académie à la sanguine, dessinée par
cet habile Peintre.
1 9 Un beau Ta bleau du mêm,- Iziteu'r r- é 'p-
Jésus au jardin des Olii es.
Joùvenet doit être regardé comme un des plus
grands peintres de l'école française. Une ma-
nière fière et ressentie pour le dessin et fa cou-
leur qui lui est propre, beaucoup de force et
d'expression, l'entente du clair-obscur et des
plus savantes compositions lui ont acqqis une
juste célébrité.
Devenu paralitique du bras droit, Jouvenet
fit voir, avec étonnement, combien il possédait
la théorie de son art, puisque de la main gauche
qui n'avait aucune habitude d'obéir à son génie ,
il peignit des plafonds et des grands tableaux
où une pratique inhabile ne se fait point aper-
cevoir.
q.o. Une bonne Copie d'après l'illustre Nicolas
Poussin, représentant l'Adoration des
Rois.
LAGRENÉE le jeune.
21. La Prédication de St. Jean dans le Désert.
( 20 )
BRENET, ne à Lyon, mort à Paris il y
a quelques années.
22. La' Mort de St. Joseph. Tableau qui est au-
1 dessus de la salle dt:s AntiquÙés..
dessus de la salle des Antiq uités.
- On n'a placé les ouvrages de ces deux peintres
modernes que pour offrir aux personnes stu-
dieuses de l'art, un exemple frappant et trop
vrai de sa décadence dans l'école française,
pendant le lZ(. siècle. II suffit, pour s'en con-
vaincre, de jeter les yeux sur les tableaux des
artistes des 16e. et 17e. siècles.
Dépuis quelques années, la peinture, la sculp-
ture et l'architecture brillent d'un nouvel éclat.
Des artistes habiles ont étudié les rester véné-
rables de l'antiquité , ont recherché les traces
des grands maîtres, et bientôt l'art n'a plus in-
sulté à la nature. Le pinceau de l'histoire a re-
paru avec le caractère et le style élevé qui lui
sont propres. Des élèves nombreux sont formés.
Cette révolution dans les arts est encore accé-
lérée par la réunion immease des chefs-d'œuvre
obtenus par la victoire. Si la décadence des
arts, a toujours marqué celle des empires; si
deux médailles comparées procurent cette vérité
incontestable , on doit croire à la grandeur des
destinées de la République.
3. Le Portn"tÙ en pied de Henri IV.
2^. Le Portrait en pied de Henri IV.
24. Le portrait du Connétable de Lesdiguières,
Ces deux tableaux sont aux deux côtés des
croisées de cette salle.
# - .-
( 21 )
SALLE DE CASTOR ET POLLUX.
CONTINUATION DE L'ÉCOLE FRANÇAISE.
';
LARGILLIERE ( Nicolas de), né à Paris en
1556, mort en 1746, élève d'Antoine Gou-
beau , peintre Flamand.
2 5. Le Portrait d'une femme. < ■ »
26. Le Portrait d'un militaire en cuirasse.
Cet artiste, célèbre dans le portrait, a peint aussî
l'histoire, le paysage et'les animaux. Dans ces dif.
férens genres , on y admire un beau pinceau , une
belle couleur, une touche légère et spirituelle.
Il était très-lié avec l'habile Rigaud. Peignant
tous deux le même genre avec supériorité, quoi.
que très-opposés dans leur manière, ils furent
moins rivaux qu'émules de gloire et de ta-
lens.
BLAIN - DE - FONTENAY, né à Caên en
1654, mort à Paris en 1715, élève de Baptiste
Monoyer.
27. Ce tableau, agréablement composé, offre une:
guirlande de fleurs, des fruits, des vases,
un perroquet, et une draperie bien jetée.
« »
un perro q uet , et une- dràperle bien Ietée.
MIGNARD ( Nicolas.) y né à Troyes en Cham-
pagne en 1608, mort à Paris en 1668,
était le frère aîné de Pierre Mignard, dont
on a parlé.
( 22 )
2?S. S te. Rose, les yeux élevés vers le ciel, tient'
les fleurs dont elle porte le nom.
29. Ste. Therèse, en extase, a qui le Christ
o.n apparaît dans une gloire..
30. Le Vortrait de dom Masson, général des
4hç,rtreux , placé entre. Les croisées.
- Ce& ttois tableaux font infiniment d'honneur
,-'
à cet artiste qui, moins connu que son frère,
a un pinceau plus facile, plus de thalcur et de
correction. Il a. traite également bien le portrait
et l'histoire.
DUPUIS ( Pierre ). ■
JI. Des Branches de prunier suspendues avec leurs
fruits contre un mur, des Grenades entrou-
vertes sur un fragment Jtarthiteclure, où
j, , se lit) avec la date de 1601, lé nom de ce
j a,Peintre français qui y sans cela , resterait
ignoré, et ne mérite pas de l'être.
t l ";
GREUZE f Jean Baptiste ) , né à Tournus,
encore vivant à Paris.
32. Un Portrait d'homme.
33-. Un Vortrait d'homme.
34. UneTété £ étude, dessinée à la sanguine J'afrès
nature. • • menu az,(teur.
3. Jp
Quoique ce peintre vive encore, et qu'ordi-